Partir en #Erasmus, pourquoi pas moi ? On en parle avec les jeunes de Seine-Saint-Denis!

Vendredi 12 octobre j’ai participé à la consultation citoyenne organisée par la direction Europe du Conseil départemental de la Seine-Saint-Denis sur le thème : partir en Erasmus, pourquoi pas moi ? Toute l’après-midi, de nombreux jeunes avaient travaillé sur la mobilité. La séance plénière de clôture animée par la journaliste Nora Hamadi, en présence de mes collègues Pervenche Berès et Pascal Durand, a donné lieu à une restitution où les rapporteur.e.s des ateliers ont fait part de leurs propositions pour améliorer la dispositif et nous faire part de leur expérience.

Ces témoignages ont été passionnants, de jeunes partis en Slovénie, au Royaume-Uni, ou encore aux Etats-Unis et au Canada. Les différentes prises de parole ont fait ressortir des points importants, comme le manque de communication autour des possibilités qu’offre Erasmus. Dans l’ensemble sur les aspects positifs, les participants ont largement évoqué l’enrichissement personnel d’une telle expérience. Au-delà des préjugés, Erasmus permet l’autonomisation des jeunes, le développement des capacités linguistiques et la prise de conscience du fait européen.

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Pour certains, partir à l’étranger a été difficile ; parmi les aspects plus difficiles j’ai noté : l’isolement, la barrière de la langue, sortir de sa zone de confort, le manque d’argent et la peur de l’inconnu. Dans ce contexte, je pense qu’il faut commencer par faire des voyages courts, pour s’adapter. Les nombreux jeunes que je rencontre dans le cadre du projet Lycée Ambassadeur, initié par le bureau d’information du Parlement européen, m’ont souvent fait part de leur expérience à l’étranger. Ils font généralement de nombreuses rencontres et créent des liens avec d’autres jeunes européens. La mobilité est essentielle aujourd’hui pour promouvoir le sentiment européen, c’est pourquoi je me bats auprès des sociaux-démocrates au Parlement pour que les financements pour le programme Erasmus mais aussi pour l’accès à la mobilité soient en augmentation substantielle. Même s’il y a des avancées, notamment avec le Pass Interrail qui permet de se déplacer partout en Europe, il faut réellement se concentrer sur les jeunes qui ont besoin d’un effort financier conséquent.

Awa, une jeune femme de 19 ans qui fait partie de l’Ecole de la seconde chance en Seine-Saint-Denis a fléché le manque d’activités et de propositions de voyages pour les filles. S’il est vrai que dans certains quartiers les activités proposées ne sont pas toujours adaptées à tout le monde, il faut faire en sorte que les acteurs institutionnels se développent et diffusent les témoignages sur Erasmus. Une autre jeune femme a témoigné sur les nombreux voyages qu’elle a effectués via le club de sport auquel elle appartient. Ce qui montre qu’il y a plusieurs vecteurs possibles pour se déplacer et découvrir l’Europe, l’enjeu est de développer les financements et la communication.

En conclusion j’ai rappelé qu’il fallait franchir le premier pas de la mobilité pour aller toujours loin. Au Parlement européen nous travaillons sur une augmentation du budget dédié à Erasmus afin de toucher un maximum de jeunes dans leurs études, leurs parcours professionnels et leur vie quotidienne; et j’ai proposé que la communication sur ce dispositif soit portée aussi par des jeunes en ayant déjà bénéficié et qu’ils en deviennent les Ambassadeurs !

Une rentrée européenne pour les socialistes de Seine-Saint-Denis

Samedi 29 septembre à Stains, j’ai participé à l’Université de rentrée organisée par la fédération socialiste de la Seine-Saint-Denis. Toute la journée, les militants ont pris part aux différents ateliers et je suis intervenue à la plénière sur l’Europe aux côtés d’Hubert Védrine, ancien ministre des affaires étrangères dans le gouvernement de Lionel Jospin.

En propos introductifs, j’ai rappelé que dès le début la législature en 2014, les socialistes français au Parlement européen s’étaient battus pour mettre un terme à la grande coalition droite-gauche. Dans un contexte où les chocs ont été extrêmement forts : je pense à la montée des nationalismes, au Brexit, à la crise de l’accueil des réfugiés…la prise de conscience s’est généralisée chez les Sociaux-démocrates qui ont partagé cette rupture et cette clarification dans les alliances politiques qui s’est concrétisée lors de l’élection pour le Président du Parlement européen en janvier 2017. Cette rupture a été confirmée au Conseil du PSE en décembre 2017 à Lisbonne.

J’ai poursuivi mon intervention en faisant le bilan de notre action au Parlement européen, nos défaites et nos victoires. Parmi les grands dossiers où nos positions n’ont pu l’emporter faute de majorité figurent ceux relatifs aux accords commerciaux de libre-échange (TAFTA/CETA/MERCOSUR). Nous avons toujours défendu nos points de vue sur le respect des normes sociales, environnementales et démocratiques. Nous avons eu une mobilisation citoyenne importante qui a permis de mettre en avant la vision des socialistes sur les accords de libre-échange. Nous avons engagé la bataille pour l’interdiction du glyphosate. Enfin, nous avons bataillé contre la politique d’austérité budgétaire de la zone euro.

Cependant, une majorité libérale et conservatrice, la Délégation socialiste française a connu plusieurs victoires : comme par exemple la reconnaissance de la fin des tribunaux arbitraires, la protection des travailleurs en Europe avec la révision de la directive des travailleurs détachés, la mise en place de commissions d’enquête (sur le Dieselgate), la reconnaissance des lanceurs d’alerte et nous devons en être fiers. Nous avons aussi obtenu l’adoption de trois grands textes importants, malheureusement bloqués par le Conseil des Etats-membres ; la directive européenne visant à encourager un meilleur partage des responsabilités familiales entre les hommes et les femmes, la révision du règlement du règlement de Dublin, et le respect des valeurs européennes et des droits fondamentaux partout en Europe.

Enfin, j’ai eu le plaisir d’échanger avec la salle et de répondre aux nombreuses questions qui m’ont été posées ; notamment sur les accords commerciaux, sur la politique budgétaire européenne, sur les fonds européens destinés aux régions ; mais aussi sur le renforcement de la démocratie en Europe. En conclusion, j’ai rappelé aux nombreux militants présents dans la salle que les membres du parti socialiste français vont entrer en campagne forts de notre bilan et avec de vraies propositions qui ont vocation à proposer une Europe qui agit concrètement pour les 500 millions d’européens qui la composent.

Pour une Europe égalitaire, on en parle à Brie Comte Robert

Jeudi 20 septembre, je suis intervenue à une réunion débat sur l’Europe organisée par la fédération socialiste de la Seine-et-Marne. J’étais aux côtés de Jean-Pierre Guérin, Premier fédéral de la Seine-et-Marne, Jean-Laviolette, Maire de Brie-Comte Robert, mais également des cadres de la fédération et de nombreux militants et sympathisants socialistes. Ce fut l’occasion de rappeler les points forts de l’actualité européenne et de décliner les propositions du texte Europe, voté plus tôt dans la semaine par le Bureau national.

J’ai commencé mon propos par une présentation du bilan des députés socialistes européens. Avec un Parlement européen et un Conseil de l’Union majoritairement à droite, nous avons connu des défaites mais nous avons aussi réussi à arracher quelques victoires et nous continuons à mener de nombreux combats. Parmi les grands dossiers où nos positions n’ont pu l’emporter faute de majorité figurent ceux relatifs aux accords commerciaux de libre échange (TAFTA/CETA/MERCOSUR). Nous avons toujours défendu nos points de vue sur le respect des normes sociales, environnementales et démocratiques. Le travail mené par la Délégation socialiste française a donné lieu à plusieurs victoires : comme par exemple la fin des tribunaux arbitraires, la protection de tous les travailleurs en Europe, la mise en place de commissions d’enquête (sur le glyphosate ou encore sur le Dieselgate), la reconnaissance des lanceurs d’alerte et des droits d’auteur et nous devons en être fiers. Ces victoires ont aussi eu lieu grâce à la mobilisation de la société civile ; je pense à la directive des travailleurs détachés, à l’interdiction des minerais de sang, ou encore à la marche noire organisée en Pologne pour le droit à l’avortement. D’autres sujets importants ont marqué notre mobilisation, comme l’égalité entre les femmes et les hommes ou encore la question des réfugiés. Un sujet majeur sur lequel nous avons travaillé et bataillé sans relâche tout au long du mandat. Nous avons fait adopter la révision du règlement du Dublin, une mesure qui met fin au système de traitement des dossiers des réfugiés par le premier pays d’entrée. Dans le socle des propositions du PS, nous demandons « un accord de Paris des migrations », pour que les engagements soient mondialement pris et partagés, avec la mise en oeuvre de visas humanitaires.

J’ai également rappelé mon attachement au respect des droits fondamentaux partout en Europe. Lors de la dernière session plénière le Parlement européen a décidé d’activer les sanctions contre le gouvernement hongrois de V.Orban, après avoir voté pour de telles sanctions contre le gouvernement polonais. Le respect des droits n’est pas une option et aucun pays ne peut sélectionner « à la carte » ce qu’il applique des droits et devoirs.

Enfin, j’ai eu le plaisir d’échanger avec la salle et de répondre aux nombreuses questions qui m’ont été posées. Tout d’abord sur la protection, j’ai rappelé que le champ des protections auquel l’Union européenne devait répondre était vaste, la sécurité d’abord avec le renforcement de notre défense européenne et de nos outils de coopération policière comme Europol, la protection sociale, avec la lutte contre les inégalités salariales et l’encadrement du travail ubérisé adossé à la mise en place d’une Europe providence, la protection des droits des femmes avec le droit à l’avortement et la pénalisation des auteurs de violence, la protection environnementale et alimentaire. Nous avons parlé des prochaines élections européennes et de renforcement de la démocratie, j’ai rappelé que pour la première fois, les militants de tous les partis socialistes et sociaux-démocrates éliraient leur candidat commun à la présidence de la commission européenne. Seul le Parti socialiste européen a engagé une telle avancée démocratique.

La réunion a aussi été l’occasion de rappeler le fonctionnement des institutions européennes et des groupes politiques. J’ai pu rappeler que parfois au sein d’un même groupe politique il nous arrive d’avoir des désaccords, notamment sur les accords de libre échange ou encore sur la lutte contre le dumping social mais le dialogue et l’échange nous permettent de présenter des propositions communes.

En conclusion, j’ai insisté sur la nécessité de renforcer les compétences législatives du Parlement européen surtout face à un Conseil des Etats membres de plus en plus paralysé par des gouvernements hostiles à toute forme de législation européenne. Nous sommes dans un moment particulier, où certains se nourrissent de l’Europe tout en faisant leur bouc-émissaire. Ce sont ces mêmes personnes qui ont fait que l’Europe se cantonne à un marché unique et n’a toujours pas développé son pilier social. Mais je suis profondément convaincue qu’en engageant une rupture nette avec cette politique libérale, et en rassemblant une large alliance de la gauche et des écologistes nous pouvons tracer le chemin vers cette Europe refondée pour agir concrètement en faveur des Européens.

La gauche est l’avenir de l’Europe, on en parle à Maisons-Alfort

Mercredi 19 septembre j’ai mené une réunion publique sur les enjeux européens. Ce fut l’occasion de revenir sur le fonctionnement des institutions européennes et sur les prochaines élections.

J’ai d’abord indiqué que les institutions européennes s’inscrivent dans un système de co-législation entre le Parlement et le Conseil des Etats-membres ; tout le travail effectué par les parlementaires doit attendre d’être validé par le Conseil pour qu’une loi applicable aux Etats européens émerge enfin. En France, 80% des lois sont issues du droit européen ; mais certains pays de l’Union peinent encore à transposer le droit européen sur leur territoire. Pour améliorer l’efficacité législative, il faut renforcer les pouvoirs du Parlement européen.

J’ai également rappelé qu’aujourd’hui, le Parlement, comme le Conseil, sont majoritairement à droite, et le bilan que nous faisons de l’action européenne doit être lucide et critique. Le fonctionnement en grande coalition gauche-droite européenne a bloqué toute avancée sociale majeure que les sociaux-démocrates défendent pourtant quotidiennement. Pour retrouver de la crédibilité nous devons construire une vraie alliance avec les gauches et les écologistes européens. Outre les questions sociales, les enjeux environnementaux nous distinguent de manière forte des partis politiques de droite ; il faut maintenant se donner les moyens d’agir et les Etats doivent prendre leurs responsabilités.

J’ai aussi expliqué, qu’au Parlement européen, il existe une gauche diverse mais qui sait se rassembler pour améliorer le quotidien des Européens. Nous agissons pour que les questions sociales se retrouvent au cœur du débat ; et durant ce mandat, nous avons eu de belles victoires : comme par exemple le vote de la résolution contre le dumping social, l’amélioration des conditions de travail partout en Europe, l’interdiction du Glyphosate et la création d’une commission d’enquête sur le sujet, également la création de la commission EMIS suite à l’affaire Volkswagen. Beaucoup de choses ont été faites et il y a encore beaucoup d’espoir pour l’avenir. La veille, le Bureau national du Parti socialiste avait adopté son texte socle pour les prochaines élections européennes, où figurent nos propositions pour l’Europe. Un texte qui prône un changement radical clarifiant notre stratégie avec des alliances claires et une priorité absolue aux enjeux sociales et environnementales.

Enfin, les échanges se sont poursuivis sur plusieurs sujets : comme l’éducation, un sujet primordial pour construire une Europe égalitaire ; la protection des données, la puissance des lobbies ; également, le soulèvement des populations par les urnes et par le vote. La prochaine élection en mai 2019, sera l’occasion de choisir l’Europe que nous voulons et bannir cette Europe libérale qui gouverne actuellement ; pour nous les socialistes européens « l’avenir de l’Europe, c’est la gauche ».

Quel avenir pour notre Europe ? On en parle avec les socialistes de Cachan

Lundi 4 juin, j’ai participé à une réunion Europe organisée par le Parti socialiste de Cachan, en présence de Jean-Yves Le Bouillonnec, Hélène de Comarmond Maire de Cachan et Dominique Barjou, Conseillère régionale. A cette occasion je suis intervenue aux côtés d’Henri Nallet, spécialiste des questions européennes, ancien Vice-Président du Parti socialiste européen et ancien ministre. Ce débat nous a permis d’échanger sur l’avenir de l’Europe.

Henri Nallet, lors de son intervention, a rappelé quelques points clés de la construction européenne. Il a rappelé que l’Europe s’était construite sur un pacte économique et que l’Allemagne avait joué très tôt un rôle essentiel dans les alliances avec les futurs Etats-membres. A son sens, le deuxième élargissement de l’Europe, qui a concerné majoritairement les pays de l’Europe de l’Est, a été mal négocié ; car même si une base économique a été construite de manière efficace, l’esprit commun de l’Europe n’était pas encore assez solide. La crise économique de 2008 a fait reculer la construction de l’Europe et a révélé les dysfonctionnements en son sein. C’est pourquoi, depuis les années 2000 les citoyens sont sceptiques, ce qui a laissé place à la montée des populismes et des nationalistes. Henri Nallet pense que sa génération pourrait assister à la fin de l’aventure européenne et insiste sur le fait qu’il est essentiel de se poser une question pour refonder ce qui a été construit : que voulons-nous de cette construction européenne ?

Pour ma part, j’ai rappelé qu’aujourd’hui il fallait bien distinguer la gauche européenne et la droite européenne. Nous avons trois axes de combats politiques majeurs avec la droite : les enjeux sociaux, écologiques et démocratiques. Dans un monde globalisé, l’Union européenne n’a pas su mettre en place des outils de protection pour les plus faibles et l’Europe sociale n’a pas été concrétisée. Le jour même, au Parlement européen, la droite s’était opposée au vote sur l’amélioration des conditions de travail des chauffeurs routiers. Pendant longtemps, la politique européenne s’est construite autour d’une grande coalition entre la gauche et la droite où les politiques sociales ont été mises de côté. Sur ces trois volets : social, environnemental et démocratique, il existe une opposition réelle entre la droite et la gauche et nous devons être plus exigeants dans les propositions que nous portons. Plus exigeants et plus visibles aux yeux des citoyens européens. Emmanuel Macron a certes ouvert les oreilles des médias sur les sujets européens mais sa politique menée est bien loin de nos priorités.

Les nombreux échanges avec les militants présents sur les réfugiés, la zone euro, les incompréhensions Est-Ouest, le rôle du PSE ont été riches et denses. Un beau débat avec des militants motivés !

 

Interview des élèves du Lycée Evariste Galois de Sartrouville #JournéeDeLEurope

Vendredi 25 mai, à l’occasion de la journée de l’Europe organisée par le lycée Evariste Galois de Sartrouville, je suis allée à la rencontre d’un groupe d’élèves ambassadeurs du Parlement européen. En marge des nombreux ateliers et événements organisés par l’équipe éducative et les élèves, j’ai été interviewée par une dizaine d’élèves de Seconde et de Terminale pour la WebRadio du lycée. Nous avons abordé trois grands thèmes : le rôle et le fonctionnement du Parlement Européen ; le rôle et les missions des Députées Européens et les questions liées aux droits des femmes et aux inégalités, ainsi qu’à la lutte contre les violences dont elles sont les victimes.

Lors de la première partie de l’échange, j’ai confié aux lycéens que ma passion pour la politique devait beaucoup à la Présidence de François Mitterrand puis à la chute du mur de Berlin le jour de mes 18 ans, marquant pour moi l’espoir de la construction d’une seule et même Europe. C’est à partir de ce jour que j’ai forgé ma conscience politique. Une conscience qui ne m’a pas quittée depuis, c’est pourquoi j’ai encouragé ces jeunes élèves à s’engager, à travers le militantisme politique, syndical ou encore associatif pour défendre leurs convictions leurs valeurs. J’ai également rappelé que tous les Français pouvaient être élus s’ils avaient la volonté de changer les choses. Etre élu.e ne doit pas s’inscrire dans une trajectoire de carrière mais correspondre à un engagement personnel qui sert une cause collective.

Sur l’égalité entre les femmes et les hommes, j’ai rappelé que la loi de 2000 sur la parité a permis à beaucoup de femmes de s’engager en politique. Alors même si encore aujourd’hui les postes à responsabilité sont généralement attribués à des hommes, il y a des évolutions notables. Au Parlement européen, j’ai pu constater que dans certains pays la parité est assez bien respectée. Mais quand on sait que seulement 36% des députés européens sont des femmes, nous devons encore progresser pour arriver à l’égalité réelle.  

Sur la diffusion de l’information, j’ai répondu que les réseaux sociaux représentaient un assez bon moyen de communiquer avec les citoyens et partager le travail parlementaire que les députés européens mènent au quotidien ; car malheureusement les médias peinent encore à donner une vraie visibilité à l’action des députés européens.

J’ai informé les élèves que dans le cadre de mon travail parlementaire, je suis amenée à échanger avec de nombreux responsables politiques et aussi avec la Président de la République ; que j’ai récemment rencontré sur la réforme des modes de scrutins dans le cadre des prochaines élections européennes. Je me suis aussi adressée à lui pour l’alerter sur l’urgence de voir l’Union européenne ratifier la Convention d’Istanbul, pour lutter efficacement contre les violences faites aux femmes partout en Europe. Ce texte adopté par le Conseil de l’Europe, s’appuie sur la règle des trois « P » : prévention, protection et poursuite. Il est appliqué en France car il a été ratifié sous la précédente mandature mais beaucoup de pays européens refusent encore de le ratifier ; c’est pourquoi les chefs d’Etats signataires doivent se mobiliser et inciter les autres pays à la signer. Il existe beaucoup de lois protectrices contre les violences faites aux femmes mais leur application est trop souvent laissée de côté.

Nous avons également parlé de l’organisation de mon temps de travail entre Paris, où je rencontre les acteurs de la circonscription, le Parlement européen de Bruxelles ou je mène des réunions de groupe et un travail intense dans les commissions parlementaires ; et Strasbourg, ou les lois européennes sont votées. L’occasion de rappeler que les temps de parole au sein du Parlement européen sont assez court, ce qui nous oblige à être efficace et synthétique lors de nos interventions.

Un élève m’a posée la question de la distance entre l’Europe et les citoyens européens, j’ai répondu que cette distance est liée au problème du fonctionnement des institutions ; qui est trop opaque et parfois incompréhensible. Et malheureusement certains pays comme la Hongrie ou la Pologne, ne rendent pas les choses faciles quand ils n’ont de cesse de critiquer l’Europe et son système. S’il n’y avait pas d’Europe aujourd’hui, ce serait la fin de la zone Euro, la fin de la libre circulation des personnes et on deviendrait une multitude de tout petits pays devant faire face aux grandes puissances mondiales. L’Union européenne est encore dans une phase de construction et il faut lui laisser le temps d’émerger en tant que réelle entité politique.

Le dernier thème de l’interview a laissé place à un échange sur l’égalité entre les femmes et les hommes, un sujet qui me tient particulièrement à cœur. J’ai indiqué qu’actuellement était en discussion une proposition de directive prévoyant d’accorder les mêmes droits aux femmes et aux hommes de bénéficier du congés parental afin de permettre réellement de concilier vie professionnelle et vie personnelle et de réduire l’écart salarial. L’occasion de dire que les femmes n’ont pas le même niveau de salaire que les hommes et qu’elles sont plus souvent concernées par le congé parental. Une idée préconçue que dénoncent les syndicats et les socialistes. Le gouvernement français est encore assez rétrograde sur le sujet alors que certains pays européens comme la Suède défendent cette égalité. Sur les violences faites aux femmes, qui sont de plus en plus reconnues, j’ai redit qu’il fallait continuer le travail de prévention auprès des victimes et des autorités qui ont trop souvent minimisé l’ampleur du problème.

 

 

#SNCF Non l’Europe n’impose pas la Réforme ferroviaire du gouvernement!

Jeudi 17 mai je suis intervenue aux côtés de Rémi Aufrère, Secrétaire général de la CFDT Cheminots, sur la réforme ferroviaire et les raisons de la mobilisation sociale contre le projet du gouvernement. Ce café-débat a été organisé par la section socialiste de Villejuif et ce fut l’occasion de revenir sur la réforme SNCF, les risques sous-jacents et la véritable intention du gouvernement, mais aussi de comprendre pourquoi les cheminots sont en grève et démontrer à travers la présentation du 4ème Paquet ferroviaire que la réforme du gouvernement français n’est pas de la faute de l’Europe.

En propos introductif j’ai rappelé que les paquets ferroviaires successifs sont les traductions législatives de la vision globale portée par Jacques Delors « se déplacer partout en Europe et en train » ; mais pour ce faire il était essentiel de régler des questions techniques et de sécurité afin d’harmoniser les systèmes de transports. Effectivement, la question de la taille des rails, instaurer une signalisation sur les lignes ou encore la sécurité dans les trains, doivent être harmonisées à l’échelle de toute l’Europe. Le 4ème Paquet ferroviaire a vocation à répondre à ses attentes. Dans les textes, il y deux axes à prendre en compte : les questions techniques et les aspects politiques notamment liées à la gouvernance et à l’obligation du maintien du service public. Au Parlement européen, tous les groupes politiques ne partagent pas le même point de vue ; certains députés européens, de droite par exemple, voulaient aller plus loin dans la libéralisation et l’ouverture à la concurrence. Sur ce point, j’ai rappelé que les textes européens permettent l’ouverture à la concurrence sans le rendre pour autant obligatoire. Chaque Etats-membres est donc libre de la mettre en place ou pas. La France a clairement pris position sur le sujet et souhaite une ouverture totale du réseau des lignes à grande vitesse. Pour plusieurs textes du volet politique, comme celui sur le maintien du service public, les amendements des socialistes ont porté sur le fait de ne pas mettre en place un système d’ouverture à la concurrence qui mettrait en péril les droits sociaux et qui ferait grimper les tarifs des billets de train, la question du transfert des droit droits sociaux des personnels était pour nous une ligne rouge à ne pas franchir.

Je suis également revenue sur la question des trains à grande vitesse, un service territorial important car beaucoup de personnes les empruntent quotidiennement. Si on ouvre à la concurrence, les grandes lignes ne desserviront plus les villes intermédiaires ; au nom de la rentabilité économique mais au détriment du respect du service public rendu. 2 approches pour 2 visions du train. Au Royaume-Uni, tout le système est privatisé et les prix des billets ont fortement augmenté alors même que le service rendu s’est dégradé ; si bien qu’hier le gouvernement britannique a décidé de renationaliser la ligne Londres-Edimbourg qui rencontrait trop de problème de gestion. En Suède, les Suédois aimeraient revenir à un opérateur unique ; car quand il y a plusieurs opérateurs, il n’y aucune garantie de circulation des trains si ceux-ci ne sont pas suffisamment remplis (toujours au nom de la fameuse rentabilité économique), ce qui pose des problèmes en cascade pour les correspondances sans parler des tarifs totalement variables selon le taux de remplissage des trains.

Sur l’obligation du service public, j’ai rappelé que dans le Règlement européen il y a bien une obligation de maintien des acquis sociaux en cas de transfert d’un opérateur public à un opérateur privé ; alors quand la France annonce que les nouvelles personnes recrutées ne bénéficieront pas du statut des cheminots, il s’agit d’une spécificité française qui n’est pas préconisée à l’échelle européenne. Il faut savoir que ce n’est pas le statut des cheminots qui a endetté la SNCF, ce sont les choix politiques visant à ouvrir toujours plus de nouvelles lignes à grande vitesse au détriment de la rénovation du réseau existant et reprendre la dette de la SNCF est avant tout une décision politique. La directive Euro-vignette par exemple, qui permet de faire en sorte que tous les camions qui empruntent le réseau transeuropéen de transports soient soumis à une taxe, pourraient régler le problème du déficit des transports publics. En France, l’Euro-vignette fait échos à l’abandon de l’Ecotaxe qui aurait permis des recettes de plus d’1,2 milliards d’Euros par an !

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Nous sommes également revenus sur le statut de la SNCF, qui risque de se transformer en société anonyme, encore une fois, ce n’est pas une demande de l’Union européenne. En 2014, le gouvernement a fait adopter une modification des structures de la SNCF en 1 EPIC de tête et 3 EPIC SNCF mobilité et SNCF réseau et SNCF Gares et connexions précisément pour respecter les normes européennes.

Le Parti socialiste s’est très clairement exprimé contre la réforme du gouvernement, ses parlementaires agissent à l’Assemblée nationale et au Sénat et nous avons été présents à toutes les manifestations unitaires. A l’échelle européenne, on observe une unité syndicale sur le sujet. J’ai, à titre personnel, beaucoup échangé avec Rémi Aufrère et je maintiens un lien étroit avec plusieurs responsables syndicaux dans le cadre de ce dossier.

Rémi Aufrère, lors de son intervention, est également revenu sur la vision de Jacques Delors de permettre des emplois de qualité aux travailleurs européens. Il a dressé un tableau historique des différentes luttes menées depuis 1937 pour le maintien des droits sociaux. Il a rappelé que dans la proposition de réforme actuelle, il y a trop de manque à gagner sur plusieurs points et l’ouverture à la concurrence va complétement dégrader les réseaux de transports ; car les chemins de fer ne peuvent pas vivre sans la contribution financière de l’Etat. Dans certains pays, comme aux Etats-Unis par exemple, la coopération entre le public et le privé peut fonctionner mais on en est encore loin en France. Il a également rappelé que le statut des cheminots n’était pas un problème pour l’ouverture à la concurrence et il dénonce le fait que Macron se saisisse du sujet simplement pour taper sur les syndicats alors que la réforme ferroviaire n’était pas un point fort de son programme.

De nombreuses questions avec les participants de ce café débat ont nourri nos échanges. Il faut poursuivre dans cette voie pour que cessent toutes les idées reçues sur ce mouvement social indispensable pour la préservation de notre service public ferroviaire.