Venezuela : les eurodéputés socialistes et radicaux souhaitent laisser une place au dialogue

Communiqué de la Délégation socialiste française

Le Parlement européen a adopté aujourd’hui une résolution sur la situation au Venezuela appelant à la reconnaissance immédiate de M. Guaido comme président par intérim, jusqu’à l’organisation d’élections.

Les eurodéputés socialistes et radicaux ont fait le choix de s’abstenir sur ce vote. Nous n’avons aucune complaisance pour M. Maduro ; mais nous sommes des partisans résolus de la paix et souhaitons à tout prix éviter une polarisation plus forte encore de la société vénézuélienne.

Il faut enrayer la violence – dont les premières victimes seront les citoyens Vénézuéliens qu’ils soient pro-Maduro ou pro-Guaido – nous sommes persuadés que la ligne exprimée par l’Union européenne est la bonne. Nous devons peser pour des négociations, à travers la mise en place d’un groupe de contact. Ce dernier pourrait aider au dialogue et faciliter les négociations entre l’Assemblée nationale et la présidence autour de la transition. C’est seulement ainsi que nous pourrons renouer les fils du dialogue et trouver une solution politique, avec comme seul objectif que les Vénézuéliens regardent vers l’avenir, malgré les fractures du pays.

Si ce dialogue est refusé, alors l’Union européenne pourra envisager la reconnaissance de Juan Guaido comme président par intérim.

Une victoire pour la transparence !

Communiqué de la Délégation socialiste française

Aujourd’hui, à 4 voix près, la gauche européenne a infligé un camouflet à la droite européenne et à son Spitzenkandidat, Manfred Weber, qui est allé jusqu’à dégainer l’arme rarement utilisée du vote à bulletin secret pour ne pas obliger les rapporteurs, rapporteurs fictifs et présidents de commission à rendre publiques leurs rencontres avec des lobbyistes.

Pour Pervenche Berès, membre de la commission en charge des affaires constitutionnelles, « malgré toutes ses manœuvres, la droite a échoué : la démocratie et la transparence sortent renforcées de ce vote ! C’est un message d’optimisme alors que la défiance envers les élus et les institutions ne cesse de croître dans tous les pays de l’Union ».

Sylvie Guillaume, vice-Présidente du Parlement européen en charge de ces sujets, se félicite « d’avoir battu les conservateurs qui majoritairement souhaitaient empêcher l’ajout de nouvelles dispositions permettant aux députés qui le souhaitent de faire toute la lumière sur l’utilisation de l’indemnité de frais généraux. Les citoyens exigent à juste titre l’exemplarité des élus : c’est ce que ce vote permettra ! ».

« Nous nous félicitons également de l’engagement fort du Parlement européen dans la lutte contre le harcèlement ; les députés qui ne signeront pas le Code de comportement approprié et ne participeront pas à une formation sur le harcèlement, ne pourront pas devenir titulaires de fonctions. Là aussi, les progressistes l’ont emporté contre une droite conservatrice qui n’est pas en phase avec les préoccupations des citoyens », ajoutent les  eurodéputées.

Par contre, alors que nous voulions faire cesser les parties de cache-cache en supprimant la possibilité de voter à bulletin secret, nous constatons que cette demande n’a pas été acceptée.

« Nous continuerons de lutter pour faire progresser la culture de la transparence dans notre institution qui sera au centre des enjeux des élections européennes de mai prochain » concluent Sylvie Guillaume et Pervenche Berès.

Mon explication de vote :

J’ai voté pour le rapport du Parlement européen sur la modification le règlement intérieur du Parlement européen. Je me félicite que les amendements visant à renforcer la transparence du travail législatif aient été adoptés malgré l’opposition des députés de la droite européenne qui avaient demandé un vote à bulletin secret. Désormais, les députés européens chargés de rédiger des rapports législatifs devront désormais publier la liste des interlocuteurs rencontrés dans le cadre du travail législatif. Avec ce vote, les citoyens européens pourront mieux suivre le travail des parlementaires.

 

État de droit et droits fondamentaux en Hongrie, évolution depuis septembre 2018

Ce mercredi 30 janvier en plénière, les députés européens ont débattu de la situation en Hongrie alors que le gouvernement de Victor Orban s’enfonce davantage dans un régime autoritaire et liberticide, et ce malgré les avertissements de l’Union européenne. Ce n’est pas la première fois que ce sujet est à l’ordre du jour et nous avons même voté un texte historique pour enclencher l’article 7 en septembre 2018. Aujourd’hui il ne s’agit pas d’un débat supplémentaire inutile, il s’agit de ne jamais relâcher la pression dans cette épreuve de force avec le gouvernement hongrois qui dure depuis des années.

Ma déclaration :

Le vote historique de ce Parlement contre le gouvernement hongrois aurait dû tirer la sonnette d’alarme mais c’était un vœu pieux. Ces derniers mois, la mise en demeure de la Commission contre les lois pénalisant l’aide aux migrants n’a pas été entendue, l’Université d’Europe Centrale a dû quitter Budapest et le gouvernement hongrois est parti en croisade contre les études de genre, champ académique pourtant indispensable pour comprendre les rapports sociaux entre les hommes et les femmes.

Comment résister à une telle situation?

Car nous le devons pour les citoyens hongrois qui sont les premières victimes. Viktor Orban a pu faire illusion en prétendant protéger son peuple, quitte à enfreindre les règles, mais cela n’aura pas duré. Des milliers de hongrois manifestent contre une loi sur le travail qui légalise l’exploitation des salariés et plus largement contre l’ensemble de la politique d’Orban. Je leur envoie tout mon soutien.

Sortir de cette crise et refaire de l’Union un espace de démocratie, de liberté et justice prendra certainement du temps mais ce n’est pas impossible avec un projet politique alternatif : une troisième voie entre d’un côté l’austérité et la libre concurrence et de l’autre l’autoritarisme qui ont broyé les peuples.

 

Pour les alchimistes de la droite européenne, changer la transparence en opacité

Communiqué de la Délégation socialiste française

Aujourd’hui la droite européenne sous l’autorité de son spitzenkandidat, Manfred Weber, a demandé que des votes importants de la révision du règlement intérieur du Parlement européen se fassent à bulletin secret. Les eurodéputés socialistes et radicaux dénoncent avec force cette attaque en règle contre la transparence, alors que la défiance envers les élus et les institutions ne cesse de croitre, comme en témoigne en France la crise des gilets jaunes.

Avec ce vote à bulletin secret, quel est donc l’objectif de la droite européenne ? Elle souhaite supprimer l’obligation des rapporteurs, rapporteurs fictifs et présidents de commission de rendre publiques leurs rencontres avec des lobbyistes.

En commission parlementaire, nous avions obtenu cette mesure indispensable pour encadrer l’action des groupes de pression, du lobbying. L’enjeu est de contribuer à restaurer la confiance dans la démocratie, dans les institutions et les élus.

La droite européenne souhaite également empêcher les eurodéputes qui le souhaitent de publier l’utilisation de leur budget en tant que parlementaire. Une publication facultative donc. Pourquoi ? Comme l’a expliqué M. Caspary dans un mail adressé à tout le Parlement européen, la droite européenne craint qu’un jour cela devienne… obligatoire !

Que cherche donc à cacher la droite européenne ? Pourquoi entourer ce vote d’opacité ? Comment, surtout, peut-elle, sur un sujet comme la transparence, demander un vote à bulletin secret ?

La partie de cache-cache doit cesser : tous les élus doivent assumer publiquement leur position. Les eurodéputés socialistes et radicaux sont clairs : ils veulent adapter les institutions à la demande légitime des citoyens, qui veulent savoir comment est fabriquée la loi et veulent des élus irréprochables, c’est pour ça qu’ils afficheront leur vote demain en séance plénière et qu’ils voteront pour la suppression du vote secret.

Le lobbying n’est pas mauvais en soi : c’est comme le cholestérol, il y a le bon et le mauvais. Les syndicats, les ONG – et même les États ! – font du lobbying, pas seulement les multinationales. Mais ces débats doivent se faire en toute transparence avec l’ensemble des parties prenantes. C’est ce que les citoyens demandent. C’est ce que nous proposons. C’est ce que la droite doit accepter.

C’est le moyen de faire progresser la culture de la transparence dans notre institution

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Rencontre avec les étudiants de l’U-PEC Créteil à Bruxelles

Ce mercredi 30 janvier, j’ai rencontré des étudiants de Master en communication politique de l’Université de Paris-Est qui venait assister à la session plénière du Parlement européen à Bruxelles.

Je suis ravie d’avoir pu échanger sur mon mandat de parlementaire européenne, sur les combats que je mène dans cette assemblée et sur les défis qui nous attendent en 2019.

Nous avons en particulier échangé sur les activités d’un.e député.e européen.ne en rappelant qu’il ne s’agit pas d’un métier mais bien d’un mandat.

Tous les citoyens peuvent se présenter et tous peuvent être élus; il n’est pas question de compétences techniques mais de valeurs et de courage politique pour les défendre. Je leur souhaite le meilleur dans leurs études et en espérant les accueillir à Strasbourg une prochaine fois.

#Brexit : exemption de visas pour les Britanniques

Ce mardi 29 janvier, la commission des libertés civiles a discuté de mesures législatives nécessaires pour adapter le droit de l’Union au Brexit dans le domaine des visas. Lorsque le Brexit deviendra effectif, les citoyens britanniques deviendront automatiquement des ressortissants des pays tiers. Dans ce cas, il revient à l’Union de décider si ces citoyens seront soumis à une obligation de visa lorsqu’ils voyagent sur notre territoire.

Je regrette vivement la décision du Royaume-Uni mais je la respecte et il est de notre devoir de l’organiser au mieux, dans le souci de ne pas perturber davantage la vie de millions de personnes. En ce sens, nous souhaitons exempter les ressortissants britanniques de visas lorsqu’ils effectuent des courts séjours. Ils devront simplement se munir de documents d’identité en règle. Bien-sûr en échange, nous exigeons qu’il en soit de même pour les citoyens européens qui voyagent au Royaume-Uni. Si cette obligation de réciprocité n’est pas respectée, nous en tirerons les conséquences mais je crois que chaque partie a intérêt à la meilleure collaboration possible

CETA : pour nous, c’est toujours non !

Communiqué de la Délégation socialiste française

Ce matin, l’avocat général de la Cour de Justice de l’Union européenne a rendu un avis en faveur de la compatibilité du mécanisme de règlement des différends entre investisseurs et États prévu dans le CETA avec le droit européen. Nous devons maintenant attendre l’arrêt définitif de la Cour. Même si nous respectons cet avis, il ne change rien à notre positionnement politique : nous restons opposés au CETA.

Dès 2016 les eurodéputés socialistes et radicaux avaient demandé qu’avant toute entrée en vigueur du CETA le contenu de l’accord soit soumis à la CJUE. Nous avions identifié de nombreuses incertitudes juridiques en plus du règlement des différends : le mécanisme de coopération réglementaire est-il constitutionnel ? Le CETA respecte-t-il nos normes sociales, sanitaires et environnementales ?

Cette question n’est pas seulement juridique, elle est surtout politique. Il s’agit d’empêcher des mécanismes susceptibles de mettre en danger la capacité des États à légiférer et qui sont taillés sur mesure pour servir les intérêts des grandes multinationales.

C’est pourquoi, à l’approche des élections européennes, nous appelons à la définition d’une nouvelle doctrine du commerce international applicable à l’ensemble des accords futurs, qui passe par des principes non négociables et exige la transparence des négociations : l’exclusion des services publics ; le respect de nos indications géographiques et des filières agricoles sensibles ; le maintien de nos préférences en matière sociale, environnementale et sanitaire ; le refus de la coopération règlementaire qui limite le droit à l’autodétermination des démocraties ; l’instauration d’un mode public de règlement des conflits liés à l’investissement qui respecte le droit et les règles issus des institutions démocratiques ; l’inclusion de clauses climatiques et fiscales contraignantes dans les accords.