Se battre pour les droits des femmes en Pologne, c’est aussi se battre pour les droits de toutes les Européennes

La situation en Pologne s’est de nouveau retrouvée à l’ordre du jour de la session plénière du Parlement européen cette semaine. Les eurodéputés ont débattu ce mercredi 5 octobre de la proposition de loi honteuse visant à interdire totalement l’avortement dans le pays. Ce texte avait été mis sur la table du Parlement polonais à l’initiative de groupuscules ultra-conservateurs, qui considèrent l’avortement comme un crime passible d’une peine allant jusqu’à cinq ans de prison. Y compris en cas de viol ou d’inceste.

La mobilisation sans faille des Polonaises et des Polonais, soutenue partout en Europe et dans le monde, a fait plier le gouvernement. Nous apprenions au moment même du débat au Parlement européen que le texte avait été rejeté en commission parlementaire. Toutefois, il ne faut pas crier victoire trop vite : la proposition de loi doit encore passer l’étape de la session plénière aujourd’hui. Le Parlement polonais pourrait soit la rejeter définitivement, soit décider de la renvoyer en commission.

Au-delà de ce qui se passe en Pologne, la lutte pour les droits des femmes, dont le droit à disposer librement de son corps, doit être portée au niveau européen. Lamentablement, la Commission bat en touche en renvoyant la balle dans le camp des États membres. Comme en témoigne l’intervention de la Commissaire Vĕra Jourová hier au Parlement européen, qui s’est bornée à déclarer que « l’Union n’a pas de compétence concernant l’avortement et ne peut pas se mêler des politiques nationales dans ce domaine ». Un tel discours ne suffit pas, il est temps que cela change et de se battre pour que toutes les femmes européennes puissent avorter librement. Un premier pas important, une revendication que je continuerai de porter haut et fort, c’est de faire du droit à l’avortement un droit fondamental, protégé et garanti à l’échelle de toute l’Union européenne.

Voici le texte de mon intervention:

« Le corps d’une femme n’appartient à personne d’autre qu’elle-même.

Ce n’est pas un champ de bataille idéologique, ni une question nationale.

Interdire à une femme de disposer librement de son corps, c’est violer ses droits fondamentaux et perpétrer une violence extrême à son encontre. C’est la rendre victime d’une discrimination intolérable.

Au contraire, défendre le droit à un avortement sûr et légal, c’est protéger la vie, la santé et la dignité des femmes.

La proposition de loi liberticide et rétrograde menaçant d’interdire totalement l’avortement en Pologne est une honte.

C’est une honte de considérer les femmes qui choisissent d’avorter comme des criminelles et de les envoyer en prison, même dans les cas les plus extrêmes de viol ou d’inceste.

C’est une honte pour l’Union européenne.

Elle ne pourra rester crédible face au reste du monde tant qu’elle continuera à fermer les yeux sur la façon dont les droits des femmes sont bafoués en son propre sein.

Au nom du principe fondateur d’égalité entre les femmes et les hommes,

En soutien aux femmes polonaises qui se battent pour leurs droits,

Et pour protéger de la même façon toutes les Européennes,

Le droit à l’avortement doit enfin être reconnu et garanti comme un droit fondamental par l’Union européenne. »

 

 

 

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