Nous devons aider la démocratie tunisienne

Communiqué de la délégation socialiste française

La délégation socialiste française est fortement engagée dans la lutte contre le blanchiment, contre le financement du terrorisme et contre les paradis fiscaux.

Mais parce que la Tunisie est un enjeu géostratégique majeur, parce que ce pays est aussi victime du terrorisme, parce que consolider la démocratie dans ce pays est crucial, pour eux, pour nous, nous nous opposons à ce que la Tunisie figure sur la liste des pays tiers à haut risque en matière de lutte contre le blanchiment de capitaux et de financement du terrorisme. C’est pourquoi nous avons voté l’objection à la liste inscrivant la Tunisie sur la liste de ces pays.

La Commissaire Jourová s’est engagée à réexaminer l’inscription de la Tunisie sur cette liste dès lors que ce pays aura pris les dernières mesures attendues. Nous serons d’une vigilance absolue pour qu’il en soit ainsi.

Nous réaffirmons par ailleurs que l’Union européenne doit se doter de sa propre grille d’analyse, indépendamment de celle du groupe d’action financière (GAFI).

Voici mon explication de vote :

La Commission européenne est tenue d’établir régulièrement une liste des pays tiers à haut risque sur le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme. Le 13 décembre dernier, la Commission a ajouté à cette liste noire la Tunisie.

Bien-sûr les sociaux-démocrates font de la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme une absolue priorité mais aujourd’hui, nous voulons apporter notre soutien politique à la jeune démocratie tunisienne. La Tunisie a récemment pris de nombreuses  mesures pour renforcer son système financier contre les activités criminelles. La volonté politique est là. Quant au terrorisme, la Tunisie est un allié géostratégique majeur de l’Union européenne dans cette région du monde, sans compter que les tunisiens sont eux-mêmes victimes du terrorisme.

Malgré notre opposition, la droite européenne a été majoritaire pour définitivement inscrire la Tunisie sur cette liste. Je le regrette et j’appelle désormais la Commission européenne à réexaminer la situation de ce pays au plus vite.

 

 

Rencontre avec les défenseures des droits des femmes de la région EuroMed

J’ai rencontré le 11 mai une délégation de défenseures des droits des femmes de la région EuroMed. Cette rencontre s’inscrit dans le cadre d’une campagne régionale de l’ONG EuroMed Droits sur la Convention d’Istanbul contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique : #NONauxViolencesFaitesAuxFemmes.

En tant que Co-rapporteure pour l’adhésion de l’Union européenne à la Convention d’Istanbul, je suis très heureuse d’avoir pu échanger avec ces trois femmes engagées de Tunisie, du Maroc et de Chypre. Il faut assurer aux femmes le droit de vivre sans violence tant dans l’espace privé que public, où qu’elles soient en Europe et dans le monde. La Convention est aussi ouverte à signature aux États non-membres du Conseil de l’Europe comme la Tunisie et le Maroc.

Nous avons en particulier échangé sur la condition des femmes demandeuses d’asiles et réfugiées au Maroc et en Tunisie où, malgré des réformes, la situation reste fragile. Ces femmes sont très vulnérables et sujettes aux violences basées sur le genre. Le rapport du Parlement précise que la violence basée sur le genre peut être reconnue comme une forme de persécution sous la Convention de Genève de 1951 et que les  États doivent adopter une approche tenant compte du genre dans les procédures d’asiles. J’ai bien entendu l’appel de ces militantes qui s’inquiètent du sort de ces milliers de femmes. Il faut veiller, avec les ONG,  à ce que les relations entre l’UE et les pays du Sud de la Méditerranée respectent les droits humains des migrants et des réfugiés, et des femmes en particulier.

Des mesures réactionnaires et autoritaires affaiblissent les femmes partout dans la région EuroMed. Que ce soit en Pologne ou au Maroc, il est intéressant de noter que les mécanismes à l’oeuvre sont les mêmes : une instrumentalisation de la religion pour assoir une domination sur les femmes et sur leurs corps.

Je félicite encore ces femmes pour leur engagement. Nous nous retrouverons pour organiser une rencontre entre les défenseuses des droits de femmes de Pologne et de Hongrie et des pays du Sud de la Méditerranée. Toutes les femmes du monde, avec des identités et des religions différentes, font face aux mêmes obstacles.