Rencontre avec les ambassadeurs juniors du Lycée professionnel Léo Lagrange de Bondy

Le vendredi 12 mai, je suis allée à la rencontre d’un nouveau groupe d’élèves porteurs du projet « Ecole Ambassadrice » initié par le bureau d’information du Parlement européen. A cette occasion, le lycée Léo Lagrange de Bondy, en Seine-Saint-Denis, a organisé une journée européenne en mettant en place un grand dispositif pour remettre l’Europe au cœur de leur système éducatif. Aux côtés d’Isabelle Coustet, Cheffe du bureau du Parlement européen à Paris, j’ai rencontré une équipe éducative dynamique et déterminée à faire de l’Europe un sujet primordial pour tous les élèves du lycée.

La journée a commencé par la visite du point information Europe, une salle mise à disposition des élèves et qui est entièrement consacrée aux institutions européennes et aux actions menées par le lycée. Une exposition était également visible toute la journée, avec des panneaux d’informations sur les différences et les ressemblances constatées entre les 28 systèmes éducatifs européens. J’ai également pu lire dans la salle d’exposition, les témoignages des élèves qui ont participé à des voyages scolaires et des partenariats avec d’autres lycées européens, comme avec Rome ou Londres.

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Les élèves ambassadeurs m’ont ensuite offert une présentation, à travers un film et un exposé, de leur projet I2E (Itinéraire d’éducation à l’Europe) pour lequel ils s’investissent pleinement : visite de la Maison Jean Monnet, participation au Parlement européen des jeunes de Sablé sur Sarthe, jumelages avec des grandes villes européennes, création de l’association clé 12, …

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Lors de mon échange avec les élèves, j’ai dit à quel point j’étais impressionnée par leur implication dans les nombreuses actions qu’ils ont menées ; j’ai pu constater qu’il s’agissait d’un investissement quotidien et qui s’inscrit dans la durée. Par ailleurs, nous avons échangé sur plusieurs sujets européens mais j’ai tout d’abord expliqué le travail que je mène au quotidien dans le cadre de mon mandat de députée européenne. Sur Erasmus+, j’ai rappelé que c’est l’un des projets européens qui concerne tous les jeunes pour que l’Europe se concrétise via la mobilité et au-delà des frontières. Les élèves ont été particulièrement sensibles à la question du Brexit et des élections présidentielles en France ; l’occasion de rappeler mon attachement au parti socialiste français, européen et au groupe des sociaux-démocrates au Parlement avec qui je travaille au quotidien.

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La journée s’est terminée, par le dévoilement de la plaque « Ecole Ambassadrice », reçue quelques jours avant et qui félicite le lycée pour son implication dans le projet européen à destination des jeunes. J’ai également remis, avec fierté les diplômes aux ambassadeurs juniors ; des diplômes qui sont la marque de leur engagement pour l’Europe. Pour finir, nous avons célébré cette belle journée autour d’une collation ou les partenaires de l’I2E nous ont rejoint avec les parents d’élèves impliqués dans ces initiatives européennes.

Les lycéens franciliens fêtent l’Europe

Le vendredi 5 mai, dans le cadre du programme « Ecole ambassadrice », initié par le bureau d’information du Parlement européen, je suis allée à la rencontre d’élèves de deux lycées professionnels d’Ile-de-France et de Paris. Le programme « École ambassadrice » a pour objectif de donner aux jeunes des établissements secondaires et professionnels la possibilité d’approfondir leurs connaissances du Parlement européen et de l’Union européenne en général, d’appréhender leurs droits en tant que citoyens européens et de comprendre comment ils peuvent participer à la vie démocratique de l’Union.

Le matin, j’ai rencontré les élèves du lycée Jean Monnet de Montrouge, qui organisait une projection du film finaliste du Prix LUX 2016, « A peine j’ouvre les yeux » de Leyla Bouzid. Attribué par un jury formé par les députés européens, le prix LUX récompense une œuvre qui illustre l’universalité des valeurs européennes, la diversité culturelle et le processus de construction continentale. J’ai rappelé aux élèves que le prix LUX est l’occasion de faire valoir des films qui viennent du monde entier et de mettre en avant la langue d’origine des films sélectionnés ; car lors des projections au Parlement, ils sont toujours diffusés en version originale et sous-titrés dans toutes les langues de l’UE. Cela permet d’avoir une meilleure connaissance des autres cultures, ce qui fait la diversité de notre belle Europe.

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J’ai commencé par évoquer auprès de ces élèves qui fut Jean Monnet  dont leur lycée porte le nom : un des pères fondateurs de l’union européenne, un homme à l’origine du 1er traité européen la CECA en 1950. Ce lycée professionnel accorde une importance toute particulière aux valeurs européennes en organisant des stages à l’étranger Erasmus+.

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L’après-midi, c’est au lycée parisien Elisa Lemonnier que j’ai rencontré les ambassadeurs juniors du programme. Un groupe de 22 jeunes filles en classes d’esthétique avec qui j’ai longuement échangé sur plusieurs sujets européens. Cette rencontre, fut l’occasion de dévoiler la plaque « Ecole ambassadrice », qui trône désormais dans le hall du lycée et au pied de laquelle nous pouvons voir les noms des grandes capitales européennes apparaitre par un jeu de lumière travaillé en classe par les élèves.

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Le lycée organisait pour l’occasion une remise de diplômes aux élèves ambassadrices. Un diplôme qui a vocation à les encourager pour leur implication et leur engouement pour l’Europe. Effectivement, lors de la visite du lycée, j’ai pu voir l’énorme travail qui a été fournis, pour sensibiliser tout le monde aux valeurs de l’Europe : production de panneaux d’information sur l’histoire de la construction européenne, fiches identitaires sur chaque pays de l’UE, au CDI tout un pan de mur est dédié à la documentation des programmes européens qui vont en direction des jeunes,…C’est donc avec plaisir que j’ai encouragé ces élèves à continuer de travailler pour parler toujours plus d’Europe à leurs camarades.

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Présentation du projet européen AKI #Erasmus +

Lundi 30 janvier, je suis intervenue à l’Assemblée Nationale pour la présentation des travaux du projet AKI en compagnie de Claude Bartolone, président de l’Assemblée Nationale, de plusieurs opérateurs de la mobilité en France, en Europe et au Canada, de représentants français, belges, allemands et québécois, de l’agence Erasmus + et de jeunes qui ont effectué ou effectuent un projet de mobilité internationale.

Le projet AKI a pour ambition de valoriser les apprentissages transversaux développés par les jeunes lorsqu’ils effectuent un échange international. L’objectif de ce projet est de favoriser l’employabilité et l’engagement actif des jeunes et de lutter plus efficacement contre le chômage qui touche beaucoup les moins de trente ans. La mobilité à l’internationale, ouverte à tous, prend alors tout son sens car il s’agit d’un accélérateur d’opportunités, tant elle développe des compétences professionnelles, linguistiques et transversales. Des compétences transversales qui ne sont jusqu’à présent pas reconnues. C’est là que le projet AKI prend tout son sens : Le dialogue entre employeurs et jeunes en recherche d’emploi souffre alors d’un manque de compréhension réciproque. Les employeurs ne savent pas toujours identifier et reconnaître les compétences développées lors d’une mobilité et les jeunes peuvent éprouver des difficultés à mettre des mots sur leurs acquis. Pour pallier à ce paradoxe, les partenaires AKI ont construit des outils simples. Ils visent à valoriser plutôt que d’évaluer des compétences transversales développées en mobilité internationale. L’objectif est de faciliter l’accès ou le retour à l’emploi et d’encourager la citoyenneté active des jeunes.

Alors que nous fêtons cette année les 30 ans du programme Erasmus, la mobilité des plus jeunes reste un des meilleurs moyens de construire les citoyens de demain et de développer des compétences qui dépassent la formation initiale. Même si son avenir dépendra de l’utilisation qu’en feront les jeunes, les employeurs et les structures de jeunesse, le projet AKI est une démarche ambitieuse qui renforce le dialogue interculturel et favorise les échanges internationaux.

Conférence à la Maison Jean Monnet

Vendredi 27 janvier, je me suis rendue dans la maison où vécut Jean Monnet sur invitation de Maurice Braud, président de l’association Jean Monnet. Cette maison qui appartient désormais à l’Union européenne est aujourd’hui un musée et un lieu de rencontre et d’échange sur Europe.

Jean Monnet est l’un des pères fondateurs de l’Union du fait de sa grande participation à la construction européenne au lendemain de la seconde guerre mondiale. Son idéal était celui d’une Europe fédérale dans laquelle les peuples européens pourraient vivre en paix. Soixante ans après la signature du traité de Rome, la paix est bien là pourtant la cohésion de l’Union européenne n’a jamais été aussi menacée : Brexit, montée des nationalismes, crise de la solidarité européenne. Malgré ses nombreuses ressources, l’Europe peine à être audible.

En cette année d’élection présidentielle, l’Europe doit revenir au cœur de la campagne. C’est maintenant qu’il faut porter l’idée européenne et défendre ses valeurs.

Suite à mon intervention, de nombreuses questions furent posées par de nombreux citoyens, notamment des jeunes apprentis du centre de formation en alternance pour l’expertise comptable de Paris.

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Nous avons ainsi pu échanger sur les missions du Parlement européen et ses relations avec les autres institutions de l’Union européenne, les missions inhérentes à mon mandat de députée européenne et mon quotidien partagé entre Bruxelles, Villejuif et Strasbourg.

Autre sujet sur lequel nous avons dialogué : l’avenir de l’Union européenne, le risque d’émiettement qui la guette avec le Brexit et l’émergence de mouvements nationalistes. En effet, avant d’être un grand marché de biens et de services, l’Union européenne est un ensemble valeurs et doit protéger les droits fondamentaux des citoyens européens. Il est ainsi nécessaire de poursuivre le dialogue entre les peuples européens. La force de l’Europe, c’est son multiculturalisme, ce sont ses échanges, notamment entre les jeunes européens grâce au programme Erasmus +.

Enfin, nous avons débattu des relations que l’Europe entretient avec le monde, notamment avec les Etats-Unis de Donald Trump ou encore avec la Turquie.

J’ai conclu notre échange en rappelant que l’accueil des réfugiés ne devait pas être considéré comme un problème mais un défi qu’il faut relever dans la solidarité. Alors que certains aimeraient dresser des murs entre les Etats européens, je pense au contraire qu’il faut un nouveau pas en avant vers une Europe plus intégrée, sociale, écologique. Une Europe multiculturelle et qui protège les plus faibles.

 

L’Europe, comme point « Point d’Aencrage » !

Mercredi 21 décembre, à l’invitation du Think Tank Point d’Aencrage j’ai participé à un Café Crème. Un rendez-vous régulier et qui réunit de jeunes actifs dans les secteurs publics et privés, des membres de point d’Aencrage, des étudiants ainsi que des personnes curieuses et désireuses de débattre des questions d’actualité. A cette occasion j’ai pu présenter mon mandat de députée européenne, les enjeux des dossiers que je traite et la façon dont je travaille au sein de la Délégation des socialistes français au Parlement européen.

J’ai tout d’abord rappelé que pour une francilienne, le mandat de député européen est compatible avec le maintien du lien avec le terrain. Effectivement, les nombreux transports en Ile-de-France facilitent les déplacements que j’effectue. Des déplacements beaucoup plus longs pour certains parlementaires français qui siègent à Paris et qui viennent d’autres régions. Celle mobilité me permet d’être très présente au Parlement européen de Strasbourg et de Bruxelles sans être déconnectée de ma circonscription d’élection. Je suis au Parlement européen du lundi au jeudi et le reste du temps je suis sur le terrain. Je reçois beaucoup de demandes d’acteurs avec qui il est important d’échanger. A ce titre, j’ai par exemple rencontré la Strart Up V-MOTECH, dont le siège est en Essonne, sur les tests en conditions réelles. J’aime aussi aller à la rencontre des jeunes dans les établissements scolaires et notamment les lycées professionnels, et je reçois régulièrement des groupes d’élèves au Parlement. Enfin, j’ai rappelé que lors des semaines vertes en circonscription, je vais souvent à la rencontre des Français de l’étranger, comme lors de mes déplacements à New York, à Dublin, Londres, Hambourg.

La suite des échanges a porté sur la réorganisation de la mi-mandat au Parlement européen. L’occasion d’élire un nouveau Président du Parlement, mais aussi de renouveler les coordinateurs des groupes politiques ou les présidents de commissions par exemple. Pour ma part, je vais prendre la tête de la Délégation des socialistes français. Ce sera le moment de redéfinir notre stratégie au sein du Parlement et dans la politique nationale. J’ai pu rappeler qu’au sein de la DSF il y a une grande assiduité et un travail collégial importants. Nous sommes présents dans toutes les commissions. Par ailleurs, et même s’il existe quelques différences de point de vue, il y a une certaine cohésion de groupe sur les propositions que nous portons. Toujours sur la réorganisation de la mi-mandat, j’ai rappelé que c’était un moment important et que la stratégie du groupe des Socialistes et démocrates est plus claire. Pour succéder à Martin Schulz nous soutenons Gianni Pittella car il est primordial que les politiques sociales sur les lesquelles nous nous battons chaque jour deviennent les priorités du Parlement européen.

Le Brexit a été au cœur de nos échanges. J’ai expliqué que nous en avons beaucoup parlé au sein du groupe S&D et que les députés travaillistes du groupe S&D sont très présents au Parlement, actifs et pro-européens. Je ne remets pas en cause leur mandat et je pense qu’il faut qu’ils aillent au bout de ce qu’ils ont commencé dans cette mandature. Pour moi, ils restent des collègues fiables, avec qui je partage beaucoup de batailles.

J’ai aussi été interrogée sur la campagne des primaires et sur la campagne des présidentielles. J’ai donc insisté que le fait qu’il fallait remettre de l’Europe dans les débats. Certains candidats l’ont compris. Les extrêmes ont décidé de faire porter tous les torts sur l’Europe, nous devons porter haut et fort notre vision politique de l’Europe, qui protège et garantit réellement les droits sociaux. Ce serait être en dehors de la vie réelle de penser qu’on peut continuer à aborder les politiques publiques uniquement au niveau national.

 

On parle d’Europe et on combat les nationalistes avec les militants PS de Paris Convention

Lundi 19 décembre, j’ai participé à l’assemblée générale de la section du Parti Socialiste du quinzième arrondissement de Paris qui se réunissait sur le thème de la montée des populismes en Europe et dans le monde. Je suis intervenue plus précisément sur les aspects européens de cette question tandis que Henri Landes, maitre de conférences et essayiste, s’est concentré sur les aspects américains suite à l’élection de Donald Trump.

J’ai d’abord souhaité faire une précision sémantique concernant l’utilisation de la notion de « populisme » pour qualifier la montée des mouvements d’extrême droite en Europe. En effet, le terme « populisme » laisse pensé de manière négative que les peuples sont à l’origine et au cœur de ces mouvements alors que ce n’est pas le cas. Au lieu de parler de « populismes », il me semble plus opportun de qualifier ces mouvements par ce qu’ils sont réellement : des mouvements nationalistes et xénophobes. Les « populistes » ne représentent en effet pas les intérêts des peuples mais portent au contraire un projet d’extrême droite, opposé à l’Europe, à toute société inclusive, à l’immigration ou encore aux droits des femmes. Les thèmes des nouveaux nationalistes convergent d’un pays à un autre : sortir de l’Europe et de l’euro, réfuter toute forme d’échange et revenir aux frontières nationales, s’opposer à l’accueil des réfugiés, porter un projet autoritaire et contraire aux valeurs européennes. A la différence des mouvements d’extrême droite qui se sont développés en Europe après la seconde guerre mondiale, ils ont modernisé leurs discours et leurs visages, mais leurs propositions restent sensiblement les mêmes. Leur société est celle du repli sur soi et de la fermeture d’esprit. Leur modèle n’est en rien « populaire » ! Bien au contraire, il est anti-populaire car il divise les peuples et opérant des classifications condamnables.

Face à cette résurgence du repli sur soi dont le Brexit est l’exemple le plus frappant, l’Europe doit se relever. Pour cela, les socialistes doivent faire des propositions pour l’Europe de demain. Il faut en finir avec les alliances entre la gauche et droite qui ne font que nourrir les exaspérations des peuples. Au contraire, le Parlement européen doit devenir le laboratoire des nouvelles orientations pour l’Europe. Les socialistes doivent d’abord nouer des alliances avec les partisans de l’Europe du progrès, à savoir la GUE, les écologistes et certains libéraux. A ce titre, lors de la reconstitutive de mi-mandat, les socialistes porteront leur candidat, Gianni Pitella, à la présidence du Parlement européen face à la droite et contrairement à l’accord tacite passé entre Jean-Claude Juncker et Martin Schultz en 2014.

Cette exigence de clarification des alliances est portée par les députés de la délégation socialiste française depuis le début de la mandature. Elle ne s’est pas imposée d’elle-même aux socialistes et démocrates européens. C’est le résultat combiné de l’influence des socialistes français dans le groupe S&D et de la prise de conscience par les socialistes des autres pays de la montée de mouvements nationalistes en Europe (notamment l’émergence de mouvements d’extrême droite dans les pays scandinaves et germaniques).

Lors de l’échange avec les militants, nous avons discuté des différences entre les mouvements nationalistes qui se développent en Europe. Certains partis, comme le mouvement 5 étoiles en Italie ont d’ailleurs  avec des députés au Parlement européen racistes et d’autres plus progressistes. En effet, les mouvements nationalistes agrègent une partie de la colère populaire contre une Europe qui ne protège pas suffisamment. Plus globalement, le développement de ces mouvements doit nous faire réfléchir aux manières de protéger l’Europe et de la défendre quotidiennement au lieu de la blâmer. Il faut convaincre et démontrer aux peuples que l’Europe est positive et peut-être porteuse de progrès. Autres enjeux, la difficulté de voir ce que les institutions européennes apportent au quotidien des individus et la difficulté pour les Citoyens de voir ce qu’ils peuvent apporter à l’Europe.

Nous avons également échangé sur l’implantation du Front National dans les idées et dans les territoires en France. Il est plus que jamais nécessaire de combattre avec force son projet, de lutter prioritairement contre les inégalités et de protéger davantage les plus démunis. Il ne sert à rien de diluer la gauche dans la droite comme certains aimeraient le faire, il faut au contraire que la gauche réfléchisse à la société de demain et pense les défis à venir. Les enjeux français et européens ont plus que jamais besoin des progressistes pour penser la société de demain. Une société plus juste, plus protectrice, plus inclusive et respectueuse de l’environnement.

Visite d’une classe de troisième du collège Pasteur de Villejuif

Mardi 13 décembre dernier, j’ai accueilli une classe de troisième du collège Pasteur de Villejuif au Parlement européen de Strasbourg. J’accorde en effet une importance toute particulière à faire visiter aux classes qui le souhaitent la maison de tous les Européens.

Au cours de leur visite, les collégiens ont pu assister à un débat dans l’enceinte de l’hémicycle puis à une conférence sur les institutions européennes.

Lorsque nous avons échangé ensemble après la conférence, ils ont fait preuve d’une grande curiosité et m’ont posé de nombreuses questions. Sur le plan politique, ils m’ont demandé quelles étaient les raisons de mes engagements et plus précisément à gauche et au Parlement européen. Autres questions plus personnelles, ils ont souhaité savoir comment s’organisent mes semaines en tant que députée européenne et habitante de Villejuif, ainsi que mon parcours éducatif et professionnel avant mon élection au Parlement européen. Enfin, dans un registre plus global, ils ont également posé des questions sur l’actualité européenne, le Brexit et l’élection de Donald Trump, la place des langues dans les échanges entre les députés européens ou encore les influences des Etats dans l’Union européenne.

Alors que l’Europe est frappée partout par le repli identitaire, il faut encourager nos jeunes à s’intéresser à l’Europe et à en découvrir ses richesses. Visiter le Parlement européen c’est leur donner une pierre de plus pour qu’ils deviennent les citoyens accomplis et réfléchis de demain.

Commission Europe avec les militants de la fédération du Val de Marne

Jeudi 17 novembre, j’ai participé à la Commission Europe avec les militants socialistes du Val de Marne. Nous avons ainsi longuement échangé sur la résurgence des mouvements d’extrême droite, notamment avec le vote sur le Brexit et l’élection de Donald Trump, les accords du CETA ou encore la gestion européenne de la crise de l’accueil des réfugiés.

La tendance mondiale est au vote contestataire. Le Brexit, l’élection de Donald Trump, les élections présidentielles en Autriche ou encore les élections en Allemagne et l’émergence du parti de l’AFD ne font que confirmer cette analyse. Ces mouvements sont qualifiés de « populiste » alors qu’ils ne reflètent en rien les intérêts des peuples. Ils s’expriment dans un repli sur soi néfaste et nationaliste. Face à cette résurgence du vote nationaliste, il est crucial de réorienter l’Europe pour faire en sorte qu’elle se tourne en priorité vers les plus démunis.

Autre priorité, il faut repenser nos alliances et mettre fin à la grande coalition entre les sociaux-démocrates du groupe S&D et les conservateurs du PPE qui ne font qu’alimenter les discours nationalistes et le rejet de l’Union européenne. Début janvier, nous serons arrivés à la moitié du mandat du Parlement européen. Ce sera l’occasion de redéfinir notre stratégie. Afin de défendre le projet d’une Europe ouverte et inclusive, les socialistes doivent d’abord chercher des majorités avec la gauche et les écologistes.

Pour lutter contre l’émergence de mouvements nationalistes, il faut également plus que jamais repenser nos échanges à l’échelle du monde. Concernant le traité de libre-échange signé par l’UE avec le Canada, les députés de la DSF ont ainsi un avis très nuancé. Le débat lancé par le chef de gouvernement socialiste wallon Paul Magnette à quelques jours de la signature du CETA a posé plusieurs enjeux qui ont une résonnance particulière : la place des peuples dans les négociations des traités de commerce internationaux et la question de l’avenir de nos produits culturels ou d’origine protégées ainsi que de notre environnement normatif protecteur avec les tribunaux d’arbitrage privés.

Une autre question se pose : celle de l’intérêt économique d’un tel accord. En effet, les résultats économiques espérés sont déséquilibrés. Alors que le Canada espère tirer un bénéfice de 8 milliards d’euros pour une population de 35 millions d’habitants, l’Europe espère une augmentation de ses richesses de l’ordre de 11 milliards d’euros pour une population de 500 millions d’habitants.

Face à ces constats, les députés de la DSF ont de très grosses réserves sur le CETA. Comme l’a exprimé Joseph Stiglitz, prix Nobel d’économie, au groupe S&D, il faut renforcer les règles du commerce mondial plutôt que de conclure entre les Etats des traités de libre-échange. Il n’est plus pensable que la mondialisation ne bénéficie qu’à un petit nombre de privilégiés, l’avenir de l’Union européenne réside aussi dans notre capacité collective de penser collectivement notre destin.

Avancer vers une Europe plus inclusive et plus politique est un sujet qui concerne également l’accueil des réfugiés dans l’Union européenne. Dans 20 ans, l’Europe aura honte de son passé. En effet, alors que la Grèce et l’Italie accueillent la plupart des primo-arrivants depuis la fermeture de la route des Balkans et que l’Allemagne et la Suède ont déjà fait un effort important, les autres pays de l’Union européenne doivent repenser leurs politiques d’accueil. Alors que le Parlement et la Commission se sont engagées à de nombreuses reprises en faveur de l’accueil des réfugiés, les Etats doivent mettre en œuvre le processus de relocalisation car ce dernier ne fonctionne pas efficacement, les Etats refusant de participer à l’accueil des réfugiés de manière solidaire.

Lors des échanges, de nombreux intervenants ont souligné leurs craintes quant à la pérennité de l’Union européenne dans sa forme actuelle. Ils ont également exprimé leur souhait d’une Europe fédérale, d’une Europe de la défense et enfin d’une Europe sociale et inclusive qui dépasse les simples questions budgétaires.

Pour cela, le Parlement européen compte proposer des réformes institutionnelles. 3 rapports sont ainsi en cours d’élaboration pour proposer des modifications du cadre institutionnel du traité de Lisbonne (rapport de Mme Bresso et de M. Brock), dans le cadre d’un projet de réforme institutionnel plus global (rapport de M. Verhofstadt), ainsi que la mise en place d’un projet de capacité budgétaire au sein de l’Union Economique et Monétaire (UEM) (Rapport de Mme Bérès et de M. Böge).

Alors que nous n’avons jamais eu autant besoin d’Europe, les progressistes doivent plus que jamais faire des propositions pour l’Europe de demain, je serai ainsi les 2 et 3 décembre prochain à Prague à l’occasion du Conseil du Parti Socialiste Européen (PSE).

Tests en conditions réelles des émissions de polluants : visite de l’entreprise V-Motech 

Vendredi 7 octobre je suis allée visiter la Start Up V-Motech à Linas-Montlhéry en Essonne, spécialisée dans l’ingénierie mécanique et les essais groupe motopropulseurs, et notamment dans les tests en conditions réelles des véhicules légers. À cette occasion, j’ai échangé avec Stéphane Olevier, Président de l’entreprise et Nicolas Yedikardachian, responsable ingénierie d’essais.

V-Motech est une entreprise française atypique créée en 2012 autour de l’automobile, qui a bénéficié du soutien de la Région Ile de France via son programme PM’-Up. Depuis sa création, V-Motech a ouvert un nouveau bureau à Shanghai où les enjeux de dépollution sont majeurs.

L’entreprise a développé deux grands types de tests des émissions de polluants : les tests en laboratoire avec le système V-Road. Il s’agit d’un banc à rouleaux climatiques intégré dans un semi-remorque. Ce moyen d’essai mobile et modulaire permet aux constructeurs et aux équipementiers automobiles de réaliser des tests de performance sur leur propre site ou sur le lieu de leur choix (En associant la maîtrise de la température, de l’altitude et de l’hygrométrie). Ce laboratoire mobile de simulation de l’environnement des véhicules permet de faire rouler les véhicules à tester dans toutes les conditions avec la possibilité de mesurer les polluants.

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J’ai rappelé à ce sujet qu’il existerait, d’après l’International Council on Clean Transportation, cinq grands types de dispositifs d’invalidation : la fenêtre thermique ; le minuteur (extinction après 22 minutes) ; la détection du profil de vitesse (ce qui s’est passé pour Volkswagen) ; le démarrage à chaud et à froid (les voitures émettent plus en démarrant à chaud, alors que ce devrait être l’inverse) ; le 5ème dispositif est un panaché des quatre autres. Chacune de ces quatre grandes familles peut être probablement difficilement détectée mais du moins court-circuitée par certains tests spécifiques (répéter le test, le faire dans diverses conditions de température, le faire longtemps, le faire dans plusieurs configurations de vitesse/célérité).

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Dans ce domaine, V-Motech est impliqué via son analyse, ses conseils et la stratégie apportée sur les outils que l’entreprise met à disposition des constructeurs, comme l’analyseur de gaz par exemple. Stéphane Olevier a rappelé que les facteurs extérieurs (température, état de la route, …) et les facteurs de conduite sont très importants pour la mesure des émissions polluantes. Par ailleurs, le développement des moteurs est différent selon les pays et ce phénomène rentre aussi en ligne de compte dans les mesures des polluants émis par les voitures. Pour Nicolas Yedikardachian le RDE est une avancée majeure mais qui complexifie la phase des tests. La mise en conditions réelles dans un parcours de tests est très complexe.

 

 

V-Motech mobilise des ingénieurs pour travailler sur différents parcours dans des zones géographiques différentes. Il a également rappelé qu’il était possible de tester les véhicules à hydrogène mais cela ne pose pas les mêmes conditions de sécurité dans le V-Road.

Prenant en compte l’évolution des mentalités des constructeurs, la société a la volonté d’avancer à l’international sur la réduction des émissions polluantes ; et la Chine, ayant les contraintes les plus strictes en la matière, semble être un exemple à suivre dans la lutte contre les émissions polluantes. Pour conclure nos échanges et la visite du laboratoire, j’ai rappelé que le 14 juillet 2015 j’avais fait adopter un amendement en commission TRAN rendant obligatoire les tests RDE ; un amendement qui a été inclus dans le rapport du Parlement européen sur la révision des normes des émissions de polluants. Les émissions polluantes dans le secteur automobile sont un sujet de santé publique et de stratégie industrielle qui nécessitent de mettre en place une structure de contrôle et de suivi indépendante à l’échelon européen.

Débat sur l’avenir de l’Union européenne à Orsay

Le 22 septembre dernier, j’ai participé à une réunion-débat à Orsay pour parler du Brexit et de l’avenir de l’Union européenne sur invitation de Stanislas Halphen, secrétaire de la section du PS d’Orsay, en présence de Maud Olivier, Députée de la circonscription et de David Ros, maire de la ville.

Au cours de cette réunion, j’ai d’abord présenté le processus de sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne et surtout parlé de ce que pouvait et devait faire le Parlement européen désormais

J’ai présenté les sept priorités que nous avons fixées avec mes collègues de la délégation socialiste française pour cette deuxième moitié de mandature. La première est d’instaurer des normes sociales européennes. A ce titre, l’adoption du rapport de Guillaume Balas sur le dumping social en session plénière est une première étape qui devra se concrétiser sur propositions de la Commission. Ce rapport comprend de grandes avancées, notamment une clause pour un salaire minimum européen ou encore la mise en place d’une agence européenne du transport routier. Autre priorité, l’investissement dans la transition écologique en ouvrant la possibilité de relancer l’investissement public. Autre enjeu fondamental, la gouvernance économique et monétaire de la zone euro, avec à la clé plus de flexibilité pour le pacte de stabilité afin de renouer avec la croissance à commencer par les territoires les plus fragilisés et auss la lutte contre le dumping fiscal. Le défi migratoire est évidemment une de nos priorités. Alors que le Parlement et la Commission ont pris des positions fortes depuis le début de la crise, trop d’Etats-membre pêchent par leur manque flagrant au devoir de solidarité. Quant aux accords de commerce international, nous défendons une politique de juste échange, seule voie intermédiaire entre un protectionnisme synonyme de repli sur soi et une mondialisation dérégulée et restons très critiques sur les propositions aujourd’hui en débat qu’il s’agisse du TTIP/TAFTA pour lequel nous souhaitons l’arrêt des négociations ou le CETA qui soulève aussi beaucoup d’inquiétudes. Par ailleurs, l’Europe doit harmoniser ses politiques de sécurité, de défense et de lutte contre le terrorisme. Enfin, l’Europe ne pourra pas avancer si ses principes démocratiques ne sont pas respectés, c’est pourquoi nous défendons une directive pour protéger les lanceurs d’alerte et la mise en place d’un pacte sur l’Etat de droit et la démocratie car l’Europe n’est pas uniquement un grand marché de biens et de services mais avant tout un ensemble de valeurs communes.

Lors de l’échange avec la salle, nous avons débattu des défis que devra affronter l’Union européenne dans les années à venir. Suite au référendum, il n’y aura pas de retour en arrière possible pour le Royaume-Uni. Afin que l’Europe avance, il est nécessaire que le gouvernement britannique notifie rapidement au Conseil son souhait de quitter le projet européen. D’autre part, la sortie de l’Union européenne de l’UE ne doit aucunement mettre de côté son avenir. Pour cela, le Parlement européen a un rôle essentiel à jouer en mettant en place une constituante pour réformer en profondeur les institutions européennes. Plusieurs questions ont également porté sur la politique d’austérité. Pour renouer avec la croissance en Europe, il faut des investissements publics, notamment pour la jeunesse ou pour financer de grands projets d’avenir. Autre proposition sur laquelle nous avons échangé, l’instauration d’un « Buy European Act » afin de soutenir nos industries face à la concurrence extérieure. Concernant les droits fondamentaux, nous avons échangé sur les droits des femmes dans l’Union européenne alors que la Pologne est sur le point de remettre en cause le droit à l’IVG. C’est une question que j’ai particulièrement à cœur, étant rapporteure sur la ratification prochaine par l’Union européenne de la Convention d’Istanbul concernant la lutte contre les violences faites aux femmes. Concernant l’accueil des réfugiés, loin des a priori réactionnaires qui polluent trop souvent le débat public, certains participants ont témoigné d’exemples locaux réussis, comme dans la commune de Bonnelles située dans les Yvelines. J’ai également cité l’exemple de Cachan dans le Val de Marne, où le maire, Jean-Yves Le Bouillonnec a récemment accueilli une centaine de réfugiés sur le territoire de sa commune. Par ailleurs, sur la question des migrations économiques, j’ai défendu une approche globale, prenant notamment en compte des politiques de co-développement au niveau des pays d’émigration.

Afin de défendre au mieux les sept priorités que nous avons fixé avec mes collègues de la délégation socialiste française, il faudra prioriser nos alliances, d’abord avec la gauche et les écologistes. L’Europe a besoin d’un nouveau souffle. Ce souffle devra être celui d’une Europe humaine, proche des peuples et résolument sociale.