Rencontre avec Claude Mangin-Asfari en grève de la fin depuis le 18 avril

Jeudi 26 avril je suis allée à la rencontre de Claude Mangin-Asfari, qui a entamé une grève de la faim à la mairie d’Ivry-sur-Seine dans le Val-de-Marne le 18 avril. Elle a décidé de mener ce combat car depuis 21 mois elle n’a pas pu rendre visite à son mari Naâma Asfari, prisonnier politique sahraoui depuis 7 ans au Maroc ; période pendant laquelle elle a été refoulée quatre fois par les autorités marocaines sans motif précis. Elle restera donc en grève de la faim illimitée jusqu’à ce qu’elle puisse faire valoir son droit de visite auprès de son mari qui a reçu récemment le prix des droits de l’Homme de la fondation ACAT. Ce quatrième refoulement en moins de deux ans est une énième représaille à l’encontre de Naâma Asfari condamné à 30 ans de prison pour avoir défendu l’autodétermination du peuple sahraoui.

Arrivée le 16 avril à Rabat, Claude Mangin-Asfari a été immédiatement reconduite dans un avion pour la France. Ce refus d’entrée sur le territoire constitue une atteinte à son droit de visite privée et aux droits des prisonniers. Elle a déclaré le 25 avril 2018, lors d’une conférence de presse « je me sens comme dit Naâma, en accord, esprit, corps, âme et cœur dans cette action que j’ai entreprise pour que justice me soit faite »

Les médias se sont largement saisis de cette affaire et elle a reçu le soutien de nombreux élus et acteurs de la société civiles. J’apporte également tout mon soutien à Claude Mangin-Asfari et j’attire l’attention de tous les responsables politiques sur l’urgence de la situation car face à sa détermination j’ai une immense inquiétude quant à son état de santé. A cet égard, je vais écrire une lettre au Président de la République ; qui je l’espère sera cosignée par de nombreux parlementaires européens et qui pourra faire en sorte que la situation se débloque rapidement.

Rencontre avec des lycéens européens

Vendredi 23 mars, je suis allée à la rencontre de jeunes lycéens d’Allemagne, de Pologne et de France à l’occasion d’un échange organisé par le comité de jumelage de la ville des Mureaux et la Maison de l’Europe de Saint-Germain-en-Laye. Cette rencontre s’appuyait sur la restitution des travaux de leurs échanges entre lycéens européens initiés par la commune. Les lycéens ont travaillé autour de leur vision de l’Europe et j’ai eu l’occasion d’être le grand témoin de la restitution de leurs travaux.

J’ai rappelé aux élèves que le Parlement européen est constitué de parlementaires issus des 28 Etats-membres et que la devise de l’Europe est « unis dans la diversité ». Une diversité que l’on trouve aussi bien au niveau culturel qu’au niveau politique. En effet, le Parlement européen englobe plusieurs groupes politiques. Pour ma part, je siège dans le groupe des Sociaux-démocrates qui est composé de plusieurs nationalités. C’est une vraie richesse dans le travail que nous menons au quotidien, car cela apporte une diversité de points de vue sur les sujets que nous traitons.

Ensuite, j’ai évoqué la montée des extrémistes en Europe. Les partis extrémistes disent que l’Europe est responsable de toutes les difficultés sociales et économiques que rencontrent les Européens. Aux élections européennes de 2014, les Français ont majoritairement voté pour le Front national qui est aujourd’hui le premier parti à représenter la France au Parlement. Dans ce contexte, il faut que les jeunes prennent toutes leurs responsabilités et utilisent leur bulletin de vote ! C’est aux jeunes de construire l’Europe de demain.  Beaucoup de jeunes Britannique en ont pris conscience avec le Brexit, mais trop tard ; ils regrettent la sortie de la Grande-Bretagne.

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Une étudiante, m’a fait part du désarroi quant au fait que les élèves ne soient pas assez informés de ce qui se passe en Europe. Alors j’ai rappelé que même s’il y a un déficit à combler à ce sujet, les jeunes peuvent s’informer et s’investir par d’autres canaux ; comme l’engagement militant dans un parti politique ou dans une association comme par exemple dans le cadre de la garantie jeunesse ou Erasmus + ; de bons exemples de ce que fait l’Union européenne pour les jeunes.

Par ailleurs, il faut se saisir de l’atout d’internet et plus largement des nouvelles technologies qui permettent aux professeurs et aux jeunes européens nouer des liens malgré les frontières. Cela permet aussi d’apprendre d’autres langues, d’autres cultures et partager les savoirs. C’est un véritable moyen d’ouverture sur le monde et sur l’Europe. J’ai donc informé l’auditoire que le site du Parlement européen offrait la possibilité de voir les débats en direct et de se renseigner sur le travail que les députés mènent.

Enfin, les lycéens m’ont fait part des principaux thèmes qu’ils jugent essentiels pour l’avenir de l’Europe : l’environnement et les questions sociales. Aussi, je pense que nous devons pouvoir proposer une nouvelle économie et de nouvelles énergies pour rendre meilleur l’avenir de l’Union européenne et des jeunes européens.

L’Europe, espoirs et craintes : les liens au sein du Parlement et des autres institutions !

Lundi 12 février, j’ai participé à une réunion Europe à l’attention des membres de l’association Comprendre, à Orsay. A travers mon expérience, j’ai tenté de faire percevoir la vie de l’Europe et de ses institutions. Nous avons pu échanger sur le fonctionnement des institutions, l’action du Parlement européen et aussi les perspectives sur son avenir.

Nous avons d’abord échangé sur l’organisation du travail parlementaire. J’ai rappelé que même si le siège du Parlement européen est bien à Strasbourg, nous sommes souvent à Bruxelles ; ou se déroule une grande partie du travail des députés. Effectivement, c’est au Parlement de Bruxelles que les eurodéputés siègent dans les commissions thématiques ; où nous effectuons un travail d’amendements et d’amélioration des textes législatifs. Nous menons également des réunions de groupe, au sein du groupe politique auquel nous appartenons. Aux dernières élections européennes, le PPE était arrivé en tête des scrutins ; ainsi le candidat tête liste Jean-Claude Junker est devenu le Président de la Commission européenne. Il s’agit là d’un système démocratique. Cependant, certains Etats-membres, comme aujourd’hui la France, refusent ce principe pourtant conforté par un vote au Parlement européen le 7 février.

Lors des semaines de groupes, nous nous réunissons dans nos groupes respectifs et nous préparons la stratégie politique à porter au sein des commissions afin de créer une force de cohésion. Il existe aussi des réunions de groupe transversales, il s’agit de réunions que nous menons conjointement sur des sujets qui se recoupent, comme par exemple la lutte contre le terrorisme dans les transports (deux commissions sont sollicitées : TRAN et LIBE). De manière générale et dans l’intérêt de construire une nouvelle majorité, nous échangeons avec les membres des groupes politiques. Nous échangeons également avec les autorités françaises et le parti politique national auquel on appartient.

A Strasbourg, les sessions plénières ont lieu une fois par mois; nous votons les rapports et résolutions. La semaine dernière, nous avons voté sur la composition du Parlement européen après le départ des britanniques et comment recomposer les 73 sièges. Il a été proposé de réattribuer les sièges aux pays sous représentés par rapport à leur démographie, comme par exemple la France, la Belgique ou encore Malte. A ce titre, la France pourra obtenir 5 sièges supplémentaires et avoir une meilleure représentation de chaque européen. Il s’agissait aussi de voter sur les listes transnationales, un mode d’organisation initié par les sociaux-démocrates, voté positivement par la Commission mais bloqué par les membres du PPE en plénière.

J’ai aussi parlé des semaines vertes qui sont posées à l’agenda européen toutes les huit semaines afin de permettre aux eurodéputés de dialoguer et de créer du lien avec les différents acteurs de leur circonscription ; des moments essentiels pour prendre connaissance des besoins et des attentes des citoyens européens.

Sur les relations entre le Parlement européen, le Conseil et la Commission européenne ; j’ai rappelé que 80% des projets de lois votés aux Parlements nationaux sont issus des directives européennes. Le Parlement européen est une institution législative ; la Commission européenne est une institution exécutive et le Conseil européen est une institution qui s’organise autour du pouvoir législatif et exécutif. Sa présidence change tous les six mois. Concernant le Conseil, il est composé de tous les représentants des Etats-membres ; généralement le Président ou le Premier ministre de l’Etat-membre en question. Au niveau du fonctionnement, la Commission est à l’initiative des textes, l’ordre du jour étant fixé par ses membres en fonction de l’actualité et des besoins européens. Le texte en question, doit ensuite passer au vote auprès du Conseil et du Parlement, après que le travail d’amendement ait été effectué. Il s’agit donc d’un fonctionnement de Co législation, et c’est pourquoi l’Europe n’avance pas toujours et a du mal à être comprise. En plus d’un fonctionnement complexe, il existe des lobbies, qui interviennent de manière transparente au Parlement européen (ils sont reconnaissables par leur badge). Certains d’entre eux, sont absolument indispensables, comme les ONG qui agissent pour le bien des européens ; mais il existe aussi des lobbies industriels très influents. Nous ne sommes pas dupes de leurs actions et avons mis en place plusieurs commissions d’enquêtes ou spéciales (sur le glyphosate, le diésel, l’évasion fiscale par exemple) afin de faire la lumière sur les scandales générés par des proximités entre certains pouvoirs publics et des industries au détriment de l’intérêt et de la protection des Européens.

De nombreuses questions ont été posées lors de l’échange avec la salle ; ce fut l’occasion de revenir sur le bilan et les perspectives pour l’avenir de l’Europe. J’ai rappelé qu’au sein du groupe S&D, nous allons tout mettre en œuvre pour faire valoir les droits fondamentaux partout en Europe, renforcer la démocratie européenne et continuer à combattre la montée des nationalismes ; car c’est une vraie menace qui gagne du terrain. Il y a beaucoup de signaux d’alerte qui ne sont pas très engageants pour l’avenir de l’Europe mais il existe une société civile forte qui rappelle que la démocratie vient du peuple.

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C’était une réunion très enrichissante pour moi et je remercie chaleureusement les membres de l’Association Comprendre de m’avoir invitée et de m’avoir offert l’ouvrage d’Hervé le Bras L’âge des migrations. Merci!

 

Visite du lycée professionnel Baudelaire de Meaux

Le 12 décembre, j’ai reçu au Parlement européen, réuni en session plénière à Strasbourg, un groupe d’élèves du lycée professionnel Baudelaire de Meaux. Ces élèves ont vocation à travailler dans le domaine de l’accueil et de la sécurité ; et en venant visiter le Parlement européen, ils ont voulu approfondir leurs connaissances des institutions européennes. En lien avec leurs professeurs, également présents, les élèves ont beaucoup préparé cette visite et particulièrement notre rencontre ; aussi je me suis prêtée au jeu des questions/réponses et j’espère avoir réussi à les convaincre que l’Europe leur appartient. Après une visite du Parlement et un passage en plénière, où ils ont pu assister à un débat sur la situation en Afghanistan, j’ai eu le plaisir d’échanger avec le groupe sur plusieurs questions.

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J’ai tout d’abord rappelé mon fort engagement au sein du parti socialiste français et au sein du parti socialiste européen. Un engagement bercé par les valeurs de gauche, que je défends depuis plus de 20 ans. Profondément européenne, à la question « comment êtes -vous devenue eurodéputée » j’ai répondu que le parti socialiste et ses militants m’ont fait confiance et m’ont désignée comme candidate sur la liste qu’ils portaient. Aujourd’hui, je travaille pour changer la vie des Européens et améliorer leur quotidien, également pour construire une Europe forte et qui protège. Je défends les valeurs auxquelles je crois, comme la mise en place d’un salaire minimum européen, la lutte contre l’injustice sociale et le droit à l’avortement. Les élèves étaient étonnés d’apprendre que le mandat de député européen ne constitue pas un emploi. Alors même s’il est parfois difficile de faire avancer l’Europe et même si l’efficacité de notre action est parfois mise en péril par le poids des Etats-membres, il ne faut cesser d’y croire.

Lors de cet entretien, j’ai rappelé les commissions dans lesquelles je siège : Transports et Tourisme, également Libertés civiles, Asile et immigration. Je leur ai fait part de l’organisation du temps de travail au Parlement : les réunions de commissions et les réunions des groupes politiques ont lieu à Bruxelles, les votes des lois européennes se font généralement au Parlement de Strasbourg lors de la session plénière qui a lieu une fois par mois.

Sur le débat de la politique générale, j’ai rappelé que le fonctionnement du Parlement européen tend à évoluer ces dernières années ; les groupes politiques n’ont plus vocation à s’inscrire dans la grande coalition gauche/droite. Cela convenait après la seconde guerre mondiale, lorsque les Etats-membres souhaitait construire une Union économique forte, mais aujourd’hui il faut aller vers une Europe plus politique et plus sociale. Il faut que la gauche européenne organise sa propre coalition et fasse contrepoids à la droite qui bloque systématiquement les mesures sociales à destination de tous les européens.

Sur l’accueil des réfugiés et la répartition des migrants au sein de l’Union européenne, j’ai rappelé qu’au niveau européen le Parlement a proposé un mécanisme de relocalisation et de répartition dans les pays situés au bord de la Méditerranée. Par ailleurs un mécanisme de solidarité qui avait vocation à se mettre en place rapidement a été voté, mais malheureusement tous les pays n’ont pas joué le jeu. En France, il y a eu un grand mouvement d’incitation à l’accueil ; ainsi beaucoup de dispositifs ont été mis en place, notamment dans les mairies socialistes.

Pour finir, j’ai encouragé tous ces jeunes gens à aller voter aux prochaines élections et à s’engager dans la société civile ; par le biais d’association ou d’organisation qui ont la volonté de faire avancer la société et de rendre la vie meilleure à tous les citoyens de l’Europe et dans le monde. Ils représentent l’avenir, il est donc de leur devoir de poursuivre l’entreprise que nous mener pour améliorer notre « vivre ensemble ».

#Refondation : Quelle Europe voulons-nous ?

Le jeudi 23 novembre à Sèvres, la fédération socialiste des Hauts-de-Seine a organisé son forum sur les sujets européens dans le cadre de la refondation engagée par le Parti socialiste. Je suis intervenue aux cotés de ma collègue eurodéputée Pervenche Berès, également Philippe Berrée, le secrétaire fédéral à l’Europe et Elisabeth Humbert Dorfmüller, en charge de la section française du parti social-démocrate allemand (SPD).

Cette soirée fut l’occasion de rencontrer des socialistes engagés sur les questions européennes. C’est dans ce contexte que les forums de la refondation ont vocation à redonner au parti socialiste la place qui est la sienne ; tout en évoluant et en renouvelant ses bases qui correspondent aux changements de la société actuelle. Ce projet passe par des échanges et par une réflexion collective, à l’instar du débat qui a eu lieu.

Plusieurs thèmes ont été abordés lors de la réunion. Tout d’abord, sur le déclin de la social- démocratie en Europe, j’ai partagé mon sentiment sur l’écart qui s’est creusé entre les citoyens et les sociaux-démocrates européens ces dernières décennies. Ce phénomène vient du manque d’action concrète sur les enjeux sociaux, mais aussi de la stratégie politique qui n’a pas évolué. Depuis la fin de la seconde guerre mondiale, la politique européenne évoluait dans une logique de compromis entre les partis de droite et de gauche.  Cependant, la droite refuse d’accepter le progrès social. C’est pourquoi nous devons revoir le jeu des alliances. Depuis janvier 2017, les sociaux-démocrates ont engagé la rupture avec cette grande coalition, il est désormais possible de trouver de nouvelles alliances ; même si certaines délégations de gauche restent à convaincre. Oui, les sociaux-démocrates de certains Etats-membres sont séduits par les discours pro-européens des leaders de droite, ce qui participe à la déliquescence de notre famille politique. Et dernièrement, certains ont été séduits par les discours d’Emmanuel Macron, qui prône le renouvellement mais s’affère à rester dans cette logique de coalition sans faire de propositions concrètes. Par ailleurs, j’ai rappelé que le Président actuel est assez favorable une coopération renforcée entre les Etats-membres mais il ne parle pas de d’Etat fédéral européen ; ce que nous, sociaux-démocrates, défendons !

Et pour aller dans ce sens, il faut trouver des majorités plus avancées sur les 4 grands piliers que nous défendons : social, écologie, respect des droits et des valeurs et Europe. La question sensible de la révision des traités pour démocratiser les institutions européennes doit être posée.

Le conseil du Parti socialiste européen qui aura lieu à Lisbonne la semaine prochaine sera aussi un espace de refondation pour la gauche européenne. Nous sommes dans une période certes difficile mais passionnante pour les débats de fond et la reconstruction. La coopération avec les partis frères est essentielle pour renforcer la démocratie ; et l’enjeu majeur aujourd’hui est d’intégrer totalement l’espace européen dans notre pensée politique. Des pistes de réflexion sont possibles en ce sens : il faut par exemple démocratiser le fonctionement du PSE afin de favoriser les échanges avec les militants ; également revoir le fonctionnement du parti qui est trop calqué sur le modèle actuel des institutions.

Beaucoup d’autres thèmes ont été abordées : comme la question des listes nationales et transnationales pour les prochaines élections européennes. J’ai rappelé que ce mode de scrutin est à mon sens un facteur de dynamisme et de convergence et qu’il favorise le rapprochement entre les eurodéputés et les administrés de la circonscription.

Sur l’Etat de droit en Pologne et en Hongrie, j’ai rappelé que le Parlement européen avait voté pour la mise en place d’un mécanisme de l’Etat de droit permettant une évaluation et un contrôle permanent, proposition bloquée au niveau de la Commission et du Conseil. Cependant, au-delà du problème institutionnel, le problème est bien politique : le PPE par exemple continue de soutenir Viktor Orban qui bafoue chaque jour les libertés individuelles en Hongrie.

En conclusion j’ai rappelé que lors du prochain congrès de notre parti, il serait opportun de mettre au cœur des échanges la question européenne, transversale a beaucoup d’autres thèmes. Il faudra également, laisser toute la place aux militants pour s’exprimer, comme c’est déjà le cas avec la possibilité de déposer des contributions thématiques ; et enfin s’ouvrir à l’ensemble des acteurs de la société civile.

Le conseil des étrangers de Cachan en visite au Parlement

Le 14 novembre, j’ai reçu au Parlement européen, réuni en session plénière à Strasbourg, les membres du Conseil des étrangers de Cachan (Val-de-Marne). Il s’agit du dernier conseil des étrangers du Val-de-Marne et un des rares encore en action aujourd’hui. Le but de ce conseil est de promouvoir l’accueil des étrangers dans la commune, également de créer du lien avec les nouveaux arrivants, d’aider à la mise en place et à l’organisation de l’accueil dans les meilleures conditions possibles ; mais aussi, de faire remonter les difficultés ou les améliorations aux élus du conseil municipal. Il s’agit d’une structure essentielle au sein des communes, car elle est formée par des acteurs de terrain investis et qui ont la volonté d’améliorer les conditions de vie des nouveaux arrivants.

Après une visite du Parlement et un passage en plénière, où les visiteurs ont pu assister à un débat sur les droits fondamentaux à Malte, j’ai eu le plaisir d’échanger avec le groupe sur plusieurs questions.

Tout d’abord, j’ai rappelé les commissions dans lesquelles je siège : Transports et Tourisme, également Libertés civiles, Sécurité, Justice et Affaires intérieures. Aussi, je leur ai fait part de l’organisation du temps de travail au Parlement .

Sur l’accueil des réfugiés et la répartition des migrants au sein de l’Union européenne, j’ai rappelé qu’au niveau européen, le Parlement a proposé un mécanisme de relocalisation et de répartition dans les pays situés au bord de la Méditerranée. Par ailleurs un mécanisme de solidarité qui avait vocation à se mettre en place rapidement a été voté, mais malheureusement tous les pays n’ont pas joué le jeu. En France, sous le quinquennat de François Hollande, il y a eu un grand mouvement d’accueil de la part des Maires; ainsi beaucoup de dispositifs ont été mis en place, notamment dans les mairies socialistes. Finalement, certaines villes n’ont pas accueilli de réfugiés.

A l’échelle européenne, certaines villes, comme en Allemagne, ont déployé de gros moyens pour l’accueil des réfugiés ; et il faut rappeler que la carte bleue pour l’Union européenne (une carte de séjour destinée aux ressortissants de pays non-membre de l’Union qui lui permet, suivant certaines conditions, de venir travailler sur le territoire européen) a été largement utilisé dans ce pays. Cependant, la carte bleue étant restreinte qu’à certains domaines professionnels, nous avons demandé son élargissement afin que les offres d’emploi soient comblées.

Sur l’accueil des réfugiés, certains pays, comme la Hongrie, sont réfractaires. Le gouvernement utilise comme argument principal la religion. Il refuse d’accueillir des réfugiés qui ne sont pas chrétiens. Encore aujourd’hui, pour certains Etats membres, l’aspect religieux est très important et il détermine des prises de positions politiques. La Pologne utilise la religion comme argument contre le droit à l’avortement par exemple. J’ai trouvé important de rappeler qu’un des outils qui existe, pour contrer les pays qui n’appliquent les droits fondamentaux instaurés par l’UE, est l’article 7 du traité. Si un Etats ne respecte pas ces libertés fondamentales, une des sanctions prévues est la suppression des fonds européens. Aujourd’hui, nous demandons l’activation de cet article pour la Hongrie et la Pologne.

Une autre question m’a été posée sur la place des femmes au Parlement européen. L’occasion de dire que la répartition des postes dans les institutions européennes tend à devenir de plus en plus égalitaire. Il y a des femmes qui tiennent des postes à responsabilité. Une situation bien meilleure qu’à l’Assemblée nationale ou au Sénat.

Pour finir, nous avons échangé sur le fonctionnement des institutions européennes. J’ai rappelé que le Parlement européen est une institution législative ; la Commission européenne est une institution exécutive et le Conseil européen est un organe mixte qui détient à la fois les pouvoirs législatif et exécutif. Un fonctionnement assez complexe qui prive le Parlement d’un réel pouvoir décisionnel et réduit considérablement ses moyens d’action. J’ai redit mon souhait de voir le Parlement acquérir plus de pouvoir. La politique de compromis a été salvatrice pour la construction européenne et la relance de l’économie après la seconde guerre mondiale ; mais désormais, il faut aller plus loin sur les questions sociales. Le système des compromis n’est donc plus possible aujourd’hui, c’est pourquoi je prône une Europe toujours plus fédérale.

Rencontre avec les lycéens de l’Ecole Alsacienne

Vendredi 13 octobre, à l’invitation de Romain Borrelli, je suis allée à la rencontre des élèves de Seconde et de Première de l’Ecole l’Alsacienne. Beaucoup de thèmes ont été abordés tels que le Brexit, la Grèce, la Catalogne, l’harmonisation fiscale, l’accueil des réfugiés, la sécurité, les droits des femmes…Dans un amphithéâtre bondé ces jeunes Européens étaient attentifs à ce que l’Europe peut offrir.

Après avoir présenté la composition et le fonctionnement en groupes politiques et en commissions thématiques du Parlement européen, j’ai présenté un bilan de notre action depuis 2014.

J’ai indiqué que le principal objectif de mon mandat était de rendre l’Europe plus proche des citoyens et plus sociale. J’ai également insisté sur le respect intransigeant des droits fondamentaux. Dans ce contexte, la Hongrie et la Pologne apparaissent aujourd’hui comme les mauvais élèves ; concernant les réfugiés syriens par exemple, certains pays ont décidé de les accueillir et de leur donner asile, mais la Hongrie et la Pologne ont refusé catégoriquement. Ils sont d’ailleurs pointés du doigt par la Cour de Justice de l’Union européenne.

Le Parlement européen est une institution législative ; la Commission européenne est une institution exécutive et le Conseil européen est une institution qui s’organise autour du pouvoir législatif et exécutif. Sa présidence change tous les six mois, en ce moment c’est l’Estonie qui est aux manettes. Aux dernières élections de 2014, Jean-Claude Juncker le Président de la Commission européenne avait indiqué que sa priorité était la mise en place d’un pilier social ; malheureusement aujourd’hui il reste tout à faire. La circulation dans l’Union européenne implique que l’on édicte des règles sociales et fiscales communes à tous les citoyens européens. L’exemple des travailleurs détachés, qui travaillent dans un pays et habitent dans un autre pays est le reflet que l’Europe doit se doter de règles harmonisées pour conserver d’un pays à un autre ses droits sociaux. Les partis politiques de droite pensent que la question sociale doit rester dans le cadre de décisions nationales, ce qui serait une erreur aux yeux de la gauche ; car dénuée d’efficacité dans le cadre de la justice sociale.

J’ai pris le temps d’aborder avec les élèves d’autres grands sujets, telle que la place de l’Europe dans le monde. A travers les accords commerciaux : TTIP ; TAFTA ; CETA, j’ai rappelé que les discussions (souvent vives) se poursuivent entre les différents groupes politiques. Les grandes préoccupations de ces accords commerciaux respect le respect de nos normes sociales environnementales et juridiques. Par exemple, nous ne voulons pas d’OMG dans les produits importés et nous menons une lutte importante contre Monsanto qui utilise notamment du Roundup composé de glyphosate, une molécule extrêmement dangereuse pour la santé. Par ailleurs, j’ai rappelé qu’il y a dix jours, il y avait eu vote important au Parlement européen afin que la Commission propose un texte sur les perturbateurs endocriniens, nocifs et présents dans de nombreux produits de la vie quotidienne et qui sont utilisés par des millions de consommateurs. Toujours sur le même thème, j’ai redit que le diesel est un réel problème de santé publique à Paris. Ayant siéger dans la commission d’enquête sur les émissions de polluants dans le secteur automobile (dite EMIS) suite au scandale de l’affaire Volkswagen, notre objectif était d’amener les constructeurs à mettre en place d’autres motorisations ; nous nous sommes également assurés de la protection des consommateurs, ce qui n’existait pas jusqu’alors.

Nous avons également échangé sur la politique européenne de défense commune, un sujet qui a recueilli l’ensemble des accords des Etats membres. Lors de la Présidence de François Hollande, la France s’est vue refuser de l’aide par les Etats-Unis et le Royaume-Uni dans le conflit syrien ; une vraie coalition européenne aurait été très efficace pour sortir de la guerre. L’Europe de la défense permettra également de lutter plus efficacement contre le terrorisme en Europe qui continue à ce jour de faire de trop nombreuses victimes ; alors nous avançons jour après jour avec un système de coopération renforcée.

Sur la Catalogne, j’ai rappelé que l’Union ne peut pas agir sur la crise d’une région dans un Etat mais doit respect vigilante sur le respect des droits fondamentaux ; par ailleurs si la Catalogne prenait son indépendance,  elle sortirait automatiquement de l’Union européenne. Une éventuelle solution serait peut-être que l’Espagne se décentralise davantage au profit de ses régions.

Une autre question a été largement abordée, celle de la lutte contre les violences faites aux femmes et aux filles ; abordée dans le cadre de la Convention d’Istanbul qui permet de protéger les femmes victimes de violences et de poursuivre les agresseurs quel que soit le lieu de résidence des victimes.

En conclusion j’ai répondu à plusieurs questions sur le sentiment d’identité européenne. Je pense qu’il est important de profiter de l’Europe et de l’ouverture des frontières. Le programme Erasmus+ est un instrument dont tous les jeunes doivent se saisi. Les listes transnationales aux prochaines élections européennes et la monnaie unique sont aussi des vecteurs permettant de renforcer l’identité européenne. Enfin, j’ai rappelé aux élèves que les sujets d’actualité européens sont nombreux et concernent tous les citoyens, même les plus jeunes, qui s’inscrivent dans l’avenir de ce grand territoire qui leur appartient. Aussi, quand on a des positions communes en Europe, on renforce son efficacité pour l’avenir !