Le choix de l’Europe

Ce 7 octobre 2015 au Parlement européen à Strasbourg, François Hollande et Angela Merkel ont adressé un vibrant plaidoyer pour l’Europe. Vingt-cinq ans après la réunification allemande, alors que notre continent est secoué par une succession de crises qui font naître et attisent un sentiment de peur, l’Union européenne est menacée. Face aux difficultés économiques et sociales, face aux fantasmes suscités par l’arrivée des réfugiés, face à l’inquiétude soulevée par le terrorisme, la tentation du repli sur soi est portée par certains. Toutefois, comme l’a justement affirmé le Président de la République, « il ne faut pas vivre dominé par la peur ». Ces difficultés « ne peuvent condamner l’Europe à la frilosité et à l’impuissance ». La seule solution, c’est une « Europe forte pour garantir notre propre souveraineté », une Europe intègre qui reste fidèle aux valeurs sur lesquelles elle s’est construite. C’est pour défendre ce choix de l’Europe que le Président français et la Chancelière allemande se sont exprimés tour à tour devant les députés européens, faisant part de leur unité, faisant taire les prêcheurs de la division et de la haine.

« Solidarité et responsabilité » doivent être les maîtres mots de notre action, a répété François Hollande. Pour accueillir les réfugiés et accompagner les États membres qui sont en première ligne dans cette crise humanitaire. Pour préserver l’intégrité de la zone euro, qui ne pourrait avoir d’avenir sans la Grèce. Pour protéger les Européens face au terrorisme tout en préservant leurs droits et libertés. Mais aussi pour prévenir une guerre aux portes de notre continent en Ukraine et redonner espoir à la population syrienne. Tant de défis qui nous interdisent de renoncer, de nous renfermer sur nous-mêmes et de retourner en arrière. C’est un débat entre « l’affirmation de l’Europe ou la fin de l’Europe ».

Pour le Président de la République, « le souverainisme, c’est le déclinisme ». Cela serait en effet une erreur de revenir aux frontières nationales, de prôner le démantèlement des politiques communautaires, et la fin de l’euro. « Au contraire, faisons le choix de la marche en avant et du progressisme. Aucun mur ni barbelés ne nous protègeront, « c’est à nous de prendre des décisions ». L’Europe ne doit pas rester dans cet « entre-deux » préjudiciable, il faut un nouveau pas en avant, un pas de plus dans la construction européenne. Pour le Président, cela passe par un renforcement de l’intégration au sein de la zone euro pour pouvoir notamment lutter contre le dumping fiscal et social.

Devant le Groupe des Socialistes & Démocrates, le Président de la République a énoncé les priorités qui doivent animer les progressistes européens. Il ne s’agit pas uniquement de répondre à l’urgence de la crise des réfugiés mais aussi « de garder le cap sur le plus long terme »:

  • Une consolidation de la zone euro, avec le renforcement des pouvoir du Parlement indispensable pour la mise en oeuvre d’un budget propre et donc de recettes fiscales propres comme par exemple la Taxe sur les transactions financières.
  • Une intégration systématique de la dimension sociale dans nos politiques, en poussant à une harmonisation par le haut, à la mise en place d’un salaire minimum européen et à des systèmes de protection sociale dignes partout en Europe. S’atteler sans relâche à lutter contre le dumping social et renforcer le dialogue social doivent être les ambitions de l’Europe de demain. Il est temps que la Commission et le Conseil reprennent l’initiative sur cette question centrale.
  • Une Europe bâtie autour de la transition énergétique et des nouvelles technologies, une Europe motrice dans la lutte contre le dérèglement climatique, une Europe exemplaire dans la défense du développement durable.
  • Enfin, une Europe du droit et de la démocratie, une Europe ouverte et digne, qui ne ferme pas ses portes à ceux pour qui elle représente tant d’espérances.

Pour nous permettre d’aller dans cette direction, il est indispensable que l’Europe progresse en acceptant le principe de l’intégration différenciée, dont la cohérence sera assurée par le contrôle du Parlement européen.

« Le seul choix possible, c’est celui de l’Europe ». Comme l’a si bien conclu François Hollande, en répondant aux basses attaques des populistes et des extrémistes, « la souveraineté européenne, c’est être capable de décider pour nous-mêmes, et de nous éviter de revenir au nationalisme, au souverainisme », qui « nous feraient aller dans un chemin que nous n’avons pas voulu ».

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