Retraites : le Parlement européen a adopté un rapport pour réduire l’écart du montant des pensions entre les hommes et les femmes

Le 14 juin, lors de la session plénière à Strasbourg, les eurodéputés ont adopté à une large majorité un rapport sur les écarts entre les pensions des femmes et des hommes. J’ai voté en faveur de ce rapport.

Voici mon explication de vote:

J’ai voté en faveur de ce rapport car avoir la possibilité de mener une vie digne et indépendante ne devrait pas dépendre du sexe. Or aujourd’hui encore les femmes des 28 pays membres de l’Union Européenne ne bénéficient pas des mêmes conditions de retraite que leurs homologues masculins. Elles sont surreprésentées parmi les retraités les plus pauvres, sous-représentées parmi les retraités les plus riches, et bénéficient en moyenne de pensions inférieures de 38% à celles des hommes.

Je me félicite particulièrement que le groupe Socialistes & Démocrates ait pu faire passer des amendements insistant sur le rôle des organisations syndicales dans l’éradication des différences dans les pensions de retraite entre les hommes et les femmes, dans la mise en place d’un salaire minimum, et la garantie d’emplois de qualité pour les femmes.

Audition croisée des ONG et du gouvernement sur les droits fondamentaux en Hongrie

Le 27 février, la Commission LIBE a organisé une audition sur la situation des droits fondamentaux en Hongrie alors que nous avons de vives préoccupations quant au respect de l’état de droit par le gouvernement de Mr. Orbán. Cette audition était indispensable car elle nous permet de tirer la sonnette d’alarme.

Parmi nos vives inquiétudes, nous avons insisté sur le traitement déplorable des migrants en Hongrie qui sont traités comme des criminels ou des terroristes alors que les réfugiés, faut-il le rappeler, fuient la guerre et les persécutions.

L’audition a révélé l’écart qui se creuse entre la société civile, qui dénonce courageusement les atteintes systématiques à l’état de droit, et le gouvernement hongrois. Le ministre hongrois de la Justice László Trócsányi nie toutes dérives autoritaires et liberticides et préfère pointer les violations des autres États ou délégitimer la société civile car elle n’a pas été élue. Je suis particulièrement inquiète quand le ministre considère que la remise en cause du détachement des travailleurs est une violation des droits fondamentaux. Quelle perception étrange de nos valeurs !

J’ai dit au ministre que le débat sur le détachement des travailleurs porte sur la défense de meilleurs salaires ; ce qui n’est en aucun cas une violation. J’ai aussi rappelé que même élu, un gouvernement a l’obligation de respecter les valeurs fondamentales de l’UE. Dans le cas contraire, la réponse de l’UE doit être ferme. L’Union des valeurs n’est pas à la carte.

« Merci beaucoup Président d’avoir organisé cette audition, elle était indispensable. Je remercie particulièrement les ONG pour les témoignages qu’elles ont donnés et qui démontrent que depuis 6 ans, sans aucune réaction sérieuse de l’Europe, le gouvernement hongrois multiplie les dérives autoritaires et liberticides.

 

Monsieur le ministre de la justice, je n’ai pas la même interprétation que vous du droit et je ne considère pas que défendre des salaires décents soit une violation du droit européen et de la Directive des travailleurs détachés.

Mais je suis surtout inquiète de la situation des réfugiés et des demandeurs d’asile. Aux actes s’ajoute une rhétorique xénophobe dans le but évident d’attiser les tensions et d’alimenter la haine et aussi la haine envers l’Europe. Ce retour en arrière est terrifiant : Mr. Orbán qui annonce vouloir rétablir la détention systématique des migrants le long de la frontière serbe au nom de la souveraineté de son pays. À la demande de l’UE, Budapest avait mis fin à de telles pratiques en 2013 et elle recommence.

Je m’adresse à vous, les ONG. J’aimerais savoir ce que vous attendez de notre part, ce que vous attendez de l’UE. Vous l’avez vu, la détérioration de l’état de droit en Hongrie, c’est la même chose qu’en Pologne. Et malheureusement la Commission, s’il elle a déclenché son dispositif sur la Pologne, elle ne l’a pas fait pour la Hongrie car il y a un blocage politique : Mr Orbán appartient au PPE. Je pense qu’il faut que nous ayons tous une réflexion sur la protection de nos valeurs fondamentales, qui est au-delà des logiques partisanes et des jeux politiques. L’Union européenne doit être ferme : les États membres doivent respecter les droits fondamentaux – avant et après leur adhésion. L’Union des valeurs et du droit n’est pas à la carte. Nous avons voté au Parlement européen le mécanisme de l’état de droit. Nous attendons que la Commission s’en saisisse pour une législation sur le mécanisme de l’état de droit ».

 

Priorités pour la 61ème session de la commission de la condition de la femme des Nations unies

Le 14 février, lors de la session plénière à Strasbourg, les eurodéputés ont voté un rapport sur les priorités de l’UE pour la 61ème session de la commission de la condition de la femme des Nations unies. J’ai voté pour ce rapport; étant engagée depuis toujours pour le respect des droits des femmes et pour leur autonomisation totale dans la société.

Voici mon explication de vote

Le combat de l’égalité entre les sexes est, je le regrette, encore nécessaire en 2017. Aucun État n’a achevé une égalité pleine et entière des femmes et des hommes. Ce rapport est donc important car il rappelle notre engagement sans faille pour les droits des femmes.

Nos priorités sont multiples : autonomisation des femmes, meilleure réponse aux besoins des femmes les plus vulnérables ou lutte pour éliminer toutes les formes de violences basées sur le genre. Les eurodéputés appellent à la ratification totale, de l’UE et de ses États, de la Convention d’Istanbul sur la prévention et la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique. En tant que Co-rapporteure sur la signature de l’UE à cette Convention, je me réjouis de voir ce message relayé et porté par cette assemblée.

Je me félicite également d’un amendement porté par la gauche européenne sur l’avortement. Alors que les États-Unis régressent, en coupant les financements des ONG pro-avortement, le Parlement porte un tout autre message. Nous souhaitons la création d’un fonds international pour financer l’accès à l’avortement légal et sûr. Je soutiens cette mesure en rappelant que l’avortement doit être un droit fondamental de toutes les femmes.

Le Parlement européen dénonce la négation de l’état de droit par le gouvernement polonais

Lors de la séance plénière du 14 décembre, le Vice-président de la Commission européenne Frans Timmermans et les députés européens ont débattu, encore une fois, de la situation des droits fondamentaux et de l’état de droit en Pologne.

C’est la quatrième fois que le Parlement européen fait part de ses inquiétudes quant à la situation en Pologne. Fonctionnement du tribunal constitutionnel, pluralisme des médias ou droits des femmes, le parti conservateur Droit et Justice continue à adopter des mesures qui portent atteinte à l’équilibre des pouvoirs et aux droits de l’homme.

Dès juillet 2014, la Commission européenne s’est pourtant engagée dans un dialogue en demandant aux autorités polonaises des explications sur la réforme de son tribunal constitutionnel. Non seulement cette demande est restée lettre morte mais le gouvernement polonais continue à défier l’état de droit.

Au cours du débat, les eurodéputés ont légitimement évoqué les attaques répétées contre les femmes. Hier la proposition de loi pour l’interdiction totale de l’avortement et aujourd’hui, l’annonce par une ministre polonaise du retrait de la Pologne de la convention d’Istanbul sur la prévention et la lutte contre les violences à l’égard des femmes et la violence domestique. Ce sont des mesures indignes que l’Union européenne ne saurait tolérer.

Frans Timmermans a rappelé que la défense des droits fondamentaux est de notre responsabilité à tous. La Commission européenne doit se montrer intransigeante et enclencher la procédure de l’article 7, qui pourrait mener à l’adoption de sanctions envers le gouvernement polonais, si les inquiétudes persistent. Quant au Parlement européen, il doit continuer à combattre toutes remises en cause des principes démocratiques. La réaction des eurodéputés d’extrême-droite lors de ce débat, complaisants avec le parti au pouvoir et aveugles quant aux menaces qui pèsent sur les citoyens polonais, est une preuve s’il en fallait que le respect des droits fondamentaux est une bataille permanente.

Voici le Communiqué de presse

 

Adoption de l’avis sur le rôle de l’action extérieure de l’Union dans la gestion des flux de réfugiés et de migrants

La commission des libertés civiles, de la justice et des affaires intérieures du Parlement européen a adopté son avis relatif à l’action extérieure de l’Union dans la gestion des flux de réfugiés et de migrants.

La crise de l’accueil des réfugiés est un sujet éminemment important pour le Parlement européen qui s’est engagé à rappeler aux États membres leur devoir de solidarité entre eux mais aussi envers les pays tiers, qui accueillent nombre de réfugiés. C’est un défi global qui doit être appréhendé dans un contexte international, en tissant des liens avec les pays d’origine et de transit.

Je me suis attelée, en tant que shadow-rapporteure pour le groupe des Sociaux-Démocrates, à insister dans mes amendements sur des principes forts tels que l’état de droit et le respect des droits fondamentaux, en pensant particulièrement aux personnes en situation de vulnérabilité comme les femmes ou les enfants non accompagnés. Ils sont plus facilement susceptibles d’être victime d’agressions, d’abus sexuels, de traite et d’exploitation. Je le répète, la prise en compte du genre dans les politiques migratoires et d’asile est primordiale pour protéger ces personnes de violences intolérables.
J’ai également rappelé la nécessité d’instaurer des voies légales et sûres d’accès à l’UE pour les migrants et réfugiés. Cela sauverait de nombreuses vies mais c’est également la solution la plus efficace pour lutter contre les réseaux criminels des passeurs.

Je me félicite de voir ces principes repris dans le texte voté en commission parlementaire. Nous envoyons un signal fort pour que l’Union européenne soit à la hauteur et protège les migrants et réfugiés, simplement en quête d’une vie meilleure.

Je suis fière des Sociaux-Démocrates qui se sont fortement opposés aux eurodéputés d’extrême-droite, alors qu’ils tentaient de minimiser nos préoccupations sur le traitement des migrants et de restreindre leurs droits fondamentaux.

NON aux violences contre les femmes et les filles

Le Parlement européen a tenu un débat hier en session plénière pour mettre la lumière sur la lutte contre les violences envers les femmes et les filles. Il s’agissait d’envoyer un message fort à la Commission et surtout aux États membres pour rappeler l’urgence d’agir contre ces violences et la nécessité de ratifier dans les meilleurs délais la Convention d’Istanbul du Conseil de l’Europe. Aujourd’hui 24 novembre, à la veille de la journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, les eurodéputés ont adopté à une très large majorité une résolution commune portant en son cœur le combat contre les violences faites aux femmes. En particulier, à travers ce texte, le Parlement défend d’une seule voix l’adhésion de l’Union européenne à la Convention d’Istanbul. Face aux traumatismes que subissent les femmes et les filles, qui restent souvent sous silence, face au manque de protection et de soutien pour les victimes, et face à la culture de l’impunité, qui entraîne très peu de poursuites et de condamnations des responsables, nous ne pouvons plus fermer les yeux. Les femmes doivent avoir les mêmes droits partout en Europe.

Voici le texte de mon intervention en plénière, en tant qu’auteure de la résolution pour le Groupe S&D :

« La violence contre les femmes et les filles est un fléau d’une terrible actualité, qui frappe partout en Europe comme dans le monde.

Ces violences sont révélatrices des inégalités et des discriminations dont souffrent les femmes par rapport aux hommes.

Plus encore, les femmes en Europe ne sont pas protégées de la même façon face à la violence selon le pays dans lequel elles vivent.

La lutte contre les violences envers les femmes, c’est un combat de tous les jours, qui appelle un changement profond des mentalités nourries par les préjugés et les stéréotypes sexistes.

Il ne s’agit pas d’un problème qui concerne uniquement les femmes, il engage l’ensemble de nos sociétés, et nécessite une réponse politique forte.

L’adhésion de l’Union européenne à la Convention d’Istanbul apportera une première pierre à l’édifice pour mieux lutter contre les violences envers les femmes en Europe et proposer des outils juridiques pour les protéger.

À travers nos questions orales, nous demandons à la Commission et au Conseil des réponses précises sur l’état des lieux des négociations.

Aussi, nous exhortons les quatorze États de l’Union qui ne l’ont pas encore fait à ratifier la Convention d’Istanbul.

Au-delà, le Groupe S&D défend l’adoption d’une directive sur la lutte contre les violences envers les femmes. Je suis convaincue également que le mécanisme de l’état de droit contribuera à renforcer la mise en œuvre de la Convention d’Istanbul dans les États membres.

Je me félicite que nous proposions demain une résolution commune pour faire porter notre voix dans ce combat, et dire non à la violence contre toutes les femmes et les filles.

Mon grand regret, c’est que ce texte passe sous silence le déni de l’accès à un avortement sûr et légal, et les grossesses forcées qui en résultent. Pourtant, on parle bien ici d’une forme de violence caractérisée envers les femmes. Si la Convention d’Istanbul fait l’impasse sur le droit à l’avortement, les Nations Unies le reconnaissent comme un droit humain.

Je ne cesserai de m’engager pour que l’avortement puisse être reconnu et protégé comme un droit fondamental au sein de l’Union européenne. L’inaction et l’indifférence ne sont pas des options envisageables quand il s’agit de défendre les droits des femmes.

Comme le disait Martin Luther King, « nos vies commencent à se terminer le jour où nous devenons silencieux à propos des choses qui comptent. » »

 

Voici le texte de mon explication de vote :

« Les violences sexistes, très répandues au sein de l’Union européenne, sont souvent tolérées et rarement punies. Afin de briser la loi du silence et de donner une voix à toutes les victimes, le Parlement a adopté une résolution forte pour rappeler l’urgence d’agir face aux violences envers les femmes et les filles. Lutter contre ces violences, c’est œuvrer en faveur de l’égalité entre les femmes et les hommes. À cette fin, il importe à la fois de prévenir la violence, protéger les victimes et poursuivre les responsables, grâce à des ressources adéquates, mobilisables à tous les niveaux de la société. La Convention d’Istanbul, traité international contraignant, adopte justement cette approche globale. L’adhésion de l’Union à cette convention sera un premier pas pour faire avancer le combat contre les violences envers les femmes. Au-delà de la ratification, une directive européenne est l’étape suivante incontournable pour renforcer la mise en œuvre de la Convention. Dans ce cadre, je ne cesserai de m’engager pour que l’avortement puisse devenir un droit fondamental reconnu et protégé par l’Union. Dénier ce droit, c’est une violation des droits humains et une violence caractérisée envers les femmes. Je regrette que le texte voté passe cette réalité sous silence. »

 

 

 

 

 

Lutte contre les violences envers les femmes : il est urgent d’agir

J’ai été invitée à intervenir lors d’une conférence sur la lutte contre les violences envers les femmes et la Convention d’Istanbul, ce mercredi 16 novembre, en tant que co-rapporteure du Parlement européen sur ce dossier. Cet évènement était organisé par le groupe de réflexion (ou think tank) Gender 5+, qui met au cœur de son action l’égalité entre les femmes et les hommes.

Le panel d’intervenantes (les hommes étaient malheureusement aux abonnés absents) était également composé de Teresa Freixes (professeure en droit constitutionnel à l’université autonome de Barcelone), Helena Dalli (Ministre maltaise des Affaires sociales, des Droits des consommateurs et des Libertés civiles), Sabine Boehmert (représentant la Commission européenne), Magda De Meyer du Lobby européen des femmes et Mieke Verloo (professeure à l’université de Radboud aux Pays-Bas). Toutes ont rappelé l’urgence d’agir pour lutter contre les violences faites aux femmes, un problème structurel qui touche l’ensemble de nos sociétés.

Teresa Freixes a présenté à cette occasion son étude sur l’adhésion de l’Union européenne à la Convention d’Istanbul. Elle a rappelé que cette convention constitue un premier pas en avant très important pour doter l’Union d’un cadre réglementaire cohérent sur la lutte contre les violences envers les femmes. Toutefois, la ratification ne suffit pas en tant que telle : afin de la traduire en mesures concrètes dans les droits internes des États membres, une directive est l’étape suivante incontournable. De façon essentielle, la Cour de Justice pourrait alors se prononcer, via des arrêts contraignants, pour obliger les États de l’Union à respecter leurs engagements.

Si je partage pleinement cette analyse, j’ai souhaité aller plus loin dans mon intervention. Je suis convaincue en particulier que le mécanisme de l’état de droit, que nous avons récemment adopté au Parlement, aidera également à renforcer la mise en œuvre de la Convention d’Istanbul au niveau européen. Au-delà, j’ai insisté sur un point qui manquait dans l’étude : la reconnaissance du déni de l’accès à un avortement sûr et légal, et les grossesses forcées qui en résultent, comme une forme de violence caractérisée envers les femmes et une violation de leurs droits humains. Je ne cesserai de porter haut et fort ce message : l’avortement est un droit et non un crime ; c’est un droit fondamental qui doit être reconnu et protégé au sein de toute l’Union européenne.