#Défense Face à Trump et Poutine, notre réponse c’est l’Europe

Communiqué de la délégation socialiste française

Nous vivons dans un monde de plus en plus instable. Chaque jour, l’actualité apporte son lot de drames, de menaces pour notre avenir et celui de nos enfants. L’impensable se produit, comme l’horreur que vivent depuis des mois les habitants d’Alep.

L’Union européenne n’a en matière de politique extérieure, ni la puissance, ni la cohésion ou l’autorité qu’elle devrait avoir. Elle ne s’est jamais dotée des moyens de se défendre ou d’intervenir quand ce serait nécessaire. Le rapport adopté aujourd’hui par le Parlement européen sur l’avenir de la politique étrangère et de sécurité commune est donc important.

Après le vote des deux rapports axés sur la politique de sécurité et de défense commune lors de la dernière plénière, le texte adopté aujourd’hui présente le bilan de la politique étrangère de l’Union et énonce les priorités du Parlement pour l’avenir.

Que préconise ce rapport adopté à la veille d’un Conseil européen qui consacrera une grande partie de son ordre du jour à ces questions ? Que l’Union se dote de moyens qui la rendent apte à préserver la réussite qu’elle représente, cohérente dans son action extérieure, qui doit se structurer autour de trois axes : diplomatie, développement et défense. Face aux diverses menaces – cyber sécurité, menaces hybrides – la coopération doit être le maitre-mot.

L’Union doit ensuite assumer la responsabilité de sa sécurité. Pour jouer un rôle de puissance globale, l’Union européenne ne peut plus s’appuyer sur le seul soft power, aujourd’hui insuffisant. Elle doit désormais développer un hard power. Sont donc repris les éléments débattus le mois dernier et qui devraient figurer dans les conclusions du prochain Conseil européen : nécessité de la coopération structurée permanente, quartier général européen, semestre européen de la défense, coopération UE-OTAN.

Quant à la Russie, le rapport reprend la position défendue par les socialistes et radicaux français : fermeté et dialogue. Fermeté, puisque nous envisageons de nouvelles sanctions « au cas où la Russie continuerait de violer le droit international ». Dialogue, puisqu’il doit toujours rester possible, le dossier iranien a démontré que c’était dans l’intérêt de tous.

Enfin, l’Union doit aussi développer une approche réellement globale de son action extérieure. Ainsi, il convient de mieux évaluer nos politiques de développement et commerciale pour vérifier qu’elles sont toujours et partout en adéquation avec nos valeurs.

Dans un monde dangereux, ce n’est ni à Trump, ni à Poutine de dicter les règles. C’est de plus d’Europe que nous avons besoin : cette prise de conscience doit se faire d’urgence.

Après Trump et le Brexit : la défense européenne, plus urgente que jamais

Communiqué de la délégation socialiste française

Le Parlement européen a adopté, aujourd’hui, un rapport sur l’Europe de la défense. Sans l’élection de M. Trump aux États-Unis, sans le Brexit aussi, ce rapport n’attirerait que très modérément l’attention. Mais l’orientation isolationniste de M. Trump place l’Europe au pied du mur : nous devons prendre en main notre sécurité ! Des voix en Allemagne appellent à une défense du continent européen. Saisissons ce contexte pour enfin construire une véritable défense européenne.

Les eurodéputés socialistes et radicaux sont favorables à la mutualisation des moyens militaires entre les États membres de l’Union européenne. Elle permettrait à l’Europe d’être plus forte, tout en faisant d’importantes économies. Il n’est pas nécessaire que chaque pays produise sa frégate, son avion multi rôle ou encore son char d’assaut. Le rapport du Parlement européen de 2013 estimait le coût de l’absence d’Union européenne de la défense à 26 milliards par an ! Soit près de 15% des budgets européens de défense. Analysons en commun nos besoins et répondons-y ensemble.

Ce rapport fixe des lignes de convergence : chaque État membre devrait consacrer 2% du PIB à la défense, dont 20% aux équipements, les Etats souhaitant conjuguer leurs moyens militaires devraient pouvoir le faire sans attendre l’aval de l’ensemble des pays de l’Union, via la coopération structurée permanente prévue par le Traité ; un quartier général de l’Union européenne, qui planifierait et commanderait des opérations de gestion de crise et permettrait à cette dernière d’agir, devrait voir le jour. Enfin, ces avancées en la matière pourraient être évaluées par un « Semestre européen de la Défense ». Il s’agit là de premières étapes indispensables.

Les citoyens sont en faveur d’un plus fort engagement militaire de l’Europe. Il est temps de se donner collectivement les moyens de protéger les Européens, de protéger aussi les valeurs et les intérêts de l’Union !