Vœux européens à Villejuif pour 2018

Samedi 13 janvier j’ai présenté mes vœux européens pour la nouvelle année. J’ai eu le plaisir d’accueillir dans ma permanence parlementaire villejuifoise des élus et des militants de toute l’Ile-de-France, aussi de nombreux acteurs avec qui j’entretiens un lien privilégié dans le cadre du travail que je mène au Parlement européen.

2017 a été une année politique singulière en France et en Europe, une année terrible pour les socialistes français, et le départ de nos deux candidats à la primaire, la crise de la social-démocratie en Europe aux Pays-Bas, en France, en Allemagne, en République tchèque, en Autriche… Malgré tout, nous sommes toujours là et plus motivés que jamais pour aborder cette nouvelle année.

Dans ce contexte il est important de tirer les leçons du passé pour t reconstruire parce que nous avons encore et toujours la conviction que nous avons beaucoup à faire pour changer les choses, améliorer la situation des plus fragiles, redonner du sens à la justice.

Trois ans après la mise en place de la Commission européenne dite « de la dernière chance », selon l’expression de son Président Jean-Claude Juncker, l’heure est au bilan, pour lui comme pour nous ; et le compte n’y est pas sur les objectifs que nous nous étions fixés et sur lesquels il s’était pourtant engagé : pilier social, justice fiscale, solidarité, réfugiés, droit de l’Homme, développement durable. Nous n’avons pas la majorité politique aujourd’hui pour faire avancer ces dossiers comme nous le souhaiterions.

Mais la construction d’une nouvelle stratégie d’alliances est engagée. Cela fait un an maintenant que nous avons mis fin à la grande coalition gauche/droite. Bien que nous soyons minoritaires dans l’hémicycle, nous avons obtenu des victoires pendant ces trois ans. Des dossiers stratégiques avancent, grâce aussi à la mobilisation citoyenne : glyphosate, instruments de défense commerciale, budget de la zone euro, diésel, le droit à l’avortement partout en Europe.

Je suis profondément convaincue que l’Europe est l’échelon politique pertinent pour faire bouger les lignes ; c’est pourquoi il faut se saisir de l’intérêt salutaire des médias pour les enjeux européens. Mais il faut aussi faire la démonstration qu’Emmanuel Macron n’a pas le monopole de cette appétence pour les sujets européens. Je refuse cette nouvelle pensée unique, et je ferai tout pour que le débat politique entre la droite et la gauche soit réellement posé. Les citoyens européens ont le choix. Et nous devons chercher à convaincre sur nos priorités qui reposent sur 4 piliers : social, écologique, démocratique et européen. Le Parti socialiste européen n’a pas attendu l’actuel Président français pour construire un programme commun aux élections européennes, il le fait à chaque scrutin depuis 2004 avec son « manifeste ». Et depuis 2014 aussi, c’est l’initiative des socialistes et démocrates que le candidats tête de liste est désormais destiné à prendre la présidence de la Commission européenne. Pour 2019, les socialistes européens réunis à Lisbonne, ont fait le choix de la primaire pour la désignation de notre candidat tête de liste et nous nous sommes prononcés pour la constitution de listes transnationales et l’adoption d’un texte commun auquel les socialistes français ont largement contribué pour la refondation d’un projet clair et ambitieux pour la vie quotidienne des européens. C’est pourquoi nous devons aussi être les artisans de la construction de ce nouvel axe majoritaire avec les forces de gauche et les progressistes.

2018 année de l’Europe. Nous allons aussi choisir qui seront nos candidats pour le prochain scrutin européen de 2019. Je mettrai toute mon énergie dans cette bataille, comme je l’ai toujours fait. Ici et au Parlement européen car les deux se tiennent. Car évidemment, je ne suis pas hors sol et je sais que tout cela ne sera possible que si nous redonnons des bases solides à notre parti, le parti socialiste auquel je suis toujours aussi attachée. Après le tremblement de terre vécu en 2017, il nous faut retrouver la lucidité, la responsabilité et l’intelligence collective pour retrouver le chemin des propositions et de l’espérance pour les militants, les Français et les Européens ; c’est le vœu principal que je formule pour cette nouvelle année.

 

 

 

#Europe Un programme, un leader, une stratégie. Retour sur le conseil du Parti socialiste européen devant le Conseil national

Voici mon intervention en Conseil national du Parti socialiste samedi 9 décembre suite au Conseil du PSE à Lisbonne les 1 et 2 décembre.

Le week-end dernier, le Parti socialiste européen (PSE) a tenu son conseil à Lisbonne. Nous étions présents parmi les plus de 500 participants, activistes européens et membres de leurs partis nationaux.

Le choix de la capitale portugaise pour la tenue de ce conseil était un signe politique fort pour la famille sociale-démocrate.

Car il rend hommage au choix de la cohérence politique mise en œuvre au Portugal depuis plus de deux ans par une coalition de gauche réunie à l’initiative du Parti socialiste. Le refus des socialistes portugais de se joindre à une grande coalition avec la droite, et leur volonté de mettre fin aux politiques austéritaires ont démontré la justesse de leur choix au regard de la relance économique et de l’emploi et de la redistribution sociale rendue possible.

En cette période de confusions idéologiques – qu’entretient notamment en France et en Europe le parti du président de la République – la réaffirmation des clivages entre la droite et la gauche fut précisément au cœur de la résolution sur son orientation politique adoptée par le conseil.

Ce texte, accessible en Français sur le site du PSE va être envoyé à tous les militants et devrait être aussi accessible sur notre site.

A l’initiative de Rachid Temal, le Parti socialiste a pris activement sa part dans la rédaction de ce texte. Nos amendements (notamment sur les stratégies d’alliance, sur les taxations des sociétés, le commerce international, les ressources propres et la politique budgétaire, le droit de vote sur citoyens européens sur leur lieu de résidence pour tous les scrutins), o débattus en groupe de travail, en bureau national, puis par la délégation présente à Lisbonne avant le vote, ont été adoptés. Je veux ici saluer le travail collectif des membres du BN, de mes collègues de la Délégation socialiste française au Parlement européen, des activistes du PSE et des permanents du Parti socialiste qui ont contribué à bâtir les propositions portées par notre délégation pour une refondation de l’Europe progressiste.

Dans sa résolution, le PSE dresse le constat lucide « des effets dévastateurs des politiques d’austérité libérales » à l’échelle européenne. Les effets sociaux de la crise ont éveillé le nationalisme qui menace non seulement le progrès social mais également l’existence même du projet européen. Aussi, le PSE appelle au rassemblement des partis progressistes déterminés sur nos priorités pour des politiques sociales et fiscales environnementales fortes.

Une autre résolution a été adoptée tout aussi importante. Elle appelle à la coalition des forces progressistes et pro-européennes permettant la désignation du candidat tête de liste qui aura vocation à devenir Président de la Commission européenne, par un système de primaire

et confirme le choix des Socialistes et démocrates pour les listes européennes/transnationales, propositions que défendaient les socialistes français.

Et Oui ! Nous avons cette force : nous sommes un grand parti européen qui porte une stratégie commune, pour son programme, son leader et ses alliances de majorité.

Alors un conseil. Cessons de regarder avec obsession ce que pourraient faire tel ou tel parti/ mouvement français et comment nous pourrions nous positionner par rapport à eux.

Consacrons plutôt nos forces à concrétiser notre feuille de route et à porter la stratégie politique définie à Lisbonne. Soyons les artisans du rassemblement pas les suiveurs.

Le PS français y prendra toute sa part et les enjeux européens doivent constituer un pôle majeur dans nos réflexions pour le prochain congrès.

Je rappelle que le Parti socialiste, en dépit parfois de ses divergences internes, n’a jamais cessé de s’investir dans la réflexion sur l’Europe.

Pour les plus récents adoptés par nos instances nationales, nous rappelons ici : les propositions pour réorienter l’Europe issues de la convention Europe (juin 2013), le mémorandum pour le plan européen d’investissements d’avenir (novembre 2014), la réponse européenne aux menaces terroristes (janvier 2015), le texte sur l’avenir de l’Europe (octobre 2015) ou le cahier de la présidentielle « Donner une force à l’Europe, donner un sens au monde » (juillet 2016).

L’appétence des militants pour ces enjeux ne faiblit pas, au contraire ! Il suffit de voir le nombre d’ateliers de la refondation qui ont portés sur l’Europe, des contributions élaborées dans les fédérations.

Un programme. Un leader. Une stratégie.

La mobilisation doit maintenant s’amplifier pour transformer les orientations ambitieuses contenues dans les textes adoptés par les socialistes européens la semaine dernière, en actes. Au travail !

Le Parti Socialiste Européen se prononce en faveur de primaires pour désigner sa tête de liste et pour des listes transnationales

Aujourd’hui réunis à Lisbonne, les socialistes européens ont fait le choix clair et sans ambiguïté de la démocratie européenne. Ils ont ouvert la possibilité d’une primaire pour désigner notre tête de liste, et nous nous prononçons en faveur de listes transnationales.

Parce que la gauche européenne est au bord du gouffre, éparpillée par petits bouts façon puzzle, faire le choix de la démocratie – avec la primaire – et de l’Europe – avec des listes transnationales – était le premier pas pour reconstruire le socialisme à l’échelle européenne, et au-delà pour refonder l’Europe tout court.

Bien sûr, ce n’est qu’un premier pas : la refondation passe par un projet clair et ambitieux pour la vie quotidienne des Européens. Même si nous sommes en crise, force est de constater que nos propositions répondent à la volonté du peuple : si nous avons perdu les batailles sur le glyphosate ou le CETA, tous les observateurs peuvent constater que nos propositions étaient en adéquation avec la volonté populaire. Quand nous remportons des victoires – comme sur le renforcement de la méthode de calcul contre les importations chinoises subventionnées ou sur les minerais de sang – c’est avec l’appui indispensable des citoyens via des mobilisations à l’échelle de l’Europe. Plus encore, nous voulons porter la voix de ces derniers.

L’Europe, avec le programme des socialistes, peut être le lieu où s’invente un nouveau modèle de développement, plus solidaire, plus équitable, plus ouvert, plus coopératif, plus durable. Notre Europe, c’est celle des projets concrets pour répondre aux crises financière, économique, sociale, écologique, géopolitique, sécuritaire, agricole et humanitaire que nous allons maintenant proposer partout en Europe.

#Refondation : Quelle Europe voulons-nous ?

Le jeudi 23 novembre à Sèvres, la fédération socialiste des Hauts-de-Seine a organisé son forum sur les sujets européens dans le cadre de la refondation engagée par le Parti socialiste. Je suis intervenue aux cotés de ma collègue eurodéputée Pervenche Berès, également Philippe Berrée, le secrétaire fédéral à l’Europe et Elisabeth Humbert Dorfmüller, en charge de la section française du parti social-démocrate allemand (SPD).

Cette soirée fut l’occasion de rencontrer des socialistes engagés sur les questions européennes. C’est dans ce contexte que les forums de la refondation ont vocation à redonner au parti socialiste la place qui est la sienne ; tout en évoluant et en renouvelant ses bases qui correspondent aux changements de la société actuelle. Ce projet passe par des échanges et par une réflexion collective, à l’instar du débat qui a eu lieu.

Plusieurs thèmes ont été abordés lors de la réunion. Tout d’abord, sur le déclin de la social- démocratie en Europe, j’ai partagé mon sentiment sur l’écart qui s’est creusé entre les citoyens et les sociaux-démocrates européens ces dernières décennies. Ce phénomène vient du manque d’action concrète sur les enjeux sociaux, mais aussi de la stratégie politique qui n’a pas évolué. Depuis la fin de la seconde guerre mondiale, la politique européenne évoluait dans une logique de compromis entre les partis de droite et de gauche.  Cependant, la droite refuse d’accepter le progrès social. C’est pourquoi nous devons revoir le jeu des alliances. Depuis janvier 2017, les sociaux-démocrates ont engagé la rupture avec cette grande coalition, il est désormais possible de trouver de nouvelles alliances ; même si certaines délégations de gauche restent à convaincre. Oui, les sociaux-démocrates de certains Etats-membres sont séduits par les discours pro-européens des leaders de droite, ce qui participe à la déliquescence de notre famille politique. Et dernièrement, certains ont été séduits par les discours d’Emmanuel Macron, qui prône le renouvellement mais s’affère à rester dans cette logique de coalition sans faire de propositions concrètes. Par ailleurs, j’ai rappelé que le Président actuel est assez favorable une coopération renforcée entre les Etats-membres mais il ne parle pas de d’Etat fédéral européen ; ce que nous, sociaux-démocrates, défendons !

Et pour aller dans ce sens, il faut trouver des majorités plus avancées sur les 4 grands piliers que nous défendons : social, écologie, respect des droits et des valeurs et Europe. La question sensible de la révision des traités pour démocratiser les institutions européennes doit être posée.

Le conseil du Parti socialiste européen qui aura lieu à Lisbonne la semaine prochaine sera aussi un espace de refondation pour la gauche européenne. Nous sommes dans une période certes difficile mais passionnante pour les débats de fond et la reconstruction. La coopération avec les partis frères est essentielle pour renforcer la démocratie ; et l’enjeu majeur aujourd’hui est d’intégrer totalement l’espace européen dans notre pensée politique. Des pistes de réflexion sont possibles en ce sens : il faut par exemple démocratiser le fonctionement du PSE afin de favoriser les échanges avec les militants ; également revoir le fonctionnement du parti qui est trop calqué sur le modèle actuel des institutions.

Beaucoup d’autres thèmes ont été abordées : comme la question des listes nationales et transnationales pour les prochaines élections européennes. J’ai rappelé que ce mode de scrutin est à mon sens un facteur de dynamisme et de convergence et qu’il favorise le rapprochement entre les eurodéputés et les administrés de la circonscription.

Sur l’Etat de droit en Pologne et en Hongrie, j’ai rappelé que le Parlement européen avait voté pour la mise en place d’un mécanisme de l’Etat de droit permettant une évaluation et un contrôle permanent, proposition bloquée au niveau de la Commission et du Conseil. Cependant, au-delà du problème institutionnel, le problème est bien politique : le PPE par exemple continue de soutenir Viktor Orban qui bafoue chaque jour les libertés individuelles en Hongrie.

En conclusion j’ai rappelé que lors du prochain congrès de notre parti, il serait opportun de mettre au cœur des échanges la question européenne, transversale a beaucoup d’autres thèmes. Il faudra également, laisser toute la place aux militants pour s’exprimer, comme c’est déjà le cas avec la possibilité de déposer des contributions thématiques ; et enfin s’ouvrir à l’ensemble des acteurs de la société civile.

Retour sur le forum de la refondation du Parti socialiste sur les enjeux européens à Strasbourg

Mercredi 15 novembre militants, à l’initiative de Pernelle Richardot Première Secrétaire fédérale du Bas-Rhin et de la Délégation socialiste française au Parlement européen,  élus locaux et députés européens venus de Belgique, de France et du Portugal ont discuté avec passion et engagement des enjeux de la refondation de la sociale démocratie européenne. C’est avec grand plaisir que j’ai participé à ce débat enrichissant durant lequel nous avons abordé sans détour les problèmes auxquels notre famille politique fait face partout en Europe, nos erreurs aussi et nos projets pour aller de l’avant et ouvrir un nouveau chapitre de l’histoire de la sociale démocratie européenne. La parole a été donnée aux militants qui ont partagé avec nous leur envie de retrouver une position forte du Parti Socialiste sur les enjeux européens et de se rassembler autour d’un socle de valeur qui doit cimenter la sociale démocratie européenne. Et, je crois que c’est sur ce point, le socle des valeurs que nous partageons, mettre le social et l’environnement au cœur de notre projet, renouer avec une politique de défense des catégories les plus modestes. Nous avons aussi débattu sur notre stratégie politique qui doit se traduire par des alliances avec nos partenaires naturels de la gauche européenne et des écologistes.

Décrypter les dernières élections en Allemagne

À la suite des élections en Allemagne du 24 septembre 2017, la Fondation Jean-Jaurès et la Fondation Friedrich-Ebert à Paris ont organisé le lundi 9 septembre une conférence sur le décryptage des résultats : la petite victoire d’Angela Merkel, le score inédit de l’extrême droite et la défaite du SPD – des enjeux pour l’avenir du pays, notamment avec la constitution de la future coalition gouvernementale. Je suis intervenue aux côtés de Christian Petry, député SPD et Gabriel Richard-Molard, docteur en droit européen, expert des relations franco-allemandes.

L’Allemagne est aujourd’hui la 1ère puissance économique européenne. Le PIB de l’Allemagne a progressé de 1,9 % en 2016, le taux de chômage est historiquement bas (environ 4% en 2016), et enregistre des niveaux record sur le plan du commerce extérieur avec des exportations en hausse. L’Allemagne s’illustre aussi avec l’accueil d’1 million de migrants au plus fort de la crise humanitaire en 2015. Mais ce pays accuse également de nombreuses failles avec la vétusté de nombreuses infrastructures (écoles, routes) par manque d’investissements publics des communes, une population vieillissante avec une pauvreté grandissante, notamment chez les plus âgés. L’Allemagne n’a pas réussi à réduire son taux de pauvreté (12,2% en 2002 à 16,7% en 2015 selon Eurostat). Les mesures économiques ont favorisé les mini-jobs faiblement rémunérés. Cela contribue à une précarisation des travailleurs et un accroissement des inégalités de revenus.

Dans ce contexte, l’accord gouvernemental gauche droite de « Grande coalition » a été sanctionné par les électeurs apparaissant comme un système à bout de souffle. La « grande coalition » constitue incontestablement un échec pour le SPD alors même qu’ils étaient les initiateurs de réformes attendus outre Rhin notamment sur le salaire minimum ou le mariage pour les couples de même sexe.

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L’absence de lisibilité de l‘action du SPD dans un gouvernement dirigé par Angela Merkel, la précarisation de populations fragiles comme les retraités ou les ouvriers, l’instrumentalisation des réfugiés par l’AFD participent à l’érosion des Sociaux-démocrates et maintient Angela Merkel en position de leader.

Le paradoxe est tel qu’alors qu’Angela Merkel n’aura fait aucune proposition pour renforcer l’intégration européenne, depuis qu’elle est au pouvoir depuis 2005, elle occupe toujours une place centrale car sans l’Allemagne rien n’est possible. Elle ne propose rien, surtout en matière économique ! Quand Hollande essaiera de convaincre les Américains d’intervenir en Syrie en 2012, après l’usage de gaz de combat par Bachar al-Assad, Merkel reste réticente à l’usage de la force pour ne pas choquer son opinion. Quand il se bat pour le maintien de la Grèce de la zone euro, là encore A. Merkel freine. Et pourtant ce sont les sociaux-démocrates qui trinquent.

Aujourd’hui, le SPD (Parti social-démocrate allemand) se trouve dans l’obligation morale et politique d’être dans l’opposition. Morale, car s’ils repartaient en coalition avec le CDU/CSU, l’AFD deviendrait l’opposant principal et prendrait la présidence de la commission des Finances au Bundestag ! Politiquement parce que cela signifierait encore de renoncer à défendre les populations les plus touchées par la politique libérale.

Les échanges se sont ensuite poursuivis sur l’avenir de l’Union européenne après les discours de Jean-Claude Juncker sur l’Etat de l’Union et d’Emmanuel Macron. La question de la gouvernance de la zone Euro est toujours en débat. Rien dans les propositions de La Commission ou d’Angela Merkel ne permettent de penser que nous pourrions avancer sur des propositions différenciées.

Le débat avec la salle a été très intéressant notamment sur l’instauration des listes transnationales, une proposition défendue par les membres du groupe S&D ; j’ai rappelé que la seule condition à son adoption était que le Conseil de de l’UE le vote à l’unanimité, alors même que plusieurs Etats membres y sont aujourd’hui hostiles.   La question de la place de l’Islam a aussi été posée. Alors, même si la laïcité est un concept éminemment français, j’ai rappelé qu’il ne fallait pas stigmatiser les musulmans comme aiment à le faire la droite et l’extrême droite européenne ; qui, de leurs côtés, se servent trop souvent de la religion chrétienne pour mettre en place des mesures liberticides et rétrogrades, notamment à l’égard des droits des femmes.

 

Pour plus d’informations sur la conférence, je vous invite à visionner l’intégralité des débats en cliquant sur le lien ci-dessous : https://www.youtube.com/watch?v=nLk4qTU-OWY

 

Positifs à gauche avec la fédération des Français de l’étranger

Lundi 28 août j’ai participé à la Convention annuelle de la Fédération des Français de l’étranger du parti socialiste. Je suis intervenue aux côtés de Paulo Pisco, député des Portugais de l’étranger, Gabriel Colomé du Parti Socialiste Catalan, Florence Baillon, Conseillère consulaire en Equateur et mon collègue Guillaume Balas. Ce fut l’occasion d’échanger autour du thème « Positifs à gauche – les exemples européens et extra-européens de la gauche unie » lors d’une table ronde animée par Mehdi Benhlacen, Président du groupe Français du Monde à l’Assemblée des Français de l’étranger.

La session de cette année portait sur la refondation des gauches et de la social-démocratie. Nous nous sommes donc intéressés aux expériences, celle réussie au Portugal ou celles plus complexes (Espagne, France) d’union de la gauche en Europe.

Je suis intervenue sur l’évolution des relations entre les différents groupes de gauche et écologistes au Parlement européen avec la clarification installée depuis janvier 2017, lors de l’élection à mi-mandat du Président du Parlement européen. Cependant, cette nouvelle stratégie d’alliance à gauche est à confirmer régulièrement au sein du groupe des sociaux-démocrates.

Je suis revenue sur le travail que nous menons au sein de la Délégation socialiste française dans une démarche de discussion et de débats pour pouvoir peser sur les décisions du groupe S&D. Plusieurs sujets d’actualité vont nous occuper : le vote du budget ou encore la révision de la Directive des travailleurs détachés. Beaucoup de chantiers importants nous attendent et le but principal est de retrouver une plus grande crédibilité aux yeux des citoyens pour les futures élections européennes. C’est pourquoi il est important de travailler aussi à la refondation du Parti socialiste européen (PSE), aujourd’hui calqué sur le modèle institutionnel européen que nous dénonçons depuis le début du mandat et qui doit se démocratiser. Le PSE ne peut plus être un calage du Conseil des Etats-membres. Nous devons être actifs et utiles lors de la réunion de PSE à Lisbonne en décembre prochain.

Lors de l’échange avec la salle, plusieurs points ont été abordés ; tels que l’organisation du travail avec les collègues britanniques depuis le Brexit, l’Europe fédérale, l’Europe sociale, l’accueil des réfugiés.