#Europe Un programme, un leader, une stratégie. Retour sur le conseil du Parti socialiste européen devant le Conseil national

Voici mon intervention en Conseil national du Parti socialiste samedi 9 décembre suite au Conseil du PSE à Lisbonne les 1 et 2 décembre.

Le week-end dernier, le Parti socialiste européen (PSE) a tenu son conseil à Lisbonne. Nous étions présents parmi les plus de 500 participants, activistes européens et membres de leurs partis nationaux.

Le choix de la capitale portugaise pour la tenue de ce conseil était un signe politique fort pour la famille sociale-démocrate.

Car il rend hommage au choix de la cohérence politique mise en œuvre au Portugal depuis plus de deux ans par une coalition de gauche réunie à l’initiative du Parti socialiste. Le refus des socialistes portugais de se joindre à une grande coalition avec la droite, et leur volonté de mettre fin aux politiques austéritaires ont démontré la justesse de leur choix au regard de la relance économique et de l’emploi et de la redistribution sociale rendue possible.

En cette période de confusions idéologiques – qu’entretient notamment en France et en Europe le parti du président de la République – la réaffirmation des clivages entre la droite et la gauche fut précisément au cœur de la résolution sur son orientation politique adoptée par le conseil.

Ce texte, accessible en Français sur le site du PSE va être envoyé à tous les militants et devrait être aussi accessible sur notre site.

A l’initiative de Rachid Temal, le Parti socialiste a pris activement sa part dans la rédaction de ce texte. Nos amendements (notamment sur les stratégies d’alliance, sur les taxations des sociétés, le commerce international, les ressources propres et la politique budgétaire, le droit de vote sur citoyens européens sur leur lieu de résidence pour tous les scrutins), o débattus en groupe de travail, en bureau national, puis par la délégation présente à Lisbonne avant le vote, ont été adoptés. Je veux ici saluer le travail collectif des membres du BN, de mes collègues de la Délégation socialiste française au Parlement européen, des activistes du PSE et des permanents du Parti socialiste qui ont contribué à bâtir les propositions portées par notre délégation pour une refondation de l’Europe progressiste.

Dans sa résolution, le PSE dresse le constat lucide « des effets dévastateurs des politiques d’austérité libérales » à l’échelle européenne. Les effets sociaux de la crise ont éveillé le nationalisme qui menace non seulement le progrès social mais également l’existence même du projet européen. Aussi, le PSE appelle au rassemblement des partis progressistes déterminés sur nos priorités pour des politiques sociales et fiscales environnementales fortes.

Une autre résolution a été adoptée tout aussi importante. Elle appelle à la coalition des forces progressistes et pro-européennes permettant la désignation du candidat tête de liste qui aura vocation à devenir Président de la Commission européenne, par un système de primaire

et confirme le choix des Socialistes et démocrates pour les listes européennes/transnationales, propositions que défendaient les socialistes français.

Et Oui ! Nous avons cette force : nous sommes un grand parti européen qui porte une stratégie commune, pour son programme, son leader et ses alliances de majorité.

Alors un conseil. Cessons de regarder avec obsession ce que pourraient faire tel ou tel parti/ mouvement français et comment nous pourrions nous positionner par rapport à eux.

Consacrons plutôt nos forces à concrétiser notre feuille de route et à porter la stratégie politique définie à Lisbonne. Soyons les artisans du rassemblement pas les suiveurs.

Le PS français y prendra toute sa part et les enjeux européens doivent constituer un pôle majeur dans nos réflexions pour le prochain congrès.

Je rappelle que le Parti socialiste, en dépit parfois de ses divergences internes, n’a jamais cessé de s’investir dans la réflexion sur l’Europe.

Pour les plus récents adoptés par nos instances nationales, nous rappelons ici : les propositions pour réorienter l’Europe issues de la convention Europe (juin 2013), le mémorandum pour le plan européen d’investissements d’avenir (novembre 2014), la réponse européenne aux menaces terroristes (janvier 2015), le texte sur l’avenir de l’Europe (octobre 2015) ou le cahier de la présidentielle « Donner une force à l’Europe, donner un sens au monde » (juillet 2016).

L’appétence des militants pour ces enjeux ne faiblit pas, au contraire ! Il suffit de voir le nombre d’ateliers de la refondation qui ont portés sur l’Europe, des contributions élaborées dans les fédérations.

Un programme. Un leader. Une stratégie.

La mobilisation doit maintenant s’amplifier pour transformer les orientations ambitieuses contenues dans les textes adoptés par les socialistes européens la semaine dernière, en actes. Au travail !

Retour sur le séminaire de la Délégation socialiste française en Ile-de-France

Les 14 et 15 septembre, à l’issue de la session plénière de Strasbourg, je me suis rendue avec mes collègues eurodéputés socialistes français au séminaire annuel de notre délégation, qui cette fois-ci avait lieu en Ile-de-France. En tant qu’élue de la circonscription, avec Pervenche Berès et Guillaume Balas, nous avons eu la chance d’organiser ces deux journées. Cette année nous étions hébergés à la Fédération française de Rugby à Marcoussis, un endroit calme et propice à l’entrainement des joueurs, comme à la bonne tenue de nos réunions de travail.
Nous avons commencé, après le trajet depuis Strasbourg, par une réunion interne sur le bilan de notre action au Parlement européen et plus spécifiquement dans chacune de nos délégations.

Nous avons ensuite partagé un dîner convivial et militant à la Brasserie Ox’Bier tenue par François Ochs, un des rares brasseurs franciliens, qui nous a permis de brasser notre propre bière au mois de juillet ; ce qui a donné naissance à la cuvée spéciale délégation socialiste française renommée « Kand’Baz » spécialement pour l’occasion et consommée sur place (avec modération) par les invités présents. Cette soirée fut l’occasion d’échanger autour du travail parlementaire de la délégation et de parler plus généralement d’Europe et d’avenir. Nous avons répondu aux nombreuses questions des militants et des élus présents ; comme Olivier Thomas, maire de Marcoussis et conseiller régional, Carlos Da Silva, premier Secrétaire fédéral de l’Essonne et Président du groupe socialiste à la Région Ile de France, Elodie Liewig, secrétaire de la section de Marcoussis ou encore Sarah Taillebois, Présidente de la fédération des élus du Val-de-Marne ; que je remercie pour leur présence.

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Vendredi, après une matinée de travail sur les perspectives de la délégation socialiste française au sein du groupe des Sociaux-démocrates nous sommes allés visiter un site industriel profondément ancré dans notre histoire européenne et notre avenir commun : le site des Mureaux du Groupe industriel ArianeGroup, né de l’ambition commune d’Airbus, de Safran et des États membres de créer un champion européen de l’industrie spatiale.

Visiter le site des Mureaux, responsable de l’intégration des étages principaux d’Ariane 5 et du futur lanceur Ariane 6, c’est vivre une expérience européenne. C’est appréhender concrètement l’importance de l’intégration européenne pour notre tissu industriel. C’est se rendre compte que notre souveraineté, dans un secteur aussi stratégique que l’accès à l’espace, est fondamentalement européenne. Avant d’être finalisée en Guyane sur le site de Kourou, la fusée Ariane, équipée de composite provenant de France, d’Espagne et d’Italie, traverse l’Europe du site des Mureaux au site de Brême (responsable de la fabrication de l’étage supérieur d’Ariane 6).

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Pour rester dans la course à l’espace, le programme Ariane 6, redessine la carte européenne de l’industrie spatiale ! La nouvelle stratégie est de permettre une fabrication à la chaîne et une standardisation des différents composites en spécialisant les différents sites de productions afin de profiter au mieux des savoirs faire, d‘éviter un éparpillement européen et de s’adapter aux nouveaux besoins du secteur des lancements de satellites. Par exemple, les structures métalliques seront concentrées en Allemagne et la filiale espagnole d’Airbus se chargera de la fabrication des pièces composites.

Visiter le site des Mureaux, où travaillent plus de 2500 personnes, c’est aussi mesurer l’importance de ce secteur dynamique et innovant pour l’emploi des jeunes. Aussi, les membres de la délégation ont été sensibles aux besoins exprimés par les dirigeants du groupe de développer les formations et l’apprentissage dans les secteurs industriels.

Enfin, visiter le site des Mureaux c’est côtoyer le génie humain. Lors de la visite du hangar d’assemblage des étages principaux d’Ariane 5 ou encore les locaux du programme « Adeline », visant à développer des lanceurs réutilisables, nous avons pris la mesure de notre savoir-faire dans le domaine de l’ingénierie aéronautique et spatiale. C’est un atout que nous devons préserver et développer dans un secteur en profonde mutation avec l’arrivée de nouveaux acteurs privés et de nouveaux enjeux comme le traitement des déchets spatiaux.

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L’adoption du rapport du Parlement européen sur la stratégie spatiale le 12 septembre et la décision de la Commission européenne d’utiliser Ariane 6 pour les futurs satellites du programme Galileo, reflètent la prise de conscience d’agir au niveau européen. Et, en tant que députés européens, nous continuerons à porter l’établissement d’une « préférence européenne » dans l’industrie spatiale afin de garantir aux lanceurs européens des débouchés sur les marchés institutionnels européens dans ce secteur qui touche à notre souveraineté.

Positifs à gauche avec la fédération des Français de l’étranger

Lundi 28 août j’ai participé à la Convention annuelle de la Fédération des Français de l’étranger du parti socialiste. Je suis intervenue aux côtés de Paulo Pisco, député des Portugais de l’étranger, Gabriel Colomé du Parti Socialiste Catalan, Florence Baillon, Conseillère consulaire en Equateur et mon collègue Guillaume Balas. Ce fut l’occasion d’échanger autour du thème « Positifs à gauche – les exemples européens et extra-européens de la gauche unie » lors d’une table ronde animée par Mehdi Benhlacen, Président du groupe Français du Monde à l’Assemblée des Français de l’étranger.

La session de cette année portait sur la refondation des gauches et de la social-démocratie. Nous nous sommes donc intéressés aux expériences, celle réussie au Portugal ou celles plus complexes (Espagne, France) d’union de la gauche en Europe.

Je suis intervenue sur l’évolution des relations entre les différents groupes de gauche et écologistes au Parlement européen avec la clarification installée depuis janvier 2017, lors de l’élection à mi-mandat du Président du Parlement européen. Cependant, cette nouvelle stratégie d’alliance à gauche est à confirmer régulièrement au sein du groupe des sociaux-démocrates.

Je suis revenue sur le travail que nous menons au sein de la Délégation socialiste française dans une démarche de discussion et de débats pour pouvoir peser sur les décisions du groupe S&D. Plusieurs sujets d’actualité vont nous occuper : le vote du budget ou encore la révision de la Directive des travailleurs détachés. Beaucoup de chantiers importants nous attendent et le but principal est de retrouver une plus grande crédibilité aux yeux des citoyens pour les futures élections européennes. C’est pourquoi il est important de travailler aussi à la refondation du Parti socialiste européen (PSE), aujourd’hui calqué sur le modèle institutionnel européen que nous dénonçons depuis le début du mandat et qui doit se démocratiser. Le PSE ne peut plus être un calage du Conseil des Etats-membres. Nous devons être actifs et utiles lors de la réunion de PSE à Lisbonne en décembre prochain.

Lors de l’échange avec la salle, plusieurs points ont été abordés ; tels que l’organisation du travail avec les collègues britanniques depuis le Brexit, l’Europe fédérale, l’Europe sociale, l’accueil des réfugiés.

 

 

 

 

 

 

 

Visite des militants socialistes d’Aulnay-Sous-Bois

Mardi 4 juillet, j’ai reçu un groupe de militants  d’Aulnay-Sous-Bois. Ce fut l’occasion pour eux d’approfondir leurs connaissances des institutions européennes. Les militants ont pu visiter le Parlement européen et assister à une séance plénière qui portait sur le programme de la Commission européenne pour 2018. Ensuite, nous avons eu un échange constructif sur le fonctionnement des institutions et sur le travail parlementaire que je mène dans le cadre de mon mandat.

Les militants étaient curieux de savoir comment s’organise le travail parlementaire que je mène et l’organisation des semaines à Bruxelles, Strasbourg et en circonscription. Mon temps se divise entre les réunions de groupe, les échanges avec mes collègues de la Délégation socialiste française, la préparation des commissions, la rédaction et le travail d’amendements, les rendez-vous de travail avec de nombreux acteurs…Un ensemble de tâches qui se concrétise très souvent lors de la plénière de Strasbourg. La session est l’occasion de voter les textes sur lesquelles le Parlement a travaillé et qui devront ensuite être appliqués dans l’ensemble des Etats-Membres. Le matin même, par exemple, nous avions voté un rapport pour lutter contre l’évasion fiscale des grandes entreprises multinationales. Cette discussion a été l’occasion de rappeler que les directives européennes, pour entrer en vigueur, doivent être transposer par les Etats-membres dans leur législation nationale, ce qui n’est malheureusement pas toujours le cas, et la Commission doit jouer son rôle de vigile à l’égard des Etats réfractaires.

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Nous avons également beaucoup échangé sur la Présidence du Parlement européen. Depuis l’entrée en vigueur du Traité de Lisbonne, le processus d’élection du Président est beaucoup plus démocratique. Lors des élections européennes, en fonction des résultats obtenus par les différents partis politiques, le groupe arrivé en tête dès lors qu’il parvient à présenter une alliance majoritaire a de grandes chances de voir son leader élu.

Les enjeux sociaux ont été largement abordés lors de nos échanges, j’ai redit l’importance d’avancer sur l’harmonisation à l’échelle européenne afin d’améliorer la situation dans chaque Etats-Membres ; j’ai pris comme exemple la situation des travailleurs détachés. Il a aussi été question de la défense des droits fondamentaux, comme le droit à l’avortement et la lutte contre les violences faites aux femmes en lien avec la Convention d’Istanbul, un texte pour lequel je suis rapporteure pour mon groupe.

Pour finir, je leur ai fait part de mes motivations en tant que militante : la lutte contre le racisme et toutes les discriminations, la défense des droits des femmes, mon attachement à défendre les droits fondamentaux et l’harmonisation des droits de tous les travailleurs européens…autant de sujets qui ont forgé mon engagement au parti socialiste et que je défends quotidiennement dans le travail que je mène au Parlement européen.

 

11 juin

Le 11 juin est une date historique pour les socialistes. En 1936, le vote des congés payés à l’Assemblée nationale, en 1971 la création du Parti socialiste à Epinay. En 2017, le 11 juin marquera la plus grosse défaite que nous n’ayons jamais connue. Notre responsabilité est totale et nous l’assumons.

Je pense d’abord à nos candidates et nos candidats, député(e)s sortant(e)s ou nouveaux candidats, aux militantes et militants investis durant cette campagne inédite qui ne seront pas présents au second tour.

Je ressens une grande tristesse et un profond sentiment d’injustice pour ces femmes et ces hommes de gauche et salue leur dévouement pour leurs convictions au service de la justice sociale. Le « dégagisme » s’est illustré.  Beaucoup trop de circonscriptions verront s’affronter dimanche prochain des candidats ne représentant pas la gauche. L’Assemblée nationale sera totalement déséquilibrée et clairement à droite.

Je pense aux Françaises et aux Français modestes qui ne seront pas représentés.

Nous devons mettre toutes nos forces pour permettre la victoire des candidats présents au second tour qui défendent la justice sociale, l’exigence écologique, une Europe pour les citoyens, le respect des droits fondamentaux.

Nous devrons ensuite rebâtir la maison commune de la gauche et des écologistes.

Au travail, toujours et encore

On parle d’Europe et on combat les nationalistes avec les militants PS de Paris Convention

Lundi 19 décembre, j’ai participé à l’assemblée générale de la section du Parti Socialiste du quinzième arrondissement de Paris qui se réunissait sur le thème de la montée des populismes en Europe et dans le monde. Je suis intervenue plus précisément sur les aspects européens de cette question tandis que Henri Landes, maitre de conférences et essayiste, s’est concentré sur les aspects américains suite à l’élection de Donald Trump.

J’ai d’abord souhaité faire une précision sémantique concernant l’utilisation de la notion de « populisme » pour qualifier la montée des mouvements d’extrême droite en Europe. En effet, le terme « populisme » laisse pensé de manière négative que les peuples sont à l’origine et au cœur de ces mouvements alors que ce n’est pas le cas. Au lieu de parler de « populismes », il me semble plus opportun de qualifier ces mouvements par ce qu’ils sont réellement : des mouvements nationalistes et xénophobes. Les « populistes » ne représentent en effet pas les intérêts des peuples mais portent au contraire un projet d’extrême droite, opposé à l’Europe, à toute société inclusive, à l’immigration ou encore aux droits des femmes. Les thèmes des nouveaux nationalistes convergent d’un pays à un autre : sortir de l’Europe et de l’euro, réfuter toute forme d’échange et revenir aux frontières nationales, s’opposer à l’accueil des réfugiés, porter un projet autoritaire et contraire aux valeurs européennes. A la différence des mouvements d’extrême droite qui se sont développés en Europe après la seconde guerre mondiale, ils ont modernisé leurs discours et leurs visages, mais leurs propositions restent sensiblement les mêmes. Leur société est celle du repli sur soi et de la fermeture d’esprit. Leur modèle n’est en rien « populaire » ! Bien au contraire, il est anti-populaire car il divise les peuples et opérant des classifications condamnables.

Face à cette résurgence du repli sur soi dont le Brexit est l’exemple le plus frappant, l’Europe doit se relever. Pour cela, les socialistes doivent faire des propositions pour l’Europe de demain. Il faut en finir avec les alliances entre la gauche et droite qui ne font que nourrir les exaspérations des peuples. Au contraire, le Parlement européen doit devenir le laboratoire des nouvelles orientations pour l’Europe. Les socialistes doivent d’abord nouer des alliances avec les partisans de l’Europe du progrès, à savoir la GUE, les écologistes et certains libéraux. A ce titre, lors de la reconstitutive de mi-mandat, les socialistes porteront leur candidat, Gianni Pitella, à la présidence du Parlement européen face à la droite et contrairement à l’accord tacite passé entre Jean-Claude Juncker et Martin Schultz en 2014.

Cette exigence de clarification des alliances est portée par les députés de la délégation socialiste française depuis le début de la mandature. Elle ne s’est pas imposée d’elle-même aux socialistes et démocrates européens. C’est le résultat combiné de l’influence des socialistes français dans le groupe S&D et de la prise de conscience par les socialistes des autres pays de la montée de mouvements nationalistes en Europe (notamment l’émergence de mouvements d’extrême droite dans les pays scandinaves et germaniques).

Lors de l’échange avec les militants, nous avons discuté des différences entre les mouvements nationalistes qui se développent en Europe. Certains partis, comme le mouvement 5 étoiles en Italie ont d’ailleurs  avec des députés au Parlement européen racistes et d’autres plus progressistes. En effet, les mouvements nationalistes agrègent une partie de la colère populaire contre une Europe qui ne protège pas suffisamment. Plus globalement, le développement de ces mouvements doit nous faire réfléchir aux manières de protéger l’Europe et de la défendre quotidiennement au lieu de la blâmer. Il faut convaincre et démontrer aux peuples que l’Europe est positive et peut-être porteuse de progrès. Autres enjeux, la difficulté de voir ce que les institutions européennes apportent au quotidien des individus et la difficulté pour les Citoyens de voir ce qu’ils peuvent apporter à l’Europe.

Nous avons également échangé sur l’implantation du Front National dans les idées et dans les territoires en France. Il est plus que jamais nécessaire de combattre avec force son projet, de lutter prioritairement contre les inégalités et de protéger davantage les plus démunis. Il ne sert à rien de diluer la gauche dans la droite comme certains aimeraient le faire, il faut au contraire que la gauche réfléchisse à la société de demain et pense les défis à venir. Les enjeux français et européens ont plus que jamais besoin des progressistes pour penser la société de demain. Une société plus juste, plus protectrice, plus inclusive et respectueuse de l’environnement.

Convention fédérale: bilan du quinquennat sur les affaires européennes et internationales

Samedi 10 décembre, la fédération du parti socialiste du Val-de-Marne organisait sa Convention fédérale sur le bilan du quinquennat de François Hollande. J’ai eu le plaisir d’intervenir, aux côtés de Maurice Braud, Secrétaire national en charge du Pôle modernisation, coopération, régulation, à une table ronde sur la place de la France en Europe et dans le monde. Malgré le temps qui nous a été imparti, j’ai tenté de faire une synthèse des nombreuses actions de François Hollande qui ont fait avancer l’Europe pendant ces cinq dernières années.

J’ai tout d’abord rappelé son action sur l’inflexion du pacte de stabilité et de croissance qui est l’instrument dont les pays de la zone euro se sont dotés afin de coordonner leurs politiques budgétaires nationales et d’éviter l’apparition de déficits budgétaires excessifs ; c’est le premier point sur lequel François Hollande a dû prendre des décisions en tant que Président de la République. Dans un contexte où les sociaux-démocrates sont minoritaires au sein du Conseil de l’Europe des 28 Etats membres, la France a su jouer un rôle important pour mettre de la flexibilité dans la politique économique de l’Europe et de faire en sorte que la Grèce reste au sein de la zone euro. Il a été l’artisan de ce travail pour accompagner également l’Espagne et le Portugal.

Aujourd’hui, nous voyons la concrétisation du Plan Junker et le relance de l’Europe grâce à l’investissement ; cela était un point du programme de François Hollande et des sociaux-démocrates. Sur le budget européen, beaucoup d’Etats sont de mauvais payeurs mais il faut continuer de travailler sur l’intégration économique au niveau de l’ensemble de l’UE pour plus de solidarité entre les pays. Par ailleurs, je suis revenue sur l’engagement de François Hollande qui, en 2012, a fait de la jeunesse sa priorité en allouant une partie du budget européen à la garantie jeunesse.

Sur les traités de libre-échange, pendant la campagne du Président Hollande, nous nous sommes battus à ses côtés pour des traités de « juste » échange et la France a permis de poser des marqueurs importants. Matthias Feckl, Secrétaire d’Etat chargé du commerce extérieur a obtenu le retrait des tribunaux arbitraires au profit de tribunaux publics avec des magistrats libres de trancher les décisions à prendre dans l’intérêt de l’Europe.

Concernant le terrorisme, le gouvernement français a permis d’avancer au niveau européen. Sur le PNR (Passenger Name Record), il a fallu beaucoup de convictions pour aboutir à un vote et les résultats se concrétisent aujourd’hui ; il y a seulement 4 Etats européens qui se sont dotés d’un PNR. Par ailleurs, sur la lutte contre le terrorisme et notamment l’assèchement du financement de Daesh, les propositions de la France défendues Michel Sapin, Ministre de l’économie et des finances, ont été déclinées au niveau européen et notamment dans le Rapport de Vincent Peillon.

J’ai rappelé aussi, la mise en place d’une agence européenne du droit d’asile dont le modèle a été calqué sur l’OFPRA, l’Office français de protection des réfugiés et apatrides. C’est une véritable réussite de la France sur le plan européen.

 

La France a pesé son poids dans la lutte contre le dumping social avec ’inscription dans la loi de l’obligation de respecter le droit français en matière de salaires pour tous les chauffeurs routiers travaillant en France. Alors, même si la France a reçu un carton jaune de la part des pays d’Europe de l’Est, qui l’accusent de faire de la concurrence déloyale, le rapport de force se poursuit avec le débat sur la révision de la directive des travailleurs détachés.

 

La France a également joué un rôle important sur les questions environnementales avec la signature de l’Accord de Paris lors de la Cop 21. J’ai fait référence aux actions de Stéphane Le Foll et Eric Andrieu qui ont mené un véritable combat pour développer la production française dans des conditions favorables à l’environnement et lutter contre les OGM. J’ai par ailleurs parlé de la mise en place de la commission Royal, liée au scandale de l’affaire Volkswagen, qui mène un travail complémentaire à celui de la commission EMIS du Parlement européen dans laquelle je siège en tant que rapporteure pour mon groupe et qui a vocation à faire appliquer par les Etats membres la règlementation européenne en matière d’émissions polluantes.

 

Pour conclure, j’ai rappelé que plusieurs exemples concrets montrent que tous les maux de l’Europe ont pour cause profonde les dérives de la mondialisation et non pas l’Europe. La politique de François Hollande a beaucoup pesé sur les grandes décisions européennes. Maintenant il nous appartient de clarifier et de renforcer nos exigences pour démontrer que l’Europe peut protéger.