« Transports du quotidien et mobilité pour tous : quelles orientations pour la politique des transports ?

Le 12 juillet 2017, à Paris,j’ai participé à un séminaire de travail « Transports du quotidien et mobilité pour tous : quelles orientations pour la politique des transports ? », organisé par le Think Tank TDIE, en présence de la Ministre des transports, Elisabeth Borne, de parlementaires et d’experts de la politique des transports.

Les discussions sur les multiples enjeux qui traversent la politique des transports, tant au niveau national (ouverture du ferroviaire à la concurrence, financement des grands projets, nouvelles mobilités) qu’au niveau européen (paquet mobilité) en ont été riches et engagées pour faire avancer le débat d’idées.

La Ministre est revenue sur ses grandes priorités en mettant en avant « un changement de paradigme » pour la modernisation des réseaux existants plutôt que l’investissement dans les grands projets. Pour autant, si cette ligne directrice va dans le bon sens, elle constitue plus une continuité de l’action du précédent gouvernement qui avait déjà opéré ce changement de paradigme, et adopté les grandes orientations stratégiques en faveur de la régénération du réseau ferroviaire (contrat de performance adopté avec SNCF Réseau). La Ministre s’est également exprimée sur l’importance des dossiers européens. Elle s’est engagée à poursuivre l’engagement politique de la France au sein de l’Alliance du Routier afin de garantir une position forte sur ces enjeux clés, comme la révision des règles de cabotage, de temps de repos et d’application des règles des travailleurs détachés aux opérations de transports

Enfin la Ministre a présenté le calendrier de son action, avec l’organisation en septembre des « Assises de la mobilité » qui devraient alimenter la réflexion du gouvernement en vue de la présentation d’une loi de programmation pluriannuelle qui permettrait d’encadrer les investissements de l’État dans les infrastructures de transports et préparer l’ouverture à la concurrence du système ferroviaire.

J’ai ensuite eu le plaisir d’intervenir avec mon collègue député européen, Dominique Riquet, sur les dossiers européens. Nous avons abordé tous les enjeux : révision du cadre financier européen pluriannuel, du Mécanisme pour l’interconnexion en Europe, paquet mobilité avec la révision de la Directive Eurovignette, révision des textes sur les règles de temps de repos et de conduite, sur les règles de cabotage ou encore la révision du règlement sur les tachygraphes. En tant que rapporteure pour le Parlement européen sur la Directive Eurovignette, j’ai eu des échanges constructifs avec les participants afin de réfléchir aux modalités d’amélioration des redevances des infrastructures routières, pour les rendre plus justes et plus écologiques.

 

Le siège du Parlement européen est et restera à Strasbourg!

Mercredi, les euro-députés ont débattu autour de l’idée d’un siège unique du Parlement européen. Il était une nouvelle fois question de faire du lieu de travail Bruxellois le siège unique du Parlement. Certains députés proposaient de compenser le déménagement de l’institution par l’établissement de l’Agence Européenne du Médicament à Strasbourg. Je suis intervenue, au nom de la délégation française socialiste, non pas contre le siège unique mais contre cette initiative anti-Strasbourg. Mon intervention a été l’occasion de mentionner que ce transfert n’est ni souhaitable, ni réalisable. J’ai ainsi pu rappeler que le temps passé dans les différents sièges du Parlement n’est pas proportionnel à leurs importances institutionnelles et symboliques. Strasbourg, image de la réconciliation franco-allemande, incarne l’essence même de la construction européenne tout en rappelant son histoire.

Alors même que nous venons d’inaugurer le nouveau bâtiment Václav Avel ici, pourquoi en revenir à la remise en cause de notre présence à Strasbourg ? Cette discussion, comme toutes celles qui l’ont précédée, n’est pas opportune. L’article 341 du TFUE établit que « le siège des institutions de l’Union est fixé du commun accord des États membres ». Et quand bien même il nous revenait de décider, le débat serait toujours aussi peu à propos.
Cependant, puisqu’il est ouvert, je me permets de répondre aux arguments pratiques avancés par les partisans d’un siège unique bruxellois:
Seule la pratique du travail parlementaire a normalisé la fréquence de notre présence à Bruxelles. Les traités, eux, gravent le siège officiel du Parlement à Strasbourg. Les réviser pour ôter à Strasbourg ce statut c’est ouvrir la voie à de multiples remises en question et marchandages sur l’ensemble des institutions et agences européennes
Par ailleurs, les bâtiments à Bruxelles pourraient nécessiter une rénovation estimée à 300 millions d’euros, voire une reconstruction qui pèserait encore plus sur le contribuable.
Quant à la proposition d’attribuer le siège de l’Agence Européenne des Médicaments à Strasbourg, permettez-moi de signaler que Strasbourg a déjà été écartée par le gouvernement français au profit de la ville de Lille.
Mais plus encore, l’absence d’opportunité du débat n’est pas seulement d’ordre pratique. Elle tient avant tout à l’importance de notre présence dans ces lieux. Être à Strasbourg n’est pas une fantaisie. Cette localisation a une histoire, un sens, un avenir.
Incontestablement, Strasbourg est l’incarnation même d’une part de l’histoire de la construction européenne, voire de son essence. La ville est précisément le symbole de la fraternité des peuples que l’Union recherche et cimente chaque jour un peu plus. Elle est une manifestation des bénéfices de la paix, et de la réconciliation franco-allemande.C’est à Strasbourg que Simone Veil présida le premier Parlement européen élu au Suffrage Universel. C’est à Strasbourg qu’Helmut Kohl a reçu, samedi dernier, les hommages qui lui étaient dus.
J’entends le procès fait par certains collègues mais tourner le dos à cet héritage serait une grave erreur. D’autant plus que le siège unique mettant fin à la transhumance pourrait aussi bien être à Strasbourg.

« Monsieur Liese, je crois que le débat qui nous occupe aujourd’hui ne concerne pas l’emplacement de l’Agence européenne des médicaments, puisque, de toute façon, nous en sommes très loin. Le débat aujourd’hui est de savoir si nous continuons à siéger ici, à voter nos directives et les règlements ici, au Parlement européen.
L’Agence européenne des médicaments n’est pas le sujet, et mélanger – comme nous le disons en France – les torchons et les serviettes n’a aucun sens. Ici, nous parlons d’un travail noble, celui du Parlement européen et celui que nous accomplissons en tant que députés européens. »

Perturbateurs endocriniens : le Gouvernement doit clarifier sa position !

Communiqué de la délégation socialiste française au Parlement européen

La Délégation française du Groupe Socialistes & Démocrates du Parlement européen appelle à une stricte application du principe de précaution.

Aujourd’hui les experts des États membres de l’Union européenne doivent se prononcer sur le texte crucial de la Commission européenne définissant les perturbateurs endocriniens. Rappelons que les perturbateurs endocriniens affectent déjà la santé des êtres humains : baisse de la fertilité masculine, puberté précoce, malformations congénitales, cancers du sein, etc. Ces troubles sont en nette augmentation ces dernières décennies et fortement corrélés aux perturbateurs endocriniens. Quand ceux qui les défendent parlent toujours rentabilité, rappelons d’ailleurs ce chiffre : ces substances nocives coûtent au minimum 157 milliards d’euros par an aux systèmes de santé européens.

Or, le bruit court que la France serait sur le point d’accepter la définition – dangereuse – actuellement sur la table.

Pour la délégation française du groupe Socialistes et démocrates, à la pointe du combat contre les perturbateurs endocriniens, le texte proposé est tout simplement inacceptable car il prévoit une charge de preuve très élevée, qui risque d’exclure un grand nombre de substances présentes dans notre environnement quotidien et potentiellement dangereuses pour l’être humain.

Une fois de plus la financiarisation de l’économie prend le pas sur la santé humaine. Les sociaux –démocrates français appellent la France à faire barrage à ce texte et exigent de la Commission européenne une stricte application du principe de précaution.

Jusqu’à aujourd’hui, la France, le Danemark et la Suède constituaient une minorité de blocage. Alors que trois sociétés savantes d’endocrinologie ont appelé les ministres européens à rejeter le projet de la Commission européenne, nous appelons solennellement M. Hulot et M. Macron à rester ferme et ne pas mettre en danger la santé des Européens en acceptant une définition dangereuse pour notre avenir et celui de nos enfants.

Nous devons réduire drastiquement l’exposition du public aux perturbateurs endocriniens, en particulier les enfants et les femmes enceintes. Pour cela, nous avons besoin d’une définition stricte !

Simone Veil, une Histoire européenne

Communiqué de la Délégation socialiste française

Les eurodéputés socialistes et radicaux saluent la mémoire de Simone Veil qui s’est éteinte aujourd’hui et proposent son entrée au Panthéon.

Simone Veil, dans sa chair, incarne la construction européenne : déportée à l’âge de 16 ans à Auschwitz, elle verra sa famille décimée pendant la Shoah. C’est avec l’énergie d’une survivante qu’elle a marqué l’Histoire de la France, de la construction européenne et des droits des femmes.

Première femme secrétaire générale du Conseil supérieur de la magistrature, première femme à siéger au conseil d’administration de l’ORTF, elle est celle qui a mis fin courageusement aux avortements clandestins en autorisant l’Interruption Volontaire de Grossesse en France, contre une partie de sa majorité politique.

Présidente du premier Parlement européen élu au suffrage universel en 1979, Simone Veil a également profondément marqué la démocratie européenne. Après Helmut Kohl, à la veille de l’hommage européen rendu à ce dernier, l’Europe est une nouvelle fois en deuil aujourd’hui. Parce que la France doit se souvenir de Simone Veil, les eurodéputés socialistes et radicaux proposent son entrée au Panthéon, entrée qui honorerait notre pays.

Le CETA en Marche ?

Communiqué de la Délégation socialiste française

Pour les sociaux-démocrates Français au Parlement européen, la Commission indépendante du Président Macron n’est que de la poudre aux yeux.
Alors qu’Emmanuel Macron a réaffirmé vendredi 9 juin devant des agriculteurs du Limousin, réunis au Lycée Les Vaseix à Verneuil-sur-Vienne, sa volonté de mettre en place une commission indépendante pour évaluer les conséquences du traité commercial CETA en matière de santé et d’environnement, les eurodéputés socialistes et radicaux Français dénoncent une supercherie.
Emmanuel Macron, fort de son crédo libre-échangiste, n’a cessé de se prononcer en faveur de l’accord économique et commercial global (AECG) entre l’Union européenne et le Canada, plus connu sous l’acronyme CETA (Comprehensive Trade and Economic Agreement) tout au long de la campagne présidentielle. Face aux excès de la mondialisation, à la montée des inégalités, au dérèglement climatique et à la destruction de la planète, il fait partie de ceux qui pensent qu’accentuer encore la libéralisation via des accords de dérégulation est la solution.
La délégation française du Groupe S&D rappelle que, dès lors le Parlement européen a donné son consentement le 15 février dernier, sans le soutien de la gauche française réunie et que le Canada l’a ratifié le 17 mai dernier, l’entrée en vigueur temporaire du CETA n’est qu’une histoire de semaines. 90% de l’accord s’appliquera d’ici peu, quoi qu’en pense la commission d’experts que veut mettre en place le Président de la République.
Cette commission est un leurre. Aussi indépendante soit-elle, elle n’empêchera en rien l’entrée en vigueur de l’accord et notamment la mise en place de nouveaux contingents agricoles et l’arrivée sur le marché européen de 50.000 tonnes de viandes bovines, élevées et nourries dans des conditions diamétralement opposées aux nôtres sur le plan sanitaire, environnemental, de la traçabilité et du bien-être animal…
Conformément aux Traités et à l’arrêt de la Cour de Justice de l’UE du 16 mai dernier, seul un vote négatif du Parlement français, au moment du processus de ratification , suspendrait l’accord. Il appartiendra à la nouvelle assemblée en marche de prendre ses responsabilités.

11 juin

Le 11 juin est une date historique pour les socialistes. En 1936, le vote des congés payés à l’Assemblée nationale, en 1971 la création du Parti socialiste à Epinay. En 2017, le 11 juin marquera la plus grosse défaite que nous n’ayons jamais connue. Notre responsabilité est totale et nous l’assumons.

Je pense d’abord à nos candidates et nos candidats, député(e)s sortant(e)s ou nouveaux candidats, aux militantes et militants investis durant cette campagne inédite qui ne seront pas présents au second tour.

Je ressens une grande tristesse et un profond sentiment d’injustice pour ces femmes et ces hommes de gauche et salue leur dévouement pour leurs convictions au service de la justice sociale. Le « dégagisme » s’est illustré.  Beaucoup trop de circonscriptions verront s’affronter dimanche prochain des candidats ne représentant pas la gauche. L’Assemblée nationale sera totalement déséquilibrée et clairement à droite.

Je pense aux Françaises et aux Français modestes qui ne seront pas représentés.

Nous devons mettre toutes nos forces pour permettre la victoire des candidats présents au second tour qui défendent la justice sociale, l’exigence écologique, une Europe pour les citoyens, le respect des droits fondamentaux.

Nous devrons ensuite rebâtir la maison commune de la gauche et des écologistes.

Au travail, toujours et encore

Après le soulagement, l’indispensable rassemblement des socialistes

C’est peu dire que cette élection a inquiété l’Union européenne et au-delà : tous les ingrédients étaient réunis pour que le pire devienne possible. En cela, l’élection à la présidence de la République d’Emmanuel Macron constitue un soulagement et je lui adresse toutes mes félicitations. Je tiens également à rendre hommage à François Hollande et à son action : je suis convaincue que l’Histoire montrera la justesse des politiques menées ces cinq dernières années.

Mais après ce soulagement, soyons clairs : rien n’est réglé. La colère des citoyens est toujours là, l’extrême droite est forte comme elle ne l’a jamais été dans notre pays. Or, on ne peut jouer à la roulette russe éternellement sans finir par se tirer une balle. C’est d’ailleurs pour cette raison que je m’oppose avec force à l’idée d’Emmanuel Macron pour qui, désormais, les partis politiques traditionnels seraient morts, qu’il n’y aurait plus que deux camps : les progressistes contre les nationalistes ; cela est faux et dangereux, mortifère même car, dès lors, la seule alternance possible serait le nationalisme et l’extrême droite.

Plus que jamais, nous avons besoin de la gauche et singulièrement des socialistes pour empêcher ce duel de s’installer dans le paysage politique. Je serai pleinement engagée aux côtés des candidats socialistes dans la bataille des élections législatives. Le quinquennat et l’inversion du calendrier électoral ne doivent pas faire oublier cette réalité : notre avenir sera décidé par la future majorité à l’Assemblée nationale. La photographie du premier tour de l’élection présidentielle n’aura rien de commun avec ce que sera le premier tour des élections législatives : les Français seront libérés de la carotte « vote utile » et du bâton Front national. Le projet et la proximité des élus joueront à plein.

Et puis, il faut le marteler, le changement en France ne peut pas se faire sans changement en Europe : que nous soyons dans une majorité socialiste ou dans l’opposition, nous devrons remettre sur le devant de la scène nos propositions pour changer l’Europe, la refonder, la réorienter, bref faire en sorte qu’elle améliore plus efficacement et visiblement la vie des citoyens. C’est la seule voie pour véritablement faire refluer l’extrême droite, non seulement en France, mais partout en Europe.

Cela, il faudra le faire en France, mais également lors de chaque élection nationale, avec tous les progressistes européens, et lors des élections européennes. Si les élections au Royaume-Uni vont essentiellement servir à définir la nature du Brexit – soft ou hard –, les élections en Allemagne sont tout aussi importantes que les élections françaises.

Enfin, en ligne de mire, se profilent les élections européennes de 2019 : avec un Brexit qui sera devenu réalité et dont tout le monde pourra juger des conséquences, la question de l’Europe que nous voulons sera au cœur du débat politique. Ce débat sera l’occasion de faire reculer visiblement l’extrême droite, de lutter à la fois contre les nationalismes et contre l’ultralibéralisme économique qui en fait le lit.

Le programme des socialistes, pour une politique fiscale juste et équitable, pour une Europe sociale, pour une politique d’investissements en faveur de l’emploi et de la transition écologique et pour une démocratisation de la zone euro est le seul qui puisse faire que nos enfants vivent mieux que nous.