Dernier discours sur l’état de l’Union de Jean-Claude Juncker : il n’y a pas d’amour sans preuve d’amour

Communiqué de la Délégation socialiste française

Quatre ans après son investiture, les eurodéputés socialistes et radicaux n’attendaient plus rien de la « Commission européenne de la dernière chance ». Le discours fourre-tout livré par M. Juncker, sans souffle et soporifique, dépourvu de la moindre proposition, était au niveau de cette attente.

Si M. Juncker a refusé de faire son bilan, prétendant vouloir « travailler » jusqu’au bout, qu’il le veuille ou non, l’heure est au bilan : CETA, Selmayr, Glyphosate… voilà trois mots, trois exemples marquants, qui resteront à tout jamais accolés à la Commission Juncker. Trois dossiers emblématiques qui montrent que la Commission européenne n’a pas été au service de l’intérêt général.

Le bilan de M. Juncker, il se mesure également dans les urnes : ce dernier, après les 10 années de M. Barroso, porte une responsabilité considérable dans la montée de l’extrême droite et du désespoir chez les Européens. Sa présidence aura été un échec. Les politiques qu’il a menées, la façon dont il les a menées, les faits du prince et autres manipulations font qu’il est comptable de la situation politique dans laquelle se trouve l’Union européenne aujourd’hui, même si nous avons aussi une part de responsabilité, n’ayant pas réussi à instaurer un rapport de force suffisant face à la droite libérale et conservatrice.

Dans son discours, M. Juncker nous a fait une nouvelle fois une déclaration d’amour à l’Europe, mais nous attendions des preuves d’amour. Ainsi, aucune proposition concernant les priorités sociales ; de même sur la jeunesse où rien de concret n’a été exposé, à part le renforcement d’Erasmus.

Enfin, M. Juncker a cru utile de profiter de l’occasion pour persévérer dans son sketch sur le changement d’heure : si y mettre un terme est souhaitable, une telle mesure, anecdotique, n’a pas sa place dans un discours censé détailler « les grandes initiatives européennes », d’autant plus lorsque la solution préconisée est le changement d’heure à la carte. Nous n’aurions ainsi plus la même heure de l’Espagne à l’Allemagne… belle démonstration d’unité !

Il est urgent d’en finir avec cette Commission européenne qui aura tant déçu : les prochaines élections européennes doivent être l’occasion de débattre des solutions à apporter aux défis de notre époque : comment assurer notre sécurité alimentaire et préserver notre planète ? Comment lutter contre les inégalités ? Quelle réponse solidaire à la question migratoire ? Comment faire en sorte que la mondialisation protège les citoyens et l’environnement ? Ce n’est pas d’un changement d’heure dont les Européens ont besoin, mais d’un changement de cap !