Débat en plénière : question orale sur la situation en Méditerranée

La question orale sur la situation en Méditerranée a été débattue cette semaine en plénière; une occasion pour le Parlement d’échanger avec la Commission et le Conseil sur le sujet des migrations dans l’UE. À l’exception des députés d’extrême-droite, tout le monde s’est accordé sur la nécessité d’une politique migratoire européenne globale et holistique, dans le respect de la dignité et des droits fondamentaux des migrants. Les interventions lors du débat ont porté en particulier sur la nécessité de solidarité et de partage des responsabilités entre les États-membres, l’importance de l’élargissement du mandat de Frontex au sauvetage des migrants en mer, la lutte contre la criminalité organisée, le besoin de voies d’entrées dans l’UE sûres et légales pour les demandeurs d’asile, et la coopération avec les pays tiers.

Dimitris Avramopoulos et le représentant de la Présidence italienne du Conseil ont réaffirmé l’importance de réagir non seulement dans l’urgence face aux drames à répétition en Méditerranée, mais aussi de développer une approche structurée et à long terme sur les migrations. Solidarité, cohérence, humanisme et protection doivent devenir les maîtres mots de la future politique migratoire européenne. Comme l’a déclaré le commissaire aux Migrations, « l’Europe des valeurs sera jugée sur ses actes ». Il sera attendu au tournant par le Parlement européen.

N’ayant pas pu intervenir dans le débat, voici ma déclaration écrite :

« La politique migratoire de l’Union européenne ne devrait pas échapper au droit de regard du Parlement européen et de la société civile. Le contrôle démocratique est en effet essentiel pour garantir le respect des droits fondamentaux des migrants et des demandeurs d’asile.

Pourtant, Frontex n’est pas réputée pour la transparence de ses actions. Les « accords de travail » conclus par l’Agence avec les pays tiers, parce qu’ils sont « techniques », ne sont soumis à aucun contrôle extérieur. Ils permettraient à Frontex, en coopération avec les autorités policières des pays concernés, de mettre en place des opérations de retour et de surveillance dans des eaux territoriales non-européennes. Il est légitime de douter que ces accords respectent les droits fondamentaux des migrants, en particulier le droit de demander l’asile et le principe du non-refoulement.

La Commission ne peut plus fermer les yeux et rester dans l’inaction face à des pratiques irrespectueuses des droits des migrants. Que compte-t-elle faire pour informer le Parlement européen sur ces accords généraux mis en place entre Frontex et les pays tiers ? Envisage-t-elle de s’assurer de la conformité de ces accords avec la législation européenne et la Charte des droits fondamentaux? »

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s