Question d’actualité : l’avenir du Grand Paris des transports

Voici la question d’actualité que j’ai posée au nom du groupe socialiste

Séance du Conseil régional du 28 juin 2012

L’Union pour un Mouvement Populaire (UMP) a réagi tous azimuts à l’annonce de l’attribution du dossier Grand Paris à Cécile Duflot, ministre de l’égalité des territoires et du logement, en dénonçant la soit-disant volonté du nouveau gouvernement de remettre en cause le projet du Grand Paris Express.

Or ces invectives ne sont pas fondées. Au contraire, dans un courrier en date du 19 avril dernier, François Hollande s’est engagé auprès du Président de l’AMIF  à « poursuivre le projet du Grand Paris car les accords trouvés méritent d’être menés à bien», même si, ajoutait-il, « (il) reste à trouver les financements nécessaires pour aboutir puisque le gouvernement qui a proposé la création du réseau de transport du Grand Paris n’a pas su trouver les financements pour atteindre l’objectif final ».

Le projet du Grand Paris Express est le résultat d’un compromis entre l’Etat, la Région Île-de-France et les départements, conclu en janvier 2011. Les élus de l’Assemblée régionale en sont donc les garants et réaffirment leur volonté de voir le projet de transports, qu’est le Grand Paris Express, se réaliser.

En effet, la détermination des élus franciliens, exprimée notamment lors des débats publics  Arc Express et Grand Paris, a permis d’intégrer à cet accord le Plan de mobilisation pour les transports, considérant qu’une offre supplémentaire pour l’Île-de-France ne devait pas être réalisée au détriment de l’amélioration du réseau existant. Cette détermination a par ailleurs permis de modifier profondément la nature du projet passant d’un projet qui prévoyait la desserte de grands pôles économiques à celui d’une desserte fine des territoires et des habitants d’Île-de-France. Aujourd’hui, ces engagements demeurent.

 

Ceci dit, qu’il y ait eu compromis signifie précisément que le projet peut être amélioré. La victoire de François Hollande permet des évolutions bénéfiques pour répondre au mieux aux besoins de mobilité des Franciliens.

Nous devons donc agir pour que la mise en œuvre du métro du Grand Paris Express se fasse de façon conjointe à l’amélioration du réseau existant.

Aussi, une nouvelle répartition des ressources fiscales doit être envisagée pour intensifier l’effort en direction de l’amélioration du réseau existant. Cela concerne principalement le réseau RER, notamment le RER A, emprunté par plus d’un million de voyageurs quotidiennement et qui connaît aujourd’hui des dysfonctionnements majeurs. Il est en effet essentiel de réaliser sans tarder les 600 millions d’euros de travaux prévus dans le Schéma directeur du RER A adopté par le Syndicat des Transports d’Île-de-France (STIF) le mois dernier alors même que les marges de manœuvre des collectivités et de l’Etat sont très contraintes.

De même, le comité de pilotage de la ligne orange (arc Est proche reliant dans un premier temps Saint Denis Pleyel à Champigny Centre et Noisy Champs) qui s’est tenu le 7 juin dernier a mis en lumière l’opportunité d’une interopérabilité entre cette ligne orange et la ligne rouge à Saint-Denis Pleyel et Champigny.

Les présidents des Conseils généraux des trois départements concernés (Val-de-Marne, Seine-et-Marne et Seine-Saint-Denis) y sont favorables. L’interopérabilité permettrait en effet aux futurs métros de circuler sans discontinuer sur ces deux lignes et d’optimiser la desserte en proche et moyenne couronnes – comme le prévoyait initialement le projet Arc Expres, complété à l’Est par la desserte de la Seine-et-Marne et de Clichy Montfermeil.

Au-delà de ces deux exemples concrets qui incitent à ne pas laisser figer le projet du Grand Paris Express, repenser nos priorités en matière de transports interroge plus largement sur la gouvernance du Grand Paris Express. Elle doit être simplifiée et rendue efficace et cohérente et être placée sous le contrôle des collectivités locales pour la Société du Grand Paris comme pour le STIF De cette nouvelle gouvernance permettra d’émerger un nouveau modèle de financement, non seulement pour le réseau Grand Paris Express, mais aussi pour le réseau existant.


En conséquence, le groupe socialiste interpelle le Président du Conseil régional, Jean-Paul Huchon, afin qu’il puisse faire siens les objectifs que les élus du groupe socialiste portent aujourd’hui pour l’avenir du système des transports en Île-de-France : revisiter la question du financement du Plan de mobilisation pour les transports et du réseau Grand Paris Express – afin de tenir compte de la nécessité que constitue la modernisation des transports du quotidien – et repenser avec cohérence la gouvernance du projet du Grand Paris Express, dans la logique du troisième acte de décentralisation en préparation.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s