Pour l’Europe et pour la République : le sens de notre vote du 7 mai prochain

Communiqué de la Délégation socialiste française

Eurodéputés socialistes et radicaux français, nous avons mis toutes nos forces en soutien à la candidature de Benoît Hamon, par loyauté, puisqu’il était le vainqueur incontestable de la Primaire socialiste, et par conviction, car son projet était le plus légitime pour construire une nouvelle Europe, celle que nous appelons de nos vœux.

Sans hésitation, au deuxième tour, nous voterons contre l’extrême droite. Nous voterons Emmanuel Macron. Les Français doivent se mobiliser contre le Front national ! Le programme liberticide du Front national constitue une menace grave pour la paix et pour l’avenir de nos enfants. Comme nous le rappelait le Président de la République française François Mitterrand devant le Parlement européen en 1994 : « le nationalisme c’est la guerre ! ».

Ce combat n’est pas seulement franco-français, il est européen. L’accession au pouvoir de l’extrême droite en France encouragerait la poussée des nationalismes qui prospèrent déjà partout sur le continent européen : en Autriche, en Pologne, en Hongrie, en Suède, en Finlande, en Slovaquie et maintenant en Allemagne.

Nous devons porter avec détermination la parole des citoyennes et citoyens européens. Notre combat de socialistes européens est tout autant de lutter contre les nationalismes, que contre le libéralisme économique qui en fait le lit.

Notre combat de socialistes européens pour demain, c’est celui d’une politique fiscale juste et équitable, c’est mettre fin au dumping social, c’est celui d’une politique d’investissements en faveur de l’emploi et de la transition écologique, celui d’une politique économique déterminée démocratiquement, notamment au sein de la zone euro. Nos ancêtres ont construit l’Europe, à nous de faire les Européens.

Le #Brexit ne doit ni durer, ni mobiliser toute notre énergie : l’heure est à la refondation !

Communiqué de la Délégation socialiste française

C’est une journée noire pour l’histoire de l’Europe. Le Royaume-Uni a officiellement enclenché aujourd’hui le processus du Brexit, 9 mois après le référendum. Le départ du Royaume-Uni, qui ne devrait être effectif que dans deux ans, constitue une perte pour l’Union et le symbole d’une Europe en crise, même si nous n’en mesurons pas encore toutes les conséquences.

Une rupture, c’est difficile. Un divorce, toujours douloureux. Et, quand il y a des enfants et des biens communs, c’est plus compliqué encore. Mais tout le monde a intérêt à trouver un accord positif. A ce titre, nous saluons la décision prise aujourd’hui par la Commission européenne d’interdire la concentration entre Deutsche Börse AG et London Stock Exchange Group : c’est le premier signe d’un début de négociation responsable et non faussé. Le Parlement européen adoptera la semaine prochaine à Strasbourg une résolution sur sa vision des négociations, qui doit à la fois être ferme et constructive.

Dans l’intérêt des Européens et des Britanniques, le Brexit ne doit ni durer, ni mobiliser toute notre énergie : l’heure est à la refondation, à la fois au niveau de l’Union européenne et au niveau de la zone euro. Nous devons renouer avec la vocation d’origine de l’Union, assurer la démocratie et le respect de valeurs, la prospérité, la liberté et la paix par la solidarité.

Il faut répondre à la question légitime des citoyens européens : pourquoi sommes-nous ensemble ? Pour nous, l’Union européenne permet aux Européens de mieux faire entendre leur voix dans le monde actuel. Comment définir des normes sociales et environnementales, face à la Chine ou aux États-Unis ? Comment penser sa défense face aux menaces contemporaines, entre les deux grandes puissances militaires que sont la Russie et les États-Unis ? Comment lutter efficacement contre le terrorisme ou l’évasion fiscale, qui sont par essence des problèmes transnationaux ?

Pour les eurodéputés socialistes et radicaux, la refondation, telle que préconisée par Benoît Hamon, est indispensable, à la fois au niveau de l’Union européenne et au niveau de la zone euro. Les Vingt-Sept doivent travailler ensemble en matière migratoire, de défense, de sécurité, de transition énergétique et de numérique ; au niveau de la zone euro, nous devons parvenir à une véritable convergence sociale et fiscale et à un budget de la zone euro, en la dotant des institutions de contrôle démocratique qui vont avec, afin de répondre à ces priorités absolues : l’emploi et l’investissement.

Nous sommes convaincus qu’une Europe refondée sera l’outil indispensable pour défendre nos valeurs, construire une souveraineté européenne et faire face ensemble aux défis et menaces du XXIème siècle. Dans les élections cruciales à venir, Martin Schulz et Benoît Hamon incarnent cette Europe désirable pour laquelle nous nous battons chaque jour au Parlement européen !

Pays-Bas : une victoire pour l’Europe

Communiqué de la Délégation socialiste française

Les Néerlandais ont envoyé hier un message d’espoir et ont confirmé leur attachement à l’Europe. D’abord, par la mobilisation massive des électeurs : face à la menace que représente l’extrême droite de M. Wilders, ils ont répondu présent, avec une participation électorale inédite depuis 30 ans.

Ensuite, le résultat de cette mobilisation est sans appel : ils ont renvoyé l’extrême-droite dans ses cordes, près de 9 Néerlandais sur 10 ont voté contre l’allié de Mme Le Pen.

Après l’Autriche, où Alexander Van der Bellen, candidat écologiste, avait emporté la présidentielle face au candidat d’extrême droite, c’est la preuve que le pire n’est jamais sûr, et que l’esprit de résistance existe.

Nous regrettons l’effondrement du Parti du Travail (PVDA), notre parti frère social démocrate qui a sans doute payé dans cette élection ses choix politiques de participer à la grande coalition droite gauche et nous conforte dans notre choix de clarification que nous menons avec les groupes de gauche et les écologistes au Parlement européen.

Si les électeurs néerlandais ont réussi à faire barrage à l’extrême droite, la menace brune est bien présente en France. Nous devons l’anticiper et, partout, la combattre. Avec le projet de Benoît Hamon, celui d’une France et d’une Europe désirables, les électeurs de gauche ont un programme d’espoir, d’avenir, de rassemblement, qui seul peut battre le FN et la droite extrême incarnée par M. Fillon.

Mettre les algorithmes au service de l’intérêt général

Communiqué de la Délégation socialiste française

Le Parlement européen a adopté, aujourd’hui, le rapport ambitieux de Mady Delvaux sur les règles de droit civil à appliquer à la robotique.

Ce rapport d’initiative du Parlement européen a connu une grande notoriété en France car il aborde la question du revenu d’existence défendu par Benoît Hamon. Sur ce point, nous dénonçons avec force la coalition réunissant l’extrême-droite, les libéraux et la droite qui ensemble ont voté contre notre demande à la Commission européenne d’anticiper les conséquences de la révolution numérique en cours : nous voulions mener un débat ouvert sur les nouveaux modèles d’emploi et sur la durabilité de notre système fiscal et social, ainsi que sur l’introduction d’un revenu de base général. Anticipation et solidarité sont des mots que la droite réactionnaire ne connaît pas.

Mais ce texte ne se résume pas qu’à ce débat et propose de nombreuses autres réflexions, sur les impacts juridiques et éthiques du développement de la robotique.

Attachés à la recherche, à l’innovation, au progrès, les eurodéputés socialistes et radicaux sont persuadés que la révolution numérique que nous vivons constitue, comme la révolution industrielle au XIXème siècle, un moyen d’améliorer la qualité de vie des citoyens et d’aller vers plus de prospérité.

Cependant, ce progrès ne se fera pas sans établir de nouvelles règles, sans créer un corpus de droits pour les citoyens et sans encadrer les pratiques qui vont naître des bouleversements entrainés par le numérique. Contre les fantasmes néolibéraux d’Uberisation, d’un gouvernement par les statistiques et les algorithmes, nous devons rester vigilants. L’alliance entre Wall Street et la Silicon Valley, c’est celle qui envisage les hommes de manière non-humaine, une gouvernance prétendument déterministe et qui se ferait non seulement sans, mais contre le politique, l’humain, l’indétermination, le hasard, l’erreur ou l’affect. Bref, au mépris de la vie.

Aussi, d’un point de vue éthique, économique ou politique, nous devons nous assurer que la révolution de l’intelligence artificielle et de la robotique n’entraînera pas une explosion du chômage, ne déstabilisera pas notre système fiscal et social et n’élargira pas le fossé entre les riches et les pauvres dans nos sociétés.

Alors que les algorithmes influencent de plus en plus des décisions qui impactent notre vie quotidienne, leur fonctionnement doit être transparent afin de pouvoir exercer un contrôle démocratique sur la façon dont s’opèrent les choix des machines. Démocratiser les technologies, oui, mais cela ne signifie pas seulement les offrir au plus grand nombre : cela implique que tous les citoyens déterminent leur rôle et leur place dans notre vie sociale. C’est mettre les robots et les algorithmes au service de la société dans son ensemble et non au service d’un comité des forges 2.0 !

Voici mon explication de vote:

J’ai voté en faveur du rapport du Parlement européen sur les règles de droit civil à appliquer à la robotique. L’évolution de la robotique et de l’intelligence artificielle soulève de nombreuses questions juridiques et éthiques qui nécessitent une intervention rapide au niveau de l’Union. Et je me félicité que ce rapport aborde tous ces défis en proposant plusieurs pistes d’actions : l’adoption de principe généraux et éthiques concernant l’évolution de la robotique et de l’intelligence artificielle, création d’une charte sur la robotique, la protection des droits de propriété intellectuelle, l’adoption de règles différentes pour les type de robot (véhicules autonomes, robots de soins, robots médicaux, etc.). En revanche je regrette profondément que la coalition réunissant l’extrême-droite, les libéraux et la droite ait vote rejeté la proposition du rapport visant à proposer des mesures, comme l’instauration d’un revenu universel de base, pour faire face effets que les robots auraient sur le marché du travail. C’était pourtant une proposition visionnaire qui s’inscrit pleinement dans les grands débats de sociétés du 21ème siècle.

 Trump à la Villette : le sommeil de la raison engendre des mons

Communiqué de la Délégation socialiste française 
M. Fillon était aujourd’hui en meeting à la Villette. Il a commencé son discours en parlant de « haute idée de la France, de liberté et d’honneur ». Pour, immédiatement après, faire des propositions visant à satisfaire les plus bas instincts de l’être humain et à diviser la société française.

24 heures après le « muslim ban » de M. Trump, qui scandalise partout sur la planète et auquel nous souhaitons que l’Union européenne réponde très fermement, M. Fillon a utilisé les mêmes méthodes nauséabondes de stigmatisation des musulmans pour faire oublier ses turpitudes.

Comme son discrédit est fort, M. Fillon a fait appel au deuxième bouc émissaire préféré de l’extrême droite après les musulmans : l’Union européenne. Pour ce faire, il a multiplié, comme il en a l’habitude maintenant, les mensonges, notamment sur le dossier détachement des travailleurs ou encore l’« Europe passoire ».

Le monde va mal, nous le voyons tous les jours : ce qui se passe aux États-Unis et en Russie est profondément inquiétant. En parallèle, chacun voit que l’Union européenne pourrait s’effondrer en 2017, et que cet effondrement peut venir des élections en France. Sans unité, les Européens seraient des confettis dans ce nouveau monde. Voilà le risque qui pèse sur nous.

Face à cette situation historique, M. Fillon a fait le choix de sauver sa peau et celle de sa famille : il mènera donc une campagne à l’extrême droite toute, légitimant ainsi le discours du Front national. Nous voilà encore plus proche du précipice. 

La gauche de la Belle Alliance Populaire a désigné aujourd’hui son candidat à l’élection présidentielle, avec une participation massive. Même si avec le quinquennat qui s’achève les socialistes ont parfois déçu, nous appelons à l’unité de l’ensemble des forces de progrès derrière Benoît Hamon. Les candidats autoproclamés ne peuvent pas être la goutte d’eau qui ferait déborder le vase. M. Macron, M. Mélenchon, quelle trace voulez-vous laisser dans l’Histoire ? Il est temps de ranger vos égos au vestiaire et de répondre sérieusement à cette question.