Émancipation économique des femmes en Europe

Le respect des droits des femmes est une bataille permanente et dans tous les domaines. Le rapport sur l’autonomisation économique des femmes dans les secteurs privé et public met l’accent sur l’égalité des hommes et des femmes sur le marché du travail.

Dans l’Union européenne en 2017, les femmes sont encore largement sous-représentées sur le marché du travail et aux postes de direction. Leurs carrières évoluent plus difficilement et elles gagnent 16% de moins que les hommes.

Ce n’est pas un sujet anecdotique mais un droit fondamental pour les femmes d’avoir le contrôle sur leurs vies et de pouvoir prendre part aux décisions collectives. De plus, une vraie égalité des sexes est bénéfique pour l’ensemble de la société car cela profite au développement économique de tous ! L’Institut européen pour l’égalité entre les hommes et les femmes (EIGE) a indiqué que l’égalité des sexes permettrait, d’ici à 2050, la création de 10 millions d’emploi et une stimulation significative de la croissance européenne.

L’autonomisation économique est aussi le moyen le plus efficace de lutter contre la pauvreté et l’exclusion sociale qui menacent surtout les femmes ; en particulier les mères célibataires ou les femmes âgées, avec des conséquences dramatiques sur leur santé notamment.

Le rapport du Parlement européen est exigeant et rappelle à tous les acteurs leurs responsabilités : Etats membres, entreprises mais aussi l’Union européenne qui s’est engagée à promouvoir l’égalité entre les hommes et les femmes.

Voici mon explication de vote:

Le constat est sans appel : les femmes sont encore désavantagées dans leur vie professionnelle car ce sont des femmes. Elles occupent des postes plus précaires et gagnent 16% de moins que les hommes. À travail égal, salaire égal ! Il faut agir et c’est pourquoi j’ai voté pour le rapport sur l’autonomisation économique des femmes dans les secteurs privé et public.

L’autonomisation économique des femmes est un élément essentiel pour le renforcement de leurs droits car elles peuvent ainsi être indépendantes et garder le contrôle de leurs vies. Outre qu’il s’agit d’un droit fondamental, l’égalité sur le marché du travail est rentable. En effet, le coût du sous-emploi des femmes était de 370 milliards d’euros en 2013 dans l’Union.

Parce que les progrès sont trop lents, le rapport appelle les Etats et les entreprises à instaurer des mesures contraignantes en matière de transparence salariale et appelle également à une meilleure formation des inspecteurs à la discrimination dans l’emploi.

Je suis également très attentive à la lutte contre toutes formes de violence et les chiffres du harcèlement sexuel sont alarmants. Nous opposons une tolérance zéro au harcèlement et chacun doit pouvoir se sentir en sécurité dans son environnement de travail.

 

Détachement des travailleurs et ordonnances modifiant le Code du travail : « A travail égal, salaire égal sur un même lieu de travail » – y compris en France, Monsieur Macron !

Communiqué de la Délégation socialiste française

Le gouvernement français entend prochainement mettre sur la table plusieurs propositions visant à renforcer la lutte contre la fraude au détachement des travailleurs : encadrement de la durée des missions, prise en charge par l’entreprise détachant des travailleurs des frais associés à travers la création d’indemnités de transport, d’hébergement et de repas, mesures ciblant les «  sociétés boîte aux lettres » n’exerçant aucune activité dans les pays où elles prétendent être établis afin de contourner la législation fiscale et sociale…

Nous saluons ces propositions qui reprennent en grande partie celles défendues par les députés socialistes au Parlement européen et s’inscrivent dans la droite lignée des recommandations adoptées dans le cadre du rapport consacré à la lutte contre le dumping social. Au cours des prochaines étapes de la négociation, nous ferons preuve de vigilance et continuerons de soutenir sans relâche une révision de la législation européenne permettant de lutter contre les pratiques abusives et déloyales largement répandues.

Nous ne comprenons pas dès lors les raisons qui poussent le Président de la République à imposer par ordonnances un bouleversement de la hiérarchie des normes appliquées au monde du travail : comment peut-on prétendre défendre à Bruxelles le principe « à travail égal, salaire égal sur un même lieu » tout en créant, en France, les conditions d’une concurrence exacerbée en matière de rémunération ou de temps de travail en permettant aux entreprises de déroger aux dispositions prévues par les conventions collectives ?

Affaiblir la hiérarchie des normes sociales et salariales ne contribue pas à «  fluidifier » le marché du travail ou à favoriser la « libre concurrence » : le Code du travail a été érigé pour protéger les salariés tandis que les conventions collectives constituent un cadre au sein duquel les entreprises d’un même secteur économique sont soumises à des règles communes clairement identifiées.

Renforcer le cadre réglementaire au niveau européen en matière de détachement des travailleurs tout en favorisant, en France, la mise en place d’un système dérégulé de négociation au sein de l’entreprise ouvrant la voie au moins-disant social : la lutte contre le dumping ne saurait être confondue avec la réalisation des conditions de concurrence pure et parfaite pour les seuls chefs d’entreprises. La convergence sociale et salariale par le haut à travers la détermination coordonnée de salaires minimums et la définition de droits sociaux garantissant des conditions de vie décentes à nos concitoyens doit être au cœur de la stratégie européenne de notre pays.