Les mutilations sexuelles sont des crimes et ils doivent être punis comme tels!

Le 6 février est la journée internationale pour une tolérance zéro à l’encontre des mutilations génitales féminines. Je préfère la clarté des expressions : nous devons parler de mutilations sexuelles car c’est bien la sexualité de la femme qui est attaquée.

A l’occasion de cette journée d’action, le Parlement européen a débattu de l’action de l’Union pour prévenir ces actes de tortures et pour protéger les millions de victimes. L’ONU estime que 200 millions de femmes et de filles ont été mutilées dans le monde, que 3 millions de jeunes filles risquent de les subir chaque année, ainsi que 180 000 européennes.  Le Parlement européen doit fermement s’engager dans la lutte contre cette barbarie, contre cette forme extrême de violence de genre qui touche dramatiquement tous les continents et également l’Europe.

Aujourd’hui je demande à la Commission européenne de rendre des comptes, 3 ans après la mise en œuvre de sa stratégie, je demande à l’Union d’investir dans les droits sexuels et reproductifs dans toutes les régions du monde et je demande à chaque État d’adapter son cadre législatif. Les mutilations sexuelles féminines sont des crimes et ils doivent être punis comme tels. Rien ne doit les justifier.

J’ai insisté sur cette réponse pénale car nous avons un instrument qu’il suffit de mettre en oeuvre en le ratifiant ! La Convention d’Istanbul est un traité international consacré à la violence à l’égard des femmes. Dans son article 38, cette Convention statue clairement que les parties « prennent les mesures législatives nécessaires pour ériger en infractions pénales l’excision, l’infibulation ou toute autre mutilation de la totalité ou partie des labia majora, labia minora ou clitoris d’une femme ». Tous les Etats membres, et l’Union européenne elle-même, ont signé cette Convention ; j’attends donc les ratifications manquantes au plus vite.

Madame la Commissaire,

Chers collègues,
Le message sur nos t-shirt est clair : faisons cesser au plus vite les mutilations génitales féminines. Ou devrions-nous dire mutilations sexuelles car j’insiste sur ce point : ce sont les organes sexuelles de ces femmes qui sont détruits et c’est le reflet d’une inégalité entre les sexes profondément enracinée.
Au mois d’octobre au Parlement, j’ai entendu le récit d’une victime d’excision, expliquant comment elle a surveillé ses deux jeunes filles jours et nuits, dans la rue, devant l’école, devant sa maison, pour éviter qu’elles se fassent enlever et exciser. C’est un récit glaçant.
Que devons-nous faire pour ces millions de victimes, aussi en Europe ? Investir dans l’éducation évidemment, changer les mentalités aussi, promouvoir les droits sexuels et reproductifs et adapter notre arsenal législatif.
La Convention d’Istanbul est un traité international juridiquement contraignant qui appelle à la pénalisation des mutilations sexuelles afin qu’elles soient dûment sanctionnées.
La ratification par les États membres qui ne l’auraient pas encore fait – et ils sont encore trop nombreux – et par l’Union européenne sera donc une étape fondamentale ! Il faut la ratifier et la mettre en oeuvre au plus vite pour que les auteurs soient punis !

 

Voici mon explication de vote:

J’ai voté en faveur d’une Résolution sur les mutilations sexuelles féminines, dans le cadre de la journée internationale pour l’éradication de ces pratiques barbares. La Résolution du Parlement appelle la Commission et les Etats membres à intensifier leurs efforts pour prévenir les mutilations sexuelles et pour protéger les victimes. Trois ans après la première stratégie européenne sur la question, les nombres sont encore inacceptables : 180 000 femmes européennes sont à risque chaque année et on estime que 15 millions de jeunes filles y seraient sujettes d’ici 2030.

 

Je suis particulièrement attentive aux dispositions de la Convention d’Istanbul qui statue que les mutilations sexuelles peuvent être reconnues comme une forme de persécution et que ses victimes peuvent donc être réfugiées en vertu de la convention de 1951. Nous demandons à ce que les états membres, qui ont souvent une interprétation restrictive de ces motifs d’asile, accordent la meilleure protection possible à ces victimes. Les mutilations sexuelles ne sont pas des traditions ou des coutumes ; ce sont des actes de tortures pratiqués sur des jeunes filles mineurs.

 

Enfin, le Parlement s’est exprimé à nouveau pour exhorter les États membres et l’Union européenne à ratifier la Convention d’Istanbul au plus vite.

 

 

 

 

 

 

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