#InternationalGirlChildDay #StopMutilationsGénitalesFéminines

À l’occasion de la journée internationale des filles du 11 octobre, j’ai participé à une table ronde sur les mutilations génitales féminines perpétrées sur les filles, en général avant leurs 15 ans.

Les mutilations génitales féminines sont une pratique qui consiste à altérer ou léser les organes génitaux de la femme pour des raisons non médicales. C’est une violation sévère des droits humains et un acte criminel.

En Europe, de nombreuses filles sont victimes ou menacées de l’être. Les données manquent mais le Parlement européen estime qu’un demi-million de filles sont mutilées en Europe et des milliers sont en risque de l’être. Les conséquences sont dramatiques : graves souffrances psychologiques et physiques et des séquelles médicales à vie.

Nous avons débattu des mesures contre cette pratique et surtout de l’outil juridique le plus important : la Convention d’Istanbul contre les violences faites aux femmes, traité international juridiquement contraignant. En tant que rapporteure pour le Parlement sur l’adhésion de l’Union à cette Convention, j’ai présenté longuement cet arsenal juridique.

La Convention érige l’acte, le fait d’inciter ou le fait de contraire une fille à subir des mutilations génitales féminines comme une infraction pénale, c’est-à-dire un crime. C’est un acte d’une extrême gravité qui doit être sanctionné par des mesures pénales. La Convention ajoute que les justifications d’ordre culturel, religieux ou traditionnel sont irrecevables. Poursuivre les coupables est essentiel pour stopper l’impunité et pour octroyer le statut de victime à part entière à celles qui osent dénoncer.

Le combat contre les mutilations génitales féminines nécessite une réponse globale qui dépasse la seule réponse juridique. Avec les autres intervenants, nous avons discuté de la sensibilisation des filles et des communautés affectées, de l’éducation et d’un projet en cours de l’association GAMS Belgique pour sensibiliser les professionnels en lien avec les victimes.

Je remercie aussi Aissatou Diallo pour son témoignage. Elle a fait preuve d’un courage remarquable pour s’élever contre sa communauté et sa famille pour protéger ses filles d’être des victimes. Aujourd’hui réfugiée politique en Belgique, elle continue à militer et à sensibiliser les plus jeunes.

Restons-tous mobilisés, au-delà du 11 octobre, pour la fin des mutations génitales féminines et pour le droit des filles à être libres et en sécurité.

 

 

 

 

Rencontre avec Inclusion Europe #StopAuxViolencesFaitesContreLesFemmesHandicapées

Le 28 septembre, j’ai rencontré des auto-représentants de personnes handicapées intellectuelles ainsi que des membres des familles avec l’association Inclusion Europe.

Les personnes avec un handicap intellectuel sont encore exclues de notre société. Elles sont victimes de violences et de graves discriminations dans de nombreux domaines (accès à la santé, au logement, à l’emploi etc.). Les membres d’Inclusion Europe ont tiré la sonnette d’alarme, notamment sur la prise en charge de ces personnes. Les établissements ne sont pas suffisamment contrôlés par les autorités publiques et les cas de violences et d’agressions ne sont ni reportés, ni condamnés.

Nous avons plus particulièrement échangé sur la violence faites aux femmes handicapées : 2 femmes handicapées sur 3 ont été victimes de violences fondées sur le genre ! Du fait de leur situation de dépendance, il est encore plus difficile pour ces femmes de la signaler à la justice et aux services d’assistance et de protection.

Je l’ai clairement affirmé dans mon rapport sur l’adhésion de l’Union à la Convention d’Istanbul : les femmes handicapées ont le droit fondamental de jouir pleinement et dans des conditions d’égalité de tous les droits et libertés fondamentales. J’ai appelé à la mise en place de mesures spécifiques afin de répondre à leurs besoins (des soins de santé appropriés ou des lieux d’hébergement sûrs).

En ce sens je soutiens pleinement le projet d’Inclusion Europe sur les violences faites aux femmes dont la première étape est le recueil des témoignages de ces femmes handicapées. Cette phase de recherche est indispensable pour que les pouvoirs publics comprennent l’ampleur et la gravité de la situation.

Pour finir, nous avons évoqué les cas de stérilisation forcée sur les personnes avec un handicap mental. En cette journée pour le droit à l’avortement partout en Europe, il est fondamental de rappeler que toutes les femmes doivent avoir le contrôle de leurs corps.

Je félicite Inclusion Europe pour son engagement en faveur des plus vulnérables. Nous nous retrouverons pour continuer ce combat de la dignité et des droits fondamentaux de tous.

Retour sur le vote sur l’adhésion de l’Union européenne à la Convention d’Istanbul avec @edouardmartinEU

Mercredi 13 septembre, à l’issue du vote de mon rapport parlementaire sur l’adhésion de l’Union européenne à la Convention d’Istanbul contre les violences faîtes aux femmes, Edouard Martin, mon collègue membre de la Commission Femm a souhaité que l’on revienne sur les principaux enjeux de ce texte.

Voici notre vidéo:

Violence contre les femmes : agir aussi à l’échelle européenne

Communiqué de la Délégation socialiste française

Une femme sur trois a subi au moins une forme de violence physique et/ou sexuelle depuis l’âge de 15 ans, une femme sur deux a déjà été victime de harcèlement sexuel, une femme sur vingt a été violée. En France, une femme meurt sous les coups de son partenaire tous les trois jours. Derrière ces statistiques, il y a des victimes. Parce que ces faits sont insupportables, nous devons agir à tous les niveaux, y compris européen.

C’est un fait : les femmes ne sont pas protégées de la même façon en fonction de l’État membre dans lequel elles se trouvent, du fait de l’absence d’harmonisation des politiques en ce domaine au niveau européen. C’est pourquoi les eurodéputés socialistes et radicaux soutiennent le rapport de Christine Revault d’Allonnes-Bonnefoy visant à mettre en place un cadre cohérent à travers l’Union via l’adhésion de l’Union européenne à la Convention d’Istanbul. La Convention d’Istanbul du Conseil de l’Europe est le premier instrument international juridiquement contraignant sur la prévention et la lutte contre les violences envers les femmes. C’est là un nouveau pas en avant pour la protection de toutes les femmes, où qu’elles vivent en Europe.

Parmi les éléments importants du rapport, nous souhaitons avant tout insister sur l’éducation : c’est là le principal outil pour changer une société. Le système éducatif doit promouvoir l’égalité réelle entre les femmes et les hommes et participer à l’élimination de tous les obstacles pour y parvenir. Le rapport appelle notamment les États à adopter des politiques d’éducation sexuelle, d’éducation aux droits fondamentaux et à la non-discrimination.

Un autre point tout aussi important, c’est la lutte contre les inégalités économiques entre les femmes et les hommes : comment une femme peut-elle dénoncer les violences d’un homme dont elle serait financièrement dépendante ?

Enfin, la bataille politique avec la droite européenne a tourné autour de la question de l’avortement : pour les eurodéputés socialistes et radicaux, le refus d’accorder des services liés aux droits et à la santé sexuelle, y compris la possibilité d’avortements sûrs et légaux, est une forme de violence à l’encontre des femmes et des filles. C’est pourquoi nous soutenons Christine Revault d’Allonnes-Bonnefoy lorsqu’elle demande à ce que les États garantissent l’accès aux services de santé sexuelle, incluant la contraception moderne et l’avortement sûr et légal. Nous la félicitons chaleureusement pour la victoire sur ce point.

Ce n’est qu’une étape dans la lutte contre les violences faites aux femmes : désormais nous attendons de la Commission européenne une stratégie globale sur la prévention et la lutte contre les violences envers les femmes, avec un acte législatif, telle qu’une directive.

#StopViolencesFaitesAuxFemmes #ConventiondIstanbul #Europe

Les députés européens, rassemblés en plénière à Strasbourg, ont débattu lundi 11 septembre de mon rapport pour l’adhésion de l’Union européenne à la Convention d’Istanbul.

L’urgence à agir est réelle : une femme sur trois a subi des violences sexuelles ou physiques en Europe et en France, une femme meurt tous les trois jours sous les coups de son partenaire. C’est insupportable.

En tant que Co-Rapporteure, je suis intervenue avec un message principal : toutes les femmes où qu’elles vivent en Europe doivent être protégées contre toutes les formes de violence. J’entends la violence domestique, le harcèlement sexuel, le viol, les mutilations sexuelles féminines, le refus d’un avortement sûr et légal et les grossesses forcées qui en résultent. Refuser à une femme la maitrise de son corps est une violence extrême.

L’adhésion de l’Union à la Convention d’Istanbul est une étape fondamentale mais le combat est encore long ; ce n’est qu’une première étape.

Je dénonce vivement les propos des eurodéputés d’extrême-droite lors de ce débat qui se prononcent contre l’adhésion de l’Union à la Convention. Ils ont tort de prétendre que l’Union n’est pas compétente sur ce sujet car la Convention d’Istanbul est un accord mixte et permet l’adhésion de l’Union parallèlement à celle de ses États membres.

Pire, ils véhiculent des messages sexistes et font des amalgames intolérables sur les migrants, accusés des pires violences contre les femmes. Je leur dis clairement : l’instrumentalisation d’une religion est scandaleuse et nous éloigne des causes réelles de ce fléau. L’extrême-droite montre son vrai visage en s’opposant à un rapport fondamental pour la protection de toutes les femmes en Europe.

Voici le texte de ma première intervention

« Merci Madame la Présidente, Madame la Commissaire, mesdames et messieurs

Les violences à l’encontre des femmes et la violence domestique sont des fléaux qui sévissent dans toute l’Europe et il faut agir en urgence. Une femme sur trois a subi au moins une forme de violence physique et sexuelle depuis l’âge de 15 ans, une femme sur vingt a été violée.

Derrière ces nombres, il y a des drames, des tragédies, qui ont fait voler en éclats la vie de nombreuses femmes et de leurs enfants.

Laissez-moi vous relater une histoire vraie. Une jeune femme de 35 ans, soutenue par l’association SOS femmes de son département pendant plusieurs années, a déposé une plainte contre son compagnon pour menace de mort en novembre 2015. La plainte a été classée sans suite. Puis, alors qu’elle avait entamé une procédure de divorce, elle a été tuée en novembre 2016 par son compagnon qui l’a poignardée de 24 coups de couteau. Leur ainée de 11 ans, présent lors du meurtre, a tenté de s’interposer pour protéger sa mère et a été blessé.

Voilà une des réalités des violences fondées sur le genre. Et quand cette violence menace la moitié de notre population, nous devons tous prendre nos responsabilités et c’est ce que l’Union européenne fait par l’adhésion à la Convention d’Istanbul. C’est un engagement fort pour protéger les femmes, partout où elles vivent en Europe.

La Convention d’Istanbul est le premier instrument international juridiquement contraignant sur les violences faites aux femmes. La Convention poursuit une approche globale qui conjugue prévention des violences, protection des victimes et poursuites des responsables. Pour éradiquer la violence contre les femmes, il ne s’agit pas seulement de combattre la violence en elle-même, mais il faut également un changement profond des mentalités et de notre société.

Cette violence s’enracine dans un cadre plus large des discriminations et des inégalités persistantes entre les hommes et les femmes. Encore aujourd’hui, les femmes :

  • sont toujours confrontées au sexisme, dans la sphère privée et professionnelle
  • sont plus touchées par la précarité et gagnent moins que les hommes
  • sont moins représentées dans les instances politiques et dans les exécutifs des entreprises.

Et les médias ou les publicités qui continuent de véhiculer des stéréotypes et des images dégradantes.

Ce sont ces racines profondes, très ancrées dans nos sociétés, que nous devons combattre.

Il n’y a aucun fatalisme de ma part dans ces propos mais mettre des mots sur ces violences et discriminations et prendre conscience de l’ampleur du phénomène est une première étape indispensable.

Nous pouvons agir. Je pense à l’éducation, principal vecteur de changement dans une société. Dès le plus jeune âge, les filles et les garçons doivent être éduqués à l’égalité des sexes et au respect de la dignité et des droits fondamentaux de chacun. Seule l’éducation peut durablement instaurer des nouveaux comportements plus justes.

Je voudrais ajouter que ce rapport indique clairement que le refus d’un avortement sûr et légal est une violence envers les femmes. Je ne suis pas la seule à le dire. La « Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes » de l’ONU a affirmé récemment que le refus d’un avortement sûr est une forme de violence basée sur le genre et peut même, dans certains cas, s’apparenter à de la torture.

Le Parlement ne cesse de s’élever contre les initiatives réactionnaires et répressives de certains gouvernements qui portent atteinte au droit à disposer de son corps. Si certains pensent qu’ils peuvent décider à la place d’une femme, ils ont torts.

Nous faisons ici honneur à la lutte exemplaire de milliers de femmes européennes, qu’elles soient espagnoles en 2014 ou polonaises en 2016. Je les félicite encore une fois pour leur courage et leur engagement. C’est un message d’espoir : la mobilisation citoyenne peut faire plier les gouvernements les plus conservateurs et  les projets de loi les plus régressifs et dégradants.

Je suis fière d’avoir porté ce rapport si important contre les violences faites aux femmes ; la moitié de l’humanité je le rappelle. Je remercie chaleureusement la co-rapporteure, Mme Corazza-Bildt, ainsi que tous les rapporteurs fictifs qui ont fait un travail admirable sur ce dossier.

Ce n’est qu’une première étape et il y a encore beaucoup de chemin à parcourir.  Je serai particulièrement attentive à la mise en oeuvre de la Convention car c’est le réel enjeu. Il faut les moyens financiers et humains nécessaires pour que ces mesures aient un impact sur la vie des femmes. Aussi, j’en appelle à la Commission européenne pour qu’elle présente une stratégie européenne globale, avec un acte législatif, sur la prévention et la lutte contre les violences envers les femmes.

Il est urgent de ne pas attendre. Toutes les femmes d’Europe ont le droit absolu de vivre sans violence »

« Tout d’abord, mes premiers remercient iront à Anna-Maria Corazza-Bildt pour cette coopération réussie. Il était extrêmement utile que nos deux commissions FEMM et LIBE s’associent pour l’aboutissement de ce rapport exigent.

Je remercie également l’ensemble des rapporteurs fictifs pour leur travail. Nous avons, à nous tous, aboutit à un texte ambitieux et à la hauteur de l’enjeu. C’est un dossier fondamental, qui aura un impact direct sur la vie de millions de femmes, la moitié de notre population. Et dans ce climat de défiance, ce rapport prouve que l’Union protège ses citoyens.

Et je vous remercie également vous, madame la Commissaire, pour votre engagement robuste et clair et je demande aussi à l’Estonie d’accélérer la ratification de la convention d’Istanbul par l’Union sous sa présidence.

Mais il y a encore beaucoup de chemin à parcourir. Et à commencer par le postulat que rien n’excuse les violences faites aux femmes et utiliser telle ou telle religion pour détourner l’attention des causes réelles de ce fléau est tout simplement scandaleux.

L’engagement de l’Union européenne dans cette Convention d’Istanbul est une valeur ajoutée indéniable et doit jouer un rôle de coordination essentiel. L’égalité entre les femmes et les hommes et le respect de l’état de droit font partie de nos principes fondamentaux.

Le combat va continuer à tous les niveaux et cela a été dit par beaucoup d’intervenants. Il est très important que l’ensemble des Etats de l’Union ratifient cette Convention.

Et au-delà, et je le redis encore, je suis convaincue qu’un acte législatif sur la prévention et la lutte contre les violences envers les femmes est la prochaine étape incontournable. Une directive fournirait des définitions communes au niveau européen des crimes perpétrés envers les femmes, permettrait de renforcer la mise en application de la Convention et de traduire en mesures concrètes ses dispositions qui relèvent des compétences de l’Union.

Merci beaucoup »

 

les extrémismes en Europe et dans le monde contre les droits essentiels des femmes

Geneviève Couraud, Présidente de L’Assemblée des Femmes m’a invitée le 25 août à intervenir à l’occasion de leur université d’été qui se tenait à la Rochelle dans la table ronde : « les extrémismes en Europe et dans le monde contre les droits essentiels des femmes ». La table ronde était composé de Claire Donzel, Trésorière de l’ADF, Carine Delahaie, Rédactrice en chef de Clara Magazine, Nina Sankari, de l’Association Kazimir Leszczynski, Varsovie, Pologne, Gisèle Gûzel-Koc, féministe turque, Shoukria Haïdar, Afghane.

Les femmes sont les premières victimes des extrémistes à travers le monde. Les extrémistes imposent aux femmes un modèle de soumission et bafouent leurs droits : droit à disposer de son corps, droits sexuels et reproductifs, droit à l’instruction, droit à l’autonomie, droits politiques et économiques.  Pourquoi ? Parce que le corps et les droits des femmes sont éminemment politiques.

Simone de Beauvoir écrivait : « il suffira d’une crise politique, économique ou religieuse pour que les droits des femmes soient remis en question. Ces droits ne sont jamais acquis. Vous devrez rester vigilantes votre vie durant ». En Europe et dans le monde, des régimes autoritaires piétinent le droit des femmes dans une dérive ultra-conservatrice. On observe une crise majeure de la démocratie, de l’État de droit et du respect des droits fondamentaux. En Pologne et en Hongrie par exemple, les régimes en place veulent instaurer une démocratie « illibérale » – mot utilisé par Orbán lui-même. Ce sont des attaques systématiques dans tous les domaines. Ils multiplient les rhétoriques xénophobes, les mesures liberticides, le musèlement des médias et les violations du droit européen.

Quelques exemples en Pologne et en Hongrie. Le gouvernement polonais, du parti Droit et Justice (PIS), a d’abord ciblé les femmes : un projet de loi devait interdire l’avortement, alors que la législation actuelle est l’une des législations les plus restrictives d’Europe. L’avortement est seulement autorisé en cas de viol ou d’inceste, de graves pathologies du fœtus, ou de risques avérés pour la santé de la mère. Grâce à la mobilisation des citoyens polonais, le gouvernement a reculé. Mais il ne s’arrêtera pas là, il reviendra avec un autre projet. Le parlement polonais a voté le 24 mai une loi limitant l’accès à la pilule du lendemain. Ce contraceptif d’urgence sera désormais accessible uniquement sur prescription médicale. Sous le gouvernement précédent, la pilule du lendemain était accessible sans ordonnances depuis 2015. Le gouvernement polonais a coupé les fonds de plusieurs ONG qui travaillent à la défense des femmes et des enfants.

La Hongrie apporte publiquement son soutien aux mesures polonaises contre « Bruxelles ». De plus en 2011, le gouvernement a lancé une campagne d’affichage anti-avortement dans le cadre d’un programme pour l’équilibre vie privée et vie professionnelle. La publicité était une photo d’un fœtus qui s’adressait à sa mère : « je comprends que tu ne sois pas prête mais abandonne moi plutôt à une agence d’adoption, laisse-moi vivre »

Les extrémistes prétendent défendre la culture, la religion, la tradition pour justifier les attaques contre les femmes. L’égalité entre les femmes et les hommes est perçue comme une menace pour leur modèle de société basée sur la domination. La Hongrie et la Pologne mettent en avant la protection de la famille et les intérêts des familles traditionnelles avant les intérêts des individus, au détriment du droit des femmes.

La Convention d’Istanbul énonce clairement que la culture, la religion et la tradition ou le soi-disant « honneur » ne sont en aucun cas des justifications d’une forme de violence contre les femmes.

Que faire ? Comment lutter ? C’est un très long combat, qui demande un changement profond des mentalités sur le long terme mais également une meilleure protection des femmes à court terme. Si les états bafouent les droits des femmes, la communauté internationale et européenne doit réagir.

Le rapport sur l’adhésion de l’Union Européenne à la Convention d’Istanbul ; premier instrument international juridiquement contraignant sur les violences faites aux femmes. Tous les États de l’UE ont signé la Convention mais 14 doivent encore la ratifier, dont la Hongrie. La Convention est entrée en vigueur en Pologne en aout 2015. C’est de notre devoir de rappeler à ces états leurs obligations et c’est ce que j’ai fait dans mon rapport. Et je me suis indignée d’un possible retrait de la Pologne de la Convention d’Istanbul. Cela serait une catastrophe pour les femmes polonaises, une régression sans précédent.

L’adhésion de l’Union  à la Convention d’Istanbul permettra la mise en place d’un cadre législatif cohérent à travers l’Union pour protéger toutes les femmes ; où qu’elles vivent en Europe. L’Union doit protéger ses citoyens hongrois, polonais etc., être un contre-pouvoir quand leurs gouvernements autoritaires tentent de bafouer les droits. Face aux extrémismes, l’Europe doit agir comme un bouclier pour assurer leurs droits aux femmes en tout temps et qu’importe la situation politique, économique et sociale.

Il faut instaurer un changement durable des mentalités, approche globale et holistique comme préconisé dans la Convention : éducation, indépendance financière des femmes, lutte contre le sexisme et les messages dégradants dans les médias et la publicité, formation des professionnels, reconnaitre que ne peut pouvoir choisir sa vie est une violence extrême (déni d’avortement) etc.  Tous ces éléments sont pris en compte dans mon rapport.

Quelques mots plus précis sur :

L’éducation est le vecteur le plus puissant pour opérer ce changement de société. Il faut apprendre, dès le plus jeune âge, l’égalité entre les hommes et les femmes comme un droit fondamental et apprendre la non-discrimination. Aussi l’éducation aux autres cultures et à la pluralité des opinions. Cela rend notre société plus tolérante, plus respectueuse.

La mobilisation citoyenne est également importante. Dans l’histoire, les femmes se sont souvent battues contre un ordre moral ou religieux. En Pologne et en Turquie, la mobilisation des femmes ont fait plier les gouvernements les plus conservateurs. Il faut résister.

 

Convention d’Istanbul: rapport adopté en commissions au Parlement européen

Mon rapport sur l’adhésion de l’Union à la convention du Conseil de l’Europe sur la prévention et la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique (Convention d’Istanbul) a été adoptée par les commissions LIBE et FEMM avec une large majorité de 58 voix contre 12. Je me félicite de ce vote et remercie mes collègues pour leur soutien.

L’adhésion de l’Union permettra la mise en place d’un cadre législatif cohérent à travers l’Union. C’est un nouveau pas en avant pour la protection de toutes les femmes, où qu’elles vivent en Europe.

L’urgence est réelle : un tiers des femmes en Europe ont souffert de violences physiques ou sexuelles dans leurs vies. Une société où la moitié de la population risque de devenir victimes de violences exige que tout le monde prenne ses responsabilités et c’est que les députés européens ont fait.

À l’image de la Convention d’Istanbul, mon rapport est global car il ne faut pas seulement combattre la violence en elle-même, mais également prévenir, éduquer, protéger les victimes et poursuivre les responsables.

Mon rapport affirme clairement que l’égalité entre les femmes et les hommes est un élément clé dans la prévention des violences. Cela commence par l’éducation qui doit promouvoir l’égalité réelle et par la lutte contre le sexisme et les stéréotypes de genre. En ce sens, mon rapport appelle les États à adopter des politiques d’éducation sexuelle, d’éducation aux droits fondamentaux et à la non-discrimination. La violence contre les femmes est inacceptable et il faut l’apprendre dès le plus jeune âge.

J’ai une attention particulière pour les femmes au carrefour de plusieurs discriminations lorsque le sexisme se mélange au racisme, à l’homophobie, à la xénophobie. Celles en situation de précarité et de vulnérabilité ont également plus de difficultés à briser le cercle vicieux de la violence. Comment une femme peut-elle dénoncer les violences d’un homme dont elle serait financièrement dépendante ?

Il faut aider ces femmes à reporter les violences inacceptables dont elles sont victimes. Le rapport appelle à des mesures supplémentaires pour qu’elles reçoivent le soutien dont elles ont besoin notamment par des places supplémentaires dans des refuges, pour qu’elles soient informées de leurs droits et qu’elles puissent accéder à la justice.

La formation des professionnels de la santé, de la police et de la justice est primordiale afin d’éviter une re-victimisation des femmes qui osent dénoncer. Faute de sensibilisation et de formation à la violence basée sur le genre et à la violence domestique, trop de femmes se sont vues refuser le statut de victime par les institutions, qui échouent aussi à les protéger. Mon rapport insiste sur la nécessité pour ces professionnels d’être formés et de suivre des lignes directrices et des procédures spécifiques.

Enfin, je me suis battue pendant des mois pour que le déni d’un avortement sûr et légal, et les grossesses forcées qui en résultent, soit reconnue comme une violence à l’encontre des femmes. Les femmes doivent avoir le contrôle de leurs corps et de leurs sexualités et doivent accéder à une contraception. Je suis fière que mon rapport l’indique clairement ; c’est une immense victoire.

L’adhésion de l’Union à la Convention d’Istanbul n’est qu’une première étape. Mon rapport appelle la Commission à proposer un acte législatif, telle qu’une Directive, sur la prévention et la lutte contre les violences envers les femmes. L’Union doit élaborer son propre cadre légal et allouer les ressources nécessaires. Avec l’ensemble du Parlement, je serai également particulièrement attentive au processus de ratification puis à la mise en oeuvre de la Convention, tant par l’UE que par les États.

Il y a encore beaucoup de chemin à parcourir mais aucune fatalité de ma part. Le combat continue !