Le siège du Parlement européen est et restera à Strasbourg!

Mercredi, les euro-députés ont débattu autour de l’idée d’un siège unique du Parlement européen. Il était une nouvelle fois question de faire du lieu de travail Bruxellois le siège unique du Parlement. Certains députés proposaient de compenser le déménagement de l’institution par l’établissement de l’Agence Européenne du Médicament à Strasbourg. Je suis intervenue, au nom de la délégation française socialiste, non pas contre le siège unique mais contre cette initiative anti-Strasbourg. Mon intervention a été l’occasion de mentionner que ce transfert n’est ni souhaitable, ni réalisable. J’ai ainsi pu rappeler que le temps passé dans les différents sièges du Parlement n’est pas proportionnel à leurs importances institutionnelles et symboliques. Strasbourg, image de la réconciliation franco-allemande, incarne l’essence même de la construction européenne tout en rappelant son histoire.

Alors même que nous venons d’inaugurer le nouveau bâtiment Václav Avel ici, pourquoi en revenir à la remise en cause de notre présence à Strasbourg ? Cette discussion, comme toutes celles qui l’ont précédée, n’est pas opportune. L’article 341 du TFUE établit que « le siège des institutions de l’Union est fixé du commun accord des États membres ». Et quand bien même il nous revenait de décider, le débat serait toujours aussi peu à propos.
Cependant, puisqu’il est ouvert, je me permets de répondre aux arguments pratiques avancés par les partisans d’un siège unique bruxellois:
Seule la pratique du travail parlementaire a normalisé la fréquence de notre présence à Bruxelles. Les traités, eux, gravent le siège officiel du Parlement à Strasbourg. Les réviser pour ôter à Strasbourg ce statut c’est ouvrir la voie à de multiples remises en question et marchandages sur l’ensemble des institutions et agences européennes
Par ailleurs, les bâtiments à Bruxelles pourraient nécessiter une rénovation estimée à 300 millions d’euros, voire une reconstruction qui pèserait encore plus sur le contribuable.
Quant à la proposition d’attribuer le siège de l’Agence Européenne des Médicaments à Strasbourg, permettez-moi de signaler que Strasbourg a déjà été écartée par le gouvernement français au profit de la ville de Lille.
Mais plus encore, l’absence d’opportunité du débat n’est pas seulement d’ordre pratique. Elle tient avant tout à l’importance de notre présence dans ces lieux. Être à Strasbourg n’est pas une fantaisie. Cette localisation a une histoire, un sens, un avenir.
Incontestablement, Strasbourg est l’incarnation même d’une part de l’histoire de la construction européenne, voire de son essence. La ville est précisément le symbole de la fraternité des peuples que l’Union recherche et cimente chaque jour un peu plus. Elle est une manifestation des bénéfices de la paix, et de la réconciliation franco-allemande.C’est à Strasbourg que Simone Veil présida le premier Parlement européen élu au Suffrage Universel. C’est à Strasbourg qu’Helmut Kohl a reçu, samedi dernier, les hommages qui lui étaient dus.
J’entends le procès fait par certains collègues mais tourner le dos à cet héritage serait une grave erreur. D’autant plus que le siège unique mettant fin à la transhumance pourrait aussi bien être à Strasbourg.

« Monsieur Liese, je crois que le débat qui nous occupe aujourd’hui ne concerne pas l’emplacement de l’Agence européenne des médicaments, puisque, de toute façon, nous en sommes très loin. Le débat aujourd’hui est de savoir si nous continuons à siéger ici, à voter nos directives et les règlements ici, au Parlement européen.
L’Agence européenne des médicaments n’est pas le sujet, et mélanger – comme nous le disons en France – les torchons et les serviettes n’a aucun sens. Ici, nous parlons d’un travail noble, celui du Parlement européen et celui que nous accomplissons en tant que députés européens. »

Le rêve européen passe par Strasbourg

Communiqué de la Délégation socialiste française

Quatre jours après la cérémonie d’hommage à Helmut Kohl à Strasbourg au sein de l’hémicycle du Parlement européen, des eurodéputés ont eu l’idée saugrenue de tenir un débat sur « le siège unique ».

Chacun est libre de préférer telle ou telle ville, mais les faits sont les mêmes pour tout le monde : le Parlement européen a déjà un siège unique, et il est à Strasbourg. C’est d’ailleurs bien simple : vouloir être député au Parlement européen implique de siéger à Strasbourg ! C’est dans le contrat ; ceux qui préfèrent vivre à Bruxelles peuvent se présenter à d’autres élections si là réside leur motivation.

Si Helmut Kohl avait choisi Strasbourg pour sa cérémonie d’adieux, c’est que cette ville est le symbole de la réconciliation franco-allemande. L’histoire s’impose aux eurodéputés, qu’ils fassent un, deux ou trois mandats. Le siège du Parlement européen est sur le Rhin, dans un territoire emblématique de la construction européenne. Strasbourg est d’ailleurs la seule capitale de l’Europe car c’est la que sont représentés les peuples européens, pour des raisons historiques, juridiques et politiques, et que cette ville n’est la capitale d’aucun pays. C’est d’ailleurs un point important : nous devons garantir une présence des instances européennes partout sur le territoire européen. La concentration est l’ennemie de la démocratie.

L’Union européenne comme toute construction politique a besoin de symboles. Le siège de Strasbourg incarne la réconciliation franco-allemande, l’ouverture vers l’Est de l’Europe ainsi que l’engagement de l’Union européenne en faveur des droits de l’Homme. C’est un symbole fort, de réconciliation, d’espoir et d’ouverture, qui nous permet de réaffirmer notre projet commun.

Il est temps pour les eurodéputés qui, pour des raisons de confort et de spéculation immobilière, s’acharnent contre le siège de Strasbourg de cesser leurs enfantillages et de répondre aux préoccupations des citoyens.

Agenda européen en matière de sécurité intérieure

Un an après les attentats de Bruxelles du 22 mars 2016, le Parlement européen a débattu mercredi de l’agenda européen en matière de sécurité intérieure.

Nous avons d’abord rendu hommage aux victimes des attentats de Bruxelles et de tous les attentats perpétrés en Europe et dans le monde. Ce sont à ces personnes et à leurs familles que nous pensons lorsque nous travaillons à rendre l’Europe plus sûre.

La création d’un véritable espace européen de sécurité est une priorité. Les députés européens ont su prendre leurs responsabilités et ont travaillé, avec efficacité et qualité, pour adopter des mesures importantes, notamment sur l’assistance aux victimes de terrorisme.

La lutte contre le terrorisme nécessite la coopération de tous les acteurs à tous les niveaux. Avec mes collègues, nous avons mis en lumière certaines lacunes comme le manque d’échanges d’informations pertinentes entre États membres. C’est pourtant fondamental pour résoudre des enquêtes transfrontières.

Lors du débat, je suis intervenue pour insister sur le respect absolu des libertés. Les mesures de sécurité doivent être prises mais elles ne doivent pas l’être aux dépens de la liberté. C’est un équilibre fragile qu’il faut préserver à chaque moment.

« Merci Madame la Présidente

Aujourd’hui nous pensons tout particulièrement aux victimes de Bruxelles et d’ailleurs. Ces attentats tragiques ont montré la nécessité d’une coopération plus étroite : plus d’Europe, plus de solidarité.

L’agenda européen en matière de sécurité est une étape nécessaire vers la création d’un espace européen de sécurité intérieure. Et tous les acteurs doivent jouer leur rôle pour veiller à ce que l’Union fasse tout ce qui est en son pouvoir pour garantir la sécurité des citoyens. Force est de constater que les engagements pris par les États membres doivent encore être traduits en actes concrets.

Le Parlement s’investit considérablement dans la lutte contre le terrorisme. Elle s’assure que l’équilibre, fragile, entre la sécurité et le respect des libertés soit respecté. L’un ne va pas sans l’autre. C’est pourquoi, pour nous, l’idée de créer une commission d‘enquête sur le terrorisme n’est pas acceptable ; le renforcement de la sécurité ne doit pas se faire aux dépens des libertés.

Je voudrais conclure par les mots de Jeans Stoltenberg, premier ministre norvégien lors des attentats sur l’ile d’Utova en 2011 : « Nous allons répondre à la terreur par plus de démocratie, plus d’ouverture et de tolérance » »

 

Lutte contre le terrorisme suite aux récents attentats

Les attentats tragiques du 22 mars à Bruxelles ont souligné une nouvelle fois la nécessité d’une coopération plus étroite à l’échelle de l’Union européenne pour lutter contre le terrorisme. A l’occasion d’un débat en plénière le mardi 12 avril, les eurodéputés ont réitéré leur appel aux États membres à intensifier l’échange d’informations et à veiller à ce que tous les instruments existants soient pleinement opérationnels. La lutte contre le terrorisme nécessite une approche globale et cohérente, qui s’applique à toutes les facettes de ce phénomène complexe. Il s’agit de mieux mettre en œuvre ce qui a déjà été décidé, d’adopter de nouvelles mesures là où cela est nécessaire, comme le PNR ou le contrôle des armes à feu, mais aussi et surtout de renforcer la confiance entre les États membres de l’Union européenne.

N’ayant pu intervenir lors du débat, voici le texte de ma déclaration écrite :

« L’Union peut apporter une valeur ajoutée indéniable dans la lutte contre le terrorisme. Encore faut-il que les États membres soient capables de travailler ensemble, par l’intermédiaire de leurs services policiers, judiciaires et de renseignement. Encore faut-il qu’ils surmontent leurs différences pour pouvoir échanger et traiter les informations de manière pertinente, en alimentant davantage les bases de données existantes. De ce point de vue, une Agence européenne du renseignement et un Office européen de police auraient toute leur pertinence. Il est par ailleurs indispensable de resserrer l’étau sur l’utilisation illégale des armes à feu. Les manquements de la législation actuelle ont engendré des failles juridiques qui profitent aux terroristes – les attentats récents ont été commis avec des armes d’alarme converties en armes létales et des armes à feu neutralisées qui avaient été réactivées. Les armes ne devraient pas être considérées comme des biens à usage courant, mais comme des outils dangereux dont l’usage doit être contrôlé pour renforcer la sécurité des Européens. Enfin, l’assèchement des sources du financement du terrorisme, la lutte contre le trafic de faux papiers, mais aussi une harmonisation européenne en matière de sûreté ferroviaire, sont autant de chantiers immenses qui appellent notre mobilisation pleine et entière. »

Terrorisme : l’Europe visée en son cœur

Communiqué de la délégation socialiste française

Les attentats de janvier 2015 à Charlie Hebdo s’attaquaient à la liberté de penser. Ceux de novembre à Paris et à Saint-Denis à la liberté de vivre. Ceux d’aujourd’hui à l’aéroport de Bruxelles et à la station de métro Maelbeek, en visant l’Union européenne, à la liberté d’aller et venir, à la paix.

Nous exprimons aux familles des victimes, à ceux qui ont été blessés, au peuple belge, à ses responsables politiques et aux forces de secours et de sécurité, notre compassion, notre soutien, notre solidarité, dans ces heures difficiles. Merci pour les messages et marques d’attention envers la délégation : tout le monde est sain et sauf parmi nous.

A travers ces nouveaux massacres, au lendemain de l’attentat de Bamako ou d’Ankara, c’est l’Union qui est visée parce qu’elle est l’Union. Si nous n’en avions pas encore totalement conscience, c’est bien la preuve que nous sommes embarqués sur le même bateau, et que nous devons, de manière intangible, agir dans une solidarité totale. Dans un monde instable, l’Union est une force, elle est notre force.