Débat sur le Brexit avec les militants de la fédération PS du Val d’Oise

Le 28 juin, dans le cadre des Mardis de Jaurès, j’ai participé à un débat sur le Brexit organisé par la fédération du Parti Socialiste du Val d’Oise et Sauvons l’Europe. Ce débat, organisé plusieurs jours après le résultat du référendum britannique avait lieu quelques heures après la session extraordinaire du Parlement européen sur la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne.

La sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne est un coup porté à la construction européenne. Maintenant que les britanniques ont fait le choix de sortir de l’Union, le gouvernement du Royaume-Uni doit notifier au plus vite au Conseil sa volonté de sortir de l’Union européenne comme le prévoit l’article 50 du traité sur l’UE. Il est hors de question que le Royaume-Uni entame des négociations sur ses futures relations avec l’Union et paralyse ainsi l’ensemble de l’Union européenne avant cette étape.

Par ailleurs, le Brexit ne doit pas être le déclencheur de la destruction de l’Europe mais nous impose de travailler à sa refondation. Ce travail de refondation doit prendre le chemin de davantage de justice sociale et de démocratie en Europe. Les socialistes ont ainsi un rôle primordial à jouer dans cette refondation et c’est maintenant qu’il faut avancer pour l’Europe politique. Aussi, je salue la nouvelle impulsion initiée par la France, l’Italie et l’Allemagne pour relancer l’Europe dans les domaines de la sécurité, de la croissance, ainsi que de l’harmonisation fiscale et sociale dans la zone euro.

Au cours des échanges, de nombreuses voix se sont élevées pour souligner leur attachement à l’Union européenne et pour demander un nouveau pas en avant politique pour l’Union européenne. Un pas qui ne pourra être concrétisé qu’avec l’assentiment des peuples. Pour cela, j’ai rappelé qu’il faut parler d’Europe de manière différente, expliquer l’Union européenne de manière simple et positive. L’Europe a ainsi besoin de tous ses militants pour contrer la mainmise des europhobes sur les questions européennes.

Autre question primordiale soulevée lors des débats, la conséquence de la montée des populismes au Royaume-Uni et ses futures relations avec l’Union européenne. En effet, le résultat du référendum est notamment marqué par l’influence des mouvements de pensée populistes qui ont mené une campagne mensongère. Nigel Farage, leader populiste du UKIP a ainsi publiquement avoué avoir menti pendant la campagne électorale. De son côté, Boris Johnson, ancien maire conservateur de Londres, tête d’affiche du camp du « Leave » et girouette politique, semble désormais vouloir retarder et atténuer la sortie du Royaume-Uni de l’Union.

Autre conséquence sur laquelle nous sommes revenus pendant la réunion, le référendum a profondément divisé le Royaume-Uni. Tout d’abord, la division est générationnelle. La jeunesse s’est majoritairement positionnée en faveur du « Remain » (malgré une forte abstention) à la différence des britanniques les plus âgés réfractaires à l’UE. La seconde fracture est territoriale et menace l’intégrité de l’Union Jack. L’Angleterre et le Pays de Galles ont en effet choisi le « Leave » tandis que l’Irlande du Nord et l’Ecosse se sont majoritairement prononcé en faveur du maintien dans l’Union européenne.

La sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne doit nous faire repenser nos stratégies d’alliances, il faut en finir avec les grandes coalitions regroupant la gauche et la droite et construire l’Europe de demain sous le prisme des droits fondamentaux. Comme il a été rappelé à plusieurs reprises pendant la réunion, que peuvent faire les Etats sans Europe dans la mondialisation ? Que faire pour endiguer le terrorisme sans l’Union européenne ?

Si tous les Etats ne veulent pas d’une Europe fédérale, avec les socialistes français, je milite pour une refondation. Cette refondation devra être avant tout politique. Elle devra se faire avec les peuples et devra prévoir un plan d’investissement, des mesures pour l’emploi. Cette refondation politique devra s’attaquer aux inégalités, au dumping social. Elle devra redonner foi en l’Europe. Elle devra faire revivre le sentiment européen et construire une nouvelle souveraineté : la souveraineté européenne.

 

L’Union européenne à Villejuif, quel présent, quel avenir ?

Le 17 mai dernier, j’ai organisé une rencontre-débat à Villejuif,  à la fois pour revenir sur la situation actuelle de l’Union européenne, sur mon travail au Parlement européen et aussi pour échanger avec les citoyens.

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En introduction, j’ai dressé un portrait critique de l’Union européenne. Les traités de Maastricht et de Schengen n’ont en effet pas apporté comme prévu davantage de solidarité dans l’Union européenne. Il y a peu de convergence économique et sociale et l’Europe semble gagnée par le chacun pour soi tandis que les populismes et les souverainismes prospèrent. Pourtant face à ce constat, un autre horizon est pourtant possible et je veux croire dans l’Europe de demain.

J’ai tenu à présenter le travail que j’effectue au quotidien au Parlement européen.

Membre de la commission des transports et du tourisme (TRAN), je travaille essentiellement sur les problématiques liées aux transports et au développement durable, les dossiers liés à la lutte contre le dumping social dans le secteur des transports ou encore le paquet ferroviaire, qui a pour ambition de créer un espace ferroviaire européen unique. Suite au scandale Volkswagen, j’ai également rejoint la commission d’enquête parlementaire sur les mesures des émissions dans le secteur automobile (commission EMIS). Au sein de cette commission, nous avons pour mission d’enquêter sur les atteintes et les manquements de la Commission européenne, des Etats membres et des industriels aux normes en vigueur concernant les tests d’émission de polluants. En tant que rapporteure pour le groupe des Socialistes et Démocrates, j’ai une responsabilité particulière afin de m’assurer que toutes les interrogations des progressistes européens trouvent une réponse.

Enfin en tant que membre de la commission des libertés civiles, des affaires intérieures et de la justice (LIBE), je m’atèle particulièrement à la promotion d’une Europe plus solidaire, ouverte et protectrice. Je défends une politique ambitieuse d’accueil des demandeurs d’asile et la révision complète du Régime d’Asile Européen Commun et milite également pour un pacte européen de la démocratie, de l’état de droit et des droits fondamentaux, pacte plus que jamais nécessaire alors que les valeurs de l’Union européenne ne sont pas toujours respectées par les Etats. Par ailleurs, mon engagement pour les droits fondamentaux se poursuit dans la lutte contre les violences faites aux femmes, et dans la lutte contre la traite des êtres humains.

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Après le temps de la présentation est venu le temps du débat avec la salle. J’ai ainsi répondu à de nombreuses questions sur mes engagements quotidiens et sur l’avenir de l’Union européenne.

Alors que l’Union européenne est frappée par une crise qui frappe ses valeurs et sa cohésion,  de nombreuses interrogations ont porté sur son avenir. L’Union européenne apparaît pour certains lointaine, d’autres se demandent comment proposer un pas en avant plus politique alors que l’Europe est aujourd’hui composée de vingt-huit Etats membres.  A mon sens, il est nécessaire de modifier les traités pour refonder l’Union européenne. Il ne s’agit pas de tout déconstruire, de céder aux populismes et aux souverainismes. Bien au contraire, il faut plus de démocratie, plus de respect des valeurs et une meilleure prise en compte des citoyens. Au cours des échanges, j’ai tenté de convaincre ceux que l’Europe a perdu en chemin en rappelant que l’Union européenne s’est construite pour et dans la paix. Au lendemain de la chute du mur de Berlin, l’Europe est plus belle lorsqu’elle n’est plus divisée en deux blocs.

A ce titre, j’ai rappelé mon engagement en faveur du Bremain, ne croyant pas que la sortie du Royaume-Uni de l’Union soit une avancée pour l’Europe politique. Bien au contraire, il risque d’être un précédent terrible pour l’Union européenne, son devenir et pour ses peuples. Comme l’ont souligné certains intervenants, la refondation européenne devra aussi se faire dans la zone euro autour d’un véritable budget commun.

Cette refondation doit se poursuivre dans la recherche d’une nouvelle  majorité à l’intérieur du Parlement européen. D’abord à gauche avec la GUE, les écologistes. Comme certains intervenants de la salle, je ne crois plus dans les grandes majorités unifiant la gauche et la droite. Entre d’un côté les libéraux et de l’autre les populistes, il y a une autre voie possible, plus sociale, plus écologique et plus respectueuse des droits. La majorité de droite au Parlement européen et la victoire du FN aux dernières élections européennes laissent malheureusement peu de marges de manœuvre aux eurodéputés socialistes français. Par ailleurs, il est délicat de convaincre les citoyens de cette refondation alors que les médias français s’intéressent peu à l’Europe et invitent beaucoup souverainistes et populistes et peu les eurodéputés pro-européens lors des débats sur l’Union européenne.

D’autres interrogations ont également porté sur le TTIP et le CETA. A ce titre, j’ai rappelé les grandes réserves des députés socialistes français sur ces deux traités, notre souhait pour davantage de transparence dans les négociations et notre volonté de préserver les normes de protection européenne, qu’elles soient sociales ou environnementales.

Autre sujet sur lequel j’ai été interpelée, la directive « secret des affaires ». J’ai expliqué pourquoi j’ai voté en faveur de cette directive. Elle comprend a pour objet initial de protéger les entreprises et les PME de l’espionnage industriel. Elle porte en outre  de nouvelles protections pour les lanceurs d’alerte, protections ayant été apportées dans la directive grâce groupe S&D.

Cette rencontre s’est ensuite poursuivie autour d’un buffet convivial. Cette rencontre-débat fut l’occasion d’un échange construit et sans langue de bois, ce dont je me réjouis. Mais, défendre l’Europe au quotidien n’est pas l’apanage des seuls députés européens. Bien au contraire, face à la montée des extrêmes, chacun doit se faire le premier défenseur de l’Union européenne. Car l’Union européenne a un avenir. Et cet avenir, nous devons l’écrire ensemble.

 

L’Europe est une fête !

Samedi 7 mai, Paris fêtait l’Europe. A cette occasion, j’ai participé en matinée à une réunion sur l’avenir de l’Union européenne à la maison de l’Europe de Paris sur invitation des fédérations franciliennes. L’après-midi, j’étais présente à l’inauguration du village européen situé sur le parvis de l’hôtel de ville.

Le matin, étaient notamment présents à mes côtés, Pervenche Berès, députée européenne, Nicolas Léron, président d’Eurocité et Fabien Chevalier, président de Sauvons l’Europe. La fédération de Paris étant jumelée avec celle du SPD Berlin, de nombreux Berlinois avaient ainsi fait le déplacement. Emmanuel Grégoire, premier secrétaire fédéral de Paris et Alejandro Cercas Alonso, ancien député européen espagnol étaient également présents.

Matinée fédération Paris

L’Union européenne vit actuellement une crise qui frappe sa cohésion et ses valeurs : crise de l’accueil des réfugiés, crise de la solidarité. Alors que les populistes veulent tuer l’Union de l’intérieur, il m’a semblé essentiel de rappeler que l’UE est avant tout un espace politique fondé sur des valeurs communes. Ces valeurs, exprimées dans la Charte des droits fondamentaux et dans l’article 2 du traité sur l’Union européenne sont essentielles pour l’Europe de demain. Aussi le Parlement européen travaille actuellement à l’élaboration d’un pacte européen de la démocratie, de l’état de droit et des droits fondamentaux (pacte DEF). Un pacte qui prévoit des sanctions, notamment économiques pour les Etats qui ne respectent pas les droits attachés à l’individu. Ce pacte, qui remet le Citoyen et l’individu au cœur de l’Union européenne part du constat que les valeurs de l’Union européenne ne sont pas aussi bien protégées que ses règles économiques. Certains Etats ne respectent ainsi pas les droits fondamentaux de leurs ressortissants. C’est un nouveau pas en avant que nous proposons et une solution pour l’Europe politique. Face à cette situation, l’ambition du pacte DEF est de réviser les mécanismes existants et de les fonder sur un cadre unique et cohérent qui offrirait une protection réelle aux résidents de l’Union européenne.

De nombreux participants sont également intervenus au cours de la réunion pour nous interpeler. Nous avons ainsi abordé l’avenir de l’Union européenne, avec notamment la question du Brexit ou encore la question des droits des femmes et des LGBTI aujourd’hui menacés dans l’ensemble de l’Union européenne alors que l’Europe est frappée par la résurgence des mouvements intégristes et réactionnaires. Par ailleurs, de nombreuses interventions portaient sur la nécessité d’une approche solidaire et commune pour accueillir les réfugiés. Face au bloc majoritaire de droite au Parlement européen, il n’est pas toujours aisé de faire passer des propositions sociales-démocrates. C’est pourquoi, nous devons continuer à porter un projet alternatif pour une Europe plus inclusive et plus juste. L’Union européenne a bien un avenir. Et cet avenir devra s’écrire dans la solidarité.

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L’après-midi, j’ai participé à l’inauguration du village européen aux côtés d’Anne Hidalgo, maire de Paris, d’Harlem Désir, secrétaire d’Etat aux affaires européennes, de Pervenche Berès et de Cécile Kyengé, députées européennes. Placé sous le thème du vivre ensemble, c’était notamment l’occasion de découvrir l’Europe sous les facettes de la tolérance, des talents et des technologies.

Samedi 7 mai, résolument une belle journée pour l’Europe !

Rencontre avec les socialistes de l’Essonne

Mercredi 30 mars j’étais à la fédération socialiste de l’Essonne pour une réunion de présentation de mes activités parlementaires. Répondant à l’invitation de Carlos Da Silva, Député de l’Essonne, Conseiller régional et Premier secrétaire fédéral, nous avons échangé sur l’actualité européenne avec de nombreux militants. Je tiens à les remercier pour leur accueil convivial et les échanges constructifs que nous avons eus ensemble. Le premier fédéral a ouvert les débats en rappelant qu’il est essentiel de travailler au quotidien à construire une Europe plus juste, plus solidaire et plus sociale. Il a également rappelé qu’il existait une politique européenne efficace et qui aide les collectivités territoriales à se développer.

Cette réunion fut l’occasion de revenir sur le contexte particulier dans lequel l’Union européenne évolue aujourd’hui. Les dramatiques attentats qui ont eu lieu à Bruxelles le mardi 22 mars dernier ont touché tous les européens et imposent un sursaut européen pour lutter contre le terrorisme et ses causes. Il faut répondre à ces attaques de manière ferme, démocratique et sans angélisme.

Le PNR (Passenger Name Record) qui est une proposition de directive européenne et qui prévoit le traitement des données des passagers aériens, est un des outils pour lutter contre le terrorisme. Aujourd’hui, il existe dans 15 pays sur 28, mais il est urgent de le décliner à l’échelle européenne et de le rendre opérationnel rapidement. Les médias accusent la gauche européenne, au même titre que l’extrême droite, de s’opposer au PNR ; mais même si une majorité de la gauche bloque ce dossier, il s’agit pour les sociaux-démocrates de faire voter un texte concomitant sur la protection des données personnelles. Au sein de la Délégation socialiste française, et dans la lignée du gouvernement français, nous sommes en faveur du PNR ; c’est pourquoi nous serons favorables au texte qui devrait être soumis au vote en avril ou en mai prochain.

J’ai également rappelé aux militants que d’autres éléments importants rentrent en ligne de compte dans la lutte contre le terrorisme. La révision de la directive sur les armes à feu en constitue un autre élément clé. Aujourd’hui, la coordination et l’échange d’informations sont insuffisants en matière de trafic d’armes. Par ailleurs, il faut aussi s’attaquer à l’assèchement du financement des organisations terroristes et mettre en place de nouvelles mesures contre le blanchiment d’argent. Cette lutte contre le terrorisme passe également par l’échange systématique des informations et par la prévention de la radicalisation. Sur ce dernier point, il était important de rappeler, que ce travail doit se mener dans toutes les zones sensibles, en France et en Europe.

Au cours de ma présentation je suis revenue sur les rapports de force entre les blocs qui s’affrontent au sein de l’Union européenne : les populistes, les ultralibéraux et les progressistes. Dans le contexte actuel, que tout le monde connait, les populistes s’évertuent à tuer l’Europe à petit feu. Ils sont élus pour financer leurs campagnes électorales et sont totalement absents des débats parlementaires. Les ultralibéraux, quant à eux, veulent une Europe sans droits sociaux. En commission des Transports par exemple, la dimension sociale prend une place très importante dans les débats ; mais les ultralibéraux éludent et repoussent sans cesse les questions sociales en mettant en difficultés beaucoup de votes. Pour nous, les progressistes, l’objectif est toujours la réorientation de l’Europe. Nous menons des alliances avec les autres groupes progressistes afin de mettre en place une Europe plus politique. Dans le cadre de l’affaire Volkswagen et du Dieselgate, nous avons trouvé cette alliance allant des Libéraux jusqu’à la GUE avec les écologistes ce qui a permis de mettre en place la commission d’enquête EMIS (chargée d’enquêter sur les fraudes aux émissions polluantes des véhicules routiers) dans laquelle je siège aujourd’hui.

Je suis également revenue sur l’accueil des réfugiés et sur l’accord contestable qui a eu lieu le 19 mars entre l’Union européenne et la Turquie. Le mécanisme de répartition des réfugiés pays par pays est une idée du Parlement européen, mais il ne faut pas négliger les conditions d’accueil et il faut mettre les moyens financiers nécessaires pour accueillir dignement les migrants. La proposition de répartition qui figure dans la proposition de la Commission a été reprise dans quelques pays européens, comme la France ; mais d’autres pays l’ont rejetée. Par ailleurs, nous travaillons aussi sur le renforcement de l’Etat de droit et la mise en place d’un réel pacte sur l’Etat de droit pour faire valoir les droits sociaux dans toute l’Union européenne et pour tous, citoyens européens, migrants, demandeurs d’asile, …

Lors de l’échange avec la salle, la question du TTIP (Partenariat transatlantique de commerce et d’investissement) a également été abordée. Les militants étaient étonnés de savoir que les conditions de consultation des textes sont très contraintes (dans une petite salle, en présence d’une personne, pas le droit de prendre des notes, pas de téléphone portable ou d’ordinateur de travail, …) et n’incitent pas les parlementaires à travailler sur le sujet. Par ailleurs, cela ne conditionne pas le bon déroulement des échanges. Les négociations sur le sujet sont très clivées et certaines lignes rouges, comme la mise en place des tribunaux arbitraires, divisent les membres du Parlement européen. A ce rythme, le texte risque d’être en débat encore longtemps et nous sommes bien loin d’une négociation finale.

Une question a été posée sur le rôle de l’Union européenne sur sa politique internationale. L’occasion de rappeler que les affaires étrangères relève de la souveraineté des Etats membres qui ne souhaitent pas s’en déssaisir. Mais je pense qu’il faut accepter que l’Europe prenne le relais pour mettre en place une réelle diplomatie internationale. Beaucoup d’autres questions ont été soulevées. Comme la mise en place du plan d’investissement dit plan Junker ou la gestion des fonds européens par les régions. Un thème essentiel sur lequel il faut rester attentif. Nous avons également abordé la représentation des parlementaires européens et de leur travail dans les médias, qui préfèrent mettre en avant les membres des partis populistes pour leurs déclarations chocs mais sans fondement.

Nous avons enfin échangé sur la nécessité d’avancer vers une Europe plus politique afin de rendre sa gouvernance plus efficace et plus démocratique et rapprocher les citoyens européens de ses institutions. En conclusion, j’ai rappelé l’importance d’avancer vers une Europe plus fédérale.

Réfugiés : plus que jamais, la solidarité

Communiqué de la délégation socialiste française

Les eurodéputés socialistes et radicaux ont déjà eu l’occasion de dénoncer le marchandage entre les 28 Etats membres et la Turquie (relire notre communiqué du 8 mars, « Un Sommet UE-Turquie : pour 3 milliards de plus » : http://www.deputes-socialistes.eu/un-sommet-ue-turquie-pour-3-milliards-de-plus/ ).

Lors du sommet européen d’hier, les dirigeants européens ont en partie corrigé le tir en réaffirmant certaines conditions que la Turquie devra respecter.

Néanmoins, de sérieux doutes subsistent sur de nombreux points :

– d’abord, sur la légalité, la mise en œuvre et le coût des retours des réfugiés vers la Turquie ;
– ensuite sur les réinstallations des Syriens depuis la Turquie : il suffit de voir les difficultés des Etats membres pour tenir leurs engagements en matière de relocalisation des demandeurs depuis la Grèce et l’Italie pour être sceptique…
– enfin, les engagements de l’Union européenne vis-à-vis de la Turquie posent problèmes, qu’il s’agisse du respect des critères pour la libéralisation des visas des ressortissants turcs ou la traçabilité des fonds européens déjà alloués.

Les eurodéputés socialistes et radicaux réaffirment qu’il est indispensable de déconnecter la question des réfugiés et celle de l’adhésion de la Turquie à l’Union européenne. Nous réaffirmons avec force que la liberté de la presse, le respect des droits humains, des droits des minorités et de l’Etat de droit sont des valeurs incontournables pour les Etats membres et ceux qui aspirent à rejoindre l’Union européenne.

Par ailleurs, il est capital que toutes les procédures qui seront mises en place respectent le droit d’asile et les dispositions de la Convention de Genève : le droit à un examen individuel, le droit de recours, ainsi que le respect des conditions d’application liées aux concepts de « premier pays d’asile » et de « pays tiers sûr ».

Les eurodéputés socialistes et radicaux redisent leur attachement au droit d’asile, à la protection des réfugiés et à la solidarité. Si les pays européens veulent sortir par le haut de cette situation sans renier les valeurs européennes, ils doivent mettre en pratique la solidarité entre les Etats membres pour accueillir celles et ceux qui fuient la violence, la solidarité avec les Etats qui prennent sur leur sol le plus grand nombre de réfugiés et la solidarité avec ceux-ci.

Enfin, alors que le printemps arrive, la route libyenne va de nouveau être utilisée par les passeurs, qui sont plus rapides que les chefs d’Etat et de Gouvernement pour faire évoluer leurs pratiques. Aussi, l’Union européenne doit rejeter le piège d’une Europe forteresse et ne pas renier ses valeurs. Plus que jamais, pour préserver le droit d’asile, elle doit ouvrir des voies d’accès légales et sécurisées pour les réfugiés, notamment par le biais d’une politique de réinstallation permanente et obligatoire.

Pour toutes ces raisons, nous plaidons pour une réponse européenne solidaire au défi migratoire (relire nos propositions du 4 septembre 2015, http://www.huffingtonpost.fr/pervenche-beres/aide-accueil-migrants-europe_b_8088404.html ).

L’Europe s’invite dans les débats de la 11ème circonscription du Val de Marne

Lundi 15 février je suis intervenue à l’occasion d’une réunion intersection de la 11ème circonscription du Val-de-Marne en présence de Jean-Yves Le Bouillonnec, député-maire de Cachan, Dominique Barjou, conseillère régionale et Hélène de Comarmond, vice-présidente du conseil départemental et première adjointe au maire de Cachan.

J’ai ouvert le débat par un point d’actualité sur l’Europe et notamment sur la question du dumping social et du salaire minimum dans les transports. Ces thématiques qui touchent l’ensemble du secteur des transports (routier, aérien, ferroviaire et maritime) revêtent une importance cruciale pour les ressortissants de l’Union européenne. Aujourd’hui il y a des travailleurs détachés dans toute l’Europe qui sont prêts à travailler pour des salaires excessivement bas dans les pays les plus riches. C’est un vrai problème qui pose la question du maintien des droits sociaux et de la concurrence déloyale.

Un autre exemple illustre assez bien le manque d’harmonisation sur la question sociale : certains pays comme l’Irlande par exemple, attirent beaucoup de capitaux et de salariés du fait de leur attractivité liée à l’installation de grandes multinationales. Cependant, les droits sociaux sont très limités : le système de santé est cher et de mauvaise qualité, le droit à l’avortement inexistant, et il est très difficile de se loger. C’est la conséquence de l’ultra libéralisation du modèle irlandais, qui possède ainsi des conditions de vie inadéquates !

Dans ce contexte, le chantage engagé par D Cameroun en vue de la préparation de son referendum et de la menace de la sortie du Royaume Uni de l’Union européenne avec le Conseil, la Commission et les Etats-Membres renforce l’axe ultra libéral au sein du Parlement européen.

La radicalisation du discours et des intentions a pour mérite de clarifier l’échiquier politique et le comportement des groupes dans leurs votes. Aujourd’hui, trois blocs coexistent au niveau européen :

-Celui des progressistes, qui sont en faveur de l’ouverture des frontières et de l’accueil des réfugiés.

-La droite classique, avec qui on peut trouver des points d’accord sur les questions migratoires mais qui reste fermée sur les questions économiques.

-Et le bloc des extrêmes avec qui les discussions sont impossibles.

L’actualité bouillonnante renforce les divisions et les affrontements entre les trois blocs. C’est pourquoi il est important de se recentrer sur des questions essentielles et d’avancer vers une nouvelle étape, comme le renforcement de la zone européenne et l’harmonisation sociale et fiscale.

Par ailleurs, il ne faut pas laisser la logique économique éluder les questions sur l’état de droit au sein de l’Union européenne. Ces valeurs représentent le fondement de l’Union mais malheureusement elles sont trop souvent battues en brèche dans de nombreux Etats (comme par exemple en Hongrie, en Pologne, au Danemark, …) ; et quand les grands principes fondateurs de l’Union européenne sont mis à mal, il faut absolument avancer et faire en sorte de les préserver.

Tous ces sujets sont passionnants au quotidien et la construction de l’Europe se poursuit à grands pas. Les Parlementaires obtiennent des victoires qui font bouger les choses à l’échelle européenne ; comme par exemple la création de la commission d’enquête sur l’affaire Volkswagen, dont je suis membre. C’est une véritable victoire pour l’Europe, aucune commission d’enquête ne s’étant constituée depuis le scandale de la vache folle ! Alors même si les institutions européennes émettent principalement des avis sans contrainte pour les États membres, nous faisons en sorte d’aller plus loin pour arriver à un véritable changement. La commission d’enquête va pouvoir demander des comptes aux Etats-membres ; c’est la preuve que les choses bougent.

L’Europe est aujourd’hui menacée d’imploser et il incombe aux progressistes européens de saisir le débat sur une révision des Traités, de la gouvernance de la zone Euro, pour appuyer notre demande de création de deux nouveaux pactes : un pacte de l’Etat de droit et un pacte de la solidarité.

 

 

Déplacement à Londres

Mercredi 10 février, j’ai poursuivi mon déplacement en me rendant à Londres.

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Avec Morgane Marot, Conseillère à l’Assemblée des Français de l’étranger Europe du Nord et Conseillère consulaire du Royaume Uni, j’ai été reçue par Sylvaine Carta Le Vert, Consule générale de France à Londres, en présence de M. Eric Bayer, Consul général adjoint.

La communauté française à Londres est la 3ème plus importante communauté française à l’étranger après la Suisse et Bruxelles. Si le Consulat compte 122000 Français immatriculés, ce sont 300 000 Français qui vivent au Royaume Uni, mais aussi 90 000 visiteurs et 4 millions de touristes par an. Les services rendus par le Consulat notamment concernant les affaires générales et l’état civil (passeports, cartes nationales d’identité, transcription d’actes) s’apparentent à certaines compétences de communes mais ce sont seulement 75 à 80 agents qui travaillent au Consulat pour remplir ses missions.

La communauté française résidant à Londres compte une forte proportion de jeunes Français venus s’installer à la recherche d’un premier emploi. Ceux-ci sont rarement immatriculés au Consulat, vivent pour la plupart de contrats précaires et non protégés, partageant des co-locations de fortune, le coût du logement étant extrêmement cher à Londres. En outre l’accès à la santé, même s’il est ouvert à tous via le NHS, est problématique (durée d’attente pour avoir un rendez-vous, etc).

Depuis près de 8 ans de nouveaux profils de Français se sont également installés à Londres : des professions libérales (avocats et médecins).

L’enseignement français à Londres est fréquenté par de nombreux Français : 16000 élèves sont aujourd’hui scolarisé. Outre le lycée Charles de Gaulles, établissement en gestion directe de l’AEFE, un nouveau lycée privé accueille également des Français le Lycée Winston Churchill, mais les frais de scolarité pour entrer dans cet établissement de 10 000 livres (ils sont de 6000 £ à Charles de Gaulle), reste inaccessible pour de nombreuses familles.

Un plan école a été mis en place au Consulat avec la participation active des conseillers consulaires et notamment Morgane Marot pour améliorer l’accès aux écoles françaises et aux programmes FLAM qui permettent de suivre des enseignement en langue française pour les élèves qui n’ont pas eu de place dans les écoles françaises.

Une récente enquête conduite sur la taux de satisfaction des résidents français à l’égard du Consulat était de 97% ce qui laisse rêveur comparativement au ressenti des usagers métropolitains avec leurs administrations.

 

La soirée était dédiée à une réunion avec les militants et sympathisants socialistes française de Londres. Dans un pub, pour plus de convivialité encore mais en abordant des sujets européens et politiques très graves.

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La section de Londres est à l’image de la communauté française à l’étranger : très jeune  et dynamique! De nombreux étudiants participent aux réunions.

La situation de l’accueil des réfugiés et de la guerre en Syrie a été l’objet de nombreux échanges.

Mesures de relocalisation, réforme et application du droit d’asile européen, proposition pour un pacte de l’Etat de droit à la hauteur du pacte de stabilité.

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Le Brexit également et les socialistes français de Londres souhaitent participer activement à la campagne du Oui au maintien du Royaume Uni dans l’Union européenne.

Nous avons également discuté de la vie du PS et des prochaines échéances électorales. J’ai pu expliquer la feuille de route adoptée par le Conseil national samedi dernier et notamment le lancement des cahiers de la présidentielle, l’ouverture pour aller vers une Alliance populaire.

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