Quel avenir pour notre Europe ? On en parle avec les socialistes de Cachan

Lundi 4 juin, j’ai participé à une réunion Europe organisée par le Parti socialiste de Cachan, en présence de Jean-Yves Le Bouillonnec, Hélène de Comarmond Maire de Cachan et Dominique Barjou, Conseillère régionale. A cette occasion je suis intervenue aux côtés d’Henri Nallet, spécialiste des questions européennes, ancien Vice-Président du Parti socialiste européen et ancien ministre. Ce débat nous a permis d’échanger sur l’avenir de l’Europe.

Henri Nallet, lors de son intervention, a rappelé quelques points clés de la construction européenne. Il a rappelé que l’Europe s’était construite sur un pacte économique et que l’Allemagne avait joué très tôt un rôle essentiel dans les alliances avec les futurs Etats-membres. A son sens, le deuxième élargissement de l’Europe, qui a concerné majoritairement les pays de l’Europe de l’Est, a été mal négocié ; car même si une base économique a été construite de manière efficace, l’esprit commun de l’Europe n’était pas encore assez solide. La crise économique de 2008 a fait reculer la construction de l’Europe et a révélé les dysfonctionnements en son sein. C’est pourquoi, depuis les années 2000 les citoyens sont sceptiques, ce qui a laissé place à la montée des populismes et des nationalistes. Henri Nallet pense que sa génération pourrait assister à la fin de l’aventure européenne et insiste sur le fait qu’il est essentiel de se poser une question pour refonder ce qui a été construit : que voulons-nous de cette construction européenne ?

Pour ma part, j’ai rappelé qu’aujourd’hui il fallait bien distinguer la gauche européenne et la droite européenne. Nous avons trois axes de combats politiques majeurs avec la droite : les enjeux sociaux, écologiques et démocratiques. Dans un monde globalisé, l’Union européenne n’a pas su mettre en place des outils de protection pour les plus faibles et l’Europe sociale n’a pas été concrétisée. Le jour même, au Parlement européen, la droite s’était opposée au vote sur l’amélioration des conditions de travail des chauffeurs routiers. Pendant longtemps, la politique européenne s’est construite autour d’une grande coalition entre la gauche et la droite où les politiques sociales ont été mises de côté. Sur ces trois volets : social, environnemental et démocratique, il existe une opposition réelle entre la droite et la gauche et nous devons être plus exigeants dans les propositions que nous portons. Plus exigeants et plus visibles aux yeux des citoyens européens. Emmanuel Macron a certes ouvert les oreilles des médias sur les sujets européens mais sa politique menée est bien loin de nos priorités.

Les nombreux échanges avec les militants présents sur les réfugiés, la zone euro, les incompréhensions Est-Ouest, le rôle du PSE ont été riches et denses. Un beau débat avec des militants motivés !

 

#SNCF Non l’Europe n’impose pas la Réforme ferroviaire du gouvernement!

Jeudi 17 mai je suis intervenue aux côtés de Rémi Aufrère, Secrétaire général de la CFDT Cheminots, sur la réforme ferroviaire et les raisons de la mobilisation sociale contre le projet du gouvernement. Ce café-débat a été organisé par la section socialiste de Villejuif et ce fut l’occasion de revenir sur la réforme SNCF, les risques sous-jacents et la véritable intention du gouvernement, mais aussi de comprendre pourquoi les cheminots sont en grève et démontrer à travers la présentation du 4ème Paquet ferroviaire que la réforme du gouvernement français n’est pas de la faute de l’Europe.

En propos introductif j’ai rappelé que les paquets ferroviaires successifs sont les traductions législatives de la vision globale portée par Jacques Delors « se déplacer partout en Europe et en train » ; mais pour ce faire il était essentiel de régler des questions techniques et de sécurité afin d’harmoniser les systèmes de transports. Effectivement, la question de la taille des rails, instaurer une signalisation sur les lignes ou encore la sécurité dans les trains, doivent être harmonisées à l’échelle de toute l’Europe. Le 4ème Paquet ferroviaire a vocation à répondre à ses attentes. Dans les textes, il y deux axes à prendre en compte : les questions techniques et les aspects politiques notamment liées à la gouvernance et à l’obligation du maintien du service public. Au Parlement européen, tous les groupes politiques ne partagent pas le même point de vue ; certains députés européens, de droite par exemple, voulaient aller plus loin dans la libéralisation et l’ouverture à la concurrence. Sur ce point, j’ai rappelé que les textes européens permettent l’ouverture à la concurrence sans le rendre pour autant obligatoire. Chaque Etats-membres est donc libre de la mettre en place ou pas. La France a clairement pris position sur le sujet et souhaite une ouverture totale du réseau des lignes à grande vitesse. Pour plusieurs textes du volet politique, comme celui sur le maintien du service public, les amendements des socialistes ont porté sur le fait de ne pas mettre en place un système d’ouverture à la concurrence qui mettrait en péril les droits sociaux et qui ferait grimper les tarifs des billets de train, la question du transfert des droit droits sociaux des personnels était pour nous une ligne rouge à ne pas franchir.

Je suis également revenue sur la question des trains à grande vitesse, un service territorial important car beaucoup de personnes les empruntent quotidiennement. Si on ouvre à la concurrence, les grandes lignes ne desserviront plus les villes intermédiaires ; au nom de la rentabilité économique mais au détriment du respect du service public rendu. 2 approches pour 2 visions du train. Au Royaume-Uni, tout le système est privatisé et les prix des billets ont fortement augmenté alors même que le service rendu s’est dégradé ; si bien qu’hier le gouvernement britannique a décidé de renationaliser la ligne Londres-Edimbourg qui rencontrait trop de problème de gestion. En Suède, les Suédois aimeraient revenir à un opérateur unique ; car quand il y a plusieurs opérateurs, il n’y aucune garantie de circulation des trains si ceux-ci ne sont pas suffisamment remplis (toujours au nom de la fameuse rentabilité économique), ce qui pose des problèmes en cascade pour les correspondances sans parler des tarifs totalement variables selon le taux de remplissage des trains.

Sur l’obligation du service public, j’ai rappelé que dans le Règlement européen il y a bien une obligation de maintien des acquis sociaux en cas de transfert d’un opérateur public à un opérateur privé ; alors quand la France annonce que les nouvelles personnes recrutées ne bénéficieront pas du statut des cheminots, il s’agit d’une spécificité française qui n’est pas préconisée à l’échelle européenne. Il faut savoir que ce n’est pas le statut des cheminots qui a endetté la SNCF, ce sont les choix politiques visant à ouvrir toujours plus de nouvelles lignes à grande vitesse au détriment de la rénovation du réseau existant et reprendre la dette de la SNCF est avant tout une décision politique. La directive Euro-vignette par exemple, qui permet de faire en sorte que tous les camions qui empruntent le réseau transeuropéen de transports soient soumis à une taxe, pourraient régler le problème du déficit des transports publics. En France, l’Euro-vignette fait échos à l’abandon de l’Ecotaxe qui aurait permis des recettes de plus d’1,2 milliards d’Euros par an !

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Nous sommes également revenus sur le statut de la SNCF, qui risque de se transformer en société anonyme, encore une fois, ce n’est pas une demande de l’Union européenne. En 2014, le gouvernement a fait adopter une modification des structures de la SNCF en 1 EPIC de tête et 3 EPIC SNCF mobilité et SNCF réseau et SNCF Gares et connexions précisément pour respecter les normes européennes.

Le Parti socialiste s’est très clairement exprimé contre la réforme du gouvernement, ses parlementaires agissent à l’Assemblée nationale et au Sénat et nous avons été présents à toutes les manifestations unitaires. A l’échelle européenne, on observe une unité syndicale sur le sujet. J’ai, à titre personnel, beaucoup échangé avec Rémi Aufrère et je maintiens un lien étroit avec plusieurs responsables syndicaux dans le cadre de ce dossier.

Rémi Aufrère, lors de son intervention, est également revenu sur la vision de Jacques Delors de permettre des emplois de qualité aux travailleurs européens. Il a dressé un tableau historique des différentes luttes menées depuis 1937 pour le maintien des droits sociaux. Il a rappelé que dans la proposition de réforme actuelle, il y a trop de manque à gagner sur plusieurs points et l’ouverture à la concurrence va complétement dégrader les réseaux de transports ; car les chemins de fer ne peuvent pas vivre sans la contribution financière de l’Etat. Dans certains pays, comme aux Etats-Unis par exemple, la coopération entre le public et le privé peut fonctionner mais on en est encore loin en France. Il a également rappelé que le statut des cheminots n’était pas un problème pour l’ouverture à la concurrence et il dénonce le fait que Macron se saisisse du sujet simplement pour taper sur les syndicats alors que la réforme ferroviaire n’était pas un point fort de son programme.

De nombreuses questions avec les participants de ce café débat ont nourri nos échanges. Il faut poursuivre dans cette voie pour que cessent toutes les idées reçues sur ce mouvement social indispensable pour la préservation de notre service public ferroviaire.

Vœux européens à Villejuif pour 2018

Samedi 13 janvier j’ai présenté mes vœux européens pour la nouvelle année. J’ai eu le plaisir d’accueillir dans ma permanence parlementaire villejuifoise des élus et des militants de toute l’Ile-de-France, aussi de nombreux acteurs avec qui j’entretiens un lien privilégié dans le cadre du travail que je mène au Parlement européen.

2017 a été une année politique singulière en France et en Europe, une année terrible pour les socialistes français, et le départ de nos deux candidats à la primaire, la crise de la social-démocratie en Europe aux Pays-Bas, en France, en Allemagne, en République tchèque, en Autriche… Malgré tout, nous sommes toujours là et plus motivés que jamais pour aborder cette nouvelle année.

Dans ce contexte il est important de tirer les leçons du passé pour t reconstruire parce que nous avons encore et toujours la conviction que nous avons beaucoup à faire pour changer les choses, améliorer la situation des plus fragiles, redonner du sens à la justice.

Trois ans après la mise en place de la Commission européenne dite « de la dernière chance », selon l’expression de son Président Jean-Claude Juncker, l’heure est au bilan, pour lui comme pour nous ; et le compte n’y est pas sur les objectifs que nous nous étions fixés et sur lesquels il s’était pourtant engagé : pilier social, justice fiscale, solidarité, réfugiés, droit de l’Homme, développement durable. Nous n’avons pas la majorité politique aujourd’hui pour faire avancer ces dossiers comme nous le souhaiterions.

Mais la construction d’une nouvelle stratégie d’alliances est engagée. Cela fait un an maintenant que nous avons mis fin à la grande coalition gauche/droite. Bien que nous soyons minoritaires dans l’hémicycle, nous avons obtenu des victoires pendant ces trois ans. Des dossiers stratégiques avancent, grâce aussi à la mobilisation citoyenne : glyphosate, instruments de défense commerciale, budget de la zone euro, diésel, le droit à l’avortement partout en Europe.

Je suis profondément convaincue que l’Europe est l’échelon politique pertinent pour faire bouger les lignes ; c’est pourquoi il faut se saisir de l’intérêt salutaire des médias pour les enjeux européens. Mais il faut aussi faire la démonstration qu’Emmanuel Macron n’a pas le monopole de cette appétence pour les sujets européens. Je refuse cette nouvelle pensée unique, et je ferai tout pour que le débat politique entre la droite et la gauche soit réellement posé. Les citoyens européens ont le choix. Et nous devons chercher à convaincre sur nos priorités qui reposent sur 4 piliers : social, écologique, démocratique et européen. Le Parti socialiste européen n’a pas attendu l’actuel Président français pour construire un programme commun aux élections européennes, il le fait à chaque scrutin depuis 2004 avec son « manifeste ». Et depuis 2014 aussi, c’est l’initiative des socialistes et démocrates que le candidats tête de liste est désormais destiné à prendre la présidence de la Commission européenne. Pour 2019, les socialistes européens réunis à Lisbonne, ont fait le choix de la primaire pour la désignation de notre candidat tête de liste et nous nous sommes prononcés pour la constitution de listes transnationales et l’adoption d’un texte commun auquel les socialistes français ont largement contribué pour la refondation d’un projet clair et ambitieux pour la vie quotidienne des européens. C’est pourquoi nous devons aussi être les artisans de la construction de ce nouvel axe majoritaire avec les forces de gauche et les progressistes.

2018 année de l’Europe. Nous allons aussi choisir qui seront nos candidats pour le prochain scrutin européen de 2019. Je mettrai toute mon énergie dans cette bataille, comme je l’ai toujours fait. Ici et au Parlement européen car les deux se tiennent. Car évidemment, je ne suis pas hors sol et je sais que tout cela ne sera possible que si nous redonnons des bases solides à notre parti, le parti socialiste auquel je suis toujours aussi attachée. Après le tremblement de terre vécu en 2017, il nous faut retrouver la lucidité, la responsabilité et l’intelligence collective pour retrouver le chemin des propositions et de l’espérance pour les militants, les Français et les Européens ; c’est le vœu principal que je formule pour cette nouvelle année.

 

 

 

Visite des élèves du Lycée D.Milhaud du Kremlin-Bicêtre et F.Léger d’Ivry-Sur-Seine

Mardi 16 mai, j’ai reçu deux groupes de visiteurs au Parlement européen de Strasbourg, les élèves du Lycée Darius Milhaud du Kremlin-Bicêtre et les élèves du Lycée Fernand Léger d’Ivry-Sur-Seine. Ce fut l’occasion pour eux d’approfondir leurs connaissances des institutions européennes.

Les élèves ont pu visiter le Parlement européen et assister à une séance plénière qui portait sur la stratégie de l’Union européenne à l’égard de la Syrie. Cette séance s’est ouverte sur la déclaration de la Vice-Présidente de la Commission et Haute représente de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité. Ils étaient étonnés de constater l’important niveau d’implication de l’Union européenne sur les questions internationales et de voir les divergences qui existent entre les Etats-membres et les groupes politiques.

Lors de notre échange, qui a été très constructif, nous avons abordé plusieurs sujets. J’ai commencé par expliquer le travail que je mène au quotidien et l’organisation des semaines à Bruxelles, Strasbourg et en circonscription. Mon temps se divise entre les réunions de groupe, les échanges avec mes collègues de la Délégation socialiste française, la préparation des commissions, la rédaction et le travail d’amendements, les rendez-vous de travail avec de nombreux acteurs, …Un ensemble de tâches qui se concrétise très souvent lors de la plénière de Strasbourg. La session est l’occasion de voter les textes sur lesquelles le Parlement a travaillé, comme par exemple plus tôt dans la matinée ou nous avons voté une résolution sur le gaspillage alimentaire. Une disposition bien connue en France, grâce aux différentes campagnes qui ont été menées, mais qui était moins présente dans d’autres pays européens.

Au fil de notre discussion, les élèves étaient étonnés de savoir que le premier groupe français au Parlement européen c’est le Front National, qui a obtenu 25 députés lors de l’élection européenne de 2014. J’ai donc insisté sur l’importance du vote aux prochaines élections européennes de 2019, car ils seront en âge de voter et de décider de leur avenir dans l’Union européenne. A ce propos, à la question « quelles perspectives d’avenir pour la suite du mandat« , j’ai répondu qu’il faut toujours travailler à la construction d’une Europe plus forte et plus politique. Alors même si 80% des lois votés en France émanent des lois européennes, il faut aller plus loin pour rapprocher les institutions des citoyens. Et certains programmes, notamment à destination des jeunes, comme Erasmus+ ou la garantir jeunesse, ont vocation à rendre concrets et surtout visibles les bienfaits de l’Europe.

Dans cette perspective, les médias français et européens devraient relayer davantage les actions que nous menons pour défendre nos valeurs et qui vont en direction des européens. C’est pourquoi, à la question « quels sont les sujets d’actualité qui me tiennent à cœur« , j’ai redit mon attachement à défendre les droits fondamentaux, à lutter contre les violences faites aux femmes et à harmoniser les droits de tous les travailleurs européens ; car ces jeunes que je reçois, toujours avec plaisir, représentent notre avenir en Europe et il important de leur offrir les meilleures perspectives possibles.

 

Vœux européens à Villejuif

Avec mes collègues eurodéputés socialistes franciliens Pervenche Bérès et Guillaume Balas, nous avons présenté nos vœux le samedi 14 janvier à Villejuif dans le Val de Marne. Un moment essentiel pour faire le bilan de l’année écoulée et affronter les défis qui s’annoncent pour la nouvelle année.

L’Europe et le monde abordent 2017 avec de nombreuses incertitudes : après le Brexit, l’élection de Donald Trump, le référendum en Italie… Partout en Europe, les nationalistes sont aux portes du pouvoir ou s’y sont déjà installés comme en Hongrie ou en Pologne. Ce vent nationaliste a une cible : l’Europe et la construction européenne. Pourtant, nous avons plus que jamais besoin d’Europe. Il est vrai que l’Europe s’est d’abord construite comme un grand marché de biens et de services et a trop souvent oublié les plus démunis. La mondialisation n’est pas heureuse pour tout le monde et trop nombreux sont les perdants. Insuffisantes sont les protections. Pourtant, nous n’avons jamais eu autant besoin d’Europe pour affronter ensemble les défis de demain.

L’Union européenne est aujourd’hui divisée en trois blocs :

Un premier bloc du repli nationaliste porté par une extrême droite plus que jamais florissante.

Un deuxième bloc néolibéral qui ne pense l’Europe que dans le statu quo, pour qui la libre circulation des biens et des flux financiers est la seule Europe possible.

Le troisième bloc est progressiste. Il a pour vocation de redonner vie au sentiment européen et fait corps avec les aspirations de ses peuples. Il rassemble les sociaux-démocrates, les écologistes, le gauche radicale et certains libéraux. Il milite pour la construction d’une Europe politique et sociale, des valeurs et de la résurgence du sentiment européen. C’est de ce bloc là que je me revendique. La nouvelle année doit amener les sociaux-démocrates à repenser leurs alliances, d’abord avec la gauche et les écologistes. L’élection d’un nouveau président du Parlement européen sera notamment cette semaine lors de la session du Parlement européen à Strasbourg en sera l’occasion.

La nouvelle Europe, écologie, sociale, respectueuse des droits fondamentaux et intégrée a déjà commencé à se bâtir en 2016. C’est l’adoption du rapport sur le dumping social de Guillaume Balas qui remet l’Europe sociale au centre du jeu. C’est le pacte européen pour l’Etat de droit et les droits fondamentaux qui remet les valeurs européennes au cœur des droits fondamentaux. Ce sont aussi plusieurs rapports en cours d’élaboration sur les suites du Brexit dont la volonté est d’avancer plus loin au sein de la zone euro et vers une Europe politique.

Cela continuera en 2017 pour une Europe du juste échange, qui protège les travailleurs, qui possède une politique commerciale extérieure protectrice des emplois européens. A ce titre, j’ai annoncé que je voterai contre le CETA car cet accord ne protège pas suffisamment les européens et nos emplois.

Par ailleurs, dans quelques jours j’aurai le plaisir et la responsabilité de devenir la présidente de la délégation socialiste française. J’ai ainsi souhaité rendre hommage à notre collectif et à notre actuelle présidente, Pervenche Bérès, qui nous a beaucoup appris et a encore beaucoup à nous apprendre.

2017 doit être l’année de l’Europe qui protège. Une Europe inclusive qui sera, à n’en pas douter l’un des enjeux de l’élection présidentielle en France.  Une Europe forte, souveraine, protectrice, solidaire et multiculturelle.

Visite d’une classe de troisième du collège Pasteur de Villejuif

Mardi 13 décembre dernier, j’ai accueilli une classe de troisième du collège Pasteur de Villejuif au Parlement européen de Strasbourg. J’accorde en effet une importance toute particulière à faire visiter aux classes qui le souhaitent la maison de tous les Européens.

Au cours de leur visite, les collégiens ont pu assister à un débat dans l’enceinte de l’hémicycle puis à une conférence sur les institutions européennes.

Lorsque nous avons échangé ensemble après la conférence, ils ont fait preuve d’une grande curiosité et m’ont posé de nombreuses questions. Sur le plan politique, ils m’ont demandé quelles étaient les raisons de mes engagements et plus précisément à gauche et au Parlement européen. Autres questions plus personnelles, ils ont souhaité savoir comment s’organisent mes semaines en tant que députée européenne et habitante de Villejuif, ainsi que mon parcours éducatif et professionnel avant mon élection au Parlement européen. Enfin, dans un registre plus global, ils ont également posé des questions sur l’actualité européenne, le Brexit et l’élection de Donald Trump, la place des langues dans les échanges entre les députés européens ou encore les influences des Etats dans l’Union européenne.

Alors que l’Europe est frappée partout par le repli identitaire, il faut encourager nos jeunes à s’intéresser à l’Europe et à en découvrir ses richesses. Visiter le Parlement européen c’est leur donner une pierre de plus pour qu’ils deviennent les citoyens accomplis et réfléchis de demain.

Le TAFTA et le CETA en débat à Villejuif

Samedi 29 octobre, à l’invitation des collectifs Villejuif Sans Tafta, Stop Tafta et en collaboration avec le groupe local d’Attac, j’ai participé à un débat contradictoire sur le Tafta/TTIP et le CETA. L’objectif était de permettre aux citoyens de se faire leur propre jugement, loin des raccourcis médiatiques, sur ces accords de libre-échange qui font l’actualité européenne. Le débat fut riche en discussions et pour ne pas faire l’impasse sur les divergences d’appréciation que ces accords suscitent, je suis intervenue aux côtés de Partick Le Hyaric, député européen du Front de Gauche ; Dominique Reynié, directeur général de la Fondation pour l’innovation politique et professeur à Sciences Po ; et Amélie Canonne, présidente de l’Association internationale de techniciens, experts et cadres et ancienne déléguée générale d’ATTAC. Jean-Marie Roux, président de l’association Villejuif Sans Tafta a ouvert les débats en rappelant que si les enjeux du Tafta, ses conséquences et ses risques potentiels, sont essentiels, il est aussi important d’aborder la question du CETA et les différences entre les deux accords.

Pour Amélie Canonne, les impacts du libre-échange sont difficiles à évaluer dans plusieurs domaines comme pour l’agriculture ou l’environnement. Elle a rappelé que les négociations du TAFTA et du CETA se sont organisées dans l’opacité la plus totale, ce qui a fait naître plus de 2000 collectifs dans toute l’Europe. Patrick Le Hayrac estime que ces traités ne profitent pas aux peuples mais aux multinationales, les richesses créées n’étant pas redistribuées. Dominique Reynié a quant à lui adopté un point de vue libéral. Favorable aux traités de libre échange, il estime qu’il faut attendre la prochaine administration américaine avant de pouvoir rouvrir le dialogue sur le TAFTA ; sur le CETA, il estime que « les discussions sont positives » mais qu’il faut rester vigilants sur les intérêts de l’Europe.

Pour ma part, j’approuve les propos du Premier ministre wallon selon lequel « avec le CETA amélioré, le TTIP(TAFTA) est mort et enterré ». Ces deux traités doivent être appréhendés de façon distincte.

Sur le Tafta, j’ai rappelé que la Délégation socialiste française avait voté contre le rapport soumis au Parlement en juillet 2015. Nous avions en effet posé certaines lignes rouges comme la question de l’arbitrage privé ou encore la protection des services publics. Je soutiens la position du gouvernement français d’arrêter les négociations avec les Etats-Unis.

Avant de relancer les négociations d’un traité de libre échange avec les Etats-Unis, il est indispensable l’Europe avance sur la mise en place d’une législation européenne régulant sérieusement de son marché intérieur. Oui il faut un « Buy European Act » et protéger nos emplois, nos industries, notre agriculture et nos services publics dans le respect des normes européennes que nous avons adoptées.

Négocier un traité bilatéral de libre échange introduit nécessairement un rapport de force. Or, l’Union européenne ne dispose pas encore d’outils suffisamment efficaces pour que nous puissions être en position de force face à des partenaires tels que les Etats-Unis, ou le Canada.

J’ai souligné le manque de transparence dans les négociations du TAFTA. Les députés européens ne participent en effet pas aux consultations alors qu’ils représentent les citoyens européens. Nous avons accès au texte des négociations mais de manière très restreinte (le texte en négociation est accessible dans une salle hermétique et fermée au Parlement européen, salle dans laquelle ne peuvent aller que les députés, sans avoir la possibilité de prendre des notes ou de faire de photocopies).

Sur le CETA, j’ai regretté la méthodologie du calendrier plaçant le Parlement européen en fin de chaîne de validation. C’est démocratiquement choquant.

Certes, il faut relever les avancées obtenues dans la négociation du CETA inclues dans la déclaration interprétative qui aura également une valeur contraignante ; à savoir, la mise en place d’une cour de justice de commerce internationale publique et la prescriptibilité de l’Accord de Paris. Mais l’absence de transparence et de participation du Parlement européen au processus de négociation entache sérieusement la légitimité de ce traité.

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Lors de l’échange avec la salle, plusieurs questions furent posées sur les différences entre le TAFTA et le CETA. D’autres pour demander des explications quant aux négociations ainsi que sur les marges de manœuvre des institutions européennes et du Parlement européen. Les échanges ont également porté sur la nature des cours arbitrales privées au sein de l’ensemble des traités de libre échange (y compris le traité de libre-échange avec le Vietnam) et la proposition faite dans le CETA de cour de justice commerciale internationale publique. Enfin, une question a également été posée sur la place des collectivités territoriales dans les traités de libre échange

 

Malgré l’opacité des négociations, il faut se réjouir que les citoyens se soient saisis des débats sur le TTIP et le CETA. Je ne crois pas qu’il faille rejeter le principe d’accords internationaux ; cependant, il faut rester prudents et mettre les citoyens européens au cœur de ces traités. C’est pourquoi, au groupe Socialistes et démocrates, nous défendons le « juste échange », à savoir une politique commerciale ouverte mais régulée, respectueuse des droits sociaux, de la répartition des richesses et des normes environnementales.

La bataille doit avancer sur le « Buy European Act » pour offrir une vraie protection aux travailleurs. Enfin, il faudrait élargir les conditions de consultation des textes pour les parlementaires européens car le manque de confiance est crispant et ne nous aide pas à y voir plus clair sur certains aspects ; c’est pourquoi, le rôle de l’Union européenne et du Parlement européen, seule instance démocratique est crucial pour réinventer la politique commerciale européenne et défendre le juste échange.