La fiscalité en Europe doit s’adapter d’urgence à l’économie numérique

Communiqué de la Délégation socialiste française

Dans une communication publiée aujourd’hui, « Un système fiscal équitable et efficace dans l’Union européenne pour le Marché Unique Numérique », la Commission européenne appelle les États membres à se mettre d’accord rapidement sur la forme que devra prendre la réforme fiscale destinée à taxer les entreprises numériques.

Le système fiscal international, dont les bases ont été dessinées au cours du XXe siècle, repose sur le principe de la présence physique des entreprises. Seulement avec la révolution numérique, l’évitement fiscal est devenu un sport international et la fiscalité doit être adaptée pour taxer justement toutes les entreprises.

Les ‘GAFA’ (Google, Apple, Facebook et Amazon) et l’ensemble des plateformes sont évidemment visés : ces entreprises n’ont souvent pas de présence physique dans l’ensemble des États où elles réalisent pourtant des profits impressionnants à travers la publicité en ligne et l’utilisation des données et habitudes des utilisateurs. Tout l’enjeu est donc aujourd’hui d’adapter la définition de l’établissement stable pour y intégrer le numérique.

D’après les chiffres avancés par la Commission, dans l’Union européenne, le taux effectif moyen d’impôt sur les sociétés des entreprises numériques serait inférieur à 9 % ; bien loin des 33,3 % de l’impôt sur les sociétés en France !

Jusqu’ici, l’absence d’accord au niveau international a empêché les États membres d’avancer : faisant suite à l’initiative de plusieurs Etats membres dont la France le weekend dernier lors du Conseil informel à Tallinn, la Commission invite les pays de l’Union à trouver un accord rapidement, et sans attendre un mandat du G20 à l’OCDE, qui supposerait le plein soutien, peu probable, des Etats-Unis… tout en proposant d’autres options pour parvenir à une imposition effective des plateformes.

Des pistes de réflexion sont sur la table, et le projet d’assiette commune consolidée pour l’impôt des sociétés (ACCIS), en cours d’examen au Parlement européen et au Conseil, offre une opportunité unique d’avancer sur ce dossier. Nous invitons donc les États membres à éviter les effets d’annonce non suivis d’effet comme ils l’ont trop fait avec la taxation des transactions financières (TTF) et à se saisir pleinement de la proposition qui existe déjà pour y intégrer l’imposition des plateformes.

La fiscalité doit évoluer vers un modèle plus juste, et plus efficace, qui assure une égalité devant l’impôt à l’ensemble des entreprises, y compris du numérique. Qui permette aussi aux États d’assurer leur mission sociale. C’est pourquoi la délégation socialiste française au Parlement européen soutient pleinement le message de la Commission européenne et invite le Conseil à transformer ce qui apparaît comme une offre de service de plusieurs de ces États membres pour investir pleinement et avec succès la négociation d’ACCIS et d’y trouver un accord ambitieux dès que possible. Sinon le risque serait celui de saper une dynamique pour un coup de communication, alors que les Européens ont besoin d’une base commune pour l’impôt des sociétés.

Ici aussi, l’Union peut faire la différence et montrer la voie à suivre pour une réforme globale en faveur d’un système fiscal international moderne et équitable.

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