La gauche est l’avenir de l’Europe, on en parle à Maisons-Alfort

Mercredi 19 septembre j’ai mené une réunion publique sur les enjeux européens. Ce fut l’occasion de revenir sur le fonctionnement des institutions européennes et sur les prochaines élections.

J’ai d’abord indiqué que les institutions européennes s’inscrivent dans un système de co-législation entre le Parlement et le Conseil des Etats-membres ; tout le travail effectué par les parlementaires doit attendre d’être validé par le Conseil pour qu’une loi applicable aux Etats européens émerge enfin. En France, 80% des lois sont issues du droit européen ; mais certains pays de l’Union peinent encore à transposer le droit européen sur leur territoire. Pour améliorer l’efficacité législative, il faut renforcer les pouvoirs du Parlement européen.

J’ai également rappelé qu’aujourd’hui, le Parlement, comme le Conseil, sont majoritairement à droite, et le bilan que nous faisons de l’action européenne doit être lucide et critique. Le fonctionnement en grande coalition gauche-droite européenne a bloqué toute avancée sociale majeure que les sociaux-démocrates défendent pourtant quotidiennement. Pour retrouver de la crédibilité nous devons construire une vraie alliance avec les gauches et les écologistes européens. Outre les questions sociales, les enjeux environnementaux nous distinguent de manière forte des partis politiques de droite ; il faut maintenant se donner les moyens d’agir et les Etats doivent prendre leurs responsabilités.

J’ai aussi expliqué, qu’au Parlement européen, il existe une gauche diverse mais qui sait se rassembler pour améliorer le quotidien des Européens. Nous agissons pour que les questions sociales se retrouvent au cœur du débat ; et durant ce mandat, nous avons eu de belles victoires : comme par exemple le vote de la résolution contre le dumping social, l’amélioration des conditions de travail partout en Europe, l’interdiction du Glyphosate et la création d’une commission d’enquête sur le sujet, également la création de la commission EMIS suite à l’affaire Volkswagen. Beaucoup de choses ont été faites et il y a encore beaucoup d’espoir pour l’avenir. La veille, le Bureau national du Parti socialiste avait adopté son texte socle pour les prochaines élections européennes, où figurent nos propositions pour l’Europe. Un texte qui prône un changement radical clarifiant notre stratégie avec des alliances claires et une priorité absolue aux enjeux sociales et environnementales.

Enfin, les échanges se sont poursuivis sur plusieurs sujets : comme l’éducation, un sujet primordial pour construire une Europe égalitaire ; la protection des données, la puissance des lobbies ; également, le soulèvement des populations par les urnes et par le vote. La prochaine élection en mai 2019, sera l’occasion de choisir l’Europe que nous voulons et bannir cette Europe libérale qui gouverne actuellement ; pour nous les socialistes européens « l’avenir de l’Europe, c’est la gauche ».

Une rentrée au Parlement européen pour les élèves du collège Voltaire de Sarcelles

Mardi 11 septembre, j’ai reçu au Parlement européen, réuni en session plénière à Strasbourg, un groupe d’élèves du collège Voltaire de Sarcelles. En venant visiter le Parlement européen, ils ont souhaité découvrir cette institution européenne. Ils ont pu visiter le Parlementarium (musée du Parlement européen) et ils ont assisté à un débat en plénière sur la situation en Hongrie ; un débat très attendu par les parlementaires européens qui ont demandé que des sanctions soient prises contre la politique du Premier ministre Viktor Orban, notamment sur la privation des droits fondamentaux au sein du pays. Enfin, j’ai eu le plaisir de les rencontrer autour d’un échange ou je me suis prêtée au jeu des questions/réponses.

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En introduction, j’ai rappelé qu’en tant que députée européenne je travaille beaucoup pour changer les choses et pour rendre la société meilleure aux générations futures. Alors même si à l’échelle européenne ont doit se doter d’une certaine patience pour voir le travail aboutir, il faut toujours avancer avec détermination, patience et en ayant de vraies convictions ; car la politique européenne s’inscrit dans un temps long. Mais je suis profondément convaincue que c’est à l’échelle européenne que nous pouvons changer les choses ; et avec le vote des citoyens européens.

Ensuite, j’ai expliqué aux élèves que le mandat de députée européenne est passionnant et en m’engageant au parti socialiste j’ai fait le choix d’améliorer la société. Tous les citoyens qui ont aussi cette ambition peuvent briguer un mandat électif et je les ai encouragés à s’engager pour défendre leurs idées et leurs valeurs. Pour ma part, c’est au sein de mon parti que j’ai trouvé une famille politique qui répond aux attentes des personnes qui sont dans le besoin.

Par ailleurs, j’ai rappelé que le Parlement européen de Strasbourg est le lieu où les députés européens votent les lois lors des sessions plénières ; ce jour-là nous avons par exemple voté une loi contre le harcèlement moral et sexuel au travail. A Bruxelles, on prépare les textes de loi dans les commissions parlementaires et on mène des réunions de groupe politique.

J’ai également redit à ces élèves attentifs, que l’histoire de la construction européenne est le fruit d’une longue bataille contre l’obscurantisme de la seconde guerre et s’engager pour l’Europe c’est aussi mener un devoir de mémoire contre la haine en Europe. En ce sens, je travaille quotidiennement à dénoncer cette haine. Il faut en finir avec la stigmatisation des migrants, les violences faites aux femmes, la restriction des libertés, le racisme, les discriminations ; mais nous devons mener cette bataille main dans la main, avec tous les pays de l’Europe.

Enfin, beaucoup de questions m’ont été posées sur divers sujets, et notamment sur la paix dans le monde. J’ai répondu à ce sujet que l’ONU est censée préserver la paix mais il faut aussi faire en sorte que les Etats respectent les accords signés et les droits fondamentaux. C’est aussi pour cela que l’Europe doit se renforcer politiquement, pour faire face aux grandes puissances qui ne respectent pas le droit international, comme les gouvernements de D.Trump et V.Poutine.

Pour un futur Mécanisme d’interconnexion en Europe ambitieux au service des territoires

Mercredi 29 août, en commission des transports nous avons abordé la réforme du futur mécanisme d’interconnexion pour l’Europe (MIE). Le MIE c’est le programme européen qui finance le développement des réseaux transeuropéens dans trois secteurs clés de l’économie européenne : les transports, l’énergie et le numérique. C’est un programme qui finance des projets qui impactent la vie quotidienne de millions d’européens. En France la majorité des grands projets d’infrastructures dans les transports bénéficient d’un soutien du MIE. Pour la prochaine période de programmation 2021 – 2027 il sera donc fondamental de garantir le niveau d’ambition de ce mécanisme qui a fait ses preuves et qui fonctionne.

Lors de mon intervention j’ai insisté sur l’importance de renforcer le rôle des régions et des collectivités dans la mise en œuvre du programme pour faciliter l’accès aux financements et renforcer la visibilité du programme dans nos territoires. J’ai également appelé à inscrire de nouveaux objectifs dans les priorités du programme en lien avec la lutte contre la fracture territoriale entre les centres urbains, les zones périurbaines et rurales.

Merci,

Tout d’abord je voulais indiquer que je soutenais pleinement les amendements qui visent à plafonner à 10% la part de l’enveloppe transport qui peut être allouée sous forme d’instrument financier. Les subventions doivent rester l’instrument central du Mécanisme pour l’interconnexion en Europe dans le secteur des transports qui nécessitent des investissements de long terme et un engagement fort du secteur public.

Concernant la volonté de simplification des rapporteurs, ne pourrait-on pas aller plus loin en supprimant le verrou de l’approbation préalable des États membres dans le processus de dépôt des projets dans le cadre d ‘un appel d’offre ?

Je souhaiterais que nos commissions soutiennent pleinement les régions et les collectivités territoriales pour qu’elles puissent déposer directement des propositions de projets auprès de la Commission sans être tributaires de la validation préalable de leur gouvernement.  Cela permettrait de faciliter davantage l’implication des régions dans le développement des RTE-T et de renforcer la visibilité du MIE dans les territoires.

Concernant les priorités et les actions à soutenir dans la proposition de règlement il est nécessaire d’ajouter également d’intégrer les actions améliorant l’accessibilité et le développement des services de transports pour réduire la fracture territoriale entre les villes, les zones périurbaines et les zones rurales.

Retour sur les #REC Paris

Le 1er juillet, j’ai eu le plaisir de participer aux Rencontres de l’Engagement Citoyen organisées par la Fédération socialiste de Paris.

Nous avons pu échanger avec des amis du PSOE et du SPD dans le cadre de l’atelier Europe animé par François Comet, Secrétaire fédéral Europe. Emmanuel Grégoire avait souhaité également que je puisse également intervenir dans les propos introductifs.

Voici mon discours

Chers amis,

Merci beaucoup pour votre invitation. Ce week-end parisien aura été très militant.
D’abord avec votre formidable mobilisation pour la grande rencontre des Européens le 29 juin au Cirque d’Hiver, Je tiens à vous remercier très chaleureusement et d’abord Emmanuel Grégoire votre Premier secrétaire fédéral, mais aussi évidemment Anne Hidalgo pour sa participation et son intervention essentielles lors de cet événement,

Hier c’était la marche des fiertés et aujourd’hui les rencontres citoyennes.

La mobilisation des socialistes parisiens fait plaisir à voir !

Je ne peux pas commencer mon propos sans rendre hommage à Simone Veil qui est entrée ce matin au Panthéon. Simone Veil restera dans nos mémoires comme une très grande féministe grâce à qui en France nous avons le droit à l’avortement, droit qui n’est toujours pas donné en Europe. Elle était aussi une grande Européenne, profondément attachée à construire et réunir les peuples européens. Sa vie, ses souffrances et ses combats nous obligent et résonnent d’autant plus forts alors même que nous faisons face à la montée des nationalismes, de la xénophobie en Europe en Autriche, Hongrie, Pologne et maintenant en Italie. Je suis scandalisée par les décisions prises par le Conseil des Etats-membres qui vient de se réunir et qui au lieu de conforter les propositions législatives adoptées au Parlement européen pour accueillir dignement les réfugiés, pour organiser un système de relocalisation et de solidarité, pour créer une Agence européenne de l’Asile, pour revoir la procédure de Dublin a décidé de proposer des frontières forteresse et la création de centres d’accueil fermés ! Aucun Chef d’Etat ne s’est ému que la présidence du Conseil soit désormais dans les mains du gouvernement autrichien composé de ministres d’extrême droite ! Cette légitimation est scandaleuse ! Souvenez-vous quand Jorg Haider avait remporté les élections en Autriche en 1999, tous les chefs d’Etat et de gouvernement (à commencer par Jacques Chirac et Lionel Jospin) s’étaient opposés à ce qu’il puisse les représenter au Conseil. Aujourd’hui cela serait devenu « normal » « banal » ? le respect du fait démocratique l’emporterait sur les valeurs et les fondements de l’Union européenne ? Non je ne suis pas d’accord ! Nous devons continuer de refuser cette banalisation.

Nous devons continuer à défendre nos valeurs et nos convictions européennes.

L’Europe ce n’est pas Bruxelles, Strasbourg, Luxembourg, ce ne sont pas des lieux des institutions des technocrates,

L’Europe ce sont les hommes et les femmes qui la composent : 500 millions

500 millions d’Européens pour qui les valeurs de justice de solidarité de partage de progrès de respect de la démocratie ont un sens

500 millions d’Européens, auprès de qui, plutôt que d’agiter les peurs (de l’autre cet homme cette femme qui fuit la guerre, la sécheresse, la mort) nous devons apporter de l’espoir, des perspectives un chemin ensemble

Et qui mieux que celles et ceux qui partout en Europe construisent et changent cet avenir ? les Maires, dans nos territoires : ces Maires qui se sont engagés très tôt pour accueillir les réfugiés, ces Maires qui ont engagé leur ville dans la transition écologique indispensable (logements, transports, circuits courts, économie circulaire)

Dans 1 an, les électeurs devront choisir entre : ceux qui prônent l’Europe du repli, des peurs ;  ceux qui souhaitent que rien ne bouge et que la politique libérale continue d’être appliquée et continue à laisser toujours plus de femmes et d’hommes de côté, toujours plus de mal être, dans un environnement pollué ;  et ceux qui s’engagent pour que voie enfin le jour une Europe volontaire combative généreuse forte dans l’affirmation de ses valeurs, pas seulement dans les mots mais dans les actions

Les Socialistes et démocrates appuient leurs propositions et leurs engagements sur 4 piliers :

1/ Valeurs et respect des droits fondamentaux et de la démocratie

2/ pilier social

3/ pilier environnemental

4/ Dans un périmètre forcément européen

Oui l’échelle européenne est pertinente pour fixer le cadre général, le cadre stratégique

Mais tout se fait réellement concrètement dans les territoires

C’est pourquoi nous devons agir à tous les niveaux en cohérence

Nous devons à la fois faire preuve de générosité et de solidarité , d’ambition et de perspectives envers nos concitoyens et ceux frappent à notre porte

On ne peut pas être hors sol : l’avenir de la planète c’est notre avenir et celui des générations à venir, signer les accords de Paris nous oblige

Respecter les objectifs est un impératif, pas un luxe

Pas pour un petit nombre de privilégiés mais pour le plus grand nombre

Il entraine des mouvements de population auquel on doit répondre

Il entraine aussi une révolution des comportements pour vivre mieux, un changement de nos modèles économiques, agricoles et alimentaires, qu’il va falloir anticiper, accompagner et partager pour le plus grand nombre,

ce qui impose d’ approfondir plus encore nos exigences sociales

Une Europe qui s’engage concrètement pour les générations futures :

La signature des Accords de Paris c’est bien, les mettre en application c’est mieux !

Protéger notre air, notre eau, engager les révolutions agricoles, industrielles, qui s’imposent mais surtout en ne laissant personne sur le chemin, en garantissant les reconversions professionnelles qui, si elles ne sont pas préparées maintenant (de la formation initiale des plus jeunes aux formations au cours de la vie professionnelles) pourraient là aussi laisser des femmes et des hommes, des territoires, sur le bord du chemin.

Nous devons entreprendre une transformation écologique, à tous les échelons de la société.

Pour nous Socialistes c’est l’humain d’abord , les Européens d’abord, c’est cette voie là que nous vous proposons de continuer à bâtir

 

On parle d’Europe avec les socialistes de Créteil, Bonneuil-sur-Marne, Champigny-sur-Marne et Saint-Maur

Mardi 19 juin j’étais en réunion avec les socialistes de Créteil, Bonneuil-sur-Marne, Champigny-sur-Marne et Saint-Maur.

En tant que socialistes nous devons avoir assez de lucidité pour exprimer une critique constructive sur l’Europe. Pendant trop longtemps le système de la grande coalition entre la gauche et la droite européenne n’a pas fait avancer les droits sociaux européens. Nous devons réaffirmer nos priorités et nous devons construire une vraie alliance avec toutes les gauches européennes. Outre les questions sociales, les enjeux environnementaux nous distinguent de manière forte des groupes politiques de droite. Suite aux accords de Paris, il faut passer aux actes à l’échelle européenne comme à celui des Etats. Enfin, le troisième pilier qui nous caractérise est celui de la défense de la démocratie, cela passe par le respect de l’Etat de droit et des droits fondamentaux partout en Europe et dans le monde. Des Etats-membres comme la Pologne ou la Hongrie, bafouent ces droits : pouvoir judiciaire mis à mal, liberté de la presse inexistante, droit à l’avortement remis en cause…Dans ce contexte, il faut que l’Europe passe des menaces aux sanctions prévues à cet effet.

Sur tous ces enjeux qui nous distinguent des droites européennes, nous devons être fiers de nos valeurs et les porter haut et fort. Le parti socialiste a lancé début juin son chantier européen et sa plateforme collaborative numérique http://www.laruchesocialiste.fr. Cette boîte à idées permet de contribuer sur trois nos grandes questions : l’Europe par les Européens, l’Europe pour les Européens et l’Europe dans le monde. Une Europe forte et indépendante, prête à faire face aux nombreux défis de la mondialisation et à protéger ses concitoyens.

Rencontre avec quatre étudiants de MBA sur l’influence des politiques européennes

Ce vendredi 8 juin j’ai rencontré quatre étudiants préparant un MBA de Wharton/ Lauder Institute, un master d’excellence portant sur les études internationales au siège de l’Alliance française à Paris. Ils consacraient la semaine du 4 au 8 juin à la question de « la France dans l’Union européenne » et souhaitaient ainsi obtenir des précisions sur l’influence des politiques européennes sur la politique française.

J’ai tout d’abord évoqué les différences entre les textes élaborés au Parlement français, plus imagés, littéraires, et ceux travaillés au Parlement européens, plus techniques, plus complexes. Ayant participé à la Commission d’enquête sur les émissions de carburants j’ai rappelé de la nécessité de créer un cadre normatif pour les limiter en prenant l’exemple du Dieselgate. Ce cadre doit se traduire par plus d’enquête sur la fraude, une action pour éviter toute récidive de la part des entreprises mais aussi une plus grande protection des citoyens.

 

Ensuite, lors de ma présentation, j’ai rappelé que ma place de Présidente de la délégation socialiste française se traduit par un travail sur le renforcement des institutions européennes dans le but d’avancer vers une fédération d’États, seul moyen de lutter efficacement contre la montée des populismes en Europe.

 

La première question portant sur le Dieselgate concernait l’existence d’initiatives nationales à ce sujet. L’Union européenne se doit de proposer un « corpus législatif » afin d’inciter les États-membres. En parallèle, des actions judiciaires sont en cours et permettent de faire avancer les enquêtes. Une commission d’enquête a été déclenchée plus de quatre mois après que le scandale a éclaté, quand bien même l’Union possédait des informations sur les distorsions entre chiffres annoncés et chiffres réels. Il me semble qu’elle a dû à l’époque faire un choix entre le nombre de morts prématurées chiffré à 500 000 selon la Commission Environnement et le taux de chômage très élevé à la sortie de la crise de 2008 qui aurait sans doute augmenté encore si un scandale automobile avait alors explosé. Les enjeux sont similaires pour les questions des pesticides et du glyphosate. Les initiatives nationales sont trop rares et les normes actuelles insuffisantes. Il est nécessaire de créer un cadre législatif protecteur et de garantir son efficacité en mettant en place des mécanismes de contrôle. Ce mécanisme n’est pas assez performant. Pour cela il doit être plus indépendant. C’est dans ce but que nous avons créé l’Agence européenne indépendante basée sur le mode de l’Agence américaine de l’environnement.

 

Il m’a ensuite été demandé d’expliquer les causes de l’euroscepticisme montant ces dernières années. Tout d’abord la mondialisation a eu un impact très grand sur nos sociétés. Beaucoup de personnes ont vu leurs conditions de vie dégradées, la transition des mines de charbon a par exemple fait monter la pauvreté en masse. L’Union européenne aurait dû être plus forte. C’est en formant une alliance plus protectrice, avec une coopération accrue que nous réussirons notre mission de protéger les citoyens européens. En attendant, les attentions ont été tournées vers la personne morale de l’Union européenne alors que résumer le problème à notre construction européenne est réducteur. Pour contrer cela il nous faut stopper le dumping social entre Européens, protéger travailleurs et consommateurs, montrer que c’est ensemble que nous sommes plus forts. J’ai redit que l’immigration ne devrait pas être un motif de rejet. Le marché de l’emploi européen est très variable. Il y a par exemple un déficit démographique important en Europe de l’Est et en Allemagne dans lesquels un accueil important des réfugiés serait très bénéfique à l’économie. Pour autant les pays de l’Europe de l’Est refusent d’intégrer ces populations étrangères à leur population du fait des différences de culture, de religion. La création d’une Agence européenne de l’emploi qui serait ouverte en dehors des frontières de l’Union permettrait une meilleure répartition de la main d’œuvre.

 

Il n’existe pas de vague d’immersion de migrants comme semble le penser certains. Sur les 500 millions d’habitants de l’Union européenne, moins d’un million de réfugiés a été accepté dans ses frontières. Le problème est la répartition de ceux-ci, la solidarité entre les États pour leur accueil et non pas leur nombre. Je me positionne absolument contre le plan de Dublin qui préconise que la demande d’asile d’un immigré soit traitée dans son pays d’arrivée. Au contraire, je milite en faveur de l’Agence européenne pour l’asile qui doit permettre cette répartition mais elle doit pour cela avoir plus de compétences, demande bloquée par le gouvernement Macron par l’intermédiaire du Conseil.

 

Est ensuite venu le sujet de l’Euro-redevance. L’idée est de flécher les redevances vers les différents types de transports. Nous travaillons en ce moment au sein de l’Union européenne afin qu’elles soient redistribuées directement aux régions qui pourront dans ce cadre les utiliser en fonction de leurs singularités. Le but est de diversifier le mode de transports, limiter le nombre de poids lourds sur nos routes en plaçant le ferroviaire comme une alternative plus écologique et économiquement viable.

 

La dernière question portait sur le couple franco-allemand au sein de l’Union européenne. Cette vision est intéressante mais très française. L’Allemagne se positionne plus en faveur d’une intégration forte des différents pays de l’UE. Il est nécessaire de terminer ce processus fédéral européen afin d’avoir une union plus forte et protectrice pour défendre l’ensemble du projet européen quand bien même celui pourrait comporter des risques aux vues de la montée des nationalismes en Europe.

Et si on parlait d’Europe avec les socialistes du Val-de-Marne ?

Jeudi 7 juin j’ai participé à un café/débat organisé par les socialistes de Nogent-sur-Marne, de Brie-sur-Marne, Champigny et du Perreux dans le Val-de-Marne. Ce fut l’occasion de revenir sur plusieurs sujets qui font l’actualité européenne et les camarades ont pu me poser plusieurs questions en direct.

Nous avons tout d’abord abordé les enjeux environnementaux liés au Paquet mobilité sur lequel je travaille activement et le système de péages routiers partout en Europe pour tous les automobilistes et pas seulement pour les poids lourds. Ce système applique aussi le principe du Pollueur/Payeur, un principe découlant de l’éthique de responsabilité, qui consiste à faire participer chacun selon le niveau de pollution qu’il émet. En France ce n’est pas une nouveauté puisque tous les véhicules sont concernés par les péages routiers mais ce n’est pas encore le cas dans l’ensemble des pays européens. Cette mesure s’inscrit dans la continuité des accords de Paris sur le climat et l’objectif de réduire les émissions polluantes de la planète.

Nous avons également parlé des prochaines élections européennes et du danger que représentent les eurosceptiques et la montée des extrémistes en Europe, comme récemment en Italie, ou encore en Autriche. Dans ce contexte, les sociaux-démocrates européens doivent développer leur stratégie d’alliances avec les forces de gauche et écologistes et ne peuvent s’appuyer au Conseil que sur la Grèce avec le gouvernement Tsipras ou au Portugal avec Antonio Costa et depuis vendredi en Espagne avec Pedro Sanchez. Les conséquences de cette montée des extrêmes se fait largement sentir au Parlement européen, notamment dans le cadre de la Présidence tournante du Conseil de l’Europe ; et souvent quand l’Etat en fonction est de droite ou d’extrême droite beaucoup de dossiers sont mis sous le tapis, notamment les dossiers liés aux droits fondamentaux ou à l’amélioration des questions sociales en Europe. Dans ce contexte, il est essentiel de booster une stratégie d’alliances claire avec les gauches européennes.

Enfin, nous avons traité de nombreux sujets comme le scandale de l’affaire Selmayr, les enjeux de la zone euro, les listes transnationales pour les futures élections européennes, le plan d’investissement Juncker, le respect des droits fondamentaux. Sur tous ces points, il est essentiel que les sociaux-démocrates européens mènent une campagne électorale claire et à destination des Européens afin qu’ils puissent élire des députés qui agiront pour eux.