Grèce : enfin, un vrai soulagement. Mais après ?

Communiqué de la Délégation socialiste française

En une phrase : cet Eurogroupe aboutit enfin au résultat positif tant attendu, ce qui en soit est une bonne nouvelle.

Les Européens ont reconnu les efforts faits par les Grecs, et ont débloqué la tranche de prêt de 8,5 milliards d’euros dans le cadre du troisième plan d’aide en cours. Cette décision était indispensable pour ne pas replonger dès cet été la Grèce et l’Euro dans la tempête.

Mieux : l’Eurogroupe s’est engagé encore plus clairement à un allégement de la dette grecque, avec un plan plus « généreux » que lors de l’accord précédent, avec un surplus primaire plus raisonnable que ce qui est le cas aujourd’hui.

Le FMI, s’il a assoupli ses exigences en donnant son accord de principe à sa participation au plan d’aide, demeure cependant vigilant sur ce point. Dans la lignée des décisions prises conjointement avec les ministres des finances de la zone euro le 24 mai 2016, il ne versera pas en effet un euro tant que les Européens n’auront pas formellement acté l’allégement de la dette grecque.

C’est dire à quel point cet accord reste surdéterminé par la perspective des élections allemandes, qui empêchent de réelles avancées sur ce sujet. Pour les eurodéputés socialistes et radicaux, il y a encore et toujours urgence à alléger la dette grecque. Surtout, la zone Euro a un besoin urgent de démocratiser sa gouvernance, afin de ne plus être soumise aux agendas électoraux de tel ou tel Etat membre, et d’un budget propre afin d’absorber les chocs économiques et de soutenir les investissements d’avenir.

Basta Schäuble !

Communiqué de la Délégation socialiste française 

Alexis Tsipras vient de prendre des mesures de justice sociale : rétablissement d’un 13ème versement annuel pour les plus basses retraites et report d’une hausse de la TVA sur les îles de l’est égéen frappées de plein fouet par l’arrivée massive de réfugiés. Ces mesures, légitimes au regard des efforts supportés par le peuple grec, ont un coût pour le budget de l’Etat relativement faible : 617 millions d’euros. 

C’est encore trop pour le faucon Schäuble, qui a obtenu de pulvériser le maigre accord sur l’allégement de la dette grecque obtenu le 5 décembre dernier.

Trop c’est trop, nous disons « Basta à M. Schäuble. Faites preuve d’un minimum de sens politique, et d’humanité, tout simplement. ».

Nous avons le devoir de récompenser les réformes politiques courageuses menées par Alexis Tsipras. La Grèce renoue avec la croissance depuis deux trimestres, il est légitime qu’un chef de Gouvernement redistribue là où il y a urgence sociale. L’Union européenne doit envoyer un signal social positif. Ne laissons pas la Grèce s’épuiser et le peuple grec sans espoir. Ils ont consenti beaucoup de sacrifices pour réparer les dommages causés ces dix dernières années, comme aucun autre peuple européen : les salaires, pensions et retraites ont baissé de 38% entre 2009 et 2014. Jusque récemment, la pauvreté infantile a progressé, tout comme le nombre de suicides, alors même que le secteur de l’éducation et de la santé a été désintégré.

C’est à notre tour d’aider la Grèce, et d’abord l’Allemagne, pays qui doit investir ses excédents dans la croissance européenne.

Par ailleurs, les eurodéputés socialistes et radicaux ont été choqués que le Président de la Commission européenne indique que la Charte des droits fondamentaux n’avait pas lieu de s’appliquer en ce qui concerne le programme d’ajustement économique de la Grèce. Pour nous, il ne peut pas y avoir deux poids et deux mesures, et si on veut que la Grèce soit exemplaire dans le respect de la règle budgétaire, il faut lui donner les moyens d’être exemplaire dans le respect de la démocratie sociale pour retrouver un climat de confiance propice aux investissements.

Grèce : il est temps de poser la question de l’allègement de la dette

Alors que la Grèce est en première ligne pour faire face à l’afflux des réfugiés – véritable défi humanitaire – elle a réussi à accomplir en parallèle des réformes sans précédent, conformément à ses engagements : elle a déjà réalisé plus de 5 milliards d’euros d’économie, ce qui représente presque 3 % de son PIB !
 
Malgré cela, les négociations entre Athènes et ses créanciers – Mécanisme européen de stabilité (MES), Banque centrale européenne (BCE) et Fonds monétaire international (FMI), – piétinent.
 
Ce n’est pas acceptable, pas plus que la volonté, toujours affirmée, de quelques faucons – érigés en gardiens du temple de l’orthodoxie budgétaire, mais qui ont oublié ce qu’était qu’être Européens à trop veiller sur leur trésor – de continuer à saigner ce pays.
 
Aujourd’hui, la dette grecque, qui atteint 180 % du PIB, n’est pas soutenable. Il faut aborder franchement la question de son allègement. Pour les eurodéputés socialistes et radicaux, un sommet des chefs d’État et de gouvernement européens doit se réunir et prendre des décisions en ce sens pour sortir de l’impasse.
 
L’Europe ne peut pas se permettre de s’infliger, sans raison, une nouvelle crise majeure.