L’Union européenne doit pouvoir défendre la démocratie en son sein

Communiqué de la Délégation socialiste française

Aujourd’hui, le Parlement européen a appelé une nouvelle fois à la mise en place d’un mécanisme de l’Union pour la démocratie, l’État de droit et les droits fondamentaux, proposition que les eurodéputés socialistes et radicaux soutiennent de longue date. En effet, l’Union européenne dispose de peu de moyens qui lui permettent de faire respecter concrètement la démocratie.

Pour Sylvie Guillaume, vice-présidente du Parlement européen, « le contexte oblige l’Union européenne à trouver une solution pour faire respecter les Traités sur les questions démocratiques, d’État de droit et de droits fondamentaux. Hongrie, Roumanie, Pologne, montée des mouvements néofascistes et extrémistes… ce combat pour la démocratie est urgent ! ».

Pour Christine Revault d’Allonnes Bonnefoy, présidente de la délégation socialiste française, « si nous saluons le déclenchement de l’article 7 pour la Hongrie et pour la Pologne, nous ne pouvons que constater et dénoncer ces réponses tardives, et essentiellement réactives. C’est pourquoi, nous demandons un pacte interinstitutionnel qui consisterait en un examen annuel de chaque État sur la base de critères objectifs. Des recommandations par pays seraient publiées, suivies d’un débat interparlementaire et d’un examen permanent au sein des institutions ».

Pour Sylvie Guillaume et Christine Revault d’Allonnes Bonnefoy, « c’est là un outil supplémentaire et complémentaire à l’article 7 afin d’agir efficacement contre les atteintes répétées à l’État de droit. Nous dénonçons le peu d’empressement de la Commission et du Conseil à se saisir de cette proposition. Il est temps de s’engager dans un tel processus ».

 

Mon explication de vote :

J’ai voté en faveur d’un pacte pour l’État de droit, la démocratie et les droits fondamentaux. L’Union a besoin de faire respecter ses propres principes fondateurs en son sein et de manière urgente. La situation s’est dramatiquement détériorée en Pologne et en Hongrie et nos inquiétudes se propagent à d’autres États face à la montée des mouvements néo-fascistes et extrémistes. Nous aurons ainsi les moyens de surveiller en permanence l’état des droits fondamentaux en Europe et de réagir à tout instant. L’article 7 est nécessaire mais c’est une arme de dernier ressort. Ce n’est pas la première fois que le Parlement se prononce en faveur d’un tel instrument, qui serait simplement une réplique du pacte aujourd’hui mis en place pour le respect des règles économiques. En effet, cette proposition a été faite il y a deux ans mais ni le Conseil des États membres ni même la Commission européenne ont donné suite. Nous le dénonçons vivement et nous appelons, encore et toujours, la Commission a adopté cette proposition le plus rapidement possible.

Après le 11 novembre

En se souvenant des combats de la Première guerre mondiale et en
célébrant le centenaire de la fin de cette grande boucherie, c’est
bien le drame humain qui fut au cœur des souvenirs, plutôt que la
dimension géopolitique.
On a rappelé les chiffres impressionnants des morts, des mutilés, des
obus tirés et qu’on peut encore déterrer régulièrement sur ce
qu’étaient les champs de bataille.
Et chacun sait qu’aucune leçon ne fut tirée de cette grande folie
puisque d’autres guerres suivirent.
Les mouvements de frontières jetèrent sur les routes des millions de
personnes qu’on disait alors « déplacées ». Il s’agissait de réfugiés
et de migrants qui fuyaient la guerre, les persécutions et la misère.
Toute ressemblance avec des faits actuels n’est pas fortuite !
L’Empire ottoman commis le terrible génocide des Arméniens puis la
Turquie se lança dans une guerre contre les Grecs qu’elle chassa,
laissant des blessures encore vivantes et le Kurdistan qui devait voir
le jour, fut étouffé sous le nationalisme turc.
Les Traités de l’après-guerre provoquèrent l’humiliation des
Allemands, nourrissant en partie ce qui allait devenir le nazisme. Dès
1919 d’ailleurs, le fascisme devait voir le jour en Italie.
Dans bien des cas, la Société des nations échoua dans sa mission. Bien
avant Trump, le Congrès américain refusa d’ailleurs que le Président
Wilson engage son pays à jouer un rôle dans ce qui était un embryon de
Communauté internationale.
L’Europe d’un vaste champ de bataille devenait un chantier de taille
pour quelques visionnaires comme Aristide Briand, un homme de gauche,
ou Coudenhove-Kalergi qui a un temps d’avance avec ses idées
pan-européennes, trop généreuses pour leur temps.
Alors que l’hystérie des chauvinismes et l’impérialisme avaient eu
raison de la paix en 1914, les années 20 et 30 furent celle du
nationalisme. Et malgré l’émergence du keynesianisme et l’installation
durable du modèle nordique d’Etat providence en Suède, ce furent le
nationalisme et l’autoritarisme qui se répandirent dans toute
l’Europe.
La démocratie parlementaire fut toujours contestée, parfois testée et
souvent renversée. De Lisbonne à Berlin, de Rome à Bucarest, on
n’entendit bientôt plus que des bruits de bottes.
Pour la gauche européenne, la grande guerre fut aussi une épreuve.
L’unité des socialistes se brisa malgré les efforts de Jaurès,
l’apôtre de la Paix y laissa la vie, sous les balles d’un exalté,
nationaliste…
Ce fut la grande division que la Révolution russe vint accroître. On
connaît la suite. Le communisme fut dévoyé par les bolcheviks russes
en un nouveau totalitarisme.
L’affrontement entre nationalistes et leurs alliés conservateurs et la
gauche tourna à la confrontation armée en Hongrie et Allemagne, quand
il ne dégénéra pas en Autriche ou en Espagne.
Cent ans après, le nationalisme n’a pas disparu. Il a revêtu parfois
de nouveaux habits. Mais comme les soldats de 14-18, il a appris les
vertus du camouflage et du retranchement.
A la Conférence de la Paix a succédé le forum pour la Paix imaginé par
Emmanuel Macron, mais comme pour les traités de l’après-guerre, il
passe à côté de l’essentiel. La guerre civile continue de décimer le
peuple yéménite, les Rohingyas continuent de souffrir, la question
palestinienne n’est pas réglée, la corruption des régimes anti
démocratiques se poursuit tant que les affaires continuent.
Le centenaire de la Pologne vient d’être gâché par les nationalistes
et le pouvoir, au lieu d’y opposer une marche des démocrates, a décidé
de se mettre à la remorque de l’extrême droite, un centenaire boudé
par l’Europe…
Voilà un signe de plus que la paix n’est jamais acquise.
Nous autres socialistes, avons compris que l’unité est essentielle. La
fragmentation du Parlement européen qui vient risque d’affaiblir la
décision politique dans une Union affaiblie par les égoïsmes
nationaux.
Voilà pourquoi les sociaux-démocrates européens doivent affirmer qu’un
autre chemin est possible.

Perturbateurs endocriniens : une feuille de route stérile

Communiqué de la Délégation socialiste française

Pour la délégation socialiste française au Parlement européen, la stratégie présentée par la Commission européenne ne répond pas à l’urgence sanitaire et environnementale.

Bruxelles– La Commission européenne a présenté ce mercredi 7 novembre, sa feuille de route « Vers un cadre complet sur les perturbateurs endocriniens ». L’objectif étant de compléter son action dans le domaine des pesticides et des biocides. Pour l’eurodéputé PS Eric Andrieu « Le texte n’est pas à la hauteur des enjeux sanitaires et environnementaux liés à l’exposition aux perturbateurs endocriniens. Une fois de plus la Commission européenne, sous la pression des lobbyistes industriels, joue la montre et se refuse à une stricte application du principe de précaution. »

Christine Revault d’Allonnes Bonnefoy, Présidente de la délégation, rappelle, de son côté, que « les perturbateurs endocriniens interfèrent chaque jour sur notre système hormonal et peuvent entraîner des effets nocifs tant sur la santé de nos concitoyens que sur l’environnement ».

« Ces propositions sont largement insuffisantes pour lutter contre l’infertilité croissante en Europe. Aujourd’hui 5 à 10% des couples dans l’Union européenne sont touchés par l’infertilité », enchaîne Eric Andrieu, qui y voit « un problème de santé publique majeur pour l’Union européenne. »

Suite au vote camouflet infligé par le Parlement européen, la Commission européenne s’était engagée, fin 2017, à présenter une nouvelle stratégie pour réduire autant que possible l’exposition des citoyens de l’Union européenne aux perturbateurs endocriniens. Pour le député européen, « Cette feuille de route est loin des engagements pris par la Commission. Une fois de plus l’exécutif nous propose des mécanismes d’évaluation, là où on était en droit d’attendre des mesures d’urgences. » Le Président de la Commission d’enquête sur les procédures d’homologation des pesticides en Europe déplore, en outre, « l’absence de mesures pour traiter des ‘effets cocktails’. »

Les nouveaux critères d’identification entreront en application samedi 10 novembre.

Eric Andrieu organisera lundi 19 novembre au Parlement européen conjointement avec la Société européenne d’endocrinologie une conférence de sensibilisation relative à l’action des perturbateurs endocriniens sur la santé publique en Europe.

Le vrai visage des nationalistes en Europe

Ce mercredi 24 octobre, je me suis adressée à tous les citoyens européens qui sont tentés par les partis d’extrême-droite, ceux qui prétendent leur garantir la liberté, la sécurité et la prospérité.  Si on prend le temps d’aller au-delà de leurs discours, on découvre toujours plus de mensonges et d’arguments fallacieux. La réalité de leurs votes est bien différente ce qu’ils clament, en particulier sur la sécurité et les frontières. Les Européens et l’Europe méritent mieux que ces politiques du pire. Ils méritent également mieux que des politiques libérales qui broient les femmes et les hommes les plus vulnérables. Ne tombons-pas dans le piège que ces deux camps nous tendent : notre choix ne se résume pas au libéralisme d’un côté et au nationalisme de l’autre. Il y a bien des alternatives, dont celle des Socialistes et Démocrates : une Europe solidaire, écologique, démocratique, progressiste, émancipatrice et sociale.

« Les nationalismes menacent la construction européenne. Leurs mensonges, la politique du pire qu’ils mènent, leur emprise sur la société font que de plus en plus d’Européens perdent confiance. Ils corrodent nos esprits, fragmentent nos sociétés.

Leurs mensonges et leurs arguments fallacieux ne produisent que de la peur, de la haine et de la violence.

Alors que faire, mes chers collègues ? Pour les vaincre, nous devons d’abord les exposer à la lumière, tels des vampires. Montrer leur vrai visage.

Dans la délégation socialiste française, nous scrutons leurs votes.

Renforcer le contrôle des armes à feu pour lutter contre le terrorisme ? Ils votent contre.

La protection sociale des chauffeurs routiers, le principe à travail égal salaire égal ? Ils votent contre.

Des mesures pour l’égalité entre les femmes et les hommes ? Ils votent contre.

Toutes les mesures pour lutter contre la pollution, y compris le plastique aujourd’hui, ils votent contre.

Le renforcement des frontières de l’Union européenne ? Ils votent contre, mes chers collègues !

Ils prétendent protéger, ils détruisent. Voilà leur vrai visage. Regardez-les à chaque vote et vous verrez que l’extrême-droite conduit à la ruine des Européens. Un autre futur est possible : je ne parle pas du libéralisme mais bien d’une troisième voie. Celle du progrès social, de l’humanisme et de la solidarité et elle est incarnée par les socialistes ».

 

 

Pour un mécanisme des droits fondamentaux maintenant!

Au cours des deux dernières années, depuis l’adoption en 2016 d’une proposition de mécanisme pour l’État de droit par le Parlement, les procédures se sont multipliées. Des actions au titre de l’article 7 ont été déclenchées contre la Hongrie et la Pologne, des auditions ont été organisées sur les violations commises et la Commission a parfois engagé des procédures d’infraction. Des mesures ont donc été prises mais de manière fragmentée et désordonnée. Il manque à l’Union européenne un système structuré et global.  C’est le sens du débat qui s’est tenu au Parlement européen le mardi 23 octobre. Nous avons les moyens, avec un tel instrument, de réagir avec efficacité et rapidité.

Ma déclaration écrite sur la nécessité d’un mécanisme approfondi pour la démocratie, l’état de droit et les droits fondamentaux :

Notre débat est de la plus grande importance car il permet de remettre les pendules à l’heure. J’entends ceux qui dénoncent la prétendue impuissance du Parlement à répondre aux dérives autoritaires en Europe. Mais nous avons des solutions outre la procédure de l’article 7 ! En octobre 2016, il y a 2 ans, cette assemblée a voté un Mécanisme pour l’État de droit, la démocratie et les droits fondamentaux. Nous avons exhorté la Commission à en faire une proposition législative mais notre demande est restée lettre morte. Pourtant, les violations graves n‘ont fait que se multiplier ces deux dernières années. Ce mécanisme comporterait un tableau de bord indiquant en permanence la situation dans tous les États. Le Parlement et le Conseil débattront annuellement de recommandations par pays. C’est une surveillance systématique et complète, qui permet à l’Europe de réagir avant qu’il ne soit trop tard. Cette proposition existe déjà en ce qui concerne notre gouvernance économique. L’Union s’est dotée ici d’une base législative solide pour scruter les règles économiques et fiscales. Nous demandons simplement la même intransigeance et fermeté quand il s’agit de nos valeurs fondamentales, quand il s’agit des droits fondamentaux de nos citoyens.

Pour protéger les #Européens, nous renforçons #Schengen !

Communiqué de la Délégation socialiste française

Le Parlement européen a renforcé aujourd’hui la sécurité des citoyens en améliorant le système d’information Schengen (SIS). Le SIS est une base de données policières qui permet aux autorités d’y entrer des alertes sur des personnes recherchées, dans le cadre d’une enquête pénale, par exemple. Cette base est accessible par tous leurs homologues des autres États européens, et la consulter permet d’améliorer la coopération et de voir les procédures aboutir plus facilement.

Les eurodéputés socialistes et radicaux de gauche se félicitent de cette nouvelle réforme, qui permet au SIS d’être plus efficace sur des enjeux importants

Pour Sylvie Guillaume, vice-Présidente du Parlement européen, « avec cette réforme toutes les personnes recherchées en lien avec des actes terroristes devront obligatoirement figurer dans le SIS, alors que les États membres le faisaient jusqu’ici sur base volontaire. Ce changement est crucial pour améliorer la coopération et l’efficacité de la lutte contre le terrorisme dans l’Union européenne ».

Pour Christine Revault d’Allonnes-Bonnefoy, Présidente de la délégation socialiste française, « la libre circulation dans l’espace Schengen implique de renforcer les contrôles aux frontières extérieures. Je me félicite de ce vote qui permet de mieux protéger les Européens et de sauvegarder leur liberté de circuler ».

Dans les négociations, les eurodéputés S&D ont également défendu la protection des données, et la création d’une alerte pour les enfants disparus ou les personnes vulnérables.

 

Mon explication de vote :

Les socialistes sont particulièrement attachés à l’espace Schengen; il nous permet à tous de circuler librement dans plusieurs Etats européens. Aujourd’hui j’ai voté faveur d’une réforme du système d’information de l’espace Schengen (SIS). Ce système d’information a pour but l’échange d’informations entre les autorités policières et judiciaires européennes : informations sur les signalements des biens perdus ou volés, des personnes faisant l’objet d’une enquête criminelle ou encore qui n’ont pas le droit d’entrer dans notre espace. En effet en l’absence de contrôles aux frontières intérieures, il est bien-sûr fondamental d’assurer une sécurité maximale au sein de Schengen. Grâce à cette réforme, le SIS sera plus efficace avec notamment une obligation pour les États d’introduire des alertes sur les personnes recherchées en lien avec le terrorisme. Le SIS est consulté de façon obligatoire et systématique à l’entrée et à la sortie de l’espace Schengen permettant ainsi d’identifier des personnes partant ou revenant de zones de guerre. C’est donc un outil précieux de la lutte contre le terrorisme.

Place aux Femmes!

Le Conseil européen des femmes (WEUCO) a été créé pour faire de l’égalité entre les femmes et les hommes une priorité de l’agenda politique de l’Union. Nous sommes sous-représentées dans toutes les instances décisionnelles européennes alors que nous représentons la moitié de la population mondiale. Aucune femme n’a jamais été Présidente de la Commission européenne, du Conseil européen ou de la Banque centrale européenne et nous sommes seulement 30% au Parlement européen.

Christine - weuco

Lors de notre Conseil du 10 octobre, le message a été clair : le système politique a été créé par les hommes et pour les hommes ; il est urgent de le modifier de l’intérieur pour permettre aux femmes d’accéder à toutes les couches de la société. Je remercie particulièrement l’intervenante Sandi Toksvig, fondatrice d’un parti politique féministe au Royaume-Uni, pour avoir exhorté les femmes à être audacieuses et impertinentes pour prendre enfin ce qui leur est dû.

Les valeurs que nous défendons sont inscrites dans les traités de l’UE, nous demandons simplement qu’elles soient respectées.