Discours au Parlement européen de Ban Ki-Moon, Secrétaire général des Nations Unies

Ban Ki-Moon, Secrétaire général des Nations Unies, a tenu un discours solennel très inspirant devant les eurodéputés ce mercredi 27 mai en mini-session plénière; discours dont je souhaitais partager les grandes lignes. Il a présenté les trois priorités des Nations Unies : prévenir l’extrémisme violent, faire face à la réalité des migrations, et relever le défi du développement durable.

L’extrémisme violent est une grave menace pour la paix et la sécurité dans le monde, qui se traduit au quotidien dans les atrocités de Daesh, de Boko Haram et d’autres groupes terroristes. Mais aussi dans les propos haineux de certains partis ou groupes politiques, qui s’en prennent aux minorités et aux migrants. Les terroristes sont responsables de violences inexcusables face aux valeurs universelles de paix et de tolérance. Leur destruction du patrimoine culturel met à mal notre humanité. Les Nations Unies présenteront cette année un plan d’action contre l’extrémisme violent, centré sur la gouvernance inclusive, le respect des droits de l’homme et des valeurs universelles, ainsi que le dialogue entre les communautés. Il est également important d’aider nos concitoyens à promouvoir nos valeurs en société, tant au niveau religieux qu’éducationnel, et de réfléchir aux causes de la radicalisation.

Le défi de la migration en Méditerranée ou en Asie du Sud-Est est une réalité qui nous préoccupe tous. Trop d’hommes, de femmes et d’enfants perdent leur vie dans des voyages hasardeux pour échapper à la guerre, aux persécutions, aux abus, et aux violations des droits de l’homme. L’Union européenne a une responsabilité collective d’action : sauver des vies doit être sa priorité. Mais pour empêcher de nouveaux naufrages, il faut également développer des alternatives sûres et des canaux légaux, telles que la réinstallation, la réunification familiale, ou les visas d’études. Les Nations Unies se félicitent des propositions de la Commission pour la migration, notamment la relocation de 40.000 demandeurs d’asile au sein de l’Union, sur une période de deux ans. Notre approche doit être globale, se pencher sur la destination, le transit, et surtout le départ, en évitant les conflits et les problèmes de développement. Nous avons aussi la responsabilité de travailler tous ensemble pour lutter contre la stigmatisation et les discriminations dont sont victimes les migrants. L’Europe aura besoin de main-d’œuvre pour maintenir son dynamisme économique, donc de migrants. L’après-guerre avec l’Union européenne a été un des grands exemples de coopération en faveur de la paix et de la prospérité; ce succès de l’Europe est devenu un aimant pour de nombreux migrants. Les valeurs de l’Europe doivent nous guider dans notre réaction pour composer avec la réalité des migrations.

Le troisième grand défi mondial, c’est le développement durable. En 2015, nous aurons trois rendez-vous historiques, pour que le monde soit prospère, durable et équitable. Cela commencera en juillet avec la grande conférence sur le développement à Addis-Abeba. Les pays développés devront poursuivre leurs efforts en faveur des pays les moins développés et insulaires, qui ont besoin d’un soutien permanent et accru. En ce sens, la décision prise cette semaine par les États-membres de l’UE de se réengager sur l’objectif de 0.7% du PIB en matière d’aide publique au développement est importante. Il faudra également mobiliser d’autres sources de financements, publics et privés, et soutenir l’amélioration de l’efficacité et de l’équité des systèmes fiscaux au niveau international, en créant une assiette fiscale des entreprises et en luttant contre l’évasion fiscale. Le deuxième rendez-vous aura lieu en septembre à New-York avec l’adoption à l’ONU de l’Agenda du développement post-2015, accompagné d’une série d’objectifs pour le développement. Enfin, en décembre à Paris, les gouvernements devront donner chair à leurs engagements, pour conclure un accord sur le climat à la hauteur des attentes. L’Union a été parmi les premières à fixer des objectifs cette année, en particulier sur sa contribution au fonds climatologique vert. Nous avons besoin d’une trajectoire politiquement crédible pour mobiliser les 100 milliards de dollars nécessaires d’ici à 2020. L’accent doit être mis sur le financement, la résilience, les adaptations, et l’énergie. Les Nations Unies attendent de l’Union européenne qu’elle continue à faire preuve d’ambition élevée, en renforçant ses objectifs climatiques d’ici à 2020, et en envisageant des objectifs ambitieux pour l’après 2020.

L’année 2015 marque le 70ème anniversaire des Nations Unies, organisation née sur les cendres de la Seconde Guerre mondiale, qui avait détruit l’Europe. Nous vivons dans un monde complexe et troublé, mais aussi d’opportunités. Nous sommes une locomotive, un moteur puissant, les gardiens de cette promesse. Nous arriverons ensemble à créer un monde plus juste, pour nous-mêmes et les générations futures, où tous les citoyens du monde pourront vivre en dignité, quelle que soit leur origine, sans être mis sur la touche.

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