SOS Méditerranée

Communiqué de la Délégation socialiste française

L’attitude du ministre de l’Intérieur italien, Matteo Salvini, est non seulement d’une lamentable prévisibilité, mais relève d’un comportement illégal.

Dans la palette des décisions à l’emporte-pièce à sa disposition, il a choisi de dégainer le refus d’accostage de l’Aquarius, bateau de secours en mer de l’ONG SOS Méditerranée, avec à son bord 600 migrants sauvés de la noyade.

Refusant de continuer à prendre en charge seules l’accueil des migrants débarqués, les autorités italiennes ont demandé à Malte d’ouvrir ses ports ; ce que l’île a catégoriquement refusé.

Une telle décision, que ce soit du côté de l’Italie ou de Malte, mérite une condamnation morale. Mais au-delà, il faut également questionner le droit de la mer. Or l’Italie ne peut pas se soustraire à ses obligations internationales et est obligée d’accepter l’accostage de l’Aquarius.

Aucun autre pays européen ne s’est montré solidaire de l’Italie en ouvrant ses ports, c’est pourquoi les autorités maltaises craignent de se retrouver dans la même situation et devoir accueillir de nombreux migrants, sans aucun soutien de ses voisins.

Dans ce bras de fer entre pays européens fuyant les responsabilités communes, une seule question se pose : combien de temps les rescapés de la noyade seront-ils condamnés à errer sur les mers ?

Vu les capacités des 28 à se mettre d’accord ne serait-ce que sur la réforme du Règlement Dublin, nous ne pouvons qu’être extrêmement inquiets sur leur sort.

Rencontre avec les défenseures des droits des femmes de la région EuroMed

J’ai rencontré le 11 mai une délégation de défenseures des droits des femmes de la région EuroMed. Cette rencontre s’inscrit dans le cadre d’une campagne régionale de l’ONG EuroMed Droits sur la Convention d’Istanbul contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique : #NONauxViolencesFaitesAuxFemmes.

En tant que Co-rapporteure pour l’adhésion de l’Union européenne à la Convention d’Istanbul, je suis très heureuse d’avoir pu échanger avec ces trois femmes engagées de Tunisie, du Maroc et de Chypre. Il faut assurer aux femmes le droit de vivre sans violence tant dans l’espace privé que public, où qu’elles soient en Europe et dans le monde. La Convention est aussi ouverte à signature aux États non-membres du Conseil de l’Europe comme la Tunisie et le Maroc.

Nous avons en particulier échangé sur la condition des femmes demandeuses d’asiles et réfugiées au Maroc et en Tunisie où, malgré des réformes, la situation reste fragile. Ces femmes sont très vulnérables et sujettes aux violences basées sur le genre. Le rapport du Parlement précise que la violence basée sur le genre peut être reconnue comme une forme de persécution sous la Convention de Genève de 1951 et que les  États doivent adopter une approche tenant compte du genre dans les procédures d’asiles. J’ai bien entendu l’appel de ces militantes qui s’inquiètent du sort de ces milliers de femmes. Il faut veiller, avec les ONG,  à ce que les relations entre l’UE et les pays du Sud de la Méditerranée respectent les droits humains des migrants et des réfugiés, et des femmes en particulier.

Des mesures réactionnaires et autoritaires affaiblissent les femmes partout dans la région EuroMed. Que ce soit en Pologne ou au Maroc, il est intéressant de noter que les mécanismes à l’oeuvre sont les mêmes : une instrumentalisation de la religion pour assoir une domination sur les femmes et sur leurs corps.

Je félicite encore ces femmes pour leur engagement. Nous nous retrouverons pour organiser une rencontre entre les défenseuses des droits de femmes de Pologne et de Hongrie et des pays du Sud de la Méditerranée. Toutes les femmes du monde, avec des identités et des religions différentes, font face aux mêmes obstacles.