Lettre ouverte à E Macron pour le respect du droit de visite de Mme Claude Mangin à son mari détenu au Maroc

Le 26 avril dernier, je suis allée à la rencontre de Claude Mangin-Asfari qui a entamé une grève de la faim à la mairie d’Ivry-sur-Seine. Mme Mangin-Asfari est une citoyenne française dont le mari, Naâma Asfari, est militant indépendantiste Sahraoui. Il a été condamné à 30 ans de prison au Maroc en 2011 pour avoir dénoncé les discriminations contre le peuple Sahraoui. Depuis 21 mois, Mme Claude Mangin-Asfari est refoulée par les autorités marocaines sans motif précis.

Sensible au combat de Mme Claude Mangin-Asfari pour le respect du droit de visite et préoccupée par les conditions de détention de son mari, j’ai alerté mes collègues députés socialistes européens de sa situation.

Nous avons envoyé une lettre au Président de la République l’appelant à agir auprès des autorités marocaines afin de lever l’interdiction et permettre à Mme Claude Mangin-Asfari de rendre visite à son mari Naâma Asfari.

La lettre adressée au Président de la République :

Courrier a l’attention d’Emmanuel Macron – Mme Claude Mangi Asfari – 02052018.doc

Rencontre avec Claude Mangin-Asfari en grève de la fin depuis le 18 avril

Jeudi 26 avril je suis allée à la rencontre de Claude Mangin-Asfari, qui a entamé une grève de la faim à la mairie d’Ivry-sur-Seine dans le Val-de-Marne le 18 avril. Elle a décidé de mener ce combat car depuis 21 mois elle n’a pas pu rendre visite à son mari Naâma Asfari, prisonnier politique sahraoui depuis 7 ans au Maroc ; période pendant laquelle elle a été refoulée quatre fois par les autorités marocaines sans motif précis. Elle restera donc en grève de la faim illimitée jusqu’à ce qu’elle puisse faire valoir son droit de visite auprès de son mari qui a reçu récemment le prix des droits de l’Homme de la fondation ACAT. Ce quatrième refoulement en moins de deux ans est une énième représaille à l’encontre de Naâma Asfari condamné à 30 ans de prison pour avoir défendu l’autodétermination du peuple sahraoui.

Arrivée le 16 avril à Rabat, Claude Mangin-Asfari a été immédiatement reconduite dans un avion pour la France. Ce refus d’entrée sur le territoire constitue une atteinte à son droit de visite privée et aux droits des prisonniers. Elle a déclaré le 25 avril 2018, lors d’une conférence de presse « je me sens comme dit Naâma, en accord, esprit, corps, âme et cœur dans cette action que j’ai entreprise pour que justice me soit faite »

Les médias se sont largement saisis de cette affaire et elle a reçu le soutien de nombreux élus et acteurs de la société civiles. J’apporte également tout mon soutien à Claude Mangin-Asfari et j’attire l’attention de tous les responsables politiques sur l’urgence de la situation car face à sa détermination j’ai une immense inquiétude quant à son état de santé. A cet égard, je vais écrire une lettre au Président de la République ; qui je l’espère sera cosignée par de nombreux parlementaires européens et qui pourra faire en sorte que la situation se débloque rapidement.

Rencontre avec les défenseures des droits des femmes de la région EuroMed

J’ai rencontré le 11 mai une délégation de défenseures des droits des femmes de la région EuroMed. Cette rencontre s’inscrit dans le cadre d’une campagne régionale de l’ONG EuroMed Droits sur la Convention d’Istanbul contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique : #NONauxViolencesFaitesAuxFemmes.

En tant que Co-rapporteure pour l’adhésion de l’Union européenne à la Convention d’Istanbul, je suis très heureuse d’avoir pu échanger avec ces trois femmes engagées de Tunisie, du Maroc et de Chypre. Il faut assurer aux femmes le droit de vivre sans violence tant dans l’espace privé que public, où qu’elles soient en Europe et dans le monde. La Convention est aussi ouverte à signature aux États non-membres du Conseil de l’Europe comme la Tunisie et le Maroc.

Nous avons en particulier échangé sur la condition des femmes demandeuses d’asiles et réfugiées au Maroc et en Tunisie où, malgré des réformes, la situation reste fragile. Ces femmes sont très vulnérables et sujettes aux violences basées sur le genre. Le rapport du Parlement précise que la violence basée sur le genre peut être reconnue comme une forme de persécution sous la Convention de Genève de 1951 et que les  États doivent adopter une approche tenant compte du genre dans les procédures d’asiles. J’ai bien entendu l’appel de ces militantes qui s’inquiètent du sort de ces milliers de femmes. Il faut veiller, avec les ONG,  à ce que les relations entre l’UE et les pays du Sud de la Méditerranée respectent les droits humains des migrants et des réfugiés, et des femmes en particulier.

Des mesures réactionnaires et autoritaires affaiblissent les femmes partout dans la région EuroMed. Que ce soit en Pologne ou au Maroc, il est intéressant de noter que les mécanismes à l’oeuvre sont les mêmes : une instrumentalisation de la religion pour assoir une domination sur les femmes et sur leurs corps.

Je félicite encore ces femmes pour leur engagement. Nous nous retrouverons pour organiser une rencontre entre les défenseuses des droits de femmes de Pologne et de Hongrie et des pays du Sud de la Méditerranée. Toutes les femmes du monde, avec des identités et des religions différentes, font face aux mêmes obstacles.