La lutte contre les violences faites aux femmes et aux filles : où en est le droit français dans l’application de la Convention d’Istanbul ?

Vendredi 26 janvier je suis intervenue à l’ouverture du colloque organisé par Françoise Morvan, Présidente de la CLEF (Coordination française pour le Lobby Européen des Femmes), qui a eu lieu au bureau d’information du Parlement européen à Paris, sur le thème « la lutte contre les violences faites aux femmes et aux filles : où en est le droit français dans l’application de la Convention d’Istanbul ? ». Vous trouverez ci-dessous le texte de mon intervention :

«  Co-rapporteure pour le Parlement européen sur la signature et la ratification de l’Union européenne à la Convention d’Istanbul, mon rapport a été voté en session plénière en septembre 2017

Le colloque est essentiellement consacré à la situation en France mais je suis là pour parler de la situation dans l’Union européenne et de l’action des députés européens et des institutions européennes pour lutter contre les violences faites aux femmes ; car l’Union européenne est aussi une échelle pertinente sur ces questions et l’urgence à agir est réelle : 1 femme sur 3 a subi des violences sexuelles ou physiques en Europe – ce sont des chiffres de l’agence européenne des droits fondamentaux. Une société où la moitié de la population risque de devenir victimes de violences exige que tout le monde prenne ses responsabilités, l’UE comme les Etats.

La Convention d’Istanbul a été signée par les 28 Etats membres. Quand j’ai débuté ce rapport il y a un an, 13 états membres devaient encore la ratifier. L’Allemagne et l’Estonie ont ratifié en 2017, sous l’impulsion du processus européen. Il en reste aujourd’hui 11, c’est toujours beaucoup trop. Il y a parfois des fortes résistantes à la ratification et je pense très récemment à la Bulgarie : le gouvernement bulgare a adopté un projet de loi pour la ratification le 3 janvier dernier mais la contestation dans le pays est très vive. Beaucoup de fausses informations circulent sur un prétendu 3ème genre, sur une idéologie fantasmée derrière la Convention. Et attention, les droits des femmes ne sont jamais acquis et je fais aussi très attention à la Pologne par exemple ; qui a signé et ratifié la Convention d’Istanbul en 2015 mais qui menace aujourd’hui de se retirer. C’est un retour en arrière terrifiant. En parallèle, le gouvernement polonais a refusé des fonds à des organisations pour le droit des femmes, tout en finançant des mouvements religieux. Il s’attaque aussi aux droits sexuels et reproductifs des femmes alors que le gouvernement tente encore une fois de restreindre l’avortement (interdisant l’avortement en cas de malformation du fœtus, ce qui représente 90% des avortements en Pologne).

Vous comprenez que la situation en Europe est très disparate. Les politiques et les modes d’action varient considérablement d’un État à l’autre, ce qui engendre une inégalité de traitement et de protection à travers l’Europe.

C’est pourquoi le Parlement européen soutient l’adhésion de l’Union à cette Convention, en parallèle des Etats membres. L’Union a un rôle indéniable à jouer pour la cohérence de nos politiques car le but est de protéger toutes les femmes partout en Europe : les françaises, les polonaises, les bulgares etc.

Où en est-on du processus d’adhésion ?

L’Union européenne a signé la Convention d’Istanbul le 13 juin 2017. Pour être très précise, le Conseil a décidé de signer la Convention d’Istanbul uniquement concernant 2 domaines : l’asile et la coopération judiciaire. Le Parlement n’est pas d’accord avec ce choix restreint ; nous souhaitons que l’adhésion de l’Union soit la plus large possible car l’Union a une compétence générale sur les droits des victimes et les victimes sont au centre de la Convention d’Istanbul. Nous avons les services juridiques de notre côté et nous avons envoyé une lettre au Conseil en ce sens. Il nous reste en effet encore une fenêtre d’opportunité ; entre la signature et la ratification, s’ouvre une période destinée à la négociation du code de conduite ; c’est à dire le document qui va répartir les compétences entre l’Union et les Etats membres pour la mise en oeuvre de la Convention: qui sera responsable de quoi ? qui aura la responsabilité de reporter au Grevio ?  C’est l’étape la plus importante car elle concerne les détails pratiques de la mise en oeuvre. Le Parlement a le droit d’être informé des négociations et je peux vous assurer que je vais le faire avec grande attention. Je continue à mettre la pression pour que les négociations avancent au plus vite et surtout je pousse le Conseil à donner le rôle le plus large possible à l’Union. Une fois ce document négocié, l’Union pourra ratifier la Convention. Le Parlement européen devra également donner son consentement final.

Vous constatez que le combat se mène aussi à l’échelle de l’Union européenne. L’année 2017 a d’ailleurs été consacrée « année européenne pour l’éradication de toutes les formes de violence à l’égard des femmes et des filles ». Cela signifie que l’Union réitère son engament pour l’égalité entre les hommes et les femmes dans tous les domaines ; pas seulement les violences mais aussi l’écart de rémunération, la conciliation vie privée et vie professionnelle…. C’est bien à l’agenda politique et nous avons un momentum politique – on le constate aussi avec la libération de la parole des femmes aujourd’hui. Mais toutes ces promesses doivent se concrétiser dans l’action politique et cette bataille est encore loin d’être gagnée.

En effet dans mon rapport, le Parlement demande une stratégie globale pour lutter contre les violences, c’est-à-dire : la nomination d’un coordinateur européen sur les violences faites aux femmes, une Directive européenne sur la question, la création d’un observatoire européen de la violence fondée sur le genre. Pour tout cela, la Commission répond que ce n’est pas la priorité.

Outre ces politiques supplémentaires que nous demandons, je souhaite aussi simplement que les Etats membres respectent ce qui a été voté. Je pense à la mise en oeuvre de 2 actes votés il y a 5 ans déjà : la Directive sur le droit des victimes de 2012 qui définit des règles minimales et s’applique aux infractions pénales commises dans l’Union. Le but est de garantir que les victimes de la criminalité et donc aussi les victimes de violences de genre reçoivent des informations, un soutien et une protection adéquats et puissent participer à la procédure pénale. C’est un instrument peu connu qui date de 2011 : les décisions de protection européenne permettant aux victimes de violences de bénéficier d’une mesure de protection contre leurs agresseurs quand elles se déplacent dans un autre pays de l’UE.

Où en sont les états membres ? Ont-ils respecté leurs obligations ?

En ce moment, le Parlement européen travaille à des rapports de mise en oeuvre sur ces deux dossiers ; c’est-à-dire que le Parlement va analyser la transposition de la Directive Victime et des décisions de protection européenne dans les Etats. Je vous invite à suivre ces travaux car c’est le moment de pointer les lacunes et d’accentuer la pression sur les Etats membres qui sont parfois très réticents à travailler sur le droit des femmes.

Vous pouvez compter sur mon engagement pour la Convention d’Istanbul mais plus largement pour l’ensemble des droits des femmes. »

 

Rencontre avec les étudiants de l’Institut international de la communication de Paris

Le lundi 18 décembre, avec Pascal Durand, je suis allée à la rencontre d’un groupe d’étudiants en licence 1 information et communication de l’Institut international de la communication de Paris. Cette rencontre a été organisée par le mouvement des Jeunes européens-France, qui mène une action transpartisane en faveur de l’Europe. Leur but est de promouvoir les valeurs européennes en encourageant l’action citoyenne européenne à travers différents programmes. Un de ces programmes est « L’Europe par les jeunes » avec lequel ils interviennent dans les écoles, les collèges, les lycées et les centres de formation pour apprentis. Ces interventions visent à compléter l’éducation civique des élèves et à leur donner un aperçu des possibilités d’aide à la mobilité.  Elles peuvent également être l’occasion de faire prendre conscience aux jeunes que l’Union européenne se vit au quotidien. Ils ont souhaité élargir ce programme aux formations de journalisme. En effet, les futurs journalistes sont des acteurs primordiaux pour informer et sensibiliser les citoyens à l’Union européenne, ses actions et son impact dans la vie.

25396144_10214798754500312_1647442468394578997_n

Les médias, garants de la liberté d’expression, sont fondamentaux dans la transmission de l’information malgré une faible présence des médias français à l’échelle européenne.

Beaucoup de sujets ont été abordés dans les débats, énergie, citoyenneté, place des femmes, élargissement, Autriche. J’espère avoir pu transmettre le message principal : l’Europe n’est pas un sujet, l’Europe est partout dans le quotidien et il faut le faire entendre à l’ensemble de ses citoyens ; c’est là leur devoir !

 

#ViolencesFaitesAuxFemmes Prévenir,Protéger, Poursuivre : les 3 P de la convention d’Istanbul à l’épreuve de la réalité des actrices et acteurs de terrain

Dans le cadre de mon rapport pour le Parlement européen sur la Convention du Conseil de l’Europe pour la lutte contre les violences faites aux femmes et la violence domestique, j’ai réuni à Paris le 24 novembre des acteurs publics, des professionnels de la justice et de nombreuses associations pour une table-ronde sur les violences faites aux femmes. Il est primordial d’entendre l’expérience des professionnels et des associations en lien direct avec les victimes afin que mon travail parlementaire soit le plus pertinent possible, le plus utile possible pour améliorer durablement la vie des femmes.

Je remercie vivement Anne Sannier, avocate au bureau de Paris, et Annie Garcia, conseillère technique à MIPROF, pour leurs observations si pertinentes sur le processus législatif français et sur la formation des professionnels en lien avec les victimes. En premier lieu les magistrats qui ne connaissent pas assez les mécanismes complexes de la violence conjugale ; ce qui conduit à des décisions de justice contestables. Comme l’a rappelé Annie Garcia, tous les acteurs doivent apprendre et se former mutuellement et c’est le but des groupes de travail organisés par la MIPROF.

 

Les intervenantes et les associations ont soulevé les situations très délicates des enfants, victimes directes ou indirectes de ces abus. Même témoins, les traumatismes psychologiques sont énormes. Tous ont rappelé l’importance de prendre en considération, au moment d’attribuer les droits de garde et de visite, des cas graves de violence domestique afin de les protéger d’un environnement violent et destructeur.

J’ai été alertée sur la nécessité de construire des hébergements d’urgence. C’est la première réponse que les pouvoirs publics doivent apporter car sans un lieu sûr, les femmes victimes n’oseront jamais dénoncer leurs sévices. Il en manque encore trop en Île-de-France.  Aussi, la réunion a été l’occasion de discuter de l’accompagnement psychologique et social des victimes, notamment des femmes handicapées. Une femme handicapée sur deux a été victime de violences ! Elles ont des besoins spécifiques et mon rapport le prend en compte en appelant à assurer un accompagnement adapté à un handicap.

Pour finir, j’ai montré à ces acteurs français que l’Union européenne est une échelle pertinente pour lutter contre les violences. Nous avons voté une Directive pour une meilleure prise en charge des victimes d’infractions pénales, nous avons mis en place une décision de protection européenne permettant aux victimes d’être protégées quand elles se déplacent dans un autre pays. Et en ce moment la Commission et les Etats membres négocient la ratification de l’Union à la Convention d’Istanbul ; traité international le plus avancé sur la question.

Car la combat dépasse les frontières nationales et il faut protéger toutes les femmes européennes, partout où elles vivent en Europe. J’ai pris l’exemple de la situation en Pologne où le gouvernement ne cesse d’attaquer le droit des femmes.  Le gouvernement polonais a par exemple refusé des fonds à des organisations pour le droit des femmes tout en finançant des mouvements religieux. Un intervenant, avocat au barreau de Varsovie, a déploré les projets du gouvernement pour durcir voire interdire totalement l’avortement.

Cette réunion n’est que la première car le combat est loin d’être terminé. Je suivrai attentivement les négociations pour la ratification de l’Union à la Convention d’Istanbul et j’ai appelé les associations à être également attentives car sans ratification, nous ne pourrons pas agir efficacement. Je serai heureuse de les rencontrer à nouveau afin de lutter toujours plus efficacement contre ces violences intolérables.

 

 

Rencontre avec les lycéens de l’Ecole Alsacienne

Vendredi 13 octobre, à l’invitation de Romain Borrelli, je suis allée à la rencontre des élèves de Seconde et de Première de l’Ecole l’Alsacienne. Beaucoup de thèmes ont été abordés tels que le Brexit, la Grèce, la Catalogne, l’harmonisation fiscale, l’accueil des réfugiés, la sécurité, les droits des femmes…Dans un amphithéâtre bondé ces jeunes Européens étaient attentifs à ce que l’Europe peut offrir.

Après avoir présenté la composition et le fonctionnement en groupes politiques et en commissions thématiques du Parlement européen, j’ai présenté un bilan de notre action depuis 2014.

J’ai indiqué que le principal objectif de mon mandat était de rendre l’Europe plus proche des citoyens et plus sociale. J’ai également insisté sur le respect intransigeant des droits fondamentaux. Dans ce contexte, la Hongrie et la Pologne apparaissent aujourd’hui comme les mauvais élèves ; concernant les réfugiés syriens par exemple, certains pays ont décidé de les accueillir et de leur donner asile, mais la Hongrie et la Pologne ont refusé catégoriquement. Ils sont d’ailleurs pointés du doigt par la Cour de Justice de l’Union européenne.

Le Parlement européen est une institution législative ; la Commission européenne est une institution exécutive et le Conseil européen est une institution qui s’organise autour du pouvoir législatif et exécutif. Sa présidence change tous les six mois, en ce moment c’est l’Estonie qui est aux manettes. Aux dernières élections de 2014, Jean-Claude Juncker le Président de la Commission européenne avait indiqué que sa priorité était la mise en place d’un pilier social ; malheureusement aujourd’hui il reste tout à faire. La circulation dans l’Union européenne implique que l’on édicte des règles sociales et fiscales communes à tous les citoyens européens. L’exemple des travailleurs détachés, qui travaillent dans un pays et habitent dans un autre pays est le reflet que l’Europe doit se doter de règles harmonisées pour conserver d’un pays à un autre ses droits sociaux. Les partis politiques de droite pensent que la question sociale doit rester dans le cadre de décisions nationales, ce qui serait une erreur aux yeux de la gauche ; car dénuée d’efficacité dans le cadre de la justice sociale.

J’ai pris le temps d’aborder avec les élèves d’autres grands sujets, telle que la place de l’Europe dans le monde. A travers les accords commerciaux : TTIP ; TAFTA ; CETA, j’ai rappelé que les discussions (souvent vives) se poursuivent entre les différents groupes politiques. Les grandes préoccupations de ces accords commerciaux respect le respect de nos normes sociales environnementales et juridiques. Par exemple, nous ne voulons pas d’OMG dans les produits importés et nous menons une lutte importante contre Monsanto qui utilise notamment du Roundup composé de glyphosate, une molécule extrêmement dangereuse pour la santé. Par ailleurs, j’ai rappelé qu’il y a dix jours, il y avait eu vote important au Parlement européen afin que la Commission propose un texte sur les perturbateurs endocriniens, nocifs et présents dans de nombreux produits de la vie quotidienne et qui sont utilisés par des millions de consommateurs. Toujours sur le même thème, j’ai redit que le diesel est un réel problème de santé publique à Paris. Ayant siéger dans la commission d’enquête sur les émissions de polluants dans le secteur automobile (dite EMIS) suite au scandale de l’affaire Volkswagen, notre objectif était d’amener les constructeurs à mettre en place d’autres motorisations ; nous nous sommes également assurés de la protection des consommateurs, ce qui n’existait pas jusqu’alors.

Nous avons également échangé sur la politique européenne de défense commune, un sujet qui a recueilli l’ensemble des accords des Etats membres. Lors de la Présidence de François Hollande, la France s’est vue refuser de l’aide par les Etats-Unis et le Royaume-Uni dans le conflit syrien ; une vraie coalition européenne aurait été très efficace pour sortir de la guerre. L’Europe de la défense permettra également de lutter plus efficacement contre le terrorisme en Europe qui continue à ce jour de faire de trop nombreuses victimes ; alors nous avançons jour après jour avec un système de coopération renforcée.

Sur la Catalogne, j’ai rappelé que l’Union ne peut pas agir sur la crise d’une région dans un Etat mais doit respect vigilante sur le respect des droits fondamentaux ; par ailleurs si la Catalogne prenait son indépendance,  elle sortirait automatiquement de l’Union européenne. Une éventuelle solution serait peut-être que l’Espagne se décentralise davantage au profit de ses régions.

Une autre question a été largement abordée, celle de la lutte contre les violences faites aux femmes et aux filles ; abordée dans le cadre de la Convention d’Istanbul qui permet de protéger les femmes victimes de violences et de poursuivre les agresseurs quel que soit le lieu de résidence des victimes.

En conclusion j’ai répondu à plusieurs questions sur le sentiment d’identité européenne. Je pense qu’il est important de profiter de l’Europe et de l’ouverture des frontières. Le programme Erasmus+ est un instrument dont tous les jeunes doivent se saisi. Les listes transnationales aux prochaines élections européennes et la monnaie unique sont aussi des vecteurs permettant de renforcer l’identité européenne. Enfin, j’ai rappelé aux élèves que les sujets d’actualité européens sont nombreux et concernent tous les citoyens, même les plus jeunes, qui s’inscrivent dans l’avenir de ce grand territoire qui leur appartient. Aussi, quand on a des positions communes en Europe, on renforce son efficacité pour l’avenir !

 

 

 

 

 

Agenda européen en matière de sécurité intérieure

Un an après les attentats de Bruxelles du 22 mars 2016, le Parlement européen a débattu mercredi de l’agenda européen en matière de sécurité intérieure.

Nous avons d’abord rendu hommage aux victimes des attentats de Bruxelles et de tous les attentats perpétrés en Europe et dans le monde. Ce sont à ces personnes et à leurs familles que nous pensons lorsque nous travaillons à rendre l’Europe plus sûre.

La création d’un véritable espace européen de sécurité est une priorité. Les députés européens ont su prendre leurs responsabilités et ont travaillé, avec efficacité et qualité, pour adopter des mesures importantes, notamment sur l’assistance aux victimes de terrorisme.

La lutte contre le terrorisme nécessite la coopération de tous les acteurs à tous les niveaux. Avec mes collègues, nous avons mis en lumière certaines lacunes comme le manque d’échanges d’informations pertinentes entre États membres. C’est pourtant fondamental pour résoudre des enquêtes transfrontières.

Lors du débat, je suis intervenue pour insister sur le respect absolu des libertés. Les mesures de sécurité doivent être prises mais elles ne doivent pas l’être aux dépens de la liberté. C’est un équilibre fragile qu’il faut préserver à chaque moment.

« Merci Madame la Présidente

Aujourd’hui nous pensons tout particulièrement aux victimes de Bruxelles et d’ailleurs. Ces attentats tragiques ont montré la nécessité d’une coopération plus étroite : plus d’Europe, plus de solidarité.

L’agenda européen en matière de sécurité est une étape nécessaire vers la création d’un espace européen de sécurité intérieure. Et tous les acteurs doivent jouer leur rôle pour veiller à ce que l’Union fasse tout ce qui est en son pouvoir pour garantir la sécurité des citoyens. Force est de constater que les engagements pris par les États membres doivent encore être traduits en actes concrets.

Le Parlement s’investit considérablement dans la lutte contre le terrorisme. Elle s’assure que l’équilibre, fragile, entre la sécurité et le respect des libertés soit respecté. L’un ne va pas sans l’autre. C’est pourquoi, pour nous, l’idée de créer une commission d‘enquête sur le terrorisme n’est pas acceptable ; le renforcement de la sécurité ne doit pas se faire aux dépens des libertés.

Je voudrais conclure par les mots de Jeans Stoltenberg, premier ministre norvégien lors des attentats sur l’ile d’Utova en 2011 : « Nous allons répondre à la terreur par plus de démocratie, plus d’ouverture et de tolérance » »

 

On parle d’Europe et on combat les nationalistes avec les militants PS de Paris Convention

Lundi 19 décembre, j’ai participé à l’assemblée générale de la section du Parti Socialiste du quinzième arrondissement de Paris qui se réunissait sur le thème de la montée des populismes en Europe et dans le monde. Je suis intervenue plus précisément sur les aspects européens de cette question tandis que Henri Landes, maitre de conférences et essayiste, s’est concentré sur les aspects américains suite à l’élection de Donald Trump.

J’ai d’abord souhaité faire une précision sémantique concernant l’utilisation de la notion de « populisme » pour qualifier la montée des mouvements d’extrême droite en Europe. En effet, le terme « populisme » laisse pensé de manière négative que les peuples sont à l’origine et au cœur de ces mouvements alors que ce n’est pas le cas. Au lieu de parler de « populismes », il me semble plus opportun de qualifier ces mouvements par ce qu’ils sont réellement : des mouvements nationalistes et xénophobes. Les « populistes » ne représentent en effet pas les intérêts des peuples mais portent au contraire un projet d’extrême droite, opposé à l’Europe, à toute société inclusive, à l’immigration ou encore aux droits des femmes. Les thèmes des nouveaux nationalistes convergent d’un pays à un autre : sortir de l’Europe et de l’euro, réfuter toute forme d’échange et revenir aux frontières nationales, s’opposer à l’accueil des réfugiés, porter un projet autoritaire et contraire aux valeurs européennes. A la différence des mouvements d’extrême droite qui se sont développés en Europe après la seconde guerre mondiale, ils ont modernisé leurs discours et leurs visages, mais leurs propositions restent sensiblement les mêmes. Leur société est celle du repli sur soi et de la fermeture d’esprit. Leur modèle n’est en rien « populaire » ! Bien au contraire, il est anti-populaire car il divise les peuples et opérant des classifications condamnables.

Face à cette résurgence du repli sur soi dont le Brexit est l’exemple le plus frappant, l’Europe doit se relever. Pour cela, les socialistes doivent faire des propositions pour l’Europe de demain. Il faut en finir avec les alliances entre la gauche et droite qui ne font que nourrir les exaspérations des peuples. Au contraire, le Parlement européen doit devenir le laboratoire des nouvelles orientations pour l’Europe. Les socialistes doivent d’abord nouer des alliances avec les partisans de l’Europe du progrès, à savoir la GUE, les écologistes et certains libéraux. A ce titre, lors de la reconstitutive de mi-mandat, les socialistes porteront leur candidat, Gianni Pitella, à la présidence du Parlement européen face à la droite et contrairement à l’accord tacite passé entre Jean-Claude Juncker et Martin Schultz en 2014.

Cette exigence de clarification des alliances est portée par les députés de la délégation socialiste française depuis le début de la mandature. Elle ne s’est pas imposée d’elle-même aux socialistes et démocrates européens. C’est le résultat combiné de l’influence des socialistes français dans le groupe S&D et de la prise de conscience par les socialistes des autres pays de la montée de mouvements nationalistes en Europe (notamment l’émergence de mouvements d’extrême droite dans les pays scandinaves et germaniques).

Lors de l’échange avec les militants, nous avons discuté des différences entre les mouvements nationalistes qui se développent en Europe. Certains partis, comme le mouvement 5 étoiles en Italie ont d’ailleurs  avec des députés au Parlement européen racistes et d’autres plus progressistes. En effet, les mouvements nationalistes agrègent une partie de la colère populaire contre une Europe qui ne protège pas suffisamment. Plus globalement, le développement de ces mouvements doit nous faire réfléchir aux manières de protéger l’Europe et de la défendre quotidiennement au lieu de la blâmer. Il faut convaincre et démontrer aux peuples que l’Europe est positive et peut-être porteuse de progrès. Autres enjeux, la difficulté de voir ce que les institutions européennes apportent au quotidien des individus et la difficulté pour les Citoyens de voir ce qu’ils peuvent apporter à l’Europe.

Nous avons également échangé sur l’implantation du Front National dans les idées et dans les territoires en France. Il est plus que jamais nécessaire de combattre avec force son projet, de lutter prioritairement contre les inégalités et de protéger davantage les plus démunis. Il ne sert à rien de diluer la gauche dans la droite comme certains aimeraient le faire, il faut au contraire que la gauche réfléchisse à la société de demain et pense les défis à venir. Les enjeux français et européens ont plus que jamais besoin des progressistes pour penser la société de demain. Une société plus juste, plus protectrice, plus inclusive et respectueuse de l’environnement.

L’Europe est une fête !

Samedi 7 mai, Paris fêtait l’Europe. A cette occasion, j’ai participé en matinée à une réunion sur l’avenir de l’Union européenne à la maison de l’Europe de Paris sur invitation des fédérations franciliennes. L’après-midi, j’étais présente à l’inauguration du village européen situé sur le parvis de l’hôtel de ville.

Le matin, étaient notamment présents à mes côtés, Pervenche Berès, députée européenne, Nicolas Léron, président d’Eurocité et Fabien Chevalier, président de Sauvons l’Europe. La fédération de Paris étant jumelée avec celle du SPD Berlin, de nombreux Berlinois avaient ainsi fait le déplacement. Emmanuel Grégoire, premier secrétaire fédéral de Paris et Alejandro Cercas Alonso, ancien député européen espagnol étaient également présents.

Matinée fédération Paris

L’Union européenne vit actuellement une crise qui frappe sa cohésion et ses valeurs : crise de l’accueil des réfugiés, crise de la solidarité. Alors que les populistes veulent tuer l’Union de l’intérieur, il m’a semblé essentiel de rappeler que l’UE est avant tout un espace politique fondé sur des valeurs communes. Ces valeurs, exprimées dans la Charte des droits fondamentaux et dans l’article 2 du traité sur l’Union européenne sont essentielles pour l’Europe de demain. Aussi le Parlement européen travaille actuellement à l’élaboration d’un pacte européen de la démocratie, de l’état de droit et des droits fondamentaux (pacte DEF). Un pacte qui prévoit des sanctions, notamment économiques pour les Etats qui ne respectent pas les droits attachés à l’individu. Ce pacte, qui remet le Citoyen et l’individu au cœur de l’Union européenne part du constat que les valeurs de l’Union européenne ne sont pas aussi bien protégées que ses règles économiques. Certains Etats ne respectent ainsi pas les droits fondamentaux de leurs ressortissants. C’est un nouveau pas en avant que nous proposons et une solution pour l’Europe politique. Face à cette situation, l’ambition du pacte DEF est de réviser les mécanismes existants et de les fonder sur un cadre unique et cohérent qui offrirait une protection réelle aux résidents de l’Union européenne.

De nombreux participants sont également intervenus au cours de la réunion pour nous interpeler. Nous avons ainsi abordé l’avenir de l’Union européenne, avec notamment la question du Brexit ou encore la question des droits des femmes et des LGBTI aujourd’hui menacés dans l’ensemble de l’Union européenne alors que l’Europe est frappée par la résurgence des mouvements intégristes et réactionnaires. Par ailleurs, de nombreuses interventions portaient sur la nécessité d’une approche solidaire et commune pour accueillir les réfugiés. Face au bloc majoritaire de droite au Parlement européen, il n’est pas toujours aisé de faire passer des propositions sociales-démocrates. C’est pourquoi, nous devons continuer à porter un projet alternatif pour une Europe plus inclusive et plus juste. L’Union européenne a bien un avenir. Et cet avenir devra s’écrire dans la solidarité.

Village européen 2

L’après-midi, j’ai participé à l’inauguration du village européen aux côtés d’Anne Hidalgo, maire de Paris, d’Harlem Désir, secrétaire d’Etat aux affaires européennes, de Pervenche Berès et de Cécile Kyengé, députées européennes. Placé sous le thème du vivre ensemble, c’était notamment l’occasion de découvrir l’Europe sous les facettes de la tolérance, des talents et des technologies.

Samedi 7 mai, résolument une belle journée pour l’Europe !