#PrixDuCitoyenEuropéen La Maison des Femmes de Saint-Denis à l’honneur!

Mercredi 26 septembre, j’ai participé à la remise du prix du citoyen européen 2018 qui est une initiative conjointe du Parlement européen et de deux réseaux européens qui ont pour objectif de promouvoir la citoyenneté active. Ce prix récompense l’engagement démocratique et civique d’individus ou de groupes de citoyens. Cette année, dans la catégorie « initiative citoyenne de l’année », les premières lauréates sont les membres de la Maison des Femmes de Saint-Denis, que j’avais parrainées et à qui j’ai eu le plaisir de remettre le prix aux côtés de Sylvie Guillaume, Vice-Présidente du Parlement européen et Présidente du jury pour ce beau palmarès.

La Maison des Femmes de Saint-Denis (93), est un lieu d’accueil et de prise en charge unique en France ouvert en juillet 2016. Unique car il réunit dans un même lieu des services répondant aux différentes problématiques que peuvent rencontrer les femmes : Planning familial et IVG, situation de vulnérabilité (violences, précarité, exclusion) réparation et suivi des victimes d’excision. La Maison des Femmes soigne toutes les femmes vulnérables et victimes de violences. En décembre 2017, une nouvelle Maison des Femmes a été inaugurée à Bruxelles.

Je félicite vivement la Maison des Femmes pour ce prix qui récompense le travail dont elles font preuve pour accompagner les femmes et les filles victimes de violences. Je partage pleinement ce combat dans le cadre du processus de ratification par l’Union européenne de la Convention d’Istanbul

Voici mon intervention :

« Je suis très fière de voir la Maison des Femmes de Saint-Denis récompensée par le prix du citoyen européen 2018.

Lorsque la sélection a commencé, j’ai bien lu les règles de ce prix dont le but est de distinguer et de reconnaitre le travail de ceux qui promeuvent les valeurs européennes à travers leurs activités quotidiennes. Les valeurs européennes auxquelles je crois, ce sont celles qui sont inscrites à l’article 2 de notre traité : la dignité humaine, les droits humains, l’égalité entre les femmes et les hommes. En 2018 et depuis quelques années déjà, les droits des femmes sont en danger, en recul même dans certains pays européens – je pense à la Pologne et sa tentative de législation pour restreindre le droit à l’avortement. Je le ressens dans mon travail de députée européenne, surtout quand je travaille sur les violences faites aux femmes. Ce que nous pensions facilement acquis, telle qu’une législation européenne sur la lutte contre les violences faites aux femmes, ne l’est plus aujourd’hui.

C’est dramatique car je répète que les violences faites aux femmes ne doivent pas être prises à la légère, ni perçue comme une question que l’on peut remettre au lendemain. Nous sommes 250millions de femmes et de filles en Europe et cette violence a des conséquences graves pour la société dans son ensemble. C’est une violation extrême de nos droits fondamentaux et ce n’est pas tolérable pour l’Union européenne.  C’est la raison pour laquelle j’ai souhaité mettre en avant le travail de la Maison des femmes de St-Denis, ce lieu unique en France qui réunit, sous un même toit, tous les services qui répondent aux problématiques rencontrées par les femmes (de l’IVG à la réparation de l’excision). C’est un travail exceptionnel et je félicite toute cette équipe pour leur engagement ; vous participez au respect des droits des femmes, à leur dignité et plus largement à l’égalité hommes/femmes. Cela doit être une priorité politique, et c’est en tout cas mon combat, l’Europe peut et doit faire mieux en la matière. »

 

 

 

 

Clôture du cycle Europe de Puissances Publiques, Ecole des Mines

Vendredi 21 septembre j’ai participé à la clôture du cycle Europe de Puissances Publiques, un groupe de réflexion du corps des mines, qui a travaillé pendant un an sur des sujets européens. J’ai été reçue par Michel Pascal, ingénieur général des mines et Pierre-Franck Chevet, Président du Think tank. Je suis intervenue aux côtés de Isabelle Jegouzo, ambassadrice en France de la Commission européenne et Salvador Serravale, Secrétaire adjoint aux affaires européennes pour la Commission.

J’ai rappelé en propos introductifs que l’Union européen est en pleine construction politique et qu’il est essentiel d’avoir des débats sur les différentes visions politiques. Le principal problème réside aujourd’hui dans le système de co-législation entre le Conseil des Etats-membres, qui bloque trop souvent le travail effectué par le Parlement. Sur beaucoup de sujets, il n’y a plus de consensus, je pense à l’accueil des réfugiés par exemple, à la révision du règlement de Dublin, ou encore à l’activation de l’article 7 contre la Pologne et la Hongrie qui bafouent les droits fondamentaux. Ces blocages alimentent trop souvent les partis de droite et d’extrême droite qui font de l’Europe un bouc-émissaire. C’est pourquoi je pense que le Parlement doit se doter d’un réel pouvoir afin de mettre en œuvre les lois qu’il vote. Sur le respect des droits fondamentaux, il faut une avancée rapide, car les citoyens européens ne comprennent plus pourquoi ils sont soumis à la loi et pas les Etats.

J’ai également rappelé que sur le pilier social promis par J-C.Juncker, les avancées sont encore trop faibles ; la droite refuse de voter des directives européennes sous prétexte qu’il est impossible de proposer une cadre législatif européen sur ces questions. Pourtant, je pense qu’il est possible d’avancer de manière globale dès lors qu’une une nouvelle forme d’économie circulaire s’organise dans tous les territoires de l’Union européenne. J’ai également défendu l’idée qu’il fallait mêler les questions sociales et économiques avec les grands enjeux environnementaux. Pour cela, dans le secteur des transports par exemple, il faudrait passer à d’autres carburants et développer l’offre liée à la main-d’œuvre ; également soutenir la recherche et le développement des équipements. Enfin, j’ai défendu l’idée d’aller vers un réel Buy european Act, tant que nous sommes en capacité de le faire ; et il faut voir le marché unique européen comme un marché de protection pour les européens.

Sur tous ces sujets, les échanges ont été riches avec la salle. Nous avons également abordé la question cruciale du budget et du cadre financier pluriannuel pour la prochaine mandature, la taxe sur le numérique, et le renouvellement de la démocratie en Europe ; à ce titre j’ai rappelé qu’au sein du Parti socialiste européen nous sommes favorables à la désignation du candidat à la présidence de commission issue de la nouvelle majorité parlementaire qui se dessinera au Parlement européen en mai 2019. En conclusion, j’ai redit qu’il était essentiel de développer la solidarité, la démocratie et l’écologie pour redonner sa force à l’Europe.

Voici le texte de mon intervention :

« Je suis ravie de pouvoir discuter avec vous de l’avenir de l’Europe et d’avoir l’occasion de réagir à vos travaux – j’ai lu avec attention la synthèse que vous m’avez envoyée. J’ai plusieurs commentaires après avoir lu votre synthèse, je suis parfois en accord avec vous et parfois vos remarques m’ont interpellées.

Sur l’Union européenne en crise

Oui, l’Union européenne traverse une crise et le Brexit est bien le symbole de cette crise. L’Europe n’est plus perçue comme un moteur d’intégration, de prospérité et de solidarité. Les responsabilités sont bien-sûr multiples, mais j’insiste sur les États membres. Car il y a un problème d’ordre institutionnel avec le Conseil des États membres. Le Parlement européen et le Conseil sont des co-législateurs. Mais le Conseil fait un usage abusif du système de vote à l’unanimité et l’UE est ainsi paralysé par l’hypocrisie et l’attentisme des chefs d’États et de gouvernements. Vous le dites dans votre synthèse, les structures européennes sont jugées complexes et il faut clarifier. Vous demandez un système de décisions à la majorité, mais j’irais plus lion :  le Parlement, élu au suffrage universel direct, doit posséder un réel pouvoir de décision lorsqu’il s’agit de compétences de l’Union européenne. A l’instar d’une assemblée nationale, le Parlement doit donc être l’unique législateur/décideur et disposer du pouvoir d’initiative

Ce point institutionnel est important car il explique que l’Europe « déçoit », car on a l’impression qu’elle n’avance pas. L’exemple le plus probant est la refonte de notre politique d’asile. La Commission européenne a proposé une réforme du régime d’asile, et le Parlement européen a déjà voté sa position sur le sujet. Mais qu’attendons-nous que cette réforme soit mise en œuvre ? Le Conseil !

Ensuite, ces mêmes chefs d’états vont revenir dans leurs capitales et accuser l’Europe d’immobilisme sur le sujet. Alors vous dites que « les grandes avancées récentes sont souvent du fait des chefs d’états et non des institutions européennes ». Je ne suis pas d’accord. Déjà sur la Grèce, vous oubliez le rôle du Commissaire Pierre Moscovici qui à œuvrer à maintenir la Grèce dans la zone euro. Sur la migration, toute les propositions humanistes et solidaires sont émises par le Parlement européen.

Du côté des institutions, il y a évidemment des choses à revoir et le bilan de M. Juncker à la tête de la Commission européenne est faible alors qu’il avait parlé de la dernière chance. L’affaire Selmayr par exemple – ce secrétaire général nommé par le fait du prince par Mr Juncker, au mépris des procédures. Cela entache gravement la confiance des citoyens européens dans leurs structures.

Sur les problèmes internes de l’UE

Je suis ravie de voir que vous aspirez à une Europe construire sur les respects des droits de l’homme et qu’il est urgent d’être intraitable sur les valeurs humaines. Je suis entièrement d’accord avec vous.

À ce titre, la procédure de l’article 7.1 est en œuvre en Pologne – à ce stade des auditions de la Pologne ont eu lieu devant les autres états. Et en Hongrie, c’est le Parlement qui a officiellement demandé au Conseil d’activer cet article 7.1. C’était une victoire historique des progressistes sur la droite ; une victoire du Parlement sur les états. Au Conseil maintenant d’être à la hauteur.

Le respect de l’état de droit est une priorité car nous devons assurer le fondement de l’Union, son article 2.

Sur les fractures sociales à l’œuvre

Vous avez raison, les fractures sociales bloquent la dynamique européenne. Et, les tensions économiques, le dumping social, les pratiques abusives d’optimisation sociale, qui en découlent se traduisent par des tensions politiques de plus en plus ouvertes au sein de l’UE.

Il y a un risque de fracture politique au sein de l’UE si nous n’arrivons pas à lisser les fractures sociales par le haut. Le secteur des transports que je connais bien en est le meilleur exemple.

Aussi, je ne pense pas qu’il faille se résoudre à accepter ces fractures sociales comme la contrepartie d’un intérêt géopolitique supérieur dans une économie mondiale « menaçante » pour reprendre vos mots. Il me semble que les fractures sociales, dans le contexte d’une intégration économique libérale, sont un véritable danger pour l’avenir du projet européen. Autrement dit, je pense que la faiblesse de la dimension sociale du marché intérieur est un moteur puissant de désintégration tout aussi dangereux que la concurrence des pays tiers sur notre marché intérieur que vous évoquez également à juste titre.

Je suis absolument convaincue que l’intégration économique que nous avons vécue ne peut plus faire l’économie d’une convergence sociale.

Petite remarque sur l’extension des frontières de l’UE

Attention à la sémantique utilisée car je ne dirai pas que l’UE s’est « diluée » avec l’incorporation de nouveaux pays membres. Déjà, ils ne sont plus « nouveaux », ils sont entrés en 2004 ou 2007 pour la Roumanie ou Bulgarie. Et les avantages ne sont pas dilués, au contraire les pays de l’Ouest ont profité du développement économique de ces pays.

Ma conclusion sur l’avenir de l’Europe et pour les prochaines élections européennes

Attention au débat entre pro et anti-européens car c’est un débat dangereux et faux.

Cette fausse opposition masque le vrai débat sur la nature des politiques menées à l’échelle européenne : pour ou contre la protection de l’environnement et le glyphosate, pour ou le contre la défense des droits sociaux européens ; pour ou contre des règles dans la mondialisation ; pour ou contre la solidarité dans la réponse au défi migratoire etc.

La social-démocratie doit mener de front un double combat, tout en faisant son autocritique : elle doit à la fois défendre l’essence du projet européen contre les europhobes, tout en promouvant sa refondation contre la droite pour que l’Europe soit perçue comme un outil de progrès par les citoyens. »

 

 

 

 

Retour sur les #REC Paris

Le 1er juillet, j’ai eu le plaisir de participer aux Rencontres de l’Engagement Citoyen organisées par la Fédération socialiste de Paris.

Nous avons pu échanger avec des amis du PSOE et du SPD dans le cadre de l’atelier Europe animé par François Comet, Secrétaire fédéral Europe. Emmanuel Grégoire avait souhaité également que je puisse également intervenir dans les propos introductifs.

Voici mon discours

Chers amis,

Merci beaucoup pour votre invitation. Ce week-end parisien aura été très militant.
D’abord avec votre formidable mobilisation pour la grande rencontre des Européens le 29 juin au Cirque d’Hiver, Je tiens à vous remercier très chaleureusement et d’abord Emmanuel Grégoire votre Premier secrétaire fédéral, mais aussi évidemment Anne Hidalgo pour sa participation et son intervention essentielles lors de cet événement,

Hier c’était la marche des fiertés et aujourd’hui les rencontres citoyennes.

La mobilisation des socialistes parisiens fait plaisir à voir !

Je ne peux pas commencer mon propos sans rendre hommage à Simone Veil qui est entrée ce matin au Panthéon. Simone Veil restera dans nos mémoires comme une très grande féministe grâce à qui en France nous avons le droit à l’avortement, droit qui n’est toujours pas donné en Europe. Elle était aussi une grande Européenne, profondément attachée à construire et réunir les peuples européens. Sa vie, ses souffrances et ses combats nous obligent et résonnent d’autant plus forts alors même que nous faisons face à la montée des nationalismes, de la xénophobie en Europe en Autriche, Hongrie, Pologne et maintenant en Italie. Je suis scandalisée par les décisions prises par le Conseil des Etats-membres qui vient de se réunir et qui au lieu de conforter les propositions législatives adoptées au Parlement européen pour accueillir dignement les réfugiés, pour organiser un système de relocalisation et de solidarité, pour créer une Agence européenne de l’Asile, pour revoir la procédure de Dublin a décidé de proposer des frontières forteresse et la création de centres d’accueil fermés ! Aucun Chef d’Etat ne s’est ému que la présidence du Conseil soit désormais dans les mains du gouvernement autrichien composé de ministres d’extrême droite ! Cette légitimation est scandaleuse ! Souvenez-vous quand Jorg Haider avait remporté les élections en Autriche en 1999, tous les chefs d’Etat et de gouvernement (à commencer par Jacques Chirac et Lionel Jospin) s’étaient opposés à ce qu’il puisse les représenter au Conseil. Aujourd’hui cela serait devenu « normal » « banal » ? le respect du fait démocratique l’emporterait sur les valeurs et les fondements de l’Union européenne ? Non je ne suis pas d’accord ! Nous devons continuer de refuser cette banalisation.

Nous devons continuer à défendre nos valeurs et nos convictions européennes.

L’Europe ce n’est pas Bruxelles, Strasbourg, Luxembourg, ce ne sont pas des lieux des institutions des technocrates,

L’Europe ce sont les hommes et les femmes qui la composent : 500 millions

500 millions d’Européens pour qui les valeurs de justice de solidarité de partage de progrès de respect de la démocratie ont un sens

500 millions d’Européens, auprès de qui, plutôt que d’agiter les peurs (de l’autre cet homme cette femme qui fuit la guerre, la sécheresse, la mort) nous devons apporter de l’espoir, des perspectives un chemin ensemble

Et qui mieux que celles et ceux qui partout en Europe construisent et changent cet avenir ? les Maires, dans nos territoires : ces Maires qui se sont engagés très tôt pour accueillir les réfugiés, ces Maires qui ont engagé leur ville dans la transition écologique indispensable (logements, transports, circuits courts, économie circulaire)

Dans 1 an, les électeurs devront choisir entre : ceux qui prônent l’Europe du repli, des peurs ;  ceux qui souhaitent que rien ne bouge et que la politique libérale continue d’être appliquée et continue à laisser toujours plus de femmes et d’hommes de côté, toujours plus de mal être, dans un environnement pollué ;  et ceux qui s’engagent pour que voie enfin le jour une Europe volontaire combative généreuse forte dans l’affirmation de ses valeurs, pas seulement dans les mots mais dans les actions

Les Socialistes et démocrates appuient leurs propositions et leurs engagements sur 4 piliers :

1/ Valeurs et respect des droits fondamentaux et de la démocratie

2/ pilier social

3/ pilier environnemental

4/ Dans un périmètre forcément européen

Oui l’échelle européenne est pertinente pour fixer le cadre général, le cadre stratégique

Mais tout se fait réellement concrètement dans les territoires

C’est pourquoi nous devons agir à tous les niveaux en cohérence

Nous devons à la fois faire preuve de générosité et de solidarité , d’ambition et de perspectives envers nos concitoyens et ceux frappent à notre porte

On ne peut pas être hors sol : l’avenir de la planète c’est notre avenir et celui des générations à venir, signer les accords de Paris nous oblige

Respecter les objectifs est un impératif, pas un luxe

Pas pour un petit nombre de privilégiés mais pour le plus grand nombre

Il entraine des mouvements de population auquel on doit répondre

Il entraine aussi une révolution des comportements pour vivre mieux, un changement de nos modèles économiques, agricoles et alimentaires, qu’il va falloir anticiper, accompagner et partager pour le plus grand nombre,

ce qui impose d’ approfondir plus encore nos exigences sociales

Une Europe qui s’engage concrètement pour les générations futures :

La signature des Accords de Paris c’est bien, les mettre en application c’est mieux !

Protéger notre air, notre eau, engager les révolutions agricoles, industrielles, qui s’imposent mais surtout en ne laissant personne sur le chemin, en garantissant les reconversions professionnelles qui, si elles ne sont pas préparées maintenant (de la formation initiale des plus jeunes aux formations au cours de la vie professionnelles) pourraient là aussi laisser des femmes et des hommes, des territoires, sur le bord du chemin.

Nous devons entreprendre une transformation écologique, à tous les échelons de la société.

Pour nous Socialistes c’est l’humain d’abord , les Européens d’abord, c’est cette voie là que nous vous proposons de continuer à bâtir

 

Rencontre avec quatre étudiants de MBA sur l’influence des politiques européennes

Ce vendredi 8 juin j’ai rencontré quatre étudiants préparant un MBA de Wharton/ Lauder Institute, un master d’excellence portant sur les études internationales au siège de l’Alliance française à Paris. Ils consacraient la semaine du 4 au 8 juin à la question de « la France dans l’Union européenne » et souhaitaient ainsi obtenir des précisions sur l’influence des politiques européennes sur la politique française.

J’ai tout d’abord évoqué les différences entre les textes élaborés au Parlement français, plus imagés, littéraires, et ceux travaillés au Parlement européens, plus techniques, plus complexes. Ayant participé à la Commission d’enquête sur les émissions de carburants j’ai rappelé de la nécessité de créer un cadre normatif pour les limiter en prenant l’exemple du Dieselgate. Ce cadre doit se traduire par plus d’enquête sur la fraude, une action pour éviter toute récidive de la part des entreprises mais aussi une plus grande protection des citoyens.

 

Ensuite, lors de ma présentation, j’ai rappelé que ma place de Présidente de la délégation socialiste française se traduit par un travail sur le renforcement des institutions européennes dans le but d’avancer vers une fédération d’États, seul moyen de lutter efficacement contre la montée des populismes en Europe.

 

La première question portant sur le Dieselgate concernait l’existence d’initiatives nationales à ce sujet. L’Union européenne se doit de proposer un « corpus législatif » afin d’inciter les États-membres. En parallèle, des actions judiciaires sont en cours et permettent de faire avancer les enquêtes. Une commission d’enquête a été déclenchée plus de quatre mois après que le scandale a éclaté, quand bien même l’Union possédait des informations sur les distorsions entre chiffres annoncés et chiffres réels. Il me semble qu’elle a dû à l’époque faire un choix entre le nombre de morts prématurées chiffré à 500 000 selon la Commission Environnement et le taux de chômage très élevé à la sortie de la crise de 2008 qui aurait sans doute augmenté encore si un scandale automobile avait alors explosé. Les enjeux sont similaires pour les questions des pesticides et du glyphosate. Les initiatives nationales sont trop rares et les normes actuelles insuffisantes. Il est nécessaire de créer un cadre législatif protecteur et de garantir son efficacité en mettant en place des mécanismes de contrôle. Ce mécanisme n’est pas assez performant. Pour cela il doit être plus indépendant. C’est dans ce but que nous avons créé l’Agence européenne indépendante basée sur le mode de l’Agence américaine de l’environnement.

 

Il m’a ensuite été demandé d’expliquer les causes de l’euroscepticisme montant ces dernières années. Tout d’abord la mondialisation a eu un impact très grand sur nos sociétés. Beaucoup de personnes ont vu leurs conditions de vie dégradées, la transition des mines de charbon a par exemple fait monter la pauvreté en masse. L’Union européenne aurait dû être plus forte. C’est en formant une alliance plus protectrice, avec une coopération accrue que nous réussirons notre mission de protéger les citoyens européens. En attendant, les attentions ont été tournées vers la personne morale de l’Union européenne alors que résumer le problème à notre construction européenne est réducteur. Pour contrer cela il nous faut stopper le dumping social entre Européens, protéger travailleurs et consommateurs, montrer que c’est ensemble que nous sommes plus forts. J’ai redit que l’immigration ne devrait pas être un motif de rejet. Le marché de l’emploi européen est très variable. Il y a par exemple un déficit démographique important en Europe de l’Est et en Allemagne dans lesquels un accueil important des réfugiés serait très bénéfique à l’économie. Pour autant les pays de l’Europe de l’Est refusent d’intégrer ces populations étrangères à leur population du fait des différences de culture, de religion. La création d’une Agence européenne de l’emploi qui serait ouverte en dehors des frontières de l’Union permettrait une meilleure répartition de la main d’œuvre.

 

Il n’existe pas de vague d’immersion de migrants comme semble le penser certains. Sur les 500 millions d’habitants de l’Union européenne, moins d’un million de réfugiés a été accepté dans ses frontières. Le problème est la répartition de ceux-ci, la solidarité entre les États pour leur accueil et non pas leur nombre. Je me positionne absolument contre le plan de Dublin qui préconise que la demande d’asile d’un immigré soit traitée dans son pays d’arrivée. Au contraire, je milite en faveur de l’Agence européenne pour l’asile qui doit permettre cette répartition mais elle doit pour cela avoir plus de compétences, demande bloquée par le gouvernement Macron par l’intermédiaire du Conseil.

 

Est ensuite venu le sujet de l’Euro-redevance. L’idée est de flécher les redevances vers les différents types de transports. Nous travaillons en ce moment au sein de l’Union européenne afin qu’elles soient redistribuées directement aux régions qui pourront dans ce cadre les utiliser en fonction de leurs singularités. Le but est de diversifier le mode de transports, limiter le nombre de poids lourds sur nos routes en plaçant le ferroviaire comme une alternative plus écologique et économiquement viable.

 

La dernière question portait sur le couple franco-allemand au sein de l’Union européenne. Cette vision est intéressante mais très française. L’Allemagne se positionne plus en faveur d’une intégration forte des différents pays de l’UE. Il est nécessaire de terminer ce processus fédéral européen afin d’avoir une union plus forte et protectrice pour défendre l’ensemble du projet européen quand bien même celui pourrait comporter des risques aux vues de la montée des nationalismes en Europe.

Débat sur les minorités en Europe

Jeudi 31 mai j’ai participé à la projection/débat organisée par la Maison de l’Europe de Paris en collaboration avec la mairie du 18ème arrondissement, à l’auberge de jeunesse Yves Robert. L’occasion de visionner le film suédois Sami Blood qui a reçu le 11ème prix Lux du Parlement européen et qui traite des discriminations subies par les minorités européennes à travers l’histoire d’une jeune Sami, peuple autochtone du Nord de la Suède, la Norvège et la Finlande. Cet événement s’inscrit dans le cadre du mois de l’Europe pour lequel la mairie a organisé beaucoup d’évènements.

Le film raconte l’histoire d’une vieille dame qui accompagne son fils sur la terre de ses origines, au Nord de la Suède, pour l’enterrement de sa sœur. Les souvenirs des humiliations qu’elle a subies, adolescente, lui reviennent en mémoire. Après avoir changé d’identité pour échapper à un destin trop étroit, le rejet de ses origines lui apparaît soudain comme un mensonge à elle-même. Traduction de « Sang lapon », le terme Saami désigne ce peuple autochtone du nord de la Suède, de la Norvège et de la Finlande, « Sami blood » est le récit initiatique d’une jeune femme en quête de respect et de liberté.

Suite à la projection, je suis intervenue sur le sujet des minorités aux côtés d’Eva Joly, eurodéputée du groupe Les Verts ; Hermano Sanches Ruivo, conseiller délégué à la Ville de Paris et Cédric Gouverneur, journaliste indépendant qui a beaucoup travaillé sur ces questions. Ce fut l’occasion de répondre aux questions posées par l’auditoire.

Lors de mon intervention j’ai rappelé que l’année dernière la majorité des députés européens avaient voté pour ce film qui a été primé ; c’est dans le respect de la devise de l’Union européenne « Unie dans la diversité », que le sujet des minorités prend tout son sens. De nombreux députés travaillent sur le sujet et s’engagent quotidiennement dans la lutte contre les discriminations des populations minoritaires et notamment pour la protection et la reconnaissance des populations Rroms, premières victimes de la discrimination. Nous avons cette richesse en Europe de bénéficier de nos différentes cultures, notamment grâce aux plus de 60 langues et nous devons pérenniser cette pluralité. Il y a une réalité à combattre, il n’y a pas de majorité et de minorité, nous sommes un ensemble et nous faisons tous partie de l’Europe.

La projection nous a amenés à parler de nombreux sujets, notamment de l’accueil des réfugiés en Europe. Dans le cadre des mouvements de populations, le règlement de Dublin révisé par le Parlement européen, mettrait fin au système de gestion du dossier d’asile par le pays d’entrée du migrant ; il s’agit d’une demande du Parlement européen. Nous attendons maintenant la décision du Conseil. Par ailleurs, j’ai redit que le contexte géopolitique mondiale influait sur les mouvements de populations ; et l’émergence des réfugiés climatiques nous obligent à travailler autrement sur l’accueil des migrants. En conclusion j’ai rappelé que la ville de Paris a été trop longtemps seule à s’occuper des réfugiés, alors qu’il existe des financements européens. Par ailleurs les Etats ont un rôle à jouer dans les procédures d’accueil et ils doivent prendre leur responsabilité, tout autant que l’Europe.

Nous avons également abordé les questions relatives à la protection de notre environnement, également très présent dans le film, l’occasion d’informer du combat au Parlement européen pour interdire les minerais de sang, le glyphosate et les pesticides.

L’European Student Think Tank interroge sur l’identité européenne #IdentifyEUrope

Les dernières années ont vu s’accroître le désintérêt des citoyens vis-à-vis de la construction européenne, alors même que les mouvements populistes se développent et gagnent en importance. Dans ce contexte, l’European Student Think Tank (EST) a lancé une campagne sur l’identité européenne intitulée IdentifyEUrope. L’EST, est une ONG d’étudiants européens, qui a pour but de sensibiliser les étudiants à l’Union européenne. À cette fin, cette association organise régulièrement divers événements à destination des étudiants. L’objectif est d’intéresser et d’impliquer les étudiants en leur permettant d’en apprendre plus sur le fonctionnement concret de l’Europe et de réfléchir sur certains sujets actuels. Dans le cadre de la campagne IdentifyEUrope, EST a organisé un débat le jeudi 24 mai à l’Assemblée nationale autour de la thématique : les Français peuvent-ils développer une conscience européenne ? Je suis donc intervenue aux côtés de Constance Le Grip, Députée des Hauts-de-Seine; Thierry Chopin, Directeur des Etudes, Fondation Robert Schuman et Théo Verdier, responsable de la communication, Mouvement européen.

J’ai commencé mon intervention par une touche optimiste en exposant les résultats du dernier sondage donné par l’eurobaromètre sur le site du Parlement européen : 55% des Français sont convaincus que l’adhésion de la France à l’Union européenne est une bonne chose et considèrent que c’est à l’échelle européenne que l’on peut et doit intervenir notamment sur la lutte contre le terrorisme et la sécurité, le chômage, l’environnement et la démocratie.

Sur la démocratie, il est intéressant de noter que les Français approuvent cette avancée démocratique du candidat tête de liste du parti arrivé en tête comme Président de la Commission européenne. Les citoyens français en approuvant le système du « spitzenkandidat » affirment leur volonté de peser dans le débat politique européen et de faire valoir leurs droits. La lenteur du processus législatif largement imputable au fonctionnement à l’unanimité du Conseil des Etats conduit souvent à la frustration des citoyens. L’Union européenne ce n’est pas seulement un marché unique, c’est aussi un espace politique dotés de droits communs qui s’appliquent à tous. Pour entrer dans l’Union européenne, le respect de ces droits est obligatoire, pour y rester cela doit aussi être le cas. Or, le mécanisme de sanctions prévu par les Traités ne fonctionne pas et cela décrédibilise l’Europe. C’est pourquoi, dans le cadre du débat sur le prochain cadre financier pluriannuel, le Parlement européen a proposé un système de conditionnalité au respect de l’état de droit sous peine de subir des sanctions financières (sanctions à destination de l’Etat mais pas envers les organisations, comme Erasmus par exemple).

Lors de l’échange avec la salle, j’ai répondu à plusieurs questions. J’ai indiqué que depuis un an j’ai eu l’occasion de contacter le Président Macron à plusieurs reprises ; notamment sur le rôle des médias et la place laissée à l’Europe. Effectivement, même si nous voyons que depuis quelques années les médias s’intéressent de plus en plus aux sujets européens, cela reste très insuffisant. J’ai donné l’exemple de la campagne pour la création de l’émission la Faute à l’Europe (France TV) à laquelle nous avions activement participé en adressant des cartes postales au directeur de France Télévision en provenance de toute l’Europe. Et nous devons continuer à nous mobiliser en ce sens, notamment lors de la prochaine campagne électorale. Le débat entre les différent.e.s candidat.e.s têtes de listes doit pouvoir être diffusé en direct sur les chaînes nationales de tous les pays européens. Je suis par ailleurs, pour la création d’une vraie chaîne de télévision européenne. D’autres questions m’ont été posées. La culture et l’éducation ont été abordés comme vecteurs d’identité européenne. A ce titre l’Union européenne doit devenir pleinement acteur et encourager les synergies de formations et de centres de recherche.

En conclusion j’ai rappelé que notre devise « Unie dans la diversité » est la preuve que nous partageons des valeurs communes à l’échelle de l’Europe. Dans la bataille politique et idéologique, nous devons porter haut et fort les convictions et les valeurs de gauche pour ne pas laisser la voix à ceux qui prônent la haine et le repli.

Rencontre avec les ambassadeurs juniors européens du Lycée Abbé Grégoire

Mercredi 9 mai, à l’occasion de la journée de l’Europe, je suis allée à la rencontre d’un groupe d’élèves du lycée professionnel Abbé Grégoire, porteur du projet « Ecole Ambassadrice » initié par le bureau d’information du Parlement européen. Pour fêter cette journée, le lycée a organisé une journée européenne en mettant en place un grand dispositif pour remettre l’Europe au cœur de leur système éducatif. J’ai rencontré une équipe éducative dynamique et déterminée à faire de l’Europe un sujet primordial pour tous les élèves du lycée.

Lors de notre échange, plusieurs sujets européens ont été abordés ; mais j’ai tout d’abord rappelé que le 9 mai était un jour important pour toute l’Europe. Il célèbre la construction européenne voulue par Robert Schuman, un des pères fondateurs de l’Europe qui a beaucoup travaillé au développement de ce projet fédérateur devenu concret aujourd’hui. L’idée de l’Europe émerge après la seconde guerre mondiale et de la volonté de consolider des accords économiques mis en place par les alliés. Aujourd’hui, l’Europe s’est élargie et compte 28 Etats-membres qui s’organisent autour de réelles institutions politiques. Nous avons donc les bases pour construire un Etat européen fort et qui protège et qui ne doit plus se limiter à un espace d’échanges économiques. A ce titre, j’ai rappelé que 80% des lois françaises émanent de la transposition de directives européennes. Le système législatif fonctionne mais reste encore souvent paralysé par le Conseil des Etats membres car les pays sont réticents à perdre leurs prérogatives.

Beaucoup de sujets d’actualité sont intrinsèquement liés à l’Europe, comme par exemple ce matin, le renoncement de D.Trump de poursuivre l’accord sur le nucléaire iranien. Dans ce contexte, l’Europe doit se positionner et affirmer le maintien de l’accord afin que nous puissions continuer à travailler avec cette région sensible en tant qu’entité indépendante.

L’Europe porte déjà des avancées concrètes comme Erasmus+, l’un des projets européens qui concerne tous les jeunes. La mobilité est un enjeu prioritaire et doit pouvoir bénéficier à tous. En supprimant ses frontières intérieures et en permettant la libre circulation des biens et des personnes, l’Europe a fait un premier pas mais on voit ses limites aujourd’hui avec les difficultés pour accueillir décemment les réfugiés. Effectivement, là ou l’Europe offre la garantie d’une libre circulation à ses citoyens, elle doit aussi garantir leur sécurité et celle des personnes qui demandent asile. Nous devons permettre un accueil solidaire à tous les réfugiés.

Nous avons également parlé de l’organisation de mon temps de travail entre l’Ile de France, le Parlement européen à Strasbourg et Bruxelles. Nous avons également échangé sur l’organisation des élections européennes, avec l’installation des prochaines listes nationales et l’élection du Président du Parlement. L’occasion de rappeler à ses futurs électeurs l’importance de remplir leur rôle de citoyens.

Un autre sujet a été largement abordé ; il s’agit du droit à l’avortement partout en Europe et pour lequel je mène un combat quotidien, car aujourd’hui encore trop d’inégalités résident entre les différents Etats-membres et l’ouverture des frontières doit s’accompagner de l’harmonisation des droits fondamentaux et sociaux partout en Europe.

Les élèves ambassadeurs m’ont ensuite offert une présentation, à travers un exposé, de ce qu’ils avaient étudié sur les institutions européennes. Nous avons aussi répondu ensemble à un questionnaire sur l’Europe qu’ils avaient préparé. Je suis toujours réconfortée par l’implication des élèves dans les nombreuses actions qu’ils ont menées ; j’ai pu constater qu’il s’agissait d’un investissement quotidien, inscrit dans la durée. Enfin, ils m’ont présenté leur point information Europe, une salle mise à la disposition des élèves et entièrement consacrée aux institutions européennes et aux actions menées par le lycée. Une exposition était également visible toute la journée, avec des panneaux d’informations sur les différences et les ressemblances constatées entre les 28 systèmes éducatifs européens.