Visite d’une classe de troisième du collège Pasteur de Villejuif

Mardi 13 décembre dernier, j’ai accueilli une classe de troisième du collège Pasteur de Villejuif au Parlement européen de Strasbourg. J’accorde en effet une importance toute particulière à faire visiter aux classes qui le souhaitent la maison de tous les Européens.

Au cours de leur visite, les collégiens ont pu assister à un débat dans l’enceinte de l’hémicycle puis à une conférence sur les institutions européennes.

Lorsque nous avons échangé ensemble après la conférence, ils ont fait preuve d’une grande curiosité et m’ont posé de nombreuses questions. Sur le plan politique, ils m’ont demandé quelles étaient les raisons de mes engagements et plus précisément à gauche et au Parlement européen. Autres questions plus personnelles, ils ont souhaité savoir comment s’organisent mes semaines en tant que députée européenne et habitante de Villejuif, ainsi que mon parcours éducatif et professionnel avant mon élection au Parlement européen. Enfin, dans un registre plus global, ils ont également posé des questions sur l’actualité européenne, le Brexit et l’élection de Donald Trump, la place des langues dans les échanges entre les députés européens ou encore les influences des Etats dans l’Union européenne.

Alors que l’Europe est frappée partout par le repli identitaire, il faut encourager nos jeunes à s’intéresser à l’Europe et à en découvrir ses richesses. Visiter le Parlement européen c’est leur donner une pierre de plus pour qu’ils deviennent les citoyens accomplis et réfléchis de demain.

#Défense Face à Trump et Poutine, notre réponse c’est l’Europe

Communiqué de la délégation socialiste française

Nous vivons dans un monde de plus en plus instable. Chaque jour, l’actualité apporte son lot de drames, de menaces pour notre avenir et celui de nos enfants. L’impensable se produit, comme l’horreur que vivent depuis des mois les habitants d’Alep.

L’Union européenne n’a en matière de politique extérieure, ni la puissance, ni la cohésion ou l’autorité qu’elle devrait avoir. Elle ne s’est jamais dotée des moyens de se défendre ou d’intervenir quand ce serait nécessaire. Le rapport adopté aujourd’hui par le Parlement européen sur l’avenir de la politique étrangère et de sécurité commune est donc important.

Après le vote des deux rapports axés sur la politique de sécurité et de défense commune lors de la dernière plénière, le texte adopté aujourd’hui présente le bilan de la politique étrangère de l’Union et énonce les priorités du Parlement pour l’avenir.

Que préconise ce rapport adopté à la veille d’un Conseil européen qui consacrera une grande partie de son ordre du jour à ces questions ? Que l’Union se dote de moyens qui la rendent apte à préserver la réussite qu’elle représente, cohérente dans son action extérieure, qui doit se structurer autour de trois axes : diplomatie, développement et défense. Face aux diverses menaces – cyber sécurité, menaces hybrides – la coopération doit être le maitre-mot.

L’Union doit ensuite assumer la responsabilité de sa sécurité. Pour jouer un rôle de puissance globale, l’Union européenne ne peut plus s’appuyer sur le seul soft power, aujourd’hui insuffisant. Elle doit désormais développer un hard power. Sont donc repris les éléments débattus le mois dernier et qui devraient figurer dans les conclusions du prochain Conseil européen : nécessité de la coopération structurée permanente, quartier général européen, semestre européen de la défense, coopération UE-OTAN.

Quant à la Russie, le rapport reprend la position défendue par les socialistes et radicaux français : fermeté et dialogue. Fermeté, puisque nous envisageons de nouvelles sanctions « au cas où la Russie continuerait de violer le droit international ». Dialogue, puisqu’il doit toujours rester possible, le dossier iranien a démontré que c’était dans l’intérêt de tous.

Enfin, l’Union doit aussi développer une approche réellement globale de son action extérieure. Ainsi, il convient de mieux évaluer nos politiques de développement et commerciale pour vérifier qu’elles sont toujours et partout en adéquation avec nos valeurs.

Dans un monde dangereux, ce n’est ni à Trump, ni à Poutine de dicter les règles. C’est de plus d’Europe que nous avons besoin : cette prise de conscience doit se faire d’urgence.

 Le bout du tunnel pour le paquet ferroviaire : la droite vote contre la protection des travailleurs

Communiqué de la délégation socialiste française

A quoi bon avoir un espace sans frontière si on ne peut pas circuler facilement sur le territoire ? C’est fort de ce principe que nous œuvrons à la création d’un espace ferroviaire unique européen. Depuis 2001, l’Europe avance vers cet objectif, par des ensembles de textes appelés « paquet ferroviaire », qui traitent à la fois de questions techniques et politiques. Aujourd’hui, le Parlement européen a adopté le volet politique du 4ème paquet ferroviaire, qui vise essentiellement à ouvrir les services nationaux de transport de passagers et réformer la gouvernance ferroviaire. C’est l’aboutissement d’un long processus.

Deux lignes rouges nous ont guidés dans ces négociations : l’ouverture à la concurrence ne doit pas se faire au détriment des droits des travailleurs et des services publics

Les eurodéputés socialistes et radicaux ont obtenu gain de cause sur plusieurs points : d’abord, la concurrence ne sera pas imposée ! Alors que la Commission souhaitait aller encore plus loin dans la libéralisation des services de transport de passagers en rendant obligatoire la mise en concurrence des contrats de services publics, nous avons obtenu que les pouvoirs publics puissent directement passer des contrats de service public, sans passer par un appel d’offre concurrentiel.

L’accès, la cohésion territoriale, les obligations de service public priment sur le reste, ce dont nous nous réjouissons.

Nous avons également obtenu la possibilité de limiter le droit d’accès à l’infrastructure à un opérateur privé si l’arrivée de cet opérateur met en cause les marges d’un opérateur assurant un service public, et donc l’équilibre économique d’un service public. C’était une ligne rouge : la concurrence privée peut être limitée si elle porte atteinte à des obligations de services publics.

En revanche, sur le volet social le compte n’y est pas. Nous condamnons fermement le vote de la droite européenne contre l’amendement essentiel du Groupe des Socialistes et Démocrates, pour instaurer le transfert automatique et obligatoire du personnel en cas de changement d’opérateur. Pour les eurodéputés socialistes et radicaux, une telle garantie sociale forte était indispensable, pour s’assurer que la concurrence ne se fasse pas au détriment des travailleurs, car l’Europe doit protéger les droits des travailleurs. Le Groupe des socialistes a donc voté pour une motion de rejet du règlement sur les services nationaux de transport de passagers. Les Européens doivent savoir qui agit pour les protéger !

Les députés européens débattent du pilier politique du quatrième paquet ferroviaire

Hier nous avons débattu en session plénière du quatrième paquet ferroviaire en vue du vote qui se tiendra mercredi 17 décembre. Sur un sujet aussi sensible que l’ouverture des marchés nationaux de transport de passagers par voie ferroviaire, le débat a fait ressortir les différences entre des progressistes qui défendent les droits des travailleurs, la qualité des services publics et la cohésion territoriale et les tenants d’une ouverture non régulée.

Lors du débat j’ai réitéré mon attachement au principe d’attribution directe des contrats pour laisser le choix aux autorités locales du mode de mise en œuvre des contrats de service public. J’ai également rappelé que le texte garantissait la possibilité de limiter l’arrivée d’opérateurs privés pour protéger un opérateur de service public. Ce principe, défendu par les socialistes, était essentiel pour s’assurer que la concurrence ne conduise pas à délaisser des lignes moins rentables mais essentielles pour l’équilibre de nos territoires et la cohésion sociale.

Cependant avec plusieurs de mes collègues nous avons aussi rappelé que sur le volet social, la protection des travailleurs n’était pas suffisamment garantie. En effet, pour que l’ouverture n’entraine aucune forme de concurrence entre travailleurs, le groupe S&D a toujours fait du transfert obligatoire de personnel en cas de changement d’opérateur une ligne rouge. Or comme je l’ai mentionné dans mon intervention le texte n’intègre pas ce principe fondamental. J’ai ainsi appelé tous les députés européens à voter pour l’amendement du groupe des socialistes et démocrates en faveur du transfert obligatoire de personnel pour garantir que la concurrence ne se fasse pas au détriment des conditions de travail.

Voici le verbatim de mon intervention:

Madame la Commissaire, Chers collègues,

L’ouverture des marchés nationaux si elle n’est pas régulée n’est pas la solution :

Premièrement la concurrence n’est pas une fin en soi et n’est pas postulat à la qualité du service qui doit rester le but principal des politiques publiques ;

Deuxièmement l’ouverture des marchés ne saurait remettre en cause la capacité des autorités locales à organiser et protéger les services publics.   

Si ces deux principes fondamentaux se retrouvent dans le texte avec la possibilité d’attribuer des contrats de service public directement, sans appels d’offres, et, la possibilité de limiter l’arrivée d’opérateurs privés pour protéger un opérateur de service public, en revanche sur le volet social, le compte n’y est pas.

L’ouverture des marchés ne peut faire l’économie de garanties sociales fortes. Or, le texte n’intègre pas le principe du transfert obligatoire de personnel en cas de changement d’opérateur. Alors même que c’était la position du Parlement européen en première lecture.

Aussi je vous appelle à voter pour notre amendement en faveur du transfert obligatoire de personnel pour garantir que la concurrence ne se fasse pas au détriment des conditions de travail.

Démontrons que l’Europe protège les droits sociaux et ses travailleurs.

 

Voici mes explications de vote:

Sur le réglement OSP:

J’ai voté pour la motion de rejet sur le règlement sur les services publics de transport de voyageurs par chemin de fer. Le groupe des Socialistes et Démocrates a obtenu plusieurs avancées sur ce texte, notamment pour permettre aux autorités locales d’attribuer les contrats de service public directement alors que la Commission voulait rendre obligatoire la mise en concurrence. C’était pour moi un enjeu fondamental pour laisser les marges de manœuvre nécessaires aux collectivités afin de décider le mode d’organisation des services publics dans les transports. Cependant, je regrette profondément que ce texte n’intègre pas de garanties sociales fortes pour s’assurer que la concurrence ne se fasse pas au détriment des travailleurs. Tout au long des négociations, je me suis engagée pour que le principe du transfert obligatoire en cas de changement d’opérateur soit intégré dans le texte. Le Groupe des Socialistes et Démocrates a aussi redéposé un amendement en plénière pour réintroduire le transfert obligatoire. Malheureusement la droite a bloqué cet amendement qui aurait pourtant permis de véritablement protéger les travailleurs en cas d’ouverture du marché, pour que la concurrence n’alimente pas le moins disant social.

Sur la directive Gouvernance:

J’ai voté pour la révision de la directive gouvernance. Après de longues négociations, je me félicite que le texte intègre bien la position des socialistes pour garantir que la concurrence privée ne mette pas en danger un service public. Concrètement, le texte établit que le régulateur pourra limiter le droit d’accès à un opérateur privé si l’arrivée de cet opérateur met en cause les marges de l’opérateur assurant un service public. C’était fondamental pour éviter que des opérateurs privés ne viennent concurrencer les opérateurs de service public sur des lignes rentables qui permettent de financer des connections moins lucratives mais indispensables pour la cohésion territoriale. Enfin, le texte ne remet pas en cause le modèle de l’entreprise intégrée qui regroupe le gestionnaire et l’opérateur historiques dans un même groupe, comme en France ou en Allemagne.

Remise du Prix Sakharov à Nadia Mourad et Lamiya Aji Bachar

Communiqué de Le Parlement européen a décerné, aujourd’hui, le Prix Sakharov pour la liberté de l’esprit à deux femmes yézidies qui ont fui, au péril de leur vie, l’esclavage que leur a imposé Daech : Nadia Mourad et Lamiya Aji Bachar.

Face au drame que vivent les membres de la communauté yézidie, nous appelons les Etats membres de l’Union européenne à prendre leurs responsabilités alors que les ressortissants irakiens, dont font partie les Yézidies ne sont pas éligibles au principe de la relocalisation[1]. Seuls les ressortissants originaires des pays suivants peuvent y accéder : Syrie, Érythrée, Burundi, Mozambique, Bahreïn, Bhoutan, Qatar et Yémen. L’Irak, pays où vivent la majorité des Yézidies, ne figure pas sur cette liste.

Nous soutenons pleinement les deux lauréates qui demandent à l’Union européenne de reconnaître et de s’opposer au génocide en cours. Il faut protéger les survivants, à la fois sur place et en accordant en Europe le statut de réfugié aux Yézidies qui le demandent.

L’attribution de ce prix est aussi l’occasion de demander à tous les États membres de jouer le jeu de la solidarité et de l’accueil des réfugiés. En effet, plus les Etats membres relocaliseront des demandeurs d’asile, moins il sera nécessaire de restreindre l’accès à cette même relocalisation. Ainsi, la pression sur les Etats membres dits de première entrée (Italie et Grèce) sera moindre et la protection des réfugiés mieux assurée.

[1] La relocalisation ne peut s’appliquer qu’aux demandeurs pour lesquels le taux moyen de reconnaissance de la protection internationale au niveau de l’UE est supérieur à 75%. Ce chiffre a été fixé par la Commission pour donner la priorité aux personnes le plus susceptible d’obtenir une protection. Mais cette statistique se fait par nationalité uniquement.

Un Parlement européen éthique et transparent

Communiqué de la délégation socialiste françaisedélégation socialiste française

Le Parlement européen a adopté aujourd’hui une modification de son règlement intérieur pour améliorer son fonctionnement et sa transparence, clarifier les règles, se protéger de toutes les tentatives destinées à saboter ou à retarder l’activité parlementaire. Cette modification est aussi un moyen de mettre un terme à la fausse activité parlementaire, à toutes les astuces dont certains usent et abusent, qui permettent, en fin de mandat, « d’améliorer » leurs statistiques de députés, mais qui ne sont en rien du véritable travail législatif .

Des mesures ont été adoptées pour améliorer l’efficacité du Parlement européen, parmi lesquelles :
– Questions écrites : pour faire baisser le nombre excessif de questions (on dépasse les 60.000 par an, au prix de 1500 euros la question écrite), chaque député ne pourra soumettre qu’un maximum de 20 questions sur une période glissante de trois mois ;
– Proposition de résolution, une nouvelle limite est posée : une par mois et par député ;
– En ce qui concerne les déclarations écrites, le rapport en propose l’abolition ; si elles devaient être maintenues, un seuil de 40 députés issus de 3 groupes serait nécessaire ;
– Explications orales des votes : chaque membre ne pourra dépasser le nombre de 3 par plénière.

A relever également, les dispositions prises sur le code de conduite des députés pour renforcer l’éthique et la transparence :

– Les députés seront automatiquement sanctionnés en cas de propos diffamatoire, raciste, xénophobe ou d’actions perturbant l’activité parlementaire. Ils seront également tenus responsables d’un comportement inapproprié d’un des membres de leur équipe ;
– Les pénalités pour mauvaise conduite ont été augmentées (jusqu’à 30 jours d’indemnité journalière, pouvant être doublés en cas de récidive) ;
– Privation de représentation du Parlement européen pour les contrevenants (délégations, réunions interinstitutionnelles, etc.) pouvant aller jusqu’à un an ;
– Mise en œuvre de « l’empreinte législative », qui consiste, pour les rapporteurs à consigner tout rendez-vous avec les lobbyistes lors de la rédaction de leurs rapports ;
– Plus de précisions dans les déclarations financières et renforcement du contrôle de celles-ci ;
– Interdiction faite aux membres d’avoir un emploi de lobbying rétribué ;
– Retrait des badges aux lobbyistes qui ne se conforment pas aux règles, et interdiction pour les députés de fournir à leur entourage des badges d’accès à des fins de lobbying ;
– Plus de transparence sur le fonctionnement des Intergroupes.

Nous dénonçons régulièrement et avec force les comportements indécents et honteux des Barroso, Kroes, ou encore Oettinger. C’est pourquoi nous avons plaidé pour un renforcement des règles applicables aux députés européens.

Sans la culture, l’Union européenne serait une erreur

Communiqué de la délégation socialiste française

Le Parlement européen a adopté aujourd’hui un rapport d’initiative sur les industries culturelles et créatives, ce dont les eurodéputés socialistes et radicaux se félicitent. Ce rapport est en grande partie fondé sur le travail et les auditions organisées dans le cadre de l’intergroupe « Industries culturelles et créatives », par Pervenche Berès et Christian Ehler, co-auteur du texte.

La culture est l’indispensable ciment de nos sociétés, mais c’est aussi une industrie dynamique, porteuse de croissance : 12 millions d’emplois et 509 milliards d’euros de valeur ajoutée dans le PIB de l’Union européenne. Pour la délégation socialiste française, la transition numérique doit être au service du maintien d’une culture vivante, d’une création de qualité où les bénéfices sont justement partagés. C’est pourquoi tout doit être fait pour soutenir les artistes, les créateurs et les entreprises culturelles européennes en établissant des conditions équitables face aux géants du numérique. Aujourd’hui, les contenus créatifs sont de plus en plus accessibles, les coûts de distribution ont chuté avec l’évolution technologique, pourtant les créateurs n’ont pas vu, en retour, leurs revenus augmenter. Au contraire, pour certains, ceux-ci ont dramatiquement chuté. Une grande part de la valeur ajoutée est captée par les plateformes numériques qui jouent un rôle d’intermédiaire entre les créateurs et les consommateurs de produits culturels. Ceci n’est pas acceptable. Dans ce rapport, outre la défense des créateurs, le respect de la propriété intellectuelle et l’amélioration des conditions de financement ou de dotation financière via les différents fonds européens, nous avons fait plusieurs propositions significatives :

– nous invitons la Commission européenne et les États membres à envisager l’année européenne du patrimoine culturel 2018 comme une occasion majeure pour renforcer l’excellence européenne dans les secteurs de la culture et de la création ;
– nous appelons de nos vœux la création d’un « prix européen des secteurs de la culture et de la création » conçu suivant les mêmes lignes que le « prix franco-allemand des secteurs de la culture et de la création »;
– nous demandons que soit étudiée la possibilité de programmes de mobilité pour les « jeunes innovateurs » afin de promouvoir les échanges et l’innovation dans le domaine de la culture et de la création;
– nous encourageons les États membres à prendre des initiatives telles que le « bonus culturel » lancé par le gouvernement italien, qui met 500 euros à la disposition de tout jeune de 18 ans qui réside légalement en Italie, à dépenser uniquement pour une activité « culturellement enrichissante » telle que la visite d’un musée, d’une galerie, d’un site archéologique ou du patrimoine, des livres ou des films.

Nous voulons pour demain, une stratégie européenne ambitieuse qui allie industrie, culture et création, et qui respecte, à l’ère du numérique, la diversité, la qualité, permet aux créateurs de bénéficier de leur travail et qui se reflète dans toutes les politiques européennes, y compris la politique fiscale qu’il reste à inventer.

Convention fédérale: bilan du quinquennat sur les affaires européennes et internationales

Samedi 10 décembre, la fédération du parti socialiste du Val-de-Marne organisait sa Convention fédérale sur le bilan du quinquennat de François Hollande. J’ai eu le plaisir d’intervenir, aux côtés de Maurice Braud, Secrétaire national en charge du Pôle modernisation, coopération, régulation, à une table ronde sur la place de la France en Europe et dans le monde. Malgré le temps qui nous a été imparti, j’ai tenté de faire une synthèse des nombreuses actions de François Hollande qui ont fait avancer l’Europe pendant ces cinq dernières années.

J’ai tout d’abord rappelé son action sur l’inflexion du pacte de stabilité et de croissance qui est l’instrument dont les pays de la zone euro se sont dotés afin de coordonner leurs politiques budgétaires nationales et d’éviter l’apparition de déficits budgétaires excessifs ; c’est le premier point sur lequel François Hollande a dû prendre des décisions en tant que Président de la République. Dans un contexte où les sociaux-démocrates sont minoritaires au sein du Conseil de l’Europe des 28 Etats membres, la France a su jouer un rôle important pour mettre de la flexibilité dans la politique économique de l’Europe et de faire en sorte que la Grèce reste au sein de la zone euro. Il a été l’artisan de ce travail pour accompagner également l’Espagne et le Portugal.

Aujourd’hui, nous voyons la concrétisation du Plan Junker et le relance de l’Europe grâce à l’investissement ; cela était un point du programme de François Hollande et des sociaux-démocrates. Sur le budget européen, beaucoup d’Etats sont de mauvais payeurs mais il faut continuer de travailler sur l’intégration économique au niveau de l’ensemble de l’UE pour plus de solidarité entre les pays. Par ailleurs, je suis revenue sur l’engagement de François Hollande qui, en 2012, a fait de la jeunesse sa priorité en allouant une partie du budget européen à la garantie jeunesse.

Sur les traités de libre-échange, pendant la campagne du Président Hollande, nous nous sommes battus à ses côtés pour des traités de « juste » échange et la France a permis de poser des marqueurs importants. Matthias Feckl, Secrétaire d’Etat chargé du commerce extérieur a obtenu le retrait des tribunaux arbitraires au profit de tribunaux publics avec des magistrats libres de trancher les décisions à prendre dans l’intérêt de l’Europe.

Concernant le terrorisme, le gouvernement français a permis d’avancer au niveau européen. Sur le PNR (Passenger Name Record), il a fallu beaucoup de convictions pour aboutir à un vote et les résultats se concrétisent aujourd’hui ; il y a seulement 4 Etats européens qui se sont dotés d’un PNR. Par ailleurs, sur la lutte contre le terrorisme et notamment l’assèchement du financement de Daesh, les propositions de la France défendues Michel Sapin, Ministre de l’économie et des finances, ont été déclinées au niveau européen et notamment dans le Rapport de Vincent Peillon.

J’ai rappelé aussi, la mise en place d’une agence européenne du droit d’asile dont le modèle a été calqué sur l’OFPRA, l’Office français de protection des réfugiés et apatrides. C’est une véritable réussite de la France sur le plan européen.

 

La France a pesé son poids dans la lutte contre le dumping social avec ’inscription dans la loi de l’obligation de respecter le droit français en matière de salaires pour tous les chauffeurs routiers travaillant en France. Alors, même si la France a reçu un carton jaune de la part des pays d’Europe de l’Est, qui l’accusent de faire de la concurrence déloyale, le rapport de force se poursuit avec le débat sur la révision de la directive des travailleurs détachés.

 

La France a également joué un rôle important sur les questions environnementales avec la signature de l’Accord de Paris lors de la Cop 21. J’ai fait référence aux actions de Stéphane Le Foll et Eric Andrieu qui ont mené un véritable combat pour développer la production française dans des conditions favorables à l’environnement et lutter contre les OGM. J’ai par ailleurs parlé de la mise en place de la commission Royal, liée au scandale de l’affaire Volkswagen, qui mène un travail complémentaire à celui de la commission EMIS du Parlement européen dans laquelle je siège en tant que rapporteure pour mon groupe et qui a vocation à faire appliquer par les Etats membres la règlementation européenne en matière d’émissions polluantes.

 

Pour conclure, j’ai rappelé que plusieurs exemples concrets montrent que tous les maux de l’Europe ont pour cause profonde les dérives de la mondialisation et non pas l’Europe. La politique de François Hollande a beaucoup pesé sur les grandes décisions européennes. Maintenant il nous appartient de clarifier et de renforcer nos exigences pour démontrer que l’Europe peut protéger.

 

Frans Timmermans hausse le ton contre le gouvernement polonais

Frans Timmermans, Vice Président de la Commisssion européenne, a  adressé un courrier aux autorités polonaises le 8 décembre dernier. Elle a été publiée par Politico (en anglais).

Frans Timmermans s’exprimera à ce sujet en plénière mardi 13 décembre mais en voici déjà les principaux éléments.

Il qualifie la situation en Pologne de « crise constitutionnelle sérieuse ». Il rappelle les principaux griefs :

·         La nomination des juges au tribunal. La  Pologne refuse d’appliquer les jugements du tribunal constitutionnel.

·         La loi du 22 décembre 2015 (amendant la loi sur le tribunal constitutionnel) qui a été déclarée inconstitutionnelle en Pologne et qui a été critiquée par la Commission de Venise dans un avis, que le gouvernement polonais refuse de publier. Une nouvelle loi du 22 juillet 2016 a été adoptée par le Parlement mais elle est toujours critiquée par la Commission de Venise dans un avis, encore une fois non publié par le gouvernement polonais.

La Commission a donc enclenché son mécanisme d’état de droit et a publié une recommandation destinée aux autorités polonaises le 27 juillet 2016 sur cette « crise systémique » où elle appelait la Pologne à régler le litige sur la nomination des juges et en particulier sur le respect des jugements du Tribunal constitutionnel. Mais depuis, la situation ne s’est pas améliorée : le tribunal constitutionnel est toujours paralysé et une nouvelle proposition de loi est, encore une fois, jugée intolérable (elle donne le pouvoir au président de nommer le président du tribunal).

Frans Timmermans demande à ce que l’ensemble des lois qui menacent l’état de droit n’entrent pas en vigueur et rappelle que le résultat des urnes ne donne pas l’autorisation de contourner l’état de droit. La Pologne est un pays important de l’UE : il y contribue significativement mais il profite également de son marché intérieur. L’UE ne peut fonctionner que si l’ensemble des états membres reconnaissaient la force contraignante des lois européennes. Il conclut sur les valeurs fondamentales de l’UE.

Echanges sur les politiques européennes de migrations avec les étudiants d’Arras

A l’initiative du Mouvement européen du Pas de Calais, j’ai eu le plaisir d’intervenir devant des étudiants de Master 2 et de classe préparatoire de l’École Nationale de la Magistrature (ENM) mercredi 7 décembre au Parlement européen. Nous avons échangé sur l’action de l’Union européenne face au défi migratoire sans précédent de ces dernières années.

La réponse des États membres, suite aux dernières tragédies en Méditerranée, ont été insuffisantes. J’ai présenté à ces étudiants la série de mesures législatives que prend l’Union européenne p afin de se doter d’une réelle stratégie pour la migration et l’asile et dans ce cadre, le rôle du Parlement européen est essentiel.

Le groupe des Sociaux-Démocrates est déterminé à défendre le respect des droits fondamentaux, la nécessité d’harmoniser nos procédures mais aussi à rappeler aux États membres leurs obligations. J’ai fait allusion à la Directive asile qui n’est toujours pas transposée par l’ensemble des Etats alors qu’ils y sont tenus.

Durant notre débat, des remarques intéressantes ont été soulevées sur le visa humanitaire que nous avons longuement discuté. Des visas humanitaires pourraient être délivrés par les ambassades de l’UE aux personnes qui font une demande de protection internationale. Ils pourraient alors entrer sur le territoire européen sans risquer leur vie en la confiant à des passeurs.

Les étudiants ont bien compris que la bataille politique ne fait que commencer !