Pour des consultations citoyennes qui respectent la démocratie et le pluralisme politique !

Jeudi 8 novembre j’ai participé à la rencontre interparlementaire sur les consultations citoyennes sur l’Europe, qui ont eu lieu d’avril à octobre 2018, sur tout le territoire français. Elles permettaient à ceux qui le souhaitaient d’exprimer leurs avis et leurs propositions sur l’Union européenne. Cela devait être le fruit des initiatives citoyennes et refléter la pluralité des opinions.

Depuis avril, j’ai participé à plusieurs consultations citoyennes, notamment celle organisée par la Direction Europe du Conseil départemental de la Seine-Saint-Denis à destination des jeunes sur le thème « Partir en Erasmus, pourquoi pas moi ? ». J’ai eu l’occasion d’entendre plusieurs témoignages de voyage de la part de ces jeunes en difficultés qui demandent qu’à s’ouvrir à l’Europe. Ils ont proposé de créer des ambassadeurs Erasmus afin d’être mieux informés sur le dispositif et de pouvoir en bénéficier plus facilement.

J’ai également participé à une consultation organisée par l’European Student Think Tank qui s’est interrogé sur l’identité européenne, le rôle des médias et la place laissée à l’Europe. Effectivement, même si depuis quelques années les médias s’intéressent de plus en plus aux sujets européens, cela reste très insuffisant.

Ces consultations ont été l’occasion de donner une certaine visibilité au débat européen, mais elles n’ont pas permis de mettre en avant le pluralisme démocratique qui aurait donné du souffle au débat politique européen. A l’image du clip vidéo du gouvernement, où la pensée binaire réductrice et politiquement dangereuse de renfermer un choix entre pro et anti-européens est mise en avant, je regrette cette large communication financée par des fonds publics qui semble d’abord et avant tout mise au service d’un seul parti politique.

Pour rapprocher les citoyens des enjeux européens il faut leur montrer qu’à cette échelle aussi il existe des visions de gauche, de droite et qu’il leur appartient par leur vote de décider de l’orientation politique que prendra le Parlement européen en mai 2019. Je pense en particulier aux jeunes qui sont les plus éloignés de cette élection alors même que leur avenir dépendra beaucoup de celles et ceux qui siégeront dans cette Assemblée.

 

J’ai tenu à saluer les associations européennes qui se sont largement impliquées dans ces consultations comme elles l’ont toujours fait et continuerons à le faire.

 

Hongrie : un vote historique pour la démocratie

Communiqué de la Délégation socialiste française

Aujourd’hui, le Parlement européen a réuni une majorité pour demander l’activation de l’article 7.1 du Traité face à la Hongrie de M. Orbán. C’est la première fois depuis sa création que le Parlement a voté un rapport visant à déclencher une telle procédure contre un État menaçant l’État de droit. Les eurodéputés socialistes et radicaux se félicitent de cette victoire historique pour le respect de nos valeurs communes.

Depuis plusieurs années maintenant nous dénonçons les attaques violentes et répétées de M. Orban contre les citoyens hongrois et contre la démocratie. La dérive autoritaire du Premier ministre hongrois a trop duré alors que les contre-pouvoirs sont menacés, les médias muselés et la société civile étouffée. Jusqu’à présent, des législations honteuses ont été adoptées avec la complaisance coupable du PPE, parti se revendiquant pro-européen mais refusant toujours d’exclure le Fidesz de ses rangs.

Avec l’aide de la société civile, à force de persévérance, nous sommes parvenus à diviser le PPE et à dégager une majorité pour sanctionner les politiques liberticides menées par M. Orban.

Pour Sylvie Guillaume, vice-Présidente socialiste du Parlement européen, et Christine Revault d’Allonnes-Bonnefoy, Présidente de la délégation socialiste française, « l’Union européenne est fondée sur un ensemble de valeurs et de principes communs. À chaque fois que nos valeurs sont menacées, il est de notre devoir de les protéger et de les sauvegarder. En Hongrie, le dialogue engagé par la Commission européenne depuis des années n’a pas porté ses fruits. C’est pourquoi nous sommes convaincus que les Européens doivent se montrer intransigeants avec la Hongrie, en recourant au processus prévu à l’article 7 du traité UE. Le Conseil doit désormais se montrer à la hauteur de la situation. »

Mon explication de vote :

J’ai voté en faveur d’un rapport historique pour demander au Conseil l’activation de l’article 7 de notre Traité afin d’acter et de répondre aux violations graves commises en Hongrie contre les valeurs et les législations européennes. Ce rapport ne sanctionne ni la Hongrie ni les citoyens hongrois car ce sont les premiers à subir les dérives en cours. Il sanctionne un gouvernement autoritaire et un Premier ministre qui ostracise chaque jour un peu plus son pays. Viktor Orbán prétend bénéficier de la légitimé électorale mais en aucun cas elle lui donne le droit d’agir en dehors du cadre de l’État de droit. Ce rapport est une victoire ; celle des progressistes et des démocrates sur les conservateurs. Pour la première fois et en l’absence de réaction des autres États membres, c’est le Parlement européen qui a saisi le Conseil. Nous nous sommes montrés intransigeants car il est de notre devoir de sauvegarder les valeurs européennes de démocratie et d’État de droit.

 

Débat sur l’état de droit en Hongrie : ma réponse à Viktor #Orbán

Le 11 septembre, le Parlement européen a débattu de l’État de droit en Hongrie, en présence du Premier ministre Viktor Orbán. Usant encore et toujours des mêmes arguments, il a prétendu que les députés européens s’attaquaient à la Hongrie et aux Hongrois. C’est faux et j’ai rappelé à ce dirigeant autoritaire qu’il est le premier à détruire les fondements de son pays à son seul avantage.

Chers collègues,

Les valeurs et les principes démocratiques de l’Union européenne sont restés les mêmes, avant et après l’adhésion de la Hongrie au 1er mai 2004. Cette adhésion était une démarche volontaire, qui reflétait un large consensus de la classe politique hongroise. Et l’Union n’est pas plus indulgente qu’avant. Nous avons toujours eu la responsabilité de sauvegarder nos valeurs communes, et d’autant plus aujourd’hui alors que nous sommes les témoins de l’émergence de ceux qui prônent l’exclusion et la haine partout en Europe.

 

Malgré tout ce que le Premier ministre hongrois a pu dire aujourd’hui, les agissements de son gouvernement représentent une menace systémique sur l’État de droit. Et logiquement, l’Union ne peut le tolérer. Dans l’état actuel de notre législation, notre réponse la plus ferme est le processus prévu à l’article 7 du traité et je souhaite son activation le plus rapidement possible.

 

En prônant l’article 7, je ne vais pas à l’encontre des citoyens hongrois, bien au contraire. Car il me semble que ce sont les citoyens hongrois qui pâtissent de la réforme de la Cour constitutionnelle hongroise visant à limiter ses compétences ; l’absence de contre-pouvoirs est une menace sur chacun d’entre eux. Et ce sont toujours eux qui ne jouissent plus d’une presse libre et indépendante, restreignant ainsi leur liberté d’opinion.

 

Dans cet hémicycle, ce sont les députés européens qui se battent pour le peuple hongrois, première victime de cette dérive autoritaire.

 

 

L’European Student Think Tank interroge sur l’identité européenne #IdentifyEUrope

Les dernières années ont vu s’accroître le désintérêt des citoyens vis-à-vis de la construction européenne, alors même que les mouvements populistes se développent et gagnent en importance. Dans ce contexte, l’European Student Think Tank (EST) a lancé une campagne sur l’identité européenne intitulée IdentifyEUrope. L’EST, est une ONG d’étudiants européens, qui a pour but de sensibiliser les étudiants à l’Union européenne. À cette fin, cette association organise régulièrement divers événements à destination des étudiants. L’objectif est d’intéresser et d’impliquer les étudiants en leur permettant d’en apprendre plus sur le fonctionnement concret de l’Europe et de réfléchir sur certains sujets actuels. Dans le cadre de la campagne IdentifyEUrope, EST a organisé un débat le jeudi 24 mai à l’Assemblée nationale autour de la thématique : les Français peuvent-ils développer une conscience européenne ? Je suis donc intervenue aux côtés de Constance Le Grip, Députée des Hauts-de-Seine; Thierry Chopin, Directeur des Etudes, Fondation Robert Schuman et Théo Verdier, responsable de la communication, Mouvement européen.

J’ai commencé mon intervention par une touche optimiste en exposant les résultats du dernier sondage donné par l’eurobaromètre sur le site du Parlement européen : 55% des Français sont convaincus que l’adhésion de la France à l’Union européenne est une bonne chose et considèrent que c’est à l’échelle européenne que l’on peut et doit intervenir notamment sur la lutte contre le terrorisme et la sécurité, le chômage, l’environnement et la démocratie.

Sur la démocratie, il est intéressant de noter que les Français approuvent cette avancée démocratique du candidat tête de liste du parti arrivé en tête comme Président de la Commission européenne. Les citoyens français en approuvant le système du « spitzenkandidat » affirment leur volonté de peser dans le débat politique européen et de faire valoir leurs droits. La lenteur du processus législatif largement imputable au fonctionnement à l’unanimité du Conseil des Etats conduit souvent à la frustration des citoyens. L’Union européenne ce n’est pas seulement un marché unique, c’est aussi un espace politique dotés de droits communs qui s’appliquent à tous. Pour entrer dans l’Union européenne, le respect de ces droits est obligatoire, pour y rester cela doit aussi être le cas. Or, le mécanisme de sanctions prévu par les Traités ne fonctionne pas et cela décrédibilise l’Europe. C’est pourquoi, dans le cadre du débat sur le prochain cadre financier pluriannuel, le Parlement européen a proposé un système de conditionnalité au respect de l’état de droit sous peine de subir des sanctions financières (sanctions à destination de l’Etat mais pas envers les organisations, comme Erasmus par exemple).

Lors de l’échange avec la salle, j’ai répondu à plusieurs questions. J’ai indiqué que depuis un an j’ai eu l’occasion de contacter le Président Macron à plusieurs reprises ; notamment sur le rôle des médias et la place laissée à l’Europe. Effectivement, même si nous voyons que depuis quelques années les médias s’intéressent de plus en plus aux sujets européens, cela reste très insuffisant. J’ai donné l’exemple de la campagne pour la création de l’émission la Faute à l’Europe (France TV) à laquelle nous avions activement participé en adressant des cartes postales au directeur de France Télévision en provenance de toute l’Europe. Et nous devons continuer à nous mobiliser en ce sens, notamment lors de la prochaine campagne électorale. Le débat entre les différent.e.s candidat.e.s têtes de listes doit pouvoir être diffusé en direct sur les chaînes nationales de tous les pays européens. Je suis par ailleurs, pour la création d’une vraie chaîne de télévision européenne. D’autres questions m’ont été posées. La culture et l’éducation ont été abordés comme vecteurs d’identité européenne. A ce titre l’Union européenne doit devenir pleinement acteur et encourager les synergies de formations et de centres de recherche.

En conclusion j’ai rappelé que notre devise « Unie dans la diversité » est la preuve que nous partageons des valeurs communes à l’échelle de l’Europe. Dans la bataille politique et idéologique, nous devons porter haut et fort les convictions et les valeurs de gauche pour ne pas laisser la voix à ceux qui prônent la haine et le repli.

La démocratie plus forte que la terreur

Communiqué de la délégation socialiste française au Parlement européen

Les attentats de janvier dernier s’attaquaient à la liberté de penser. Ceux de la nuit dernière s’attaquent à la liberté de vivre.

A travers ces massacres, c’est l’humanité entière, dans ce qu’elle a de plus fraternel qui est visée. C’est le sens des messages de solidarité que notre pays reçoit du monde entier aujourd’hui.

Il faut résister ensemble à la terreur qui tente de s’installer. Ne pas, ne jamais céder, aimer et défendre la France et ce qui fait sa richesse, sa diversité.

Nous exprimons au chef de l’Etat et au gouvernement tout notre soutien dans ces heures difficiles. Oui, à la guerre ciblée, sans équivalent, contre nos libertés et notre démocratie, nous devons répondre par une guerre ciblée et sans merci contre les ennemis de la liberté.

Nous saluons l’extraordinaire travail des forces de sécurité et des services de santé qui ont lutté et qui luttent encore, à cette heure, pour sauver de nombreuses vies. Des services de renseignement qui ont, au fil des mois passés, évité d’autres drames, même s’ils n’ont pu déjouer celui-ci.

Notre solidarité et notre compassion vont aux victimes, à leurs familles et à leurs proches.