NON aux violences contre les femmes et les filles

Le Parlement européen a tenu un débat hier en session plénière pour mettre la lumière sur la lutte contre les violences envers les femmes et les filles. Il s’agissait d’envoyer un message fort à la Commission et surtout aux États membres pour rappeler l’urgence d’agir contre ces violences et la nécessité de ratifier dans les meilleurs délais la Convention d’Istanbul du Conseil de l’Europe. Aujourd’hui 24 novembre, à la veille de la journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, les eurodéputés ont adopté à une très large majorité une résolution commune portant en son cœur le combat contre les violences faites aux femmes. En particulier, à travers ce texte, le Parlement défend d’une seule voix l’adhésion de l’Union européenne à la Convention d’Istanbul. Face aux traumatismes que subissent les femmes et les filles, qui restent souvent sous silence, face au manque de protection et de soutien pour les victimes, et face à la culture de l’impunité, qui entraîne très peu de poursuites et de condamnations des responsables, nous ne pouvons plus fermer les yeux. Les femmes doivent avoir les mêmes droits partout en Europe.

Voici le texte de mon intervention en plénière, en tant qu’auteure de la résolution pour le Groupe S&D :

« La violence contre les femmes et les filles est un fléau d’une terrible actualité, qui frappe partout en Europe comme dans le monde.

Ces violences sont révélatrices des inégalités et des discriminations dont souffrent les femmes par rapport aux hommes.

Plus encore, les femmes en Europe ne sont pas protégées de la même façon face à la violence selon le pays dans lequel elles vivent.

La lutte contre les violences envers les femmes, c’est un combat de tous les jours, qui appelle un changement profond des mentalités nourries par les préjugés et les stéréotypes sexistes.

Il ne s’agit pas d’un problème qui concerne uniquement les femmes, il engage l’ensemble de nos sociétés, et nécessite une réponse politique forte.

L’adhésion de l’Union européenne à la Convention d’Istanbul apportera une première pierre à l’édifice pour mieux lutter contre les violences envers les femmes en Europe et proposer des outils juridiques pour les protéger.

À travers nos questions orales, nous demandons à la Commission et au Conseil des réponses précises sur l’état des lieux des négociations.

Aussi, nous exhortons les quatorze États de l’Union qui ne l’ont pas encore fait à ratifier la Convention d’Istanbul.

Au-delà, le Groupe S&D défend l’adoption d’une directive sur la lutte contre les violences envers les femmes. Je suis convaincue également que le mécanisme de l’état de droit contribuera à renforcer la mise en œuvre de la Convention d’Istanbul dans les États membres.

Je me félicite que nous proposions demain une résolution commune pour faire porter notre voix dans ce combat, et dire non à la violence contre toutes les femmes et les filles.

Mon grand regret, c’est que ce texte passe sous silence le déni de l’accès à un avortement sûr et légal, et les grossesses forcées qui en résultent. Pourtant, on parle bien ici d’une forme de violence caractérisée envers les femmes. Si la Convention d’Istanbul fait l’impasse sur le droit à l’avortement, les Nations Unies le reconnaissent comme un droit humain.

Je ne cesserai de m’engager pour que l’avortement puisse être reconnu et protégé comme un droit fondamental au sein de l’Union européenne. L’inaction et l’indifférence ne sont pas des options envisageables quand il s’agit de défendre les droits des femmes.

Comme le disait Martin Luther King, « nos vies commencent à se terminer le jour où nous devenons silencieux à propos des choses qui comptent. » »

 

Voici le texte de mon explication de vote :

« Les violences sexistes, très répandues au sein de l’Union européenne, sont souvent tolérées et rarement punies. Afin de briser la loi du silence et de donner une voix à toutes les victimes, le Parlement a adopté une résolution forte pour rappeler l’urgence d’agir face aux violences envers les femmes et les filles. Lutter contre ces violences, c’est œuvrer en faveur de l’égalité entre les femmes et les hommes. À cette fin, il importe à la fois de prévenir la violence, protéger les victimes et poursuivre les responsables, grâce à des ressources adéquates, mobilisables à tous les niveaux de la société. La Convention d’Istanbul, traité international contraignant, adopte justement cette approche globale. L’adhésion de l’Union à cette convention sera un premier pas pour faire avancer le combat contre les violences envers les femmes. Au-delà de la ratification, une directive européenne est l’étape suivante incontournable pour renforcer la mise en œuvre de la Convention. Dans ce cadre, je ne cesserai de m’engager pour que l’avortement puisse devenir un droit fondamental reconnu et protégé par l’Union. Dénier ce droit, c’est une violation des droits humains et une violence caractérisée envers les femmes. Je regrette que le texte voté passe cette réalité sous silence. »

 

 

 

 

 

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