Pêche électrique : touchée, coulée

Communiqué de la Délégation socialiste française

Les membres de la délégation socialiste française au Parlement européen saluent un vote exemplaire : le Parlement s’est prononcé pour une interdiction totale de la pêche électrique en Europe ! C’est une belle victoire que nous devons à une large mobilisation citoyenne, qui ne devra pas être dénaturée lors des négociations en trilogue

Parce qu’il y a de forts soupçons quant à la dangerosité de cette technique sur la ressource, notamment les juvéniles et les écosystèmes, son interdiction totale était indispensable.

Ce vote doit également servir de leçon à la Commission européenne : qu’elle cesse de mépriser les citoyens, les ONG et les eurodéputés. Défendre des pratiques dangereuses dont personne ne veut est non seulement un risque pour les poissons et l’environnement, mais aussi pour l’Institution. L’Europe n’a pas besoin de s’inventer des problèmes. La Commission européenne « politique de la dernière chance » doit enfin s’en rendre compte.

 

Voici mon explication de vote :

Le Parlement européen a aujourd’hui exprimé, à une très large majorité, son refus de la technique de pêche électrique dont les dégâts sur nos écosystèmes marins ont été scientifiquement prouvés. Après des années de dérogations, et en l’absence de preuve scientifiques assez solides pour justifier de l’innocuité de la pratique, il était incompréhensible que la Commission choisisse de la prolonger. Cette technique est une menace pour la biodiversité et rien ne démontre qu’elle est plus efficace qu’une autre, malgré ce que certains lobbies ont tenté de faire croire. Je me réjouis non seulement du résultat du vote, qui est une bonne nouvelle pour la préservation de l’écosystème de nos océans mais aussi parce qu’il est le résultat d’une importante mobilisation citoyenne. C’est une preuve de vitalité de la démocratie européenne, quoi qu’en disent les esprits chagrins, et c’est une importante leçon pour ceux qui, enfermés dans leurs institutions, oublient trop souvent de consulter la société civile, et surtout de l’écouter. C’est en renforçant le lien avec ses citoyens que l’Union européenne se renforcera, c’est en donnant plus de poids à une institution élue au suffrage universel, plutôt qu’à des hauts-fonctionnaires « experts », que l’Union fera pleinement vivre sa démocratie.

Pêche électrique : une pratique néfaste à bannir des eaux européennes

Communiqué de la Délégation socialiste française

Certains diront que la pêche électrique fait moins de dégâts que la pêche à la grenade. Si la technique est plus discrète, elle n’en fait pas moins des dégâts considérables sur les écosystèmes, et vient en contradiction totale avec le principe de durabilité qui fonde la politique commune de la pêche.

Avant même les informations émanant d’ONG démontrant que la Commission européenne aurait dissimulé une expertise scientifique afin d’autoriser une pratique destructrice, la délégation socialiste française au Parlement européen était à l’initiative d’un vote, le 21 novembre dernier, de la commission pêche du Parlement européen contre la proposition de la Commission européenne d’étendre la pêche électrique en Europe. C’était là une première victoire, même si la dérogation de 2007 restait valable.

Pour rappel, depuis 2007, une dérogation introduite par la Commission européenne et le Conseil autorise 5% de la flotte néerlandaise à recourir à la pêche par impulsion électrique à titre expérimental en mer du Nord, alors que la pratique est interdite depuis 1998 en Europe. Elle est d’ailleurs totalement interdite en Chine depuis le constat des dégâts considérables de la pêche électrique à la crevette, au Brésil et encore aux Etats-Unis, et même Donald Trump, qui n’est pas connu pour être un défenseur de la planète, n’a pas eu l’idée de revenir sur cette interdiction.

Au stade actuel, la délégation socialiste française au Parlement européen demande le report du vote en plénière au Parlement européen car la publication de l’avis du Comité scientifique, technique et économique de la pêche (CSTEP) après le vote en commission de la pêche rouvre le débat. La délégation soutient pleinement l’amendement d’Isabelle Thomas et Yannick Jadot pour interdire la pêche électrique et demande au gouvernement français de changer de position et d’affirmer son opposition à cette technique de pêche.

Dans le cas où le vote serait maintenu à la date prévue, nous ferons tout pour obtenir un meilleur résultat que lors du vote en commission parlementaire : maintenir cette pratique à titre dérogatoire reste inacceptable lorsque l’on sait qu’il existe de forts soupçons quant à la dangerosité de cette technique de pêche sur la faune halieutique, notamment les juvéniles, et les écosystèmes marins. Les pêcheurs de la Mer du Nord en font la triste expérience tous les jours. Cette technique de pêche doit donc être définitivement bannie des eaux européennes comme elle l’est ailleurs.