Echange avec les élèves de Terminale du lycée français de Lisbonne

Vendredi 7 décembre j’étais invitée à intervenir devant des élèves de terminale du Lycée français de Lisbonne sur les institutions européennes et les politiques actuellement en cours de discussion au Parlement européen.

Après leur avoir exposé les caractéristiques institutionnelles de l’Union européenne, Commission Parlement et Conseil, j’ai présenté quelques dossiers dont j’avais eu la responsabilité au Parlement européen, sur le 4ème paquet ferroviaire, la commission d’enquête sur les émissions de polluant dans le secteur automobile ou encore la Convention d’Istanbul contre les violences faites aux femmes.

Nous avons ensuite échangé sur plusieurs dossiers clés actuellement en cours de discussion qui figurent également dans leur programme.

J’ai été interrogée sur les politiques de concurrence européennes et son articulation avec les missions de service public. A travers l’exemple du  4ème paquet ferroviaire, j’ai pu leur préciser que le principe de concurrence libre et non faussée était aujourd’hui fortement discuté pour pouvoir garantir des missions de services publics à tous les Européens. De la même manière, l’interdiction aujourd’hui toujours en vigueur d’autoriser des aides d’Etat pour soutenir les entreprises européennes était désormais remis en question. L’Union européenne est potentiellement la première puissance mondiale mais peine encore à s’affirmer comme tel dans les échanges commerciaux et dans sa politique de marché intérieur. Je leur ai indiqué qu’au sein du groupe des Socialistes et démocrates nous préconisions de réautoriser ces aides d’Etat mais aussi de s’assurer d’une préférence européenne dans l’attribution de marchés publics par appels d’offres.

La Convention d’Istanbul et le prévention et protection des femmes et des filles ont également fait l’objet de nombreuses questions.

Enfin l’amélioration du processus démocratique et l’abstention ont aussi été largement abordés.

Je remercie vivement Mehdi Benlahcen et Flavie Rousseau d’avoir organisé cette conférence. J’ai été très impressionnée par la qualité de la préparation et l’intérêt des élèves. C’était un débat de haut niveau !

Les élèves du lycée français de Lisbonne à la découverte du Parlement européen

Mardi 22 novembre, pendant la session plénière du Parlement européen de Strasbourg, j’ai reçu un groupe d’élèves du lycée français Charles Lepierre de Lisbonne. Il s’agissait d’un groupe d’élèves de mon ami Mehdi Benlahcen, professeur mais aussi Conseiller à l’Assemblée des Français de l’étranger pour le Portugal et Président du groupe Français du Monde à l’AFE.

lisbonne

Les échanges ont tout d’abord porté sur le choix des commissions parlementaires par les eurodéputés. Dans mon cas, ayant travaillé sur la question des transports en tant que conseillère régionale j’ai naturellement eu la possibilité de siéger dans la commission des transports. Je suis également membre de la commission des Libertés civiles, de la justice et de la sécurité intérieure. Cette semaine par exemple, la question des violences faites aux femmes est au cœur du débat européen et je suis fière d’être rapporteure sur le texte d’adhésion de l’Union européenne à la convention d’Istanbul. J’ai sensibilisé les élèves sur ce sujet qui me tient à cœur.

Sur le fonctionnement interne des commissions et des réunions de groupe, j’ai expliqué qu’en commission thématique les eurodéputés votent et préparent des amendements sur les textes proposés par le Commission européenne et le Conseil. Dans le groupe des socialistes et démocrates, les 28 Etats sont globalement représentés. C’est un atout pour le travail d’unification que nous menons, même si certains débats sont parfois difficiles car les enjeux nationaux interfèrent sur des questions sensibles. Sur la défense par exemple, le contexte géopolitique actuel, empêche la création d’une véritable armée européenne de défense. Les socialistes allemands sont opposés à cette idée. Alors, même si les membres du groupe peuvent trouver des positions unanimes sur certains sujets, il y a des thématiques qui restent assez clivantes. Le salaire minimum européen en fait partie ; surtout quand on sait que les socialistes roumains ou polonais y sont farouchement opposés. Cependant, le but des groupes politiques au Parlement européen reste quand même de se mettre d’accord et de porter des idées partagées.

Lors des débats, les élèves étaient surpris par le nombre important d’eurodéputés français du Front national qui font partie du groupe ENF (Europe des nations et des libertés) au Parlement européen. J’ai donc expliqué que le Front national a réalisé des scores importants aux élections européennes de mai 2014 et la faible mobilisation, notamment des jeunes, y est pour beaucoup dans ces résultats. Les conséquences ont été terribles pour les autres partis politiques et la composition des groupes. Par exemple, la Délégation socialiste française se place en 6ème position des délégations du groupe S&D derrière la délégation allemande, italienne et roumaine ; alors même si cela ne nous empêche pas de travailler chaque jour pour la défense des intérêts français et européens, le poids des décisions n’est pas le même.

Une élève m’a posée la question de l’organisation de mon temps. Je lui ai répondu que les eurodéputés travaillent beaucoup, trois semaines par mois à Bruxelles et une semaine intense de plénière à Strasbourg. Par ailleurs, je partage mon temps entre le Parlement et ma circonscription d’élection (l’Ile-de-France) qui m’amène à beaucoup voyager à l’extérieur car je suis également élue pour les Français de l’étranger.

En conclusion des échanges j’ai rappelé que pour mener à bien son mandat de député européen la question de l’engament militant est essentielle, car il détermine la politique que l’on souhaite appliquer sur le territoire européen. Les socialistes défendent des valeurs humanistes qui ont vocation à développer les progrès sociaux à l’échelle européenne. C’est toujours avec plaisir que je reçois des groupes de visiteurs sur mon lieu de travail. C’est l’occasion pour eux de plonger au cœur du Parlement et de profiter de l’effervescence des plénières pour approfondir leurs connaissances des institutions européennes.