#moiaussi #balancetonporc : tous ces messages appellent une réponse politique

À la suite de l’affaire Weinstein aux États-Unis, des milliers de femmes se sont mobilisées en ligne pour dénoncer le harcèlement sexuel et les violences sexistes. Ce mouvement est salutaire car la libération de la parole est saine et permet une prise de conscience de l’ampleur et de la gravité de la situation. En Europe, de 80 à 100 millions de femmes ont subi une expérience de harcèlement sexuel.

Le Parlement européen a débattu aujourd’hui des violences sexistes en Europe. Ceux qui pensent qu’harceler une femme ou l’agresser sexuellement n’est pas un crime se trompent lourdement. Avec mes collègues, nous avons rappelé que ce sont des actes graves et une violation des droits de l’homme. Nous encourageons également toutes les victimes à signaler ce qu’elles ont subi pour que les auteurs de ces actes odieux soient enfin poursuivis.

Pour lutter contre toutes ces violences envers les femmes et les filles, un outil existe : c’est la Convention d’Istanbul. En tant que Co-Rapporteure pour le Parlement sur ce dossier, j’ai lancé un message : les Etats membres doivent accélérer les négociations pour la ratification de l’UE à cette Convention. Il y a urgence à agir et l’adhésion de l’Union permettra la mise en place d’un cadre cohérent pour protéger les femmes partout en Europe. En parallèle, les Etats doivent également la ratifier et je salue l’Estonie et l’Allemagne.

Nous sommes en bonne voie mais le combat est loin d’être terminé. C’est un combat de longue haleine car il demande un changement profond de notre société.

Voici mon intervention :

« Merci Madame la Présidente, Madame La Commissaire. Ces dernières semaines, des milliers de femmes ont dénoncé le harcèlement sexuel dont elles sont victimes à travers les #metoo #moiaussi ou #balancetonporc. Grâce à elles, les violences basées sur le genre apparaissent au grand jour. Oui, c’est un fléau qui sévit dramatiquement dans toute l’Europe : une femme sur deux a déjà été victime de harcèlement sexuel. C’est trop souvent considéré comme une affaire privée et bien trop facilement toléré. D’autant que le dépôt de plainte reste très souvent un parcours de la combattante.

Tous ces témoignages appellent une réponse politique. Je m’adresse ici à la Commission, à la présidence estonienne et aux Etats. La Convention d’Istanbul est le premier traité juridiquement contraignant, au niveau international, sur la lutte contre les violences faites aux femmes. La Convention commence par ces mots « la violence à l’égard des femmes doit être compris comme une violation des droits de l’homme ». C’est grave et cela doit être fermement puni. Ce qui n’est plus tolérable, c’est l’impunité des auteurs ! L’article 40 de la Convention prévoit précisément des sanctions pénales pour les cas de harcèlement sexuel.

Dans notre rapport voté en septembre dernier, nous exhortons les États membres à accélérer les négociations pour que l’Union européenne ratifie cette Convention au plus vite – afin d’agir maintenant et plus efficacement pour le droit des femmes.

Je demande aussi aux Etats qui ne l’auraient pas encore fait – et je salue l’Estonie qui vient de la ratifier – de ratifier la Convention d’Istanbul car l’adhésion de l’Union ne les dispense pas de leurs obligations.

Je finis en rappelant que la violence contre les femmes est enracinée dans notre société. Nous avons un besoin d’un changement profond des mentalités et des comportements pour s’en affranchir durablement. Les filles et les femmes doivent être protégées, partout, tout le temps ».

Voici mon explication de vote sur la Résolution:

J’ai voté en faveur de la Résolution sur la lutte contre le harcèlement sexuel. Aujourd’hui d’actualité avec #balancetonporc ou #metoo, c’est une violence grave à l’égard des femmes et une discrimination à caractère sexiste. Cela touche toutes les femmes dans tous les domaines de la société. Au travail, 75 % des femmes qui exercent des fonctions d’encadrement supérieur ont été victimes de harcèlement sexuel.

Nous demandons à la Commission et aux Etats membres d’agir : financement des programmes de sensibilisation aux droits des victimes de harcèlement sexuel, soutien aux organisations de société civile et aux syndicats qui aident les femmes à signaler les incidents.

La Résolution appelle à la ratification de la Convention d’Istanbul par l’Union et par l’ensemble des Etats au plus vite. L’article 40 de la Convention prévoit précisément des sanctions pénales pour les cas de harcèlement sexuel. La Commission doit également entendre les appels répétés du Parlement pour une Directive sur la lutte contre les violences à l’égard des femmes.

Nous n’oublions pas notre devoir d’exemplarité et le harcèlement sexuel doit également être combattu au sein même de nos institutions par l’examen, de toute urgence, des signalements de harcèlement et de sévices sexuels au Parlement européen.

 

 

 

 

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