La lutte contre le terrorisme et la radicalisation en débat au Parlement européen

Une réunion extraordinaire sur la lutte contre le terrorisme et la radicalisation s’est tenue ce matin au sein de la commission LIBE. Matthias Ruete, Directeur général aux Migrations et Affaires intérieures à la Commission européenne, et Gilles de Kerchove, coordinateur de l’UE pour la lutte contre le terrorisme, ont pu échanger avec les eurodéputés sur de nombreuses thématiques. Parmi les autres intervenants, Morten Kjaerum, Directeur de l’Agence des droits fondamentaux de l’UE, et Giovanni Buttarelli, Contrôleur européen à la protection des données, ont tenu des propos très intéressants sur la prise en compte des droits fondamentaux dans les mesures européennes contre le terrorisme et la radicalisation.

La place et le rôle d’Internet, la nécessité d’un contrôle plus efficace aux frontières extérieures ainsi que d’un meilleur partage d’informations entre les États, ou encore le besoin d’adopter une stratégie européenne cohérente en matière d’intégration et d’éducation, ont été largement débattus. J’ai pu intervenir à deux reprises au cours de la discussion, à propos du projet de PNR européen, et de la radicalisation des jeunes sur Internet et les réseaux sociaux.

Questions à Matthias Ruete sur le projet de PNR européen

Le texte de mon intervention : « notre présence nombreuse ce matin démontre notre volonté d’agir de concert pour protéger les citoyens européens face à l’activité terroriste qui frappe notre continent.

Parmi toutes les pistes envisagées, le PNR européen constitue un instrument sans doute utile pour améliorer l’identification et le suivi des candidats européens au djihad. Un PNR européen plutôt que 28 PNR nationaux permettrait de sécuriser davantage le transfert des données PNR et d’offrir plus de garanties pour le respect des droits fondamentaux de chaque individu.

Attention toutefois – et je suis rassurée par vos propos M. le Directeur – à ne pas l’adopter dans la précipitation et sous le coup de l’émotion. Il faut laisser le temps au débat, et comme M.Avramopoulos l’avait lui-même reconnu, la proposition initiale de la Commission devrait être améliorée pour mieux préserver les droits fondamentaux, en particulier la protection des données personnelles et le respect de la vie privée.

Le PNR est aussi étroitement lié au paquet Protection des données. Vous l’avez également dit et je m’en félicite. Les deux dossiers doivent avancer en parallèle, ce qui sera crucial pour offrir plus de clarté juridique à tous les instruments européens liés à une collecte de données personnelles, notamment à des fins de lutte contre le terrorisme.

Frans Timmermans a annoncé que la Commission pourrait présenter une nouvelle proposition sur le PNR si le Parlement et le Conseil ne trouvent pas d’accord. Confirmez-vous cette possibilité ? Et si oui, à quelle échéance? Et surtout, envisagez-vous d’y intégrer la proposition présentée par M.Avramopoulos d’un Agent à la protection des données ? »

 

Questions à Gilles de Kerchove sur la radicalisation des jeunes sur Internet et les réseaux sociaux

 

 

Le texte de mon intervention : « parmi les jeunes combattants européens, nombre d’entre eux auraient été radicalisés sur Internet et les réseaux sociaux. Ces enfants en « rupture » avec la société souffrent d’un manque de perspectives, pour des raisons très diverses. Particulièrement vulnérables, ils n’ont pas tous grandi dans un contexte social et éducatif difficile, et n’auraient pour beaucoup aucun rapport avec la religion.

Au-delà des mesures qui sont prioritaires et indispensables à prendre en matière d’éducation et d’inclusion sociale, et du renforcement nécessaire de la coopération avec les géants de l’Internet, il serait utile de mettre en place au niveau européen un système d’alerte et de renseignement pour identifier ces candidats potentiels au djihad. La plateforme de signalement du Ministère de l’intérieur en France, outil d’assistance aux familles et de prévention de la radicalisation, aurait permis de détecter plusieurs centaines de cas avérés de jeunes radicalisés.

La création d’une telle plateforme européenne de signalement pourrait-elle être envisagée par les États-membres? Et si oui, comment les institutions européennes seraient associées à cette démarche ?

Dispose-t-on par ailleurs de statistiques précises au niveau européen sur ces jeunes combattants européens radicalisés par le biais de la propagande sur Internet et les réseaux sociaux?

Je voulais vous remercier tous pour vos interventions qui ont été très intéressantes. »

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s