Plastique : Un plan Marshall pour les océans

Communiqué de la Délégation socialiste française

Le Parlement européen a adopté aujourd’hui un rapport ambitieux pour éradiquer le plastique en Europe. Si les eurodéputés socialistes et radicaux se félicitent de l’adoption de ce rapport, ils dénoncent l’absence de proposition concrète de la part de la Commission européenne.

Pour Eric Andrieu, vice-Président du groupe socialiste au Parlement européen, « la proposition de la Commission européenne est une goutte d’eau. Ce n’est pas en interdisant les bâtonnets de coton-tige, les couverts, les assiettes, les pailles et les bâtonnets mélangeurs pour boissons et les tiges pour ballons de baudruche que nous allons régler le problème ! ».

Dans son intervention, l’eurodéputé audois a également martelé : « Non, les coupables ne sont pas nos citoyens européens qui jettent leurs paquets de chips dans des poubelles recyclables, et il faut arrêter la culpabilisation des consommateurs dictée par l’industrie et les lobbies de l’emballage plastique. Arrêtez avec cette logique néo-libérale, que nous connaissons trop bien en France et qui consiste à dire que la pollution, c’est la faute du consommateur, la crise financière, c’est la faute des ménages et le chômage, c’est la faute des chômeurs ».

Pour Christine Revault d’Allonnes-Bonnefoy, Présidente de la délégation socialiste française, « nous avons laissé les industriels et détenteurs des capitaux faire usage de notre monde comme de leur décharge privée afin de faire des profits, à tel point que notre planète compte désormais un septième continent fait de 80 000 tonnes de déchets plastiques. Nous devons collectivement mesurer l’urgence de la situation et repenser l’ensemble de notre modèle économique, car c’est l’existence même de l’espèce humaine qui est en jeu ».

« Des mesures ambitieuses s’imposent : nous devons réduire l’utilisation du plastique, transformer la conception, la production, l’utilisation et le recyclage des produits en plastique en Europe. Les principes de l’économie circulaire doivent être traduits dans la réalité. Tous les emballages faits de ce matériau-là doivent être recyclables d’ici 2030 » ajoute l’eurodéputée.

« Enfin, partisans du principe pollueur-payeur, nous considérons que c’est l’industrie du plastique et les géants de l’industrie qui devront financer le grand plan Marshall pour les océans que nous appelons de nos vœux »» concluent Eric Andrieu et Christine Revault d’Allonnes-Bonnefoy.

 

Mon explication de vote :

Il y a urgence à réduire les déchets à base de plastique sur notre planète, les océans étouffent, la biodiversité est en danger, et l’espère humaine avec elle. Nous devons impérieusement limiter nos usages du plastique, et quand il n’existe pas d’alternative, produire et utiliser les matières plastiques de manière responsable et durable, en accord avec les principes de l’économie circulaire. La Chine qui a récemment interdit l’importation de déchets en plastique met l’Europe face à ses responsabilités : nous devons assumer nos propres déchets, et les réduire. La Commission s’est saisie de l’occasion en proposant une stratégie pour le plastique, il faut maintenant la traduire en actes concrets. Le travail législatif ne fait que commencer, et devra impérativement être poursuivi au-delà du mandat actuel de la Commission et du Parlement. Il faut par exemple interdire les plastiques à usage unique, privilégier les matériaux de substitution (verre, bois, ou encore papier) partout où c’est possible, harmoniser les collectes et les filières de recyclage, mieux informer les consommateurs… La liste est longue des actions à prendre le plus vite possible, et je me réjouis que l’Union européenne se saisisse du problème, dans l’intérêt de notre planète et de ses habitants !