Les étudiants de l’HEIP de Paris attentifs aux enjeux européens

Vendredi 1er février j’étais auprès des étudiants de l’Institut des hautes études politiques de Paris pour mener une conférence sur les grands enjeux de l’actualité européenne. L’intérêt des jeunes pour les questions européennes est immense et dans le contexte actuel l’engagement européen est plus important que jamais pour l’avenir de la jeunesse.

J’ai ouvert la conférence en rappelant que le mandat de député européen a beaucoup évolué ; il faut une disponibilité totale pour être présent à Bruxelles, Strasbourg et en circonscription. C’est un engagement quotidien qui se traduit par un travail acharné afin de mettre en avant les valeurs que nous défendons, les valeurs de la gauche sociale-démocrate ; et il faut faire en sorte qu’aux prochaines élections la France soit représentée autrement que par le Rassemblement national.

Une des valeurs que je défends dans le cadre de mon mandat est la laïcité ; une notion typiquement française et qui n’est pas présente dans les autres pays européens. Les questions liées à la religion doivent avoir leur place limitée au domaine privé et ne pas interagir avec la vie politique. Certains pays, refusent encore aujourd’hui d’accueillir des réfugiés, au prétexte que ceux-ci auraient une autre religion, d’autres remettent en cause le droit à l’avortement, alors que les droits des femmes à disposer librement de leur corps devraient relever des droits fondamentaux.

J’ai également parlé de la place des lobbies, en rappelant qu’au Parlement européen ils pouvaient rencontrer les députés pour faire part de leur point de vue sur des sujets en discussion. Qu’ils défendent des intérêts publics ou privés, les lobbies représentent différentes structures et sont très influents, mais l’obligation de transparence était pour nous indispensable c’est pourquoi nous avons voté pour que soient rendus publics les rendez-vous des parlementaires avec ces lobbies.

Les étudiants m’ont posée beaucoup de questions, notamment sur la représentation politique et la composition des différents groupes siégeant au Parlement européen, sur l’avenir de la social-démocratie en Europe. Mais aussi sur des grands dossiers comme les accords commerciaux, le dumping social dans le transport routier, les réformes institutionnelles indispensable pour rendre l’Europe plus démocratique.

En conclusion, j’ai rappelé que le vote de mai 2019 allait être déterminant pour faire avancer le fonctionnement des institutions et donner plus de pouvoir au Parlement. L’Europe a besoin d’une gauche unie et rassemblée pour apporter des réponses sociales et écologiques fortes et concrètes aux Européens.

Rencontre avec les lycéens de l’Ecole Alsacienne

Vendredi 13 octobre, à l’invitation de Romain Borrelli, je suis allée à la rencontre des élèves de Seconde et de Première de l’Ecole l’Alsacienne. Beaucoup de thèmes ont été abordés tels que le Brexit, la Grèce, la Catalogne, l’harmonisation fiscale, l’accueil des réfugiés, la sécurité, les droits des femmes…Dans un amphithéâtre bondé ces jeunes Européens étaient attentifs à ce que l’Europe peut offrir.

Après avoir présenté la composition et le fonctionnement en groupes politiques et en commissions thématiques du Parlement européen, j’ai présenté un bilan de notre action depuis 2014.

J’ai indiqué que le principal objectif de mon mandat était de rendre l’Europe plus proche des citoyens et plus sociale. J’ai également insisté sur le respect intransigeant des droits fondamentaux. Dans ce contexte, la Hongrie et la Pologne apparaissent aujourd’hui comme les mauvais élèves ; concernant les réfugiés syriens par exemple, certains pays ont décidé de les accueillir et de leur donner asile, mais la Hongrie et la Pologne ont refusé catégoriquement. Ils sont d’ailleurs pointés du doigt par la Cour de Justice de l’Union européenne.

Le Parlement européen est une institution législative ; la Commission européenne est une institution exécutive et le Conseil européen est une institution qui s’organise autour du pouvoir législatif et exécutif. Sa présidence change tous les six mois, en ce moment c’est l’Estonie qui est aux manettes. Aux dernières élections de 2014, Jean-Claude Juncker le Président de la Commission européenne avait indiqué que sa priorité était la mise en place d’un pilier social ; malheureusement aujourd’hui il reste tout à faire. La circulation dans l’Union européenne implique que l’on édicte des règles sociales et fiscales communes à tous les citoyens européens. L’exemple des travailleurs détachés, qui travaillent dans un pays et habitent dans un autre pays est le reflet que l’Europe doit se doter de règles harmonisées pour conserver d’un pays à un autre ses droits sociaux. Les partis politiques de droite pensent que la question sociale doit rester dans le cadre de décisions nationales, ce qui serait une erreur aux yeux de la gauche ; car dénuée d’efficacité dans le cadre de la justice sociale.

J’ai pris le temps d’aborder avec les élèves d’autres grands sujets, telle que la place de l’Europe dans le monde. A travers les accords commerciaux : TTIP ; TAFTA ; CETA, j’ai rappelé que les discussions (souvent vives) se poursuivent entre les différents groupes politiques. Les grandes préoccupations de ces accords commerciaux respect le respect de nos normes sociales environnementales et juridiques. Par exemple, nous ne voulons pas d’OMG dans les produits importés et nous menons une lutte importante contre Monsanto qui utilise notamment du Roundup composé de glyphosate, une molécule extrêmement dangereuse pour la santé. Par ailleurs, j’ai rappelé qu’il y a dix jours, il y avait eu vote important au Parlement européen afin que la Commission propose un texte sur les perturbateurs endocriniens, nocifs et présents dans de nombreux produits de la vie quotidienne et qui sont utilisés par des millions de consommateurs. Toujours sur le même thème, j’ai redit que le diesel est un réel problème de santé publique à Paris. Ayant siéger dans la commission d’enquête sur les émissions de polluants dans le secteur automobile (dite EMIS) suite au scandale de l’affaire Volkswagen, notre objectif était d’amener les constructeurs à mettre en place d’autres motorisations ; nous nous sommes également assurés de la protection des consommateurs, ce qui n’existait pas jusqu’alors.

Nous avons également échangé sur la politique européenne de défense commune, un sujet qui a recueilli l’ensemble des accords des Etats membres. Lors de la Présidence de François Hollande, la France s’est vue refuser de l’aide par les Etats-Unis et le Royaume-Uni dans le conflit syrien ; une vraie coalition européenne aurait été très efficace pour sortir de la guerre. L’Europe de la défense permettra également de lutter plus efficacement contre le terrorisme en Europe qui continue à ce jour de faire de trop nombreuses victimes ; alors nous avançons jour après jour avec un système de coopération renforcée.

Sur la Catalogne, j’ai rappelé que l’Union ne peut pas agir sur la crise d’une région dans un Etat mais doit respect vigilante sur le respect des droits fondamentaux ; par ailleurs si la Catalogne prenait son indépendance,  elle sortirait automatiquement de l’Union européenne. Une éventuelle solution serait peut-être que l’Espagne se décentralise davantage au profit de ses régions.

Une autre question a été largement abordée, celle de la lutte contre les violences faites aux femmes et aux filles ; abordée dans le cadre de la Convention d’Istanbul qui permet de protéger les femmes victimes de violences et de poursuivre les agresseurs quel que soit le lieu de résidence des victimes.

En conclusion j’ai répondu à plusieurs questions sur le sentiment d’identité européenne. Je pense qu’il est important de profiter de l’Europe et de l’ouverture des frontières. Le programme Erasmus+ est un instrument dont tous les jeunes doivent se saisi. Les listes transnationales aux prochaines élections européennes et la monnaie unique sont aussi des vecteurs permettant de renforcer l’identité européenne. Enfin, j’ai rappelé aux élèves que les sujets d’actualité européens sont nombreux et concernent tous les citoyens, même les plus jeunes, qui s’inscrivent dans l’avenir de ce grand territoire qui leur appartient. Aussi, quand on a des positions communes en Europe, on renforce son efficacité pour l’avenir !

 

 

 

 

 

Convention fédérale: bilan du quinquennat sur les affaires européennes et internationales

Samedi 10 décembre, la fédération du parti socialiste du Val-de-Marne organisait sa Convention fédérale sur le bilan du quinquennat de François Hollande. J’ai eu le plaisir d’intervenir, aux côtés de Maurice Braud, Secrétaire national en charge du Pôle modernisation, coopération, régulation, à une table ronde sur la place de la France en Europe et dans le monde. Malgré le temps qui nous a été imparti, j’ai tenté de faire une synthèse des nombreuses actions de François Hollande qui ont fait avancer l’Europe pendant ces cinq dernières années.

J’ai tout d’abord rappelé son action sur l’inflexion du pacte de stabilité et de croissance qui est l’instrument dont les pays de la zone euro se sont dotés afin de coordonner leurs politiques budgétaires nationales et d’éviter l’apparition de déficits budgétaires excessifs ; c’est le premier point sur lequel François Hollande a dû prendre des décisions en tant que Président de la République. Dans un contexte où les sociaux-démocrates sont minoritaires au sein du Conseil de l’Europe des 28 Etats membres, la France a su jouer un rôle important pour mettre de la flexibilité dans la politique économique de l’Europe et de faire en sorte que la Grèce reste au sein de la zone euro. Il a été l’artisan de ce travail pour accompagner également l’Espagne et le Portugal.

Aujourd’hui, nous voyons la concrétisation du Plan Junker et le relance de l’Europe grâce à l’investissement ; cela était un point du programme de François Hollande et des sociaux-démocrates. Sur le budget européen, beaucoup d’Etats sont de mauvais payeurs mais il faut continuer de travailler sur l’intégration économique au niveau de l’ensemble de l’UE pour plus de solidarité entre les pays. Par ailleurs, je suis revenue sur l’engagement de François Hollande qui, en 2012, a fait de la jeunesse sa priorité en allouant une partie du budget européen à la garantie jeunesse.

Sur les traités de libre-échange, pendant la campagne du Président Hollande, nous nous sommes battus à ses côtés pour des traités de « juste » échange et la France a permis de poser des marqueurs importants. Matthias Feckl, Secrétaire d’Etat chargé du commerce extérieur a obtenu le retrait des tribunaux arbitraires au profit de tribunaux publics avec des magistrats libres de trancher les décisions à prendre dans l’intérêt de l’Europe.

Concernant le terrorisme, le gouvernement français a permis d’avancer au niveau européen. Sur le PNR (Passenger Name Record), il a fallu beaucoup de convictions pour aboutir à un vote et les résultats se concrétisent aujourd’hui ; il y a seulement 4 Etats européens qui se sont dotés d’un PNR. Par ailleurs, sur la lutte contre le terrorisme et notamment l’assèchement du financement de Daesh, les propositions de la France défendues Michel Sapin, Ministre de l’économie et des finances, ont été déclinées au niveau européen et notamment dans le Rapport de Vincent Peillon.

J’ai rappelé aussi, la mise en place d’une agence européenne du droit d’asile dont le modèle a été calqué sur l’OFPRA, l’Office français de protection des réfugiés et apatrides. C’est une véritable réussite de la France sur le plan européen.

 

La France a pesé son poids dans la lutte contre le dumping social avec ’inscription dans la loi de l’obligation de respecter le droit français en matière de salaires pour tous les chauffeurs routiers travaillant en France. Alors, même si la France a reçu un carton jaune de la part des pays d’Europe de l’Est, qui l’accusent de faire de la concurrence déloyale, le rapport de force se poursuit avec le débat sur la révision de la directive des travailleurs détachés.

 

La France a également joué un rôle important sur les questions environnementales avec la signature de l’Accord de Paris lors de la Cop 21. J’ai fait référence aux actions de Stéphane Le Foll et Eric Andrieu qui ont mené un véritable combat pour développer la production française dans des conditions favorables à l’environnement et lutter contre les OGM. J’ai par ailleurs parlé de la mise en place de la commission Royal, liée au scandale de l’affaire Volkswagen, qui mène un travail complémentaire à celui de la commission EMIS du Parlement européen dans laquelle je siège en tant que rapporteure pour mon groupe et qui a vocation à faire appliquer par les Etats membres la règlementation européenne en matière d’émissions polluantes.

 

Pour conclure, j’ai rappelé que plusieurs exemples concrets montrent que tous les maux de l’Europe ont pour cause profonde les dérives de la mondialisation et non pas l’Europe. La politique de François Hollande a beaucoup pesé sur les grandes décisions européennes. Maintenant il nous appartient de clarifier et de renforcer nos exigences pour démontrer que l’Europe peut protéger.