Trafic de migrants en Méditerranée

Au parlement européen en session à Strasbourg, nous avons débattu cette semaine de cas récents de trafic de migrants en Méditerranée. Souvenons-nous : à la fin de l’année, des cargos chargés de réfugiés syriens – hommes, femmes et enfants – avaient été abandonnés au large des côtes européennes par les passeurs, et sauvés in extremis par les garde-côtes italiens.

L’Europe est attendue au tournant pour répondre à ces nouvelles méthodes terrifiantes mises en place par les trafiquants. Il faut bien évidemment tout faire pour démanteler ces réseaux criminels qui exploitent le désespoir de personnes fuyant les conflits et la guerre. La Commission a d’ailleurs mis la lutte contre la criminalité organisée au sommet de ses priorités dans le cadre de son futur plan sur les migrations.

Mais cela ne suffit pas. Tant que les migrants et demandeurs d’asile n’auront pas d’autre choix que de mettre leur vie entre les mains des passeurs, la situation va perdurer. Tant que l’Union européenne et ses États-membres ne s’intéresseront qu’au contrôle des frontières et aux capacités de l’Agence Frontex, la situation est loin de s’améliorer.

Plutôt que de réagir uniquement dans la précipitation, il est indispensable de définir une stratégie globale et cohérente pour les migrations, intégrant toutes les synergies nécessaires avec les politiques extérieures de l’Union.

Il faut penser autrement la prise en charge et l’accueil des réfugiés en créant des voies légales et sûres d’accès à l’Union européenne. La solution, c’est d’assurer la délivrance de visas directement dans les postes diplomatiques européens situés dans les pays limitrophes aux zones de conflits. Et de mettre en place un système au niveau international, sous l’égide de l’ONU, pour que l’Europe permette l’acheminement vers son territoire des personnes titulaires de ces visas humanitaires. Si cette proposition, défendue par le commissaire Avramopoulos, reste lettre morte, nous ne pourrons sortir de l’impasse des tragédies en Méditerranée. En parallèle, il est clair que les États-membres doivent augmenter leur capacité d’accueil des réfugiés grâce à une politique commune de réinstallation.

N’ayant pu intervenir lors du débat en plénière, voici le texte de ma déclaration écrite dans le débat :

 » Ce début d’année, en moins d’une semaine, deux cargos à la dérive ont débarqué en Italie. La catastrophe a été évitée de justesse: près de 1200 migrants et demandeurs d’asile ont été sauvés.

Ces nouvelles pratiques des passeurs appellent à une réponse forte et coordonnée de l’UE. Pour cela, il est indispensable de ne pas réagir dans la précipitation mais de réfléchir à une stratégie globale et viable à long terme, en coopération avec la communauté internationale.

Depuis la fin de Mare Nostrum, les migrants et demandeurs d’asile continuent d’affluer sur notre continent, et les moyens humains et financiers de Triton sont insuffisants pour leur porter secours.

Le plan de l’UE sur les migrations n’empêchera pas de nouveaux drames en Méditerranée s’il se focalise sur la lutte contre le trafic de migrants. La vraie priorité, c’est le développement de canaux légaux de migration pour les migrants et la définition de voies d’accès sûres vers l’UE pour les demandeurs d’asile.

Enfin, il y a urgence à mettre en œuvre la proposition de visa humanitaire, pour permettre aux personnes ayant besoin d’une protection internationale d’accéder au statut de réfugié sans avoir à emprunter des routes toujours plus dangereuses pour rejoindre l’Europe. »

 

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