Pollution : l’Union européenne doit être plus ambitieuse face à la crise climatique

Je suis intervenue hier en séance plénière du Parlement européen à Strasbourg sur la récente publication par la Commission de la suite de son « paquet mobilité », cette fois-ci surtout consacré à la décarbonisation des transports. Si les objectifs poursuivis sont plus que louables, et si le paquet comporte des textes très utiles, il n’en reste pas moins que l’ambition globale est trop faible pour nous permettre de baisser significativement les émissions de gaz à effet de serre des transports. Pour la planète, pour nos enfants, nous devons faire plus, et plus vite !

Mesdames et Messieurs les Commissaires,
La COP 23 s’est ouverte la semaine dernière à Bonn, avant la publication par la Commission de la suite de son paquet mobilité : les astres semblent s’aligner pour produire une législation efficace de lutte contre les émissions de gaz à effet de serre. L’urgence est d’autant plus criante que l’on vient d’apprendre que les émissions repartaient cette année à la hausse, menaçant de plus en plus notre capacité à rester sous la barre des 2° de réchauffement moyen.
Mais voilà, si le paquet de la Commission comporte plusieurs éléments intéressants, il n’en reste pas moins que l’ambition globale est très en-deçà de la crise climatique. La mise en place de normes d’émissions pour les poids lourd étaient indispensable, et la définition des véhicules à faible émission également, mais on ne peut que regretter les souplesses prévues dans les objectifs chiffrés de production de véhicules propres : la commission d’enquête sur les fraudes aux émissions a fini ses travaux en avril de cette année, et déjà, on pave la voie vers de nouveaux dépassements des plafonds d’émissions ! La Commission n’a d’ailleurs toujours pas indiqué que la mesure des émissions de CO2 se ferait en conditions réelles de conduite, comme ce sera le cas pour les émissions d’oxydes d’azote, et c’est fort regrettable.
L’Union Européenne est leader en matière de lutte contre la pollution et contre les émissions de gaz à effet de serre, mais si nous nous reposons sur nos lauriers, si nous laissons les contingences économiques immédiates nous dicter les priorités politiques de long-terme, alors qui sera le moteur de la sortie des énergies fossiles, si nuisibles pour la santé et le climat ?
Merci.

COP 23 à Bonn : anticiper et définir le terme de « réfugié climatique »

Communiqué de la Délégation socialiste française

Le Parlement européen a adopté aujourd’hui une résolution visant à préparer la COP 23 à Bonn. Nous félicitons notre collègue Gilles Pargneaux, co-rapporteur, qui a œuvré à ce succès. L’enjeu est clair : mettre en œuvre l’accord de Paris de façon détaillée et lutter à l’échelle européenne et mondiale contre les changements climatiques.

Dans les points sur lesquels les décideurs doivent absolument anticiper, avant que la question ne se pose dans l’urgence, il y a celle des « réfugiés climatiques ». Notons que le simple fait de dire « il faut une définition » a été refusé par la droite. La politique de l’autruche, ça ne marche pas ! Tôt ou tard la question se posera et il faudra bien agir.

La résolution appelle également l’Union européenne à être à la pointe de la mise en œuvre de l’accord de Paris : cela passe par une stratégie européenne pour atteindre la neutralité carbone d’ici le milieu du siècle, et par le respect de l’objectif des 100 milliards de dollars d’ici 2020 pour aider les pays en développement à lutter contre les changements climatiques.

La dynamique de l’accord de Paris est toujours là, malgré le retrait des Etats-Unis et des reculs comme sur le dossier des émissions carbone de l’aviation. Il faut l’encourager et agir vite, car il y a urgence pour sauver notre planète !