Echange avec les députés de Gambie sur l’action publique pour combattre les violences faites aux femmes

J’ai rencontré cet après-midi des députés de l’Assemblée nationale de Gambie afin d’échanger sur l’action publique pour combattre les violences faites aux femmes et les mutilations sexuelles.

Du côté de l’Union européenne, j’ai présenté les récentes politiques en la matière et surtout mon rapport sur l’adhésion de l’Union à la Convention d’Istanbul, traité international juridiquement contraignant sur les violences faites aux femmes. L’adhésion de l’Union a une valeur ajoutée indéniable car il va permettre la mise en place d’un cadre législatif cohérent en Europe. L’Union pourra également se charger de collecter des données comparables à travers les Etats membres. En Gambie comme en Europe, nous manquons de données fiables qui nous permettraient d’adapter au mieux notre cadre législatif.

Nous avons longuement échangé sur les mutilations sexuelles qui font aussi de très nombreuses victimes en Europe – environ 500 000 femmes. La Gambie a adopté une loi en décembre 2015 réprimant pénalement l’excision. C’est un immense pas en avant de reconnaitre que la mutilation est un crime et qu’il doit être sévèrement puni. Après la loi, l’éducation – y compris l’éducation sexuelle et relationnelle – est un vecteur puissant pour changer en profondeur les mentalités.

 

Je suis heureuse d’avoir échangé nos expériences et bonnes pratiques avec cette délégation de Gambie. Le combat politique en faveur des femmes est encore loin d’être gagné !

Les mutilations sexuelles sont des crimes et ils doivent être punis comme tels!

Le 6 février est la journée internationale pour une tolérance zéro à l’encontre des mutilations génitales féminines. Je préfère la clarté des expressions : nous devons parler de mutilations sexuelles car c’est bien la sexualité de la femme qui est attaquée.

A l’occasion de cette journée d’action, le Parlement européen a débattu de l’action de l’Union pour prévenir ces actes de tortures et pour protéger les millions de victimes. L’ONU estime que 200 millions de femmes et de filles ont été mutilées dans le monde, que 3 millions de jeunes filles risquent de les subir chaque année, ainsi que 180 000 européennes.  Le Parlement européen doit fermement s’engager dans la lutte contre cette barbarie, contre cette forme extrême de violence de genre qui touche dramatiquement tous les continents et également l’Europe.

Aujourd’hui je demande à la Commission européenne de rendre des comptes, 3 ans après la mise en œuvre de sa stratégie, je demande à l’Union d’investir dans les droits sexuels et reproductifs dans toutes les régions du monde et je demande à chaque État d’adapter son cadre législatif. Les mutilations sexuelles féminines sont des crimes et ils doivent être punis comme tels. Rien ne doit les justifier.

J’ai insisté sur cette réponse pénale car nous avons un instrument qu’il suffit de mettre en oeuvre en le ratifiant ! La Convention d’Istanbul est un traité international consacré à la violence à l’égard des femmes. Dans son article 38, cette Convention statue clairement que les parties « prennent les mesures législatives nécessaires pour ériger en infractions pénales l’excision, l’infibulation ou toute autre mutilation de la totalité ou partie des labia majora, labia minora ou clitoris d’une femme ». Tous les Etats membres, et l’Union européenne elle-même, ont signé cette Convention ; j’attends donc les ratifications manquantes au plus vite.

Madame la Commissaire,

Chers collègues,
Le message sur nos t-shirt est clair : faisons cesser au plus vite les mutilations génitales féminines. Ou devrions-nous dire mutilations sexuelles car j’insiste sur ce point : ce sont les organes sexuelles de ces femmes qui sont détruits et c’est le reflet d’une inégalité entre les sexes profondément enracinée.
Au mois d’octobre au Parlement, j’ai entendu le récit d’une victime d’excision, expliquant comment elle a surveillé ses deux jeunes filles jours et nuits, dans la rue, devant l’école, devant sa maison, pour éviter qu’elles se fassent enlever et exciser. C’est un récit glaçant.
Que devons-nous faire pour ces millions de victimes, aussi en Europe ? Investir dans l’éducation évidemment, changer les mentalités aussi, promouvoir les droits sexuels et reproductifs et adapter notre arsenal législatif.
La Convention d’Istanbul est un traité international juridiquement contraignant qui appelle à la pénalisation des mutilations sexuelles afin qu’elles soient dûment sanctionnées.
La ratification par les États membres qui ne l’auraient pas encore fait – et ils sont encore trop nombreux – et par l’Union européenne sera donc une étape fondamentale ! Il faut la ratifier et la mettre en oeuvre au plus vite pour que les auteurs soient punis !

 

Voici mon explication de vote:

J’ai voté en faveur d’une Résolution sur les mutilations sexuelles féminines, dans le cadre de la journée internationale pour l’éradication de ces pratiques barbares. La Résolution du Parlement appelle la Commission et les Etats membres à intensifier leurs efforts pour prévenir les mutilations sexuelles et pour protéger les victimes. Trois ans après la première stratégie européenne sur la question, les nombres sont encore inacceptables : 180 000 femmes européennes sont à risque chaque année et on estime que 15 millions de jeunes filles y seraient sujettes d’ici 2030.

 

Je suis particulièrement attentive aux dispositions de la Convention d’Istanbul qui statue que les mutilations sexuelles peuvent être reconnues comme une forme de persécution et que ses victimes peuvent donc être réfugiées en vertu de la convention de 1951. Nous demandons à ce que les états membres, qui ont souvent une interprétation restrictive de ces motifs d’asile, accordent la meilleure protection possible à ces victimes. Les mutilations sexuelles ne sont pas des traditions ou des coutumes ; ce sont des actes de tortures pratiqués sur des jeunes filles mineurs.

 

Enfin, le Parlement s’est exprimé à nouveau pour exhorter les États membres et l’Union européenne à ratifier la Convention d’Istanbul au plus vite.

 

 

 

 

 

 

#InternationalGirlChildDay #StopMutilationsGénitalesFéminines

À l’occasion de la journée internationale des filles du 11 octobre, j’ai participé à une table ronde sur les mutilations génitales féminines perpétrées sur les filles, en général avant leurs 15 ans.

Les mutilations génitales féminines sont une pratique qui consiste à altérer ou léser les organes génitaux de la femme pour des raisons non médicales. C’est une violation sévère des droits humains et un acte criminel.

En Europe, de nombreuses filles sont victimes ou menacées de l’être. Les données manquent mais le Parlement européen estime qu’un demi-million de filles sont mutilées en Europe et des milliers sont en risque de l’être. Les conséquences sont dramatiques : graves souffrances psychologiques et physiques et des séquelles médicales à vie.

Nous avons débattu des mesures contre cette pratique et surtout de l’outil juridique le plus important : la Convention d’Istanbul contre les violences faites aux femmes, traité international juridiquement contraignant. En tant que rapporteure pour le Parlement sur l’adhésion de l’Union à cette Convention, j’ai présenté longuement cet arsenal juridique.

La Convention érige l’acte, le fait d’inciter ou le fait de contraire une fille à subir des mutilations génitales féminines comme une infraction pénale, c’est-à-dire un crime. C’est un acte d’une extrême gravité qui doit être sanctionné par des mesures pénales. La Convention ajoute que les justifications d’ordre culturel, religieux ou traditionnel sont irrecevables. Poursuivre les coupables est essentiel pour stopper l’impunité et pour octroyer le statut de victime à part entière à celles qui osent dénoncer.

Le combat contre les mutilations génitales féminines nécessite une réponse globale qui dépasse la seule réponse juridique. Avec les autres intervenants, nous avons discuté de la sensibilisation des filles et des communautés affectées, de l’éducation et d’un projet en cours de l’association GAMS Belgique pour sensibiliser les professionnels en lien avec les victimes.

Je remercie aussi Aissatou Diallo pour son témoignage. Elle a fait preuve d’un courage remarquable pour s’élever contre sa communauté et sa famille pour protéger ses filles d’être des victimes. Aujourd’hui réfugiée politique en Belgique, elle continue à militer et à sensibiliser les plus jeunes.

Restons-tous mobilisés, au-delà du 11 octobre, pour la fin des mutations génitales féminines et pour le droit des filles à être libres et en sécurité.