Perturbateurs endocriniens : une feuille de route stérile

Communiqué de la Délégation socialiste française

Pour la délégation socialiste française au Parlement européen, la stratégie présentée par la Commission européenne ne répond pas à l’urgence sanitaire et environnementale.

Bruxelles– La Commission européenne a présenté ce mercredi 7 novembre, sa feuille de route « Vers un cadre complet sur les perturbateurs endocriniens ». L’objectif étant de compléter son action dans le domaine des pesticides et des biocides. Pour l’eurodéputé PS Eric Andrieu « Le texte n’est pas à la hauteur des enjeux sanitaires et environnementaux liés à l’exposition aux perturbateurs endocriniens. Une fois de plus la Commission européenne, sous la pression des lobbyistes industriels, joue la montre et se refuse à une stricte application du principe de précaution. »

Christine Revault d’Allonnes Bonnefoy, Présidente de la délégation, rappelle, de son côté, que « les perturbateurs endocriniens interfèrent chaque jour sur notre système hormonal et peuvent entraîner des effets nocifs tant sur la santé de nos concitoyens que sur l’environnement ».

« Ces propositions sont largement insuffisantes pour lutter contre l’infertilité croissante en Europe. Aujourd’hui 5 à 10% des couples dans l’Union européenne sont touchés par l’infertilité », enchaîne Eric Andrieu, qui y voit « un problème de santé publique majeur pour l’Union européenne. »

Suite au vote camouflet infligé par le Parlement européen, la Commission européenne s’était engagée, fin 2017, à présenter une nouvelle stratégie pour réduire autant que possible l’exposition des citoyens de l’Union européenne aux perturbateurs endocriniens. Pour le député européen, « Cette feuille de route est loin des engagements pris par la Commission. Une fois de plus l’exécutif nous propose des mécanismes d’évaluation, là où on était en droit d’attendre des mesures d’urgences. » Le Président de la Commission d’enquête sur les procédures d’homologation des pesticides en Europe déplore, en outre, « l’absence de mesures pour traiter des ‘effets cocktails’. »

Les nouveaux critères d’identification entreront en application samedi 10 novembre.

Eric Andrieu organisera lundi 19 novembre au Parlement européen conjointement avec la Société européenne d’endocrinologie une conférence de sensibilisation relative à l’action des perturbateurs endocriniens sur la santé publique en Europe.

Perturbateurs endocriniens : l’abus de lobby est dangereux pour la santé

Communiqué de la Délégation socialiste

Le Parlement européen a aujourd’hui rejeté par 389 voix la définition des critères qui permettront de définir les perturbateurs endocriniens. Cette définition, proposée par la Commission européenne et acceptée par la France, mettait en danger la santé des êtres humains car les critères retenus étaient ceux de l’industrie chimique et aboutissait à laisser sur le marché des poisons lents.

Il faut être clair : ce n’est pas à BASF et Bayer, par la voix de l’Allemagne, de décider du niveau de protection en matière de santé des citoyens européens. Si l’Allemagne sait être intransigeante en matière économique, nous devons l’être en matière de protection de la santé et de l’environnement. Face aux menaces des lobbys en terme d’emploi et d’économie, il faut marteler ce chiffre : les maladies attribuables aux perturbateurs endocriniens coûtent chaque année plus de 157 milliards d’euros.

Les eurodéputés socialistes et radicaux sont fortement mobilisés sur ce dossier emblématique, dont leur candidat s’est saisi pendant l’élection présidentielle, car les perturbateurs endocriniens sont là et les conséquences sur la santé et l’environnement bien visibles : baisse de la fertilité masculine, puberté précoce, malformations congénitales, cancers du sein, obésité, diabète, etc.

Désormais, la Commission européenne doit retirer son projet, en proposer un nouveau et reprendre les négociations avec les États membres. Les eurodéputés socialistes et radicaux resteront mobilisés pour obtenir une législation ambitieuse : le niveau de preuve requis pour identifier une substance comme perturbateur endocrinien doit être proportionné et les exemptions doivent rester exceptionnelles si l’on veut un texte véritablement efficace !

Relire nos précédents communiqués et les interventions des eurodéputés socialistes et radicaux : http://www.deputes-socialistes.eu/?s=perturbateurs

 

Voici mon explication de vote:

J’ai voté pour l’objection contre la proposition de la Commission sur la définition des critères qui permettront de définir les perturbateurs endocriniens car elle mettait en danger le principe de précaution. Ces critères, qui confortaient les préoccupations des industriels chimiques, ne permettaient pas de garantir un niveau de protection suffisant en matière de prévention des effets des perturbateurs endocriniens sur la santé et l’environnement. La proposition de la Commission comprenait également de nombreuses exemptions qui auraient fragilisé le cadre règlementaire existant. Mon vote contre cette proposition ne signifie pas que je suis contre une définition des perturbateurs endocriniens mais bien que je suis pour une définition qui garantisse un haut niveau de prévention des risques. Dans cette perspective, le groupe des socialistes et démocrates a demandé à la Commission de revenir avec une nouvelle proposition afin de mieux appliquer le principe de précaution qui doit gouverner nos politiques publiques dans ce domaine.

 

La vacance de M. Hulot

Communiqué de la Délégation socialiste française

Après son ambiguïté sur les néonicotinoïdes, le gouvernement de M. Philippe s’illustre à nouveau en acceptant le projet très controversé de la Commission européenne sur les perturbateurs endocriniens.
La délégation française du groupe S&D dénonce avec force le revirement de M. Hulot sur le sujet, et cela avec d’autant plus que notre pays avait jusqu’à présent mené avec fermeté cette bataille contre les lobbys de la chimie en Europe.
Ce revirement de la France et de M. Hulot est scandaleux à plus d’un titre : d’abord, M. Hulot responsable d’ONG tenait des propos radicalement différents il y a encore quelques mois. Ensuite, les scientifiques nous alertent de façon précise, solide et argumentée sur les conséquences des perturbateurs endocriniens sur la santé des êtres humains : baisse de la fertilité masculine, puberté précoce, malformations congénitales, cancers du sein, etc. Quand ceux qui les défendent parlent toujours rentabilité, rappelons d’ailleurs ce chiffre : ces substances nocives coûtent au minimum 157 milliards d’euros par an aux systèmes de santé européens.
Le texte validé aujourd’hui par la France est tout simplement inacceptable car il prévoit une charge de preuve très élevée, qui risque d’exclure un grand nombre de substances potentiellement dangereuses pour l’être humain. Si nous notons que des contreparties ont été obtenues, elles ne changent rien au fait qu’il restera presque impossible de retirer un produit du marché du fait qu’il contient un perturbateur endocrinien.
Nous appelons de nos vœux une règlementation européenne faisant pleinement droit au principe de précaution. Les eurodéputés socialistes et radicaux continueront de mener ce combat pour la santé des européens.

Perturbateurs endocriniens : le Gouvernement doit clarifier sa position !

Communiqué de la délégation socialiste française au Parlement européen

La Délégation française du Groupe Socialistes & Démocrates du Parlement européen appelle à une stricte application du principe de précaution.

Aujourd’hui les experts des États membres de l’Union européenne doivent se prononcer sur le texte crucial de la Commission européenne définissant les perturbateurs endocriniens. Rappelons que les perturbateurs endocriniens affectent déjà la santé des êtres humains : baisse de la fertilité masculine, puberté précoce, malformations congénitales, cancers du sein, etc. Ces troubles sont en nette augmentation ces dernières décennies et fortement corrélés aux perturbateurs endocriniens. Quand ceux qui les défendent parlent toujours rentabilité, rappelons d’ailleurs ce chiffre : ces substances nocives coûtent au minimum 157 milliards d’euros par an aux systèmes de santé européens.

Or, le bruit court que la France serait sur le point d’accepter la définition – dangereuse – actuellement sur la table.

Pour la délégation française du groupe Socialistes et démocrates, à la pointe du combat contre les perturbateurs endocriniens, le texte proposé est tout simplement inacceptable car il prévoit une charge de preuve très élevée, qui risque d’exclure un grand nombre de substances présentes dans notre environnement quotidien et potentiellement dangereuses pour l’être humain.

Une fois de plus la financiarisation de l’économie prend le pas sur la santé humaine. Les sociaux –démocrates français appellent la France à faire barrage à ce texte et exigent de la Commission européenne une stricte application du principe de précaution.

Jusqu’à aujourd’hui, la France, le Danemark et la Suède constituaient une minorité de blocage. Alors que trois sociétés savantes d’endocrinologie ont appelé les ministres européens à rejeter le projet de la Commission européenne, nous appelons solennellement M. Hulot et M. Macron à rester ferme et ne pas mettre en danger la santé des Européens en acceptant une définition dangereuse pour notre avenir et celui de nos enfants.

Nous devons réduire drastiquement l’exposition du public aux perturbateurs endocriniens, en particulier les enfants et les femmes enceintes. Pour cela, nous avons besoin d’une définition stricte !

Perturbateurs endocriniens : halte aux intoxications !

Communiqué de la délégation socialiste française

Le quotidien Le Monde a publié, aujourd’hui, une enquête détaillée sur l’élaboration, par l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) et la Commission européenne, du projet de réglementation sur les perturbateurs endocriniens.

Cette enquête confirme nos inquiétudes.

Pour mémoire, la Commission européenne a été condamnée en 2015 par la justice européenne  pour son inaction en matière de perturbateurs endocriniens. Depuis, elle tente de passer en force en cherchant à modifier le règlement 1107/2009  à travers des actes d’exécution. Mise en minorité le 18 novembre dernier par les représentants des 28 États membres, la Commission a demandé aux experts du « Comité permanent des plantes, animaux, alimentation et aliments sur les pesticides » et du « Groupe sur les biocides » de leur soumettre des commentaires écrits avant le 30 janvier 2017.

Il serait temps que la Commission Juncker – qui se veut politique – cesse de s’abriter aveuglément derrière les experts de l’EFSA, aux mains du lobby industriel, et réponde enfin aux attentes de la société civile en matière de santé publique et de précaution.

Nous lui demandons de respecter à la lettre le vote du Parlement européen de 2009 sur le règlement pesticides et de traiter les perturbateurs endocriniens en tant que tels, et non comme des produits chimiques comme les autres. La Commission européenne et l’EFSA doivent respecter le choix politique du législateur.

Nous continuons d’exiger un véritable durcissement de la législation européenne. Rien ne peut ni ne doit primer sur la transparence, le principe de précaution, la protection de la santé des Européens et de l’environnement !