#Europe Un programme, un leader, une stratégie. Retour sur le conseil du Parti socialiste européen devant le Conseil national

Voici mon intervention en Conseil national du Parti socialiste samedi 9 décembre suite au Conseil du PSE à Lisbonne les 1 et 2 décembre.

Le week-end dernier, le Parti socialiste européen (PSE) a tenu son conseil à Lisbonne. Nous étions présents parmi les plus de 500 participants, activistes européens et membres de leurs partis nationaux.

Le choix de la capitale portugaise pour la tenue de ce conseil était un signe politique fort pour la famille sociale-démocrate.

Car il rend hommage au choix de la cohérence politique mise en œuvre au Portugal depuis plus de deux ans par une coalition de gauche réunie à l’initiative du Parti socialiste. Le refus des socialistes portugais de se joindre à une grande coalition avec la droite, et leur volonté de mettre fin aux politiques austéritaires ont démontré la justesse de leur choix au regard de la relance économique et de l’emploi et de la redistribution sociale rendue possible.

En cette période de confusions idéologiques – qu’entretient notamment en France et en Europe le parti du président de la République – la réaffirmation des clivages entre la droite et la gauche fut précisément au cœur de la résolution sur son orientation politique adoptée par le conseil.

Ce texte, accessible en Français sur le site du PSE va être envoyé à tous les militants et devrait être aussi accessible sur notre site.

A l’initiative de Rachid Temal, le Parti socialiste a pris activement sa part dans la rédaction de ce texte. Nos amendements (notamment sur les stratégies d’alliance, sur les taxations des sociétés, le commerce international, les ressources propres et la politique budgétaire, le droit de vote sur citoyens européens sur leur lieu de résidence pour tous les scrutins), o débattus en groupe de travail, en bureau national, puis par la délégation présente à Lisbonne avant le vote, ont été adoptés. Je veux ici saluer le travail collectif des membres du BN, de mes collègues de la Délégation socialiste française au Parlement européen, des activistes du PSE et des permanents du Parti socialiste qui ont contribué à bâtir les propositions portées par notre délégation pour une refondation de l’Europe progressiste.

Dans sa résolution, le PSE dresse le constat lucide « des effets dévastateurs des politiques d’austérité libérales » à l’échelle européenne. Les effets sociaux de la crise ont éveillé le nationalisme qui menace non seulement le progrès social mais également l’existence même du projet européen. Aussi, le PSE appelle au rassemblement des partis progressistes déterminés sur nos priorités pour des politiques sociales et fiscales environnementales fortes.

Une autre résolution a été adoptée tout aussi importante. Elle appelle à la coalition des forces progressistes et pro-européennes permettant la désignation du candidat tête de liste qui aura vocation à devenir Président de la Commission européenne, par un système de primaire

et confirme le choix des Socialistes et démocrates pour les listes européennes/transnationales, propositions que défendaient les socialistes français.

Et Oui ! Nous avons cette force : nous sommes un grand parti européen qui porte une stratégie commune, pour son programme, son leader et ses alliances de majorité.

Alors un conseil. Cessons de regarder avec obsession ce que pourraient faire tel ou tel parti/ mouvement français et comment nous pourrions nous positionner par rapport à eux.

Consacrons plutôt nos forces à concrétiser notre feuille de route et à porter la stratégie politique définie à Lisbonne. Soyons les artisans du rassemblement pas les suiveurs.

Le PS français y prendra toute sa part et les enjeux européens doivent constituer un pôle majeur dans nos réflexions pour le prochain congrès.

Je rappelle que le Parti socialiste, en dépit parfois de ses divergences internes, n’a jamais cessé de s’investir dans la réflexion sur l’Europe.

Pour les plus récents adoptés par nos instances nationales, nous rappelons ici : les propositions pour réorienter l’Europe issues de la convention Europe (juin 2013), le mémorandum pour le plan européen d’investissements d’avenir (novembre 2014), la réponse européenne aux menaces terroristes (janvier 2015), le texte sur l’avenir de l’Europe (octobre 2015) ou le cahier de la présidentielle « Donner une force à l’Europe, donner un sens au monde » (juillet 2016).

L’appétence des militants pour ces enjeux ne faiblit pas, au contraire ! Il suffit de voir le nombre d’ateliers de la refondation qui ont portés sur l’Europe, des contributions élaborées dans les fédérations.

Un programme. Un leader. Une stratégie.

La mobilisation doit maintenant s’amplifier pour transformer les orientations ambitieuses contenues dans les textes adoptés par les socialistes européens la semaine dernière, en actes. Au travail !

Le Parti Socialiste Européen se prononce en faveur de primaires pour désigner sa tête de liste et pour des listes transnationales

Aujourd’hui réunis à Lisbonne, les socialistes européens ont fait le choix clair et sans ambiguïté de la démocratie européenne. Ils ont ouvert la possibilité d’une primaire pour désigner notre tête de liste, et nous nous prononçons en faveur de listes transnationales.

Parce que la gauche européenne est au bord du gouffre, éparpillée par petits bouts façon puzzle, faire le choix de la démocratie – avec la primaire – et de l’Europe – avec des listes transnationales – était le premier pas pour reconstruire le socialisme à l’échelle européenne, et au-delà pour refonder l’Europe tout court.

Bien sûr, ce n’est qu’un premier pas : la refondation passe par un projet clair et ambitieux pour la vie quotidienne des Européens. Même si nous sommes en crise, force est de constater que nos propositions répondent à la volonté du peuple : si nous avons perdu les batailles sur le glyphosate ou le CETA, tous les observateurs peuvent constater que nos propositions étaient en adéquation avec la volonté populaire. Quand nous remportons des victoires – comme sur le renforcement de la méthode de calcul contre les importations chinoises subventionnées ou sur les minerais de sang – c’est avec l’appui indispensable des citoyens via des mobilisations à l’échelle de l’Europe. Plus encore, nous voulons porter la voix de ces derniers.

L’Europe, avec le programme des socialistes, peut être le lieu où s’invente un nouveau modèle de développement, plus solidaire, plus équitable, plus ouvert, plus coopératif, plus durable. Notre Europe, c’est celle des projets concrets pour répondre aux crises financière, économique, sociale, écologique, géopolitique, sécuritaire, agricole et humanitaire que nous allons maintenant proposer partout en Europe.

#Refondation : Quelle Europe voulons-nous ?

Le jeudi 23 novembre à Sèvres, la fédération socialiste des Hauts-de-Seine a organisé son forum sur les sujets européens dans le cadre de la refondation engagée par le Parti socialiste. Je suis intervenue aux cotés de ma collègue eurodéputée Pervenche Berès, également Philippe Berrée, le secrétaire fédéral à l’Europe et Elisabeth Humbert Dorfmüller, en charge de la section française du parti social-démocrate allemand (SPD).

Cette soirée fut l’occasion de rencontrer des socialistes engagés sur les questions européennes. C’est dans ce contexte que les forums de la refondation ont vocation à redonner au parti socialiste la place qui est la sienne ; tout en évoluant et en renouvelant ses bases qui correspondent aux changements de la société actuelle. Ce projet passe par des échanges et par une réflexion collective, à l’instar du débat qui a eu lieu.

Plusieurs thèmes ont été abordés lors de la réunion. Tout d’abord, sur le déclin de la social- démocratie en Europe, j’ai partagé mon sentiment sur l’écart qui s’est creusé entre les citoyens et les sociaux-démocrates européens ces dernières décennies. Ce phénomène vient du manque d’action concrète sur les enjeux sociaux, mais aussi de la stratégie politique qui n’a pas évolué. Depuis la fin de la seconde guerre mondiale, la politique européenne évoluait dans une logique de compromis entre les partis de droite et de gauche.  Cependant, la droite refuse d’accepter le progrès social. C’est pourquoi nous devons revoir le jeu des alliances. Depuis janvier 2017, les sociaux-démocrates ont engagé la rupture avec cette grande coalition, il est désormais possible de trouver de nouvelles alliances ; même si certaines délégations de gauche restent à convaincre. Oui, les sociaux-démocrates de certains Etats-membres sont séduits par les discours pro-européens des leaders de droite, ce qui participe à la déliquescence de notre famille politique. Et dernièrement, certains ont été séduits par les discours d’Emmanuel Macron, qui prône le renouvellement mais s’affère à rester dans cette logique de coalition sans faire de propositions concrètes. Par ailleurs, j’ai rappelé que le Président actuel est assez favorable une coopération renforcée entre les Etats-membres mais il ne parle pas de d’Etat fédéral européen ; ce que nous, sociaux-démocrates, défendons !

Et pour aller dans ce sens, il faut trouver des majorités plus avancées sur les 4 grands piliers que nous défendons : social, écologie, respect des droits et des valeurs et Europe. La question sensible de la révision des traités pour démocratiser les institutions européennes doit être posée.

Le conseil du Parti socialiste européen qui aura lieu à Lisbonne la semaine prochaine sera aussi un espace de refondation pour la gauche européenne. Nous sommes dans une période certes difficile mais passionnante pour les débats de fond et la reconstruction. La coopération avec les partis frères est essentielle pour renforcer la démocratie ; et l’enjeu majeur aujourd’hui est d’intégrer totalement l’espace européen dans notre pensée politique. Des pistes de réflexion sont possibles en ce sens : il faut par exemple démocratiser le fonctionement du PSE afin de favoriser les échanges avec les militants ; également revoir le fonctionnement du parti qui est trop calqué sur le modèle actuel des institutions.

Beaucoup d’autres thèmes ont été abordées : comme la question des listes nationales et transnationales pour les prochaines élections européennes. J’ai rappelé que ce mode de scrutin est à mon sens un facteur de dynamisme et de convergence et qu’il favorise le rapprochement entre les eurodéputés et les administrés de la circonscription.

Sur l’Etat de droit en Pologne et en Hongrie, j’ai rappelé que le Parlement européen avait voté pour la mise en place d’un mécanisme de l’Etat de droit permettant une évaluation et un contrôle permanent, proposition bloquée au niveau de la Commission et du Conseil. Cependant, au-delà du problème institutionnel, le problème est bien politique : le PPE par exemple continue de soutenir Viktor Orban qui bafoue chaque jour les libertés individuelles en Hongrie.

En conclusion j’ai rappelé que lors du prochain congrès de notre parti, il serait opportun de mettre au cœur des échanges la question européenne, transversale a beaucoup d’autres thèmes. Il faudra également, laisser toute la place aux militants pour s’exprimer, comme c’est déjà le cas avec la possibilité de déposer des contributions thématiques ; et enfin s’ouvrir à l’ensemble des acteurs de la société civile.

Positifs à gauche avec la fédération des Français de l’étranger

Lundi 28 août j’ai participé à la Convention annuelle de la Fédération des Français de l’étranger du parti socialiste. Je suis intervenue aux côtés de Paulo Pisco, député des Portugais de l’étranger, Gabriel Colomé du Parti Socialiste Catalan, Florence Baillon, Conseillère consulaire en Equateur et mon collègue Guillaume Balas. Ce fut l’occasion d’échanger autour du thème « Positifs à gauche – les exemples européens et extra-européens de la gauche unie » lors d’une table ronde animée par Mehdi Benhlacen, Président du groupe Français du Monde à l’Assemblée des Français de l’étranger.

La session de cette année portait sur la refondation des gauches et de la social-démocratie. Nous nous sommes donc intéressés aux expériences, celle réussie au Portugal ou celles plus complexes (Espagne, France) d’union de la gauche en Europe.

Je suis intervenue sur l’évolution des relations entre les différents groupes de gauche et écologistes au Parlement européen avec la clarification installée depuis janvier 2017, lors de l’élection à mi-mandat du Président du Parlement européen. Cependant, cette nouvelle stratégie d’alliance à gauche est à confirmer régulièrement au sein du groupe des sociaux-démocrates.

Je suis revenue sur le travail que nous menons au sein de la Délégation socialiste française dans une démarche de discussion et de débats pour pouvoir peser sur les décisions du groupe S&D. Plusieurs sujets d’actualité vont nous occuper : le vote du budget ou encore la révision de la Directive des travailleurs détachés. Beaucoup de chantiers importants nous attendent et le but principal est de retrouver une plus grande crédibilité aux yeux des citoyens pour les futures élections européennes. C’est pourquoi il est important de travailler aussi à la refondation du Parti socialiste européen (PSE), aujourd’hui calqué sur le modèle institutionnel européen que nous dénonçons depuis le début du mandat et qui doit se démocratiser. Le PSE ne peut plus être un calage du Conseil des Etats-membres. Nous devons être actifs et utiles lors de la réunion de PSE à Lisbonne en décembre prochain.

Lors de l’échange avec la salle, plusieurs points ont été abordés ; tels que l’organisation du travail avec les collègues britanniques depuis le Brexit, l’Europe fédérale, l’Europe sociale, l’accueil des réfugiés.

 

 

 

 

 

 

 

Après le soulagement, l’indispensable rassemblement des socialistes

C’est peu dire que cette élection a inquiété l’Union européenne et au-delà : tous les ingrédients étaient réunis pour que le pire devienne possible. En cela, l’élection à la présidence de la République d’Emmanuel Macron constitue un soulagement et je lui adresse toutes mes félicitations. Je tiens également à rendre hommage à François Hollande et à son action : je suis convaincue que l’Histoire montrera la justesse des politiques menées ces cinq dernières années.

Mais après ce soulagement, soyons clairs : rien n’est réglé. La colère des citoyens est toujours là, l’extrême droite est forte comme elle ne l’a jamais été dans notre pays. Or, on ne peut jouer à la roulette russe éternellement sans finir par se tirer une balle. C’est d’ailleurs pour cette raison que je m’oppose avec force à l’idée d’Emmanuel Macron pour qui, désormais, les partis politiques traditionnels seraient morts, qu’il n’y aurait plus que deux camps : les progressistes contre les nationalistes ; cela est faux et dangereux, mortifère même car, dès lors, la seule alternance possible serait le nationalisme et l’extrême droite.

Plus que jamais, nous avons besoin de la gauche et singulièrement des socialistes pour empêcher ce duel de s’installer dans le paysage politique. Je serai pleinement engagée aux côtés des candidats socialistes dans la bataille des élections législatives. Le quinquennat et l’inversion du calendrier électoral ne doivent pas faire oublier cette réalité : notre avenir sera décidé par la future majorité à l’Assemblée nationale. La photographie du premier tour de l’élection présidentielle n’aura rien de commun avec ce que sera le premier tour des élections législatives : les Français seront libérés de la carotte « vote utile » et du bâton Front national. Le projet et la proximité des élus joueront à plein.

Et puis, il faut le marteler, le changement en France ne peut pas se faire sans changement en Europe : que nous soyons dans une majorité socialiste ou dans l’opposition, nous devrons remettre sur le devant de la scène nos propositions pour changer l’Europe, la refonder, la réorienter, bref faire en sorte qu’elle améliore plus efficacement et visiblement la vie des citoyens. C’est la seule voie pour véritablement faire refluer l’extrême droite, non seulement en France, mais partout en Europe.

Cela, il faudra le faire en France, mais également lors de chaque élection nationale, avec tous les progressistes européens, et lors des élections européennes. Si les élections au Royaume-Uni vont essentiellement servir à définir la nature du Brexit – soft ou hard –, les élections en Allemagne sont tout aussi importantes que les élections françaises.

Enfin, en ligne de mire, se profilent les élections européennes de 2019 : avec un Brexit qui sera devenu réalité et dont tout le monde pourra juger des conséquences, la question de l’Europe que nous voulons sera au cœur du débat politique. Ce débat sera l’occasion de faire reculer visiblement l’extrême droite, de lutter à la fois contre les nationalismes et contre l’ultralibéralisme économique qui en fait le lit.

Le programme des socialistes, pour une politique fiscale juste et équitable, pour une Europe sociale, pour une politique d’investissements en faveur de l’emploi et de la transition écologique et pour une démocratisation de la zone euro est le seul qui puisse faire que nos enfants vivent mieux que nous.

Conseil du PSE à Prague: agir pour les défis à venir et la démocratie en Europe !

Vendredi 2 et samedi 3 décembre dernier, j’ai participé au Conseil du Parti socialiste européen (PSE) qui s’est tenu à Prague, en République Tchèque. J’ai eu l’occasion d’intervenir à une table ronde qui traitait des « défis à venir et de la démocratie en Europe » et qui était animée par Marije Laffeber, secrétaire générale adjointe du Parti socialiste européen (PSE) depuis 2012. Je suis intervenue aux côtés d’Evi Christofilopoulou, députée grecque du Mouvement socialiste panhellénique ; Jeremy Corbyn, le leader du parti travailliste britannique et Maria Maltschnig, directrice de l’Institut Renner en Autriche. Ce fut l’occasion de donner mon opinion sur la montée de l’extrême droite en France et en Europe et sur les réponses que les démocrates européens peuvent apporter face aux nationalismes. J’ai également insisté sur la nécessité de garder le cap sur les propositions que nous faisons quotidiennement au Parlement européen et qui vont dans le sens d’une Europe plus sociale, plus juste et plus forte.

Marije Laffeber : “En France, il y a une élection très importante qui arrive au printemps ; et nous pouvons constater que la montée des mouvements populaires, qui sont très présents. Ces mouvements extrêmes sont entrain de récolter de plus en plus de voix et ils prennent de la force. Cependant, j’espère que les futures échéances électorales seront l’opportunité pour les sociaux-démocrates de gagner du terrain.  Christine, pouvez-vous nous parler un peu de la situation en France et de comment nous pouvons combattre la montée des extrêmes ? »

 

« Bonjour à tous,

Parler de la France, parler de Marine Le Pen, puisque c’est son nom, c’est parler d’Europe. Pourquoi ? Parce que la victoire des pro-Brexit au Royaume-Uni et l’élection de Donald Trump aux Etats-Unis, ont été des sources de satisfaction pour Marine Le Pen. Cela lui sert à démontrer que l’extrême droite peut arriver au pouvoir. D’ailleurs, nous ne sommes plus face à un danger, nous sommes devant une réalité et il faut en prendre toute la mesure. Je vais vraiment rester au niveau européen par rapport à ce que fait Marine Le Pen, parce que son discours tourne autour de la destruction de l’Europe ; qu’elle rend responsable de tous les mots. Pourquoi ce discours se fait de telle manière et pourquoi ce discours est si prenant ? Quand on regarde les dérives que la mondialisation a engendrées, toutes les personnes qui sont laissées sur le côté, c’est quelque chose qui n’est plus acceptable pour nous, français et citoyens européens. Face à cela, les propositions que nous faisons sont très bonnes mais les propositions que nous faisons sont difficiles à mettre en œuvre aujourd’hui au niveau de la politique européenne. Il faut faire en sorte que les propositions que nous faisons, souvenez-vous notre très beau programme de 2014, et la résolution d’aujourd’hui qui est extrêmement forte, proposent un certain nombre de mesures. Des mesures concernant l’emploi, et l’emploi des jeunes, des mesures concernant le dumping social, des mesures concernant le juste échange économique, …Mais jusqu’alors nous n’avons pu les mettre en œuvre, parce que le système politique fondé sur une grande coalition, qui fonctionnait dès lors qu’il n’y avait pas cette extrême droite aussi forte au Parlement européen, nous permettait d’avancer petit à petit. Nous avons la nécessité d’avancer sur la question de la temporalité. Marine Le Pen, comme tous les extrémistes en Europe et ailleurs, propose une chose : c’est l’Europe le responsable, c’est l’Europe qui n’a pas répondu aux dérives de la mondialisation. « Nous on vous propose quelque de chose de très simple, on sort de l’Europe, on sort de l’Euro et on le fait maintenant ». Nous, les sociaux-démocrates, nous savons que nos propositions vont prendre du temps à émerger et il faut qu’on garde et qu’on revisite à nouveau cette question de la temporalité. Il faut qu’on fasse en sorte que dans les propositions que nous ferons et les votes que nous aurons, nous mettions plus de cohérence, plus de clarté, quitte à perdre des votes mais à être enfin plus forts sur cette question-là. C’est pour cela que je suis très contente que Gianni Pittella, le Président de notre groupe se présente à l’élection du Parlement européen et le fasse dans une alliance avec, je l’espère, les verts, la GUE et tous les progressistes qui ont envie de remettre de la clarté entre la droite et la gauche. Car, ce n’est pas la même chose et ça va être projet contre projet pour plus laisser le cœur du débat au Front National et à tous les extrémistes en Europe. »

« Je crois que dans les deux ans et demi qu’il nous reste avant la prochaine élection européenne, il faut qu’on commence, et on a commencé à le faire, par reconnaître qu’il y a des choses qui ne vont pas, qui ne marchent pas, et qu’on n’a pas réussi. Il faut le reconnaitre et après poser les points sur lesquels nous allons avancer. Un exemple, sur les questions sociales, on a bien vu que la question de la lutte contre le Dumping social fait encore débat, même entre nous. Il faut vraiment être clair et faire en sorte que les choses que nous décidons ici soient communément partagées par tout le monde. Si non, nous ne sommes pas crédibles dès lors qu’on ne respecte pas ce sur quoi on s’engage. Sur la question du juste échange, nous n’en n’avons pas beaucoup parlé, mais c’est un enjeu très important, il faut qu’on construise une politique de marché intérieur forte pour pouvoir négocier avec d’autres partenaires européens. Il faut déjà qu’on soit en capacité, et il faut le construire, de faire des propositions rapidement. Et par ailleurs, il faut faire respecter l’Etat de droit, les valeurs, le respect des uns et des autres au sein de l’Union européenne et y compris dans des pays ou se sont des sociaux-démocrates qui gouvernent. Ce n’est plus possible d’être dans cette situation, sinon nous ne sommes pas crédibles. Nous pouvons changer cela dans les deux ans et demi qui viennent et ensuite on avancera sur de nouvelles propositions. Soyons à la hauteur et respectons ce pourquoi nous nous sommes engagés et respectons nos valeurs. »

 

 

Commission Europe avec les militants de la fédération du Val de Marne

Jeudi 17 novembre, j’ai participé à la Commission Europe avec les militants socialistes du Val de Marne. Nous avons ainsi longuement échangé sur la résurgence des mouvements d’extrême droite, notamment avec le vote sur le Brexit et l’élection de Donald Trump, les accords du CETA ou encore la gestion européenne de la crise de l’accueil des réfugiés.

La tendance mondiale est au vote contestataire. Le Brexit, l’élection de Donald Trump, les élections présidentielles en Autriche ou encore les élections en Allemagne et l’émergence du parti de l’AFD ne font que confirmer cette analyse. Ces mouvements sont qualifiés de « populiste » alors qu’ils ne reflètent en rien les intérêts des peuples. Ils s’expriment dans un repli sur soi néfaste et nationaliste. Face à cette résurgence du vote nationaliste, il est crucial de réorienter l’Europe pour faire en sorte qu’elle se tourne en priorité vers les plus démunis.

Autre priorité, il faut repenser nos alliances et mettre fin à la grande coalition entre les sociaux-démocrates du groupe S&D et les conservateurs du PPE qui ne font qu’alimenter les discours nationalistes et le rejet de l’Union européenne. Début janvier, nous serons arrivés à la moitié du mandat du Parlement européen. Ce sera l’occasion de redéfinir notre stratégie. Afin de défendre le projet d’une Europe ouverte et inclusive, les socialistes doivent d’abord chercher des majorités avec la gauche et les écologistes.

Pour lutter contre l’émergence de mouvements nationalistes, il faut également plus que jamais repenser nos échanges à l’échelle du monde. Concernant le traité de libre-échange signé par l’UE avec le Canada, les députés de la DSF ont ainsi un avis très nuancé. Le débat lancé par le chef de gouvernement socialiste wallon Paul Magnette à quelques jours de la signature du CETA a posé plusieurs enjeux qui ont une résonnance particulière : la place des peuples dans les négociations des traités de commerce internationaux et la question de l’avenir de nos produits culturels ou d’origine protégées ainsi que de notre environnement normatif protecteur avec les tribunaux d’arbitrage privés.

Une autre question se pose : celle de l’intérêt économique d’un tel accord. En effet, les résultats économiques espérés sont déséquilibrés. Alors que le Canada espère tirer un bénéfice de 8 milliards d’euros pour une population de 35 millions d’habitants, l’Europe espère une augmentation de ses richesses de l’ordre de 11 milliards d’euros pour une population de 500 millions d’habitants.

Face à ces constats, les députés de la DSF ont de très grosses réserves sur le CETA. Comme l’a exprimé Joseph Stiglitz, prix Nobel d’économie, au groupe S&D, il faut renforcer les règles du commerce mondial plutôt que de conclure entre les Etats des traités de libre-échange. Il n’est plus pensable que la mondialisation ne bénéficie qu’à un petit nombre de privilégiés, l’avenir de l’Union européenne réside aussi dans notre capacité collective de penser collectivement notre destin.

Avancer vers une Europe plus inclusive et plus politique est un sujet qui concerne également l’accueil des réfugiés dans l’Union européenne. Dans 20 ans, l’Europe aura honte de son passé. En effet, alors que la Grèce et l’Italie accueillent la plupart des primo-arrivants depuis la fermeture de la route des Balkans et que l’Allemagne et la Suède ont déjà fait un effort important, les autres pays de l’Union européenne doivent repenser leurs politiques d’accueil. Alors que le Parlement et la Commission se sont engagées à de nombreuses reprises en faveur de l’accueil des réfugiés, les Etats doivent mettre en œuvre le processus de relocalisation car ce dernier ne fonctionne pas efficacement, les Etats refusant de participer à l’accueil des réfugiés de manière solidaire.

Lors des échanges, de nombreux intervenants ont souligné leurs craintes quant à la pérennité de l’Union européenne dans sa forme actuelle. Ils ont également exprimé leur souhait d’une Europe fédérale, d’une Europe de la défense et enfin d’une Europe sociale et inclusive qui dépasse les simples questions budgétaires.

Pour cela, le Parlement européen compte proposer des réformes institutionnelles. 3 rapports sont ainsi en cours d’élaboration pour proposer des modifications du cadre institutionnel du traité de Lisbonne (rapport de Mme Bresso et de M. Brock), dans le cadre d’un projet de réforme institutionnel plus global (rapport de M. Verhofstadt), ainsi que la mise en place d’un projet de capacité budgétaire au sein de l’Union Economique et Monétaire (UEM) (Rapport de Mme Bérès et de M. Böge).

Alors que nous n’avons jamais eu autant besoin d’Europe, les progressistes doivent plus que jamais faire des propositions pour l’Europe de demain, je serai ainsi les 2 et 3 décembre prochain à Prague à l’occasion du Conseil du Parti Socialiste Européen (PSE).