Orlando

Communiqué de la délégation socialiste française au Parlement européen

Réunis depuis hier à Bruxelles, les eurodéputés socialistes et radicaux ont observé une minute de silence et se sont recueillis en hommage aux victimes de l’attentat, du massacre homophobe et terroriste perpétré par un fanatique à Orlando, dans un pays en pleine campagne électorale.

Ce crime barbare nous rappelle douloureusement d’autres drames : les massacres à Charlie hebdo, au Bataclan, à Saint-Denis, sur les terrasses de café parisiennes, à Bruxelles et ailleurs, où des victimes sont tombées, sous leurs balles ou sous leurs bombes.

Daech s’attaque à toutes les libertés : à la liberté de penser, à la liberté de vivre, à la liberté d’aller et venir, à la paix. Désormais, l’organisation terroriste vise l’amour, car ses émissaires ne connaissent que la haine, la mort et la désolation. En attaquant la communauté gay à Orlando, c’est à nous tous que Daech s’est attaqué.

Plus que jamais, nos valeurs doivent nous servir de boussole, et nous devons refuser tous les amalgames que les ennemis de la liberté et de l’humanité ne manqueront pas de provoquer.

Débat au Parlement européen sur les récents attentats terroristes à Paris

Voici la déclaration écrite que j’ai adressé dans ce débat organisé mercredi 25 novembre en séance plénière à Strasbourg.

Les attentats qui ont frappé la France ont réveillé la conscience de l’Europe et du monde. Pourtant, Daech mène la guerre au Moyen-Orient et perpétue des actes terroristes dans de nombreux pays depuis plusieurs années. Hier encore, c’est la Tunisie qui a été touchée. Il est temps que l’Union européenne passe des paroles aux actes, et s’organise enfin et vite pour combattre le terrorisme. Il s’agit de protéger ses peuples et de préserver ses valeurs. Nous devons aboutir à la mise en place d’un PNR européen avant la fin de l’année. Les services de police et de renseignement des États membres doivent mieux coopérer et la lutte contre le trafic d’armes être considérablement renforcée. Davantage de financements sont également nécessaires afin de prévenir la radicalisation et ainsi lutter contre le terrorisme à la racine. Au-delà des attaques militaires menées notamment par la France, l’Union et les États-membres ont la responsabilité de participer à démanteler les filières financières qui entretiennent Daech, l’argent étant bien le nerf de la guerre. Tous les États de l’Union européenne doivent se sentir concernés. Daech ne vise pas une nationalité. Il frappe le monde libre et ses valeurs, nos libertés, notre modèle de vie, la paix.

Prévention de la radicalisation et du recrutement de combattants européens par des organisations terroristes

On estime que plus de 5000 Européens ont rejoint les rangs d’organisations terroristes comme Daech. Le processus de radicalisation menant au terrorisme et à l’extrémisme violent est un phénomène aux facettes multiples, évolutives et multidimensionnelles, qui appelle à une réponse européenne commune. S’il est important d’agir dans l’immédiat pour protéger les Européens, cela ne suffira pas pour endiguer le recrutement de citoyens de l’Union par des groupes terroristes. Il faut également des solutions à plus long terme, qui passent par le développement et le financement de politiques préventives. Le Parlement a souhaité apporter sa contribution à ce débat en adoptant aujourd’hui le rapport d’initiative de Rachida Dati. Grâce au Groupe S&D en particulier, le contenu du texte a été amélioré. Notamment, les socialistes européens ne cesseront d’affirmer avec force l’importance de l’éducation et des politiques d’inclusion et de non-discrimination pour contrer ce phénomène de société qui touche des femmes et des hommes vulnérables de toute origine sociale. Aussi, nous avons tout fait pour que ce rapport n’adopte pas une approche fallacieuse et dangereuse qui relierait la religion, les réfugiés et le terrorisme; un point auquel je suis très attachée.

A l’occasion de mon intervention lors du débat en plénière mardi 24 novembre, j’ai pu présenter quelques propositions d’actions concrètes contenues dans le rapport.

Voici le texte de mon intervention:

« Madame la Présidente, face aux attaques terroristes tragiques qui frappent l’Union européenne et au-delà, nous devons prendre des mesures fortes pour assurer la sécurité des Européens. Mais il faut aussi nous attaquer aux racines de la radicalisation violente qui touche des jeunes européens de toutes origines sociales.

C’est l’objet de ce rapport et le groupe de l’alliance progressiste des socialistes et démocrates y a largement contribué. Nous appelons à développer et à financer les politiques préventives et de long terme, d’abord à l’école, dans les quartiers, mais aussi sur internet, avec une mobilisation de tous. Les acteurs de terrain, comme les associations et les éducateurs, doivent bénéficier de moyens, de formations pour travailler auprès des populations les plus sensibles aux discours de haine et détecter le plus tôt possible les signes de radicalisation violente. Il est important aussi d’aider les familles, notamment par le biais de plateformes téléphoniques de signalement et d’écoute. Enfin, les entreprises d’internet doivent s’engager à faire plus pour effacer les messages de haine incitant au terrorisme.

Mais soyons responsables et évitons les amalgames dangereux. D’une part, c’est le dévoiement de la religion et jamais la religion elle-même qui peut mener à la radicalisation violente et, d’autre part, les réfugiés ne sont pas coupables de terrorisme, ils en sont les premières victimes. »

Voici le texte de mon explication de vote:

« La lutte contre le terrorisme est un combat que l’Europe entière doit mener. C’est une épreuve qui nous touche tous et qui appelle à plus de solidarité européenne. Parmi les actions à entreprendre, la question de la prévention de la radicalisation menant au terrorisme a toute son importance. Arrêtons de parler de combattants « étrangers », il s’agit bien d’Européens qui s’attaquent à d’autres Européens. Les terroristes qui ont commis ces atroces attentats à Paris étaient Français ou Belges. Cessons aussi les amalgames dangereux entre musulmans et terroristes d’une part mais aussi entre terroristes et réfugiés, ce sont ces derniers les premières victimes de Daech.

C’est pour démontrer leur engagement dans ce combat que les eurodéputés ont adopté aujourd’hui ce rapport. Même si le texte voté aurait gagné à être plus concis et ciblé, il aboutit tout de même à un ensemble équilibré, grâce à l’influence des socialistes européens. Il présente un ensemble de propositions concrètes visant à prévenir la radicalisation, en agissant notamment aux origines de ce phénomène ; dans les prisons, sur Internet et les réseaux sociaux, et en rappelant le rôle fondamental de l’école, et en mobilisant tous les acteurs concernés. »

 

L’Europe face au terrorisme

Communiqué de la délégation socialiste française au Parlement européen

L’Europe est née de la volonté d’établir une paix durable. L’épreuve que traverse la France concerne tous les pays européens et appelle à davantage d’Europe, davantage de solidarité, d’où l’importance des débats menés au Parlement européen aujourd’hui.

La délégation socialiste française a élaboré plusieurs déclarations spécifiques sur la question multidimensionnelle de la lutte contre le terrorisme : une ciblée sur la question du PNR (« Non, le PNR n’est pas bloqué au Parlement européen »), qui passionne les médias bien qu’il soit un élément parmi d’autres dans la lutte contre le terrorisme ; une consacrée au rapport voté aujourd’hui concernant la lutte contre la radicalisation (« Oui, il faut agir le plus tôt possible contre la radicalisation »), car la prévention est stratégique ; une autre sur la question des moyens budgétaires (« Face au terrorisme, la question des moyens budgétaires ») et une dernière sur les aspects internationaux (« Face au terrorisme, l’urgence d’une solidarité internationale »).

En préliminaire, nous souhaitons dénoncer, une nouvelle fois, l’instrumentalisation indécente par la droite européenne des attentats, notamment via le dossier PNR : la politique politicienne n’a pas sa place après de tels événements. Elle est indigne, tout simplement (relire : « Droite française et européenne : halte aux mensonges macabres »). Les socialistes européens veulent un PNR avant la fin de l’année, comme prévu. En parallèle, nous regrettons que certains journalistes ne vérifient pas les éléments que leur donnent des eurodéputés comme M. Hortefeux ou Mme Dati : ils ont des collègues compétents à Bruxelles et à Strasbourg, qui connaissent le processus décisionnel ; nous les invitons à les solliciter pour ne pas se laisser berner. Nous notons d’ailleurs avec satisfaction que le rapport Dati sur la radicalisation, profondément réécrit par les eurodéputé-e-s socialistes et radicaux, est à 1000 lieux des propos tenus par le parti « Les Républicains », et très proche de la ligne socialiste et du Président de la République française. Il suffit de prendre le temps de le lire.

Nous souhaitons également rappeler que les réfugiés et les migrants sont, comme nous, victimes de Daech, c’est pourquoi les actes terroristes ne doivent pas conduire à rejeter ceux qui fuient les atrocités commises en Syrie. Parce que nous devons la sécurité à la fois aux citoyens et aux réfugiés, ces flux doivent être mieux contrôlés.

En janvier, des assassins se sont attaqués à nos valeurs. Le 13 novembre, ils se sont attaqués à notre mode de vie et à notre futur. Pour défendre la paix, ses valeurs, son avenir, l’Europe doit renforcer sa solidarité par des engagements concrets. Vite.