L’European Student Think Tank interroge sur l’identité européenne #IdentifyEUrope

Les dernières années ont vu s’accroître le désintérêt des citoyens vis-à-vis de la construction européenne, alors même que les mouvements populistes se développent et gagnent en importance. Dans ce contexte, l’European Student Think Tank (EST) a lancé une campagne sur l’identité européenne intitulée IdentifyEUrope. L’EST, est une ONG d’étudiants européens, qui a pour but de sensibiliser les étudiants à l’Union européenne. À cette fin, cette association organise régulièrement divers événements à destination des étudiants. L’objectif est d’intéresser et d’impliquer les étudiants en leur permettant d’en apprendre plus sur le fonctionnement concret de l’Europe et de réfléchir sur certains sujets actuels. Dans le cadre de la campagne IdentifyEUrope, EST a organisé un débat le jeudi 24 mai à l’Assemblée nationale autour de la thématique : les Français peuvent-ils développer une conscience européenne ? Je suis donc intervenue aux côtés de Constance Le Grip, Députée des Hauts-de-Seine; Thierry Chopin, Directeur des Etudes, Fondation Robert Schuman et Théo Verdier, responsable de la communication, Mouvement européen.

J’ai commencé mon intervention par une touche optimiste en exposant les résultats du dernier sondage donné par l’eurobaromètre sur le site du Parlement européen : 55% des Français sont convaincus que l’adhésion de la France à l’Union européenne est une bonne chose et considèrent que c’est à l’échelle européenne que l’on peut et doit intervenir notamment sur la lutte contre le terrorisme et la sécurité, le chômage, l’environnement et la démocratie.

Sur la démocratie, il est intéressant de noter que les Français approuvent cette avancée démocratique du candidat tête de liste du parti arrivé en tête comme Président de la Commission européenne. Les citoyens français en approuvant le système du « spitzenkandidat » affirment leur volonté de peser dans le débat politique européen et de faire valoir leurs droits. La lenteur du processus législatif largement imputable au fonctionnement à l’unanimité du Conseil des Etats conduit souvent à la frustration des citoyens. L’Union européenne ce n’est pas seulement un marché unique, c’est aussi un espace politique dotés de droits communs qui s’appliquent à tous. Pour entrer dans l’Union européenne, le respect de ces droits est obligatoire, pour y rester cela doit aussi être le cas. Or, le mécanisme de sanctions prévu par les Traités ne fonctionne pas et cela décrédibilise l’Europe. C’est pourquoi, dans le cadre du débat sur le prochain cadre financier pluriannuel, le Parlement européen a proposé un système de conditionnalité au respect de l’état de droit sous peine de subir des sanctions financières (sanctions à destination de l’Etat mais pas envers les organisations, comme Erasmus par exemple).

Lors de l’échange avec la salle, j’ai répondu à plusieurs questions. J’ai indiqué que depuis un an j’ai eu l’occasion de contacter le Président Macron à plusieurs reprises ; notamment sur le rôle des médias et la place laissée à l’Europe. Effectivement, même si nous voyons que depuis quelques années les médias s’intéressent de plus en plus aux sujets européens, cela reste très insuffisant. J’ai donné l’exemple de la campagne pour la création de l’émission la Faute à l’Europe (France TV) à laquelle nous avions activement participé en adressant des cartes postales au directeur de France Télévision en provenance de toute l’Europe. Et nous devons continuer à nous mobiliser en ce sens, notamment lors de la prochaine campagne électorale. Le débat entre les différent.e.s candidat.e.s têtes de listes doit pouvoir être diffusé en direct sur les chaînes nationales de tous les pays européens. Je suis par ailleurs, pour la création d’une vraie chaîne de télévision européenne. D’autres questions m’ont été posées. La culture et l’éducation ont été abordés comme vecteurs d’identité européenne. A ce titre l’Union européenne doit devenir pleinement acteur et encourager les synergies de formations et de centres de recherche.

En conclusion j’ai rappelé que notre devise « Unie dans la diversité » est la preuve que nous partageons des valeurs communes à l’échelle de l’Europe. Dans la bataille politique et idéologique, nous devons porter haut et fort les convictions et les valeurs de gauche pour ne pas laisser la voix à ceux qui prônent la haine et le repli.

Rencontre avec les ambassadeurs juniors européens du Lycée Abbé Grégoire

Mercredi 9 mai, à l’occasion de la journée de l’Europe, je suis allée à la rencontre d’un groupe d’élèves du lycée professionnel Abbé Grégoire, porteur du projet « Ecole Ambassadrice » initié par le bureau d’information du Parlement européen. Pour fêter cette journée, le lycée a organisé une journée européenne en mettant en place un grand dispositif pour remettre l’Europe au cœur de leur système éducatif. J’ai rencontré une équipe éducative dynamique et déterminée à faire de l’Europe un sujet primordial pour tous les élèves du lycée.

Lors de notre échange, plusieurs sujets européens ont été abordés ; mais j’ai tout d’abord rappelé que le 9 mai était un jour important pour toute l’Europe. Il célèbre la construction européenne voulue par Robert Schuman, un des pères fondateurs de l’Europe qui a beaucoup travaillé au développement de ce projet fédérateur devenu concret aujourd’hui. L’idée de l’Europe émerge après la seconde guerre mondiale et de la volonté de consolider des accords économiques mis en place par les alliés. Aujourd’hui, l’Europe s’est élargie et compte 28 Etats-membres qui s’organisent autour de réelles institutions politiques. Nous avons donc les bases pour construire un Etat européen fort et qui protège et qui ne doit plus se limiter à un espace d’échanges économiques. A ce titre, j’ai rappelé que 80% des lois françaises émanent de la transposition de directives européennes. Le système législatif fonctionne mais reste encore souvent paralysé par le Conseil des Etats membres car les pays sont réticents à perdre leurs prérogatives.

Beaucoup de sujets d’actualité sont intrinsèquement liés à l’Europe, comme par exemple ce matin, le renoncement de D.Trump de poursuivre l’accord sur le nucléaire iranien. Dans ce contexte, l’Europe doit se positionner et affirmer le maintien de l’accord afin que nous puissions continuer à travailler avec cette région sensible en tant qu’entité indépendante.

L’Europe porte déjà des avancées concrètes comme Erasmus+, l’un des projets européens qui concerne tous les jeunes. La mobilité est un enjeu prioritaire et doit pouvoir bénéficier à tous. En supprimant ses frontières intérieures et en permettant la libre circulation des biens et des personnes, l’Europe a fait un premier pas mais on voit ses limites aujourd’hui avec les difficultés pour accueillir décemment les réfugiés. Effectivement, là ou l’Europe offre la garantie d’une libre circulation à ses citoyens, elle doit aussi garantir leur sécurité et celle des personnes qui demandent asile. Nous devons permettre un accueil solidaire à tous les réfugiés.

Nous avons également parlé de l’organisation de mon temps de travail entre l’Ile de France, le Parlement européen à Strasbourg et Bruxelles. Nous avons également échangé sur l’organisation des élections européennes, avec l’installation des prochaines listes nationales et l’élection du Président du Parlement. L’occasion de rappeler à ses futurs électeurs l’importance de remplir leur rôle de citoyens.

Un autre sujet a été largement abordé ; il s’agit du droit à l’avortement partout en Europe et pour lequel je mène un combat quotidien, car aujourd’hui encore trop d’inégalités résident entre les différents Etats-membres et l’ouverture des frontières doit s’accompagner de l’harmonisation des droits fondamentaux et sociaux partout en Europe.

Les élèves ambassadeurs m’ont ensuite offert une présentation, à travers un exposé, de ce qu’ils avaient étudié sur les institutions européennes. Nous avons aussi répondu ensemble à un questionnaire sur l’Europe qu’ils avaient préparé. Je suis toujours réconfortée par l’implication des élèves dans les nombreuses actions qu’ils ont menées ; j’ai pu constater qu’il s’agissait d’un investissement quotidien, inscrit dans la durée. Enfin, ils m’ont présenté leur point information Europe, une salle mise à la disposition des élèves et entièrement consacrée aux institutions européennes et aux actions menées par le lycée. Une exposition était également visible toute la journée, avec des panneaux d’informations sur les différences et les ressemblances constatées entre les 28 systèmes éducatifs européens.

La réforme de la #SNCF en débat

Jeudi 3 mai je suis intervenue aux côtés de Christophe Bouillon, député de Seine-Maritime, chef de file socialiste sur le projet de loi sur la réforme ferroviaire à l’Assemblée nationale, lors d’un café-débat organisé par les sections socialistes du 11ème, 12ème et 20ème arrondissement de Paris. Ce fut l’occasion de revenir sur la réforme SNCF, les risques sous-jacents et les véritables intentions du gouvernement.

En propos introductifs Christophe Bouillon a rappelé les deux axes principaux que propose le texte : la dimension européenne implique la transposition du 4ème Paquet ferroviaire de 2016, un texte européen qui norme l’ouverture à la concurrence mais qui ne remet pas en cause le statut des cheminots, qui relève uniquement des Etats-membres ; et la demande de l’Europe de faire la différence entre le gestionnaire d’infrastructure et l’opérateur. A son sens, la loi proposée par le gouvernement, en faisant disparaitre le statut particulier des cheminots est une forme de préemption sur une prochaine privatisation. Le gouvernement a vocation à mener un combat politique, sinon il aurait fait une réforme sur la mobilité et sur les moyens de la développer. Sous prétexte de réduire la dette, le statut des cheminots est remis en cause, alors qu’ils n’impactent en rien sur la dette du pays.

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Crédit photo : Mathieu Delmestre

Lors de mon intervention j’ai rappelé que le 4ème paquet ferroviaire avait pour origine la vision globale portée par Jacques Delors « se déplacer partout en Europe et en train » ; mais pour y parvenir il était essentiel de régler des questions techniques afin d’harmoniser les systèmes de transports. Dans le paquet ferroviaire il y deux axes à prendre en compte : les questions politiques et les questions techniques et de sécurités. Au sein du groupe des sociaux-démocrates au Parlement européen nous partageons la vision de Jacques Delors de faciliter les déplacements des européens, mais les forces politiques de droite considèrent d’abord et avant tout ce paquet comme une occasion de toujours plus libéraliser ce secteur économique en soutenant l’accès à la concurrence totale. Que ce soit sur le volet Gouvernance ou sur celui portant sur l’obligation de service public les socialistes et démocrates ont défendu le principe du maintien du service public du transport ferroviaire qui ne pouvait être remis en cause au prétexte d’une moindre rentabilité. Maintien des lignes et protection des droits des travailleurs étaient nos lignes rouges.

Sur la question des cheminots, il n’y a rien au niveau européen qui remette en cause ce statut spécifique. Les négociations pour la mise en place d’une convention collective pour tous les salariés du secteur ferroviaires avaient été engagées dans les gouvernements précédents par F. Cuvillier et A.Vidalies, alors ministres des transports. Les socialistes avaient bien avancé jusqu’en mai 2017, mais depuis l’arrivée d’E. Macron au pouvoir les négociations se sont grippées. Sur le statut de la SNCF, qui risque de se transformer en société anonyme, ce n’est pas une demande de l’Union européenne, au contraire recentrer les activités des infrastructures et de l’opérateur sont contraires aux dispositions européennes !

J’ai également insisté sur le fait que l’ouverture totale à la concurrence pour les lignes à grande vitesse telle qu’adoptée par la majorité de l’Assemblée nationale est un choix politique assumée par la majorité française et en aucun cas une disposition européenne. L’Etat peut et devrait privilégier l’obligation de service public garantie par les textes européens notamment pour les TGV afin de regrouper dans un contrat des lignes rentables et non rentables pour garantir la cohésion territoriale. SI le gouvernement fait le choix de l’ouverture selon le principe du « libre accès » pour tous les opérateurs privés ce sera un choix de politique libérale qui pourrait avoir de graves conséquences pour les services publics mais ce ne sera pas une décision imposée par Bruxelles. Au Royaume-Uni, tout le système est privatisé et les prix des billets sont très chers. En Suède, les usagers veulent revenir à un opérateur unique ; car avec plus de 20 opérateurs, ils n’ont aucune garantie sur les horaires, les correspondances ou encore les tarifs.

Plusieurs questions ont été posées sur la dimension écologique de l’utilisation du train plutôt que de la route, ce fut l’occasion de revenir sur mon rapport Euro-redevance, sur l’instauration des péages routiers partout en Europe. Un texte qui traite largement la question de l’environnement et de la lutte contre la pollution ; car en instaurant des péages à l’échelle européenne le transport de marchandises par le fret, qui pollue moins, sera plus compétitif. La question ferroviaire c’est d’abord et avant tout permettre aux personnes et aux marchandises de se déplacer mieux, plus loin et sans polluer, à des tarifs raisonnables.

 

 

 

L’avenir de l’Europe, c’est la gauche!

Jeudi 26 avril, j’ai participé à une réunion Europe à l’attention des socialistes du 12ème arrondissement de Paris. Nous avons pu échanger sur le fonctionnement des institutions, l’action de la Délégation socialiste française au Parlement européen et aussi l’avenir de l’ Europe.

J’ai tenu à indiquer qu’avec l’arrivée d’Emmanuel Macron au pouvoir et le petit jeu dans lequel il entre avec les médias sur la promotion de l’Europe, ça nous a permis de clarifier notre position à gauche de l’échiquier politique au Parlement européen. Effectivement, à l’heure ou certains socialistes européens s’inscrivent toujours dans une politique de grande coalition avec la droite, les membres du groupe des sociaux-démocrates ont vocation à se détacher de ses alliances techniques pour clarifier et promouvoir une vraie politique sociale.

Le fonctionnement des institutions européennes s’inscrit dans un système de Co législation, entre le Parlement, le Conseil des Etats-membres et la Commission ; c’est pourquoi l’Europe n’avance pas toujours et a du mal à être comprise. En plus de cela, le Conseil est majoritairement à droite et entend toujours mener une politique plus libérale. E.Macron qui se dit ni à droite, ni gauche mène une politique libérale qui va à l’encontre des droits sociaux que les socialistes européens défendent. Par ailleurs, on observe que la montée des partis extrémistes, en Allemagne ou en Autriche par exemple ; la Pologne et la Hongrie sont dirigée par une droite autoritaire. Dans ce contexte, l’Europe est en situation d’échec.

Un échec que la gauche se doit de combattre à travers quatre piliers essentiels : les droits sociaux, pour lesquels il faut une législation forte ; les questions environnementales qui sont primordiales pour la santé publique et la lutte contre la pollution et le développement durable ; le respect des droits fondamentaux, et l’application de sanctions immédiates en cas de non-respect ; et enfin une approche holistique de ces sujets à l’échelle européenne. Dans ce contexte, la gauche se doit d’être novatrice et il faut une majorité prête à avancer dans ce sens.

De nombreuses questions ont été posées lors de l’échange avec la salle ; ce fut l’occasion de revenir sur la zone euro. Nous avons également échangé sur le Parti socialiste européen, qui a la force de pouvoir rassembler tous les partis socialistes des Etats-membres. Alors même s’il y a encore des problèmes d’organisation entre la base militante et la direction, il faut donner au PSE toute la force de construire à l’échelle européenne dans le cadre des futures élections. Je suis aussi revenue sur le travail que je mène au sein de la Délégation socialiste française et en partenariat avec ses 13 membres, profondément à gauche même si nos sensibilités politiques peuvent diverger ; on travaille toujours ensemble et on reste solidaire. C’est la preuve que la gauche peut encore et toujours travailler ensemble et construire de belles choses. Le bilan de notre mandat sera de montrer notre identité socialiste. Une identité qui est bien réelle au Parlement, sur beaucoup de rapports les membres des différents partis de gauche (verts, radicaux, …) votent ensemble ; c’est pourquoi les quatre piliers que nous défendons doivent servir de socle commun à toute la gauche européenne.

Enfin, nous avons largement échangé sur la défense des droits fondamentaux ; notamment sur l’accueil des réfugiés qui doit se manifester à l’échelle européenne. Le système de Dublin demande que les dossiers des réfugiés doivent être traités dans les pays d’accueil, et non plus seulement dans les pays ou arrivent les réfugiés ; il s’agit là de mettre en place une politique de solidarité et de répartition juste entre tous les Etats européens. Malheureusement ce projet de directive n’est pas prêt d’être décliné à l’échelle des Etats car certains partis, et notamment la droite, ne l’ont pas voté. Je déplore par ailleurs que la France ne soit pas présente dans ces débats et n’intervienne pas fermement pour faire bouger les lignes.

Merci à Mathieu Delmestre pour la Photo!

Malgré le #Brexit Sauvons l’Europe

Jeudi 15 mars, j’ai participé à un débat organisé par la Maison de l’Europe de Paris et l’association Sauvons L’Europe sur le #Brexit; aux côtés de Denis MacShane, ancien Ministre Britannique chargé de l’Europe et André Gattolin, Vice-Président LREM de la commission des affaires européennes au Sénat. Le débat était animé par Marie-Christine Vallet, journaliste à Radio France qui nous a posé la question : où va-t-on ? Hard Brexit ? Soft Brexit ?

Fabien Chevalier, Président de l’association Sauvons L’Europe a rappelé en ouverture des débats que le référendum du Brexit et celui de 2005, sur la mise en œuvre d’une constitution européenne, soulèvent le même problème : personne n’y croyait et les deux ont été un véritable échec. Marie-Christine Vallet a procédé à un rappel des dates importantes sur le sujet : le 23 juin 2016-sortie des britanniques de l’Union européenne et démission de David Cameron (ancien premier ministre) ; Theresa May est alors instituée pour négocier la sortie de la Grande-Bretagne et en décembre 2017, un projet d’accord provisoire est initié sur plusieurs questions importantes comme sur le budget compensatoire verser à l’Europe. La sortie officielle aura lieu le 29 mars 2019 avec une période de transition qui ira jusqu’au 31 décembre 2020. Une question essentielle devra se poser : quel type de traité de libre échange faudra-t-il instaurer entre l’Union européenne et la Grande-Bretagne ?

Malgré le projet d’accord, d’autres interrogations sensibles restent en suspens aujourd’hui : comme le statut des Britanniques en Europe et des Européens au Royaume-Uni après la sortie et la grande diminution de l’influence géopolitique de la Grande Bretagne. J’ai également rappelé que la cour de justice de l’Union européenne devait pouvoir agir en cas de conflit judiciaire. Par ailleurs, j’ai aussi parlé de la contribution financière du Royaume Uni au budget européen, un réel manque à gagner pour les années à venir ; aussi sur la question du « Brexit dur » j’ai répondu qu’elle dépendant du choix du Royaume Uni, s’il restait dans le marché intérieur et l’accord douanier ou non. Nous devons avancer et respecter le choix démocratique des citoyens britanniques de sortir de l’Union, mais il faut avancer car nous ne pouvons pas rester dans ce flou politique alors que la question du budget pluriannuel est en ce moment-même en discussion. Cependant, j’ai tenu à souligner que nous devons rester dans une démarche intelligente.

Aujourd’hui, nous devons tirer des leçons et les Etats-membres ont une vraie responsabilité et doivent s’interroger sur la modification des traités européens afin de donner aux institutions européennes de réels pouvoirs de gouvernance politique avec un Parlement ayant enfin les pleins pouvoirs législatifs. Le système de co-législation (entre le Parlement et le Conseil) retire trop de prérogatives à l’Europe et empêche la construction d’un système fédéral puissant, c’est pourquoi les citoyens ont du mal à être convaincus du bienfondé de l’Europe.

Par ailleurs, j’ai fait part à la salle de l’ambiance difficile qui règne au Parlement européen depuis le referendum. Aujourd’hui, nos collègues travaillistes britanniques participent toujours aux votes et à la rédaction des textes alors qu’ils ne seront plus présents pour leur application. En janvier par exemple, ils étaient là pour voter sur la répartition de leurs propres sièges après la sortie.

Enfin, j’ai rappelé qu’au-delà des aspects pratiques, c’est une période douloureuse pour la jeunesse britannique qui croit encore en l’Europe. Ce fut l’occasion de dire que les générations futures demanderont peut-être la réintégration du pays à l’Union européenne ; alors il faut continuer d’agir au sein de la société civile européenne et dans les partis politiques, notamment au sein du parti socialiste européen au sein duquel le Labour (parti socialiste britannique) reste un membre à part entière.

 

La lutte contre les violences faites aux femmes et aux filles : où en est le droit français dans l’application de la Convention d’Istanbul ?

Vendredi 26 janvier je suis intervenue à l’ouverture du colloque organisé par Françoise Morvan, Présidente de la CLEF (Coordination française pour le Lobby Européen des Femmes), qui a eu lieu au bureau d’information du Parlement européen à Paris, sur le thème « la lutte contre les violences faites aux femmes et aux filles : où en est le droit français dans l’application de la Convention d’Istanbul ? ». Vous trouverez ci-dessous le texte de mon intervention :

«  Co-rapporteure pour le Parlement européen sur la signature et la ratification de l’Union européenne à la Convention d’Istanbul, mon rapport a été voté en session plénière en septembre 2017

Le colloque est essentiellement consacré à la situation en France mais je suis là pour parler de la situation dans l’Union européenne et de l’action des députés européens et des institutions européennes pour lutter contre les violences faites aux femmes ; car l’Union européenne est aussi une échelle pertinente sur ces questions et l’urgence à agir est réelle : 1 femme sur 3 a subi des violences sexuelles ou physiques en Europe – ce sont des chiffres de l’agence européenne des droits fondamentaux. Une société où la moitié de la population risque de devenir victimes de violences exige que tout le monde prenne ses responsabilités, l’UE comme les Etats.

La Convention d’Istanbul a été signée par les 28 Etats membres. Quand j’ai débuté ce rapport il y a un an, 13 états membres devaient encore la ratifier. L’Allemagne et l’Estonie ont ratifié en 2017, sous l’impulsion du processus européen. Il en reste aujourd’hui 11, c’est toujours beaucoup trop. Il y a parfois des fortes résistantes à la ratification et je pense très récemment à la Bulgarie : le gouvernement bulgare a adopté un projet de loi pour la ratification le 3 janvier dernier mais la contestation dans le pays est très vive. Beaucoup de fausses informations circulent sur un prétendu 3ème genre, sur une idéologie fantasmée derrière la Convention. Et attention, les droits des femmes ne sont jamais acquis et je fais aussi très attention à la Pologne par exemple ; qui a signé et ratifié la Convention d’Istanbul en 2015 mais qui menace aujourd’hui de se retirer. C’est un retour en arrière terrifiant. En parallèle, le gouvernement polonais a refusé des fonds à des organisations pour le droit des femmes, tout en finançant des mouvements religieux. Il s’attaque aussi aux droits sexuels et reproductifs des femmes alors que le gouvernement tente encore une fois de restreindre l’avortement (interdisant l’avortement en cas de malformation du fœtus, ce qui représente 90% des avortements en Pologne).

Vous comprenez que la situation en Europe est très disparate. Les politiques et les modes d’action varient considérablement d’un État à l’autre, ce qui engendre une inégalité de traitement et de protection à travers l’Europe.

C’est pourquoi le Parlement européen soutient l’adhésion de l’Union à cette Convention, en parallèle des Etats membres. L’Union a un rôle indéniable à jouer pour la cohérence de nos politiques car le but est de protéger toutes les femmes partout en Europe : les françaises, les polonaises, les bulgares etc.

Où en est-on du processus d’adhésion ?

L’Union européenne a signé la Convention d’Istanbul le 13 juin 2017. Pour être très précise, le Conseil a décidé de signer la Convention d’Istanbul uniquement concernant 2 domaines : l’asile et la coopération judiciaire. Le Parlement n’est pas d’accord avec ce choix restreint ; nous souhaitons que l’adhésion de l’Union soit la plus large possible car l’Union a une compétence générale sur les droits des victimes et les victimes sont au centre de la Convention d’Istanbul. Nous avons les services juridiques de notre côté et nous avons envoyé une lettre au Conseil en ce sens. Il nous reste en effet encore une fenêtre d’opportunité ; entre la signature et la ratification, s’ouvre une période destinée à la négociation du code de conduite ; c’est à dire le document qui va répartir les compétences entre l’Union et les Etats membres pour la mise en oeuvre de la Convention: qui sera responsable de quoi ? qui aura la responsabilité de reporter au Grevio ?  C’est l’étape la plus importante car elle concerne les détails pratiques de la mise en oeuvre. Le Parlement a le droit d’être informé des négociations et je peux vous assurer que je vais le faire avec grande attention. Je continue à mettre la pression pour que les négociations avancent au plus vite et surtout je pousse le Conseil à donner le rôle le plus large possible à l’Union. Une fois ce document négocié, l’Union pourra ratifier la Convention. Le Parlement européen devra également donner son consentement final.

Vous constatez que le combat se mène aussi à l’échelle de l’Union européenne. L’année 2017 a d’ailleurs été consacrée « année européenne pour l’éradication de toutes les formes de violence à l’égard des femmes et des filles ». Cela signifie que l’Union réitère son engament pour l’égalité entre les hommes et les femmes dans tous les domaines ; pas seulement les violences mais aussi l’écart de rémunération, la conciliation vie privée et vie professionnelle…. C’est bien à l’agenda politique et nous avons un momentum politique – on le constate aussi avec la libération de la parole des femmes aujourd’hui. Mais toutes ces promesses doivent se concrétiser dans l’action politique et cette bataille est encore loin d’être gagnée.

En effet dans mon rapport, le Parlement demande une stratégie globale pour lutter contre les violences, c’est-à-dire : la nomination d’un coordinateur européen sur les violences faites aux femmes, une Directive européenne sur la question, la création d’un observatoire européen de la violence fondée sur le genre. Pour tout cela, la Commission répond que ce n’est pas la priorité.

Outre ces politiques supplémentaires que nous demandons, je souhaite aussi simplement que les Etats membres respectent ce qui a été voté. Je pense à la mise en oeuvre de 2 actes votés il y a 5 ans déjà : la Directive sur le droit des victimes de 2012 qui définit des règles minimales et s’applique aux infractions pénales commises dans l’Union. Le but est de garantir que les victimes de la criminalité et donc aussi les victimes de violences de genre reçoivent des informations, un soutien et une protection adéquats et puissent participer à la procédure pénale. C’est un instrument peu connu qui date de 2011 : les décisions de protection européenne permettant aux victimes de violences de bénéficier d’une mesure de protection contre leurs agresseurs quand elles se déplacent dans un autre pays de l’UE.

Où en sont les états membres ? Ont-ils respecté leurs obligations ?

En ce moment, le Parlement européen travaille à des rapports de mise en oeuvre sur ces deux dossiers ; c’est-à-dire que le Parlement va analyser la transposition de la Directive Victime et des décisions de protection européenne dans les Etats. Je vous invite à suivre ces travaux car c’est le moment de pointer les lacunes et d’accentuer la pression sur les Etats membres qui sont parfois très réticents à travailler sur le droit des femmes.

Vous pouvez compter sur mon engagement pour la Convention d’Istanbul mais plus largement pour l’ensemble des droits des femmes. »

 

Rencontre avec les étudiants de l’Institut international de la communication de Paris

Le lundi 18 décembre, avec Pascal Durand, je suis allée à la rencontre d’un groupe d’étudiants en licence 1 information et communication de l’Institut international de la communication de Paris. Cette rencontre a été organisée par le mouvement des Jeunes européens-France, qui mène une action transpartisane en faveur de l’Europe. Leur but est de promouvoir les valeurs européennes en encourageant l’action citoyenne européenne à travers différents programmes. Un de ces programmes est « L’Europe par les jeunes » avec lequel ils interviennent dans les écoles, les collèges, les lycées et les centres de formation pour apprentis. Ces interventions visent à compléter l’éducation civique des élèves et à leur donner un aperçu des possibilités d’aide à la mobilité.  Elles peuvent également être l’occasion de faire prendre conscience aux jeunes que l’Union européenne se vit au quotidien. Ils ont souhaité élargir ce programme aux formations de journalisme. En effet, les futurs journalistes sont des acteurs primordiaux pour informer et sensibiliser les citoyens à l’Union européenne, ses actions et son impact dans la vie.

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Les médias, garants de la liberté d’expression, sont fondamentaux dans la transmission de l’information malgré une faible présence des médias français à l’échelle européenne.

Beaucoup de sujets ont été abordés dans les débats, énergie, citoyenneté, place des femmes, élargissement, Autriche. J’espère avoir pu transmettre le message principal : l’Europe n’est pas un sujet, l’Europe est partout dans le quotidien et il faut le faire entendre à l’ensemble de ses citoyens ; c’est là leur devoir !