Halte aux violences néofascistes en Europe

Communiqué de la Délégation socialiste française

Le Parlement européen a adopté aujourd’hui une résolution qui condamne la hausse du nombre d’incidents liés à la haine et l’intolérance en Europe. Les eurodéputés socialistes et radicaux de gauche souhaitent un sursaut collectif fasse à la violence néo-fasciste croissante.

Pour Sylvie Guillaume, vice-Présidente du Parlement européen, « il y a urgence à dénoncer ces mouvements qui ne sont en aucun cas admissibles dans nos démocraties. Du meurtre de Jo Cox par une personne d’extrême-droite à l’Italien ayant tiré sur six migrants lors d’une attaque à caractère raciste, en passant par les agressions homophobes en France, ces faits inacceptables se multiplient. Face à cette recrudescence des mouvements néofascistes, il faut agir. C’est la raison pour laquelle nous condamnons avec force l’inaction de la France face à un groupuscule comme Génération Identitaire, malgré nos demandes répétées de dissolution. Nous souhaitons que le nouveau ministre de l’Intérieur s’engage sur une autre voie que son prédécesseur. Ces groupes sont des dangers pour les citoyens et nos démocraties ! ».

Pour Christine Revault d’Allonnes-Bonnefoy, Présidente de la délégation socialiste française, « l’Europe peut agir pour protéger ceux qui sont les victimes de cette montée néo-fasciste alarmante. Il est temps de se doter d’une législation consolidée contre les discriminations, en adoptant la directive sur l’égalité de traitement bloquée depuis maintenant dix années par le Conseil.

Les États doivent également respecter une décision du Conseil sur la lutte contre les actes de racisme et de xénophobie au moyen du droit pénal. Ces actes doivent être passibles de sanctions pénales effectives et dissuasives. La Commission doit engager des procédures d’infractions pour les États qui ne s’y conforment pas encore ».

« Parce que la répression ne suffira pas, nous insistons sur la connaissance de l’histoire et l’éducation des plus jeunes générations. En ce sens, la réforme des programmes d’enseignement de l’histoire en France nous inquiète particulièrement, et nous sommes résolument du côté des enseignants », concluent les deux eurodéputées.

Le vrai visage des nationalistes en Europe

Ce mercredi 24 octobre, je me suis adressée à tous les citoyens européens qui sont tentés par les partis d’extrême-droite, ceux qui prétendent leur garantir la liberté, la sécurité et la prospérité.  Si on prend le temps d’aller au-delà de leurs discours, on découvre toujours plus de mensonges et d’arguments fallacieux. La réalité de leurs votes est bien différente ce qu’ils clament, en particulier sur la sécurité et les frontières. Les Européens et l’Europe méritent mieux que ces politiques du pire. Ils méritent également mieux que des politiques libérales qui broient les femmes et les hommes les plus vulnérables. Ne tombons-pas dans le piège que ces deux camps nous tendent : notre choix ne se résume pas au libéralisme d’un côté et au nationalisme de l’autre. Il y a bien des alternatives, dont celle des Socialistes et Démocrates : une Europe solidaire, écologique, démocratique, progressiste, émancipatrice et sociale.

« Les nationalismes menacent la construction européenne. Leurs mensonges, la politique du pire qu’ils mènent, leur emprise sur la société font que de plus en plus d’Européens perdent confiance. Ils corrodent nos esprits, fragmentent nos sociétés.

Leurs mensonges et leurs arguments fallacieux ne produisent que de la peur, de la haine et de la violence.

Alors que faire, mes chers collègues ? Pour les vaincre, nous devons d’abord les exposer à la lumière, tels des vampires. Montrer leur vrai visage.

Dans la délégation socialiste française, nous scrutons leurs votes.

Renforcer le contrôle des armes à feu pour lutter contre le terrorisme ? Ils votent contre.

La protection sociale des chauffeurs routiers, le principe à travail égal salaire égal ? Ils votent contre.

Des mesures pour l’égalité entre les femmes et les hommes ? Ils votent contre.

Toutes les mesures pour lutter contre la pollution, y compris le plastique aujourd’hui, ils votent contre.

Le renforcement des frontières de l’Union européenne ? Ils votent contre, mes chers collègues !

Ils prétendent protéger, ils détruisent. Voilà leur vrai visage. Regardez-les à chaque vote et vous verrez que l’extrême-droite conduit à la ruine des Européens. Un autre futur est possible : je ne parle pas du libéralisme mais bien d’une troisième voie. Celle du progrès social, de l’humanisme et de la solidarité et elle est incarnée par les socialistes ».

 

 

L’extrême droite européenne se retrouve à Coblence

Communiqué de la Délégation socialiste française

Le 21 janvier prochain vont se retrouver à Coblence plusieurs représentants de l’extrême droite européenne, dont Mme Le Pen, Mme Petry, leader de l’Alternative für Deutschland (AfD) et M. Wilders du Parti populaire libéral et démocrate néerlandais, en vue des élections nationales de 2017.

La date et le lieu montrent que le Front national est réactionnaire : Coblence, c’est la ville où la noblesse française, opposée à la Révolution française, a installé son quartier général, et espérait y mener la contre-révolution. Et le 21 janvier est la date anniversaire de la mort de Louis XVI. On savait que pour l’extrême droite, en France, en Europe ou ailleurs, « c’était mieux avant », mais là, la nostalgie remonte loin !

À l’occasion de ce meeting, l’extrême droite européenne, comme Trump aux États-Unis, a déjà prévu de bafouer, une fois de plus, la liberté de la presse en privant plusieurs médias d’accréditation. C’est désormais un classique, l’extrême droite, en Allemagne comme ailleurs, joue de la victimisation. Mais, outre-Rhin, l’AfD le fait avec les mots de l’Allemagne nazie, en parlant de « Lügenpresse », soit la presse mensongère. Nous dénonçons avec force cette nouvelle atteinte à la liberté de la presse.

Pour le reste, nous connaissons déjà leur programme : stigmatisation des réfugiés et des musulmans, racisme, abrogation des Accords de Schengen voire sortie de l’Union européenne. Et un débat pas encore tranché où l’on mesure que l’extrême-droite européenne relancerait une guerre économique : là où FN et AfD voulaient la fin de l’Euro il y a peu, ce qui revenaient à ouvrir une guerre des monnaies, les premiers préconisent désormais un retour à l’écu, quand les seconds proposent la création de deux monnaies, un Euro du Nord et un Euro du Sud, et s’opposent à un écu à taux fixe. Dans cette alliance baroque, il faut noter que l’AfD voit la France appartenir à un Euro du Sud, avec la Grèce, l’Espagne et l’Italie. Ces deux propositions, chacune à leur façon, menacent à la fois les Français et les Européens.

Et parce que quelques membres de l’AfD ont critiqué le soi-disant « socialisme » de Mme Le Pen – elle vole parfois les mots de la gauche pour manipuler l’électorat – cette dernière leur a déjà donné un gage en promettant la privatisation d’EDF. Comme Trump aux États-Unis, la stratégie de Mme Le Pen est limpide : jouer à celle qui protège le peuple pour mieux le trahir et le livrer en pâture aux forces de l’argent, de la même façon que Trump dénonçait Goldman Sachs avant de lui livrer les clés de son pays une fois élu. Le Brexit et l’élection de Trump doivent sonner comme un avertissement : depuis l’antiquité, nous savons que les sirènes, avec leur chant envoûtant, sont une menace de mort et de désolation.