Quelle Europe voulons-nous ?

Jeudi 25 janvier, j’ai participé à une réunion Europe à l’attention des militants des sections socialistes de la 12ème circonscription des Hauts-de-Seine (Châtillon, Clamart, Fontenay-aux-Roses et le Plessis-Robinson) ; aux cotés de Vincent Rey, secrétaire fédéral en charge de l’actualité et de la riposte, Isabelle Dahan, secrétaire fédérale à l’animation et Michel Canet, secrétaire fédéral à la formation. Nous avons pu échanger sur le fonctionnement des institutions, l’action de la Délégation socialiste française au Parlement européen et aussi l’avenir de notre belle Europe.

Dans un premier temps, nous avons échangé sur les relations entre le Parlement européen, le Conseil et la Commission européenne ; l’occasion de rappeler que 80% des lois votées au Parlement français sont issus des directives européennes. Le Parlement européen est une institution législative ; la Commission européenne est une institution exécutive et le Conseil européen est une institution qui s’organise autour du pouvoir législatif et exécutif. Sa présidence change tous les six mois. Aux dernières élections de 2014, Jean-Claude Juncker le Président de la Commission européenne avait indiqué que sa priorité était la mise en place d’un pilier social ; malheureusement aujourd’hui tout reste à faire.

La libre circulation au sein de l’Union européenne implique que l’on proposé un cadre harmonisé de règles sociales et fiscales communes à tous les citoyens européens. Or, la majorité libérale des Etats membres se replient sur la règle de la subsidiarité pour refuser ce cadre commun

Un autre exemple est frappant, c’est l’accueil des réfugiés. La réforme du système « Dublin » adoptée au Parlement européen permettant un accueil des réfugiés hors du pays de première entrée n’est pas prêt d’être déclinée à l’échelle des Etats car ceux-ci-, toujours au nom du principe de subsidiarité s’y opposent. Je déplore par ailleurs que le gouvernement français ne soit pas présent dans ces débats.

Lors de la réunion, nous avons également échangé à travers des exemples concrets sur les actions que je mène au Parlement européen. Je suis donc revenue sur l’affaire du Dieselgate et le travail que j’ai mené au sein de la commission d’enquête EMIS qui avait vocation à mettre en lumière sur ce qui s’est passé ; nous avons tout mis en œuvre pour sensibiliser l’opinion sur ce réel problème de santé publique. Egalement, à faire évoluer la protection et l’indemnisation des consommateurs. Sur la pêche électrique, j’ai rappelé que ce sujet avait été mis sur le devant de la scène grâce à la société civile, à l’engagement des parlementaires européens de gauche et des citoyens. Sur le Glyphosate aussi, la société civile a joué un rôle déterminant. Si bien qu’une commission d’enquête va être mise en place ; dont la composition sera votée lors de la prochaine session plénière de février.

Nous avons ensuite échangé sur la politique de cohésion et le nouveau cadre financier pluriannuel, la politique de défense commune, le mécanisme de l’Etat de droit, le renforcement du rôle des régions européennes, la lutte contre les violences faites aux femmes…

Enfin, nous avons débattu sur les prochaines élections européennes et sur la mise en place des listes transnationales ; une demande défendue par les socialistes depuis plus de dix ans. Le Conseil du PSE qui a eu lieu à Lisbonne en décembre dernier avait fermement défendu cette position ; mais aussi la stratégie de nouvelles alliances politiques pour construire une nouvelle majorité à gauche, la désignation du candidat tête de liste au Parlement européen via des primaires,… Pour tout cela, nous devons pouvoir compter sur une base militante forte et motivée à porter les valeurs de la gauche, tout en s’appuyant sur la société civile européenne pour construire un avenir protecteur pour les Européens.

 

 

 

 

#Refondation : Quelle Europe voulons-nous ?

Le jeudi 23 novembre à Sèvres, la fédération socialiste des Hauts-de-Seine a organisé son forum sur les sujets européens dans le cadre de la refondation engagée par le Parti socialiste. Je suis intervenue aux cotés de ma collègue eurodéputée Pervenche Berès, également Philippe Berrée, le secrétaire fédéral à l’Europe et Elisabeth Humbert Dorfmüller, en charge de la section française du parti social-démocrate allemand (SPD).

Cette soirée fut l’occasion de rencontrer des socialistes engagés sur les questions européennes. C’est dans ce contexte que les forums de la refondation ont vocation à redonner au parti socialiste la place qui est la sienne ; tout en évoluant et en renouvelant ses bases qui correspondent aux changements de la société actuelle. Ce projet passe par des échanges et par une réflexion collective, à l’instar du débat qui a eu lieu.

Plusieurs thèmes ont été abordés lors de la réunion. Tout d’abord, sur le déclin de la social- démocratie en Europe, j’ai partagé mon sentiment sur l’écart qui s’est creusé entre les citoyens et les sociaux-démocrates européens ces dernières décennies. Ce phénomène vient du manque d’action concrète sur les enjeux sociaux, mais aussi de la stratégie politique qui n’a pas évolué. Depuis la fin de la seconde guerre mondiale, la politique européenne évoluait dans une logique de compromis entre les partis de droite et de gauche.  Cependant, la droite refuse d’accepter le progrès social. C’est pourquoi nous devons revoir le jeu des alliances. Depuis janvier 2017, les sociaux-démocrates ont engagé la rupture avec cette grande coalition, il est désormais possible de trouver de nouvelles alliances ; même si certaines délégations de gauche restent à convaincre. Oui, les sociaux-démocrates de certains Etats-membres sont séduits par les discours pro-européens des leaders de droite, ce qui participe à la déliquescence de notre famille politique. Et dernièrement, certains ont été séduits par les discours d’Emmanuel Macron, qui prône le renouvellement mais s’affère à rester dans cette logique de coalition sans faire de propositions concrètes. Par ailleurs, j’ai rappelé que le Président actuel est assez favorable une coopération renforcée entre les Etats-membres mais il ne parle pas de d’Etat fédéral européen ; ce que nous, sociaux-démocrates, défendons !

Et pour aller dans ce sens, il faut trouver des majorités plus avancées sur les 4 grands piliers que nous défendons : social, écologie, respect des droits et des valeurs et Europe. La question sensible de la révision des traités pour démocratiser les institutions européennes doit être posée.

Le conseil du Parti socialiste européen qui aura lieu à Lisbonne la semaine prochaine sera aussi un espace de refondation pour la gauche européenne. Nous sommes dans une période certes difficile mais passionnante pour les débats de fond et la reconstruction. La coopération avec les partis frères est essentielle pour renforcer la démocratie ; et l’enjeu majeur aujourd’hui est d’intégrer totalement l’espace européen dans notre pensée politique. Des pistes de réflexion sont possibles en ce sens : il faut par exemple démocratiser le fonctionement du PSE afin de favoriser les échanges avec les militants ; également revoir le fonctionnement du parti qui est trop calqué sur le modèle actuel des institutions.

Beaucoup d’autres thèmes ont été abordées : comme la question des listes nationales et transnationales pour les prochaines élections européennes. J’ai rappelé que ce mode de scrutin est à mon sens un facteur de dynamisme et de convergence et qu’il favorise le rapprochement entre les eurodéputés et les administrés de la circonscription.

Sur l’Etat de droit en Pologne et en Hongrie, j’ai rappelé que le Parlement européen avait voté pour la mise en place d’un mécanisme de l’Etat de droit permettant une évaluation et un contrôle permanent, proposition bloquée au niveau de la Commission et du Conseil. Cependant, au-delà du problème institutionnel, le problème est bien politique : le PPE par exemple continue de soutenir Viktor Orban qui bafoue chaque jour les libertés individuelles en Hongrie.

En conclusion j’ai rappelé que lors du prochain congrès de notre parti, il serait opportun de mettre au cœur des échanges la question européenne, transversale a beaucoup d’autres thèmes. Il faudra également, laisser toute la place aux militants pour s’exprimer, comme c’est déjà le cas avec la possibilité de déposer des contributions thématiques ; et enfin s’ouvrir à l’ensemble des acteurs de la société civile.