Quand M. Juncker va à Canossa

Communiqué de la Délégation socialiste française

La délégation socialiste et radicale de gauche au Parlement européen a suivi avec attention le déplacement de M. Juncker à Washington et sa rencontre avec M. Trump. Force est de constater que, sans mandat démocratique, il a pris des engagements inacceptables que nous condamnons fermement. Son action rappelle le lancement par M. Barroso des négociations du TTIP par une Commission européenne en fin de vie. Notons également le revirement de M. Trump : il ne voulait pas du TTIP, et il propose… la même chose en pire, et en catimini !

S’il fallait éviter une guerre commerciale totale, cela ne justifiait aucunement les concessions accordées par M. Juncker à M. Trump, sans mandat faut-il le rappeler ?

Tant que les Etats-Unis taxeront les importations d’acier et d’aluminium et menaceront de taxer celles d’automobile, nous refuserons toute négociation : une discussion commerciale équilibrée ne peut se mener avec une épée de Damoclès au dessus de la tête.

Quant à l’engagement d’acheter du soja américain, c’est non : essentiellement OGM, il ne correspond pas aux normes ambitieuses et protectrices de l’environnement pour lesquelles nous nous battons. C’est simple : les normes européennes – notamment environnementales et sanitaires – ne sont pas négociables. C’est pour cette raison que nous nous opposons également aux importations de gaz de schiste.

Dans ce contexte, il est essentiel que l’Union européenne reste unie. Ceux qui se considèrent et agissent désormais comme des adversaires de l’Union européenne mènent justement une stratégie de division entre les Etats membres afin de mieux parvenir à leurs fins.

 

Avec les socialistes européens, les eurodéputés socialistes et radicaux veilleront à ce que le Parlement européen soit impliqué et à ce que les intérêts des citoyens européens soient représentés et écoutés avec, comme priorité, la protection des travailleurs, de l’industrie européenne, de l’environnement, de la santé et du climat.

 

Retour sur les #REC Paris

Le 1er juillet, j’ai eu le plaisir de participer aux Rencontres de l’Engagement Citoyen organisées par la Fédération socialiste de Paris.

Nous avons pu échanger avec des amis du PSOE et du SPD dans le cadre de l’atelier Europe animé par François Comet, Secrétaire fédéral Europe. Emmanuel Grégoire avait souhaité également que je puisse également intervenir dans les propos introductifs.

Voici mon discours

Chers amis,

Merci beaucoup pour votre invitation. Ce week-end parisien aura été très militant.
D’abord avec votre formidable mobilisation pour la grande rencontre des Européens le 29 juin au Cirque d’Hiver, Je tiens à vous remercier très chaleureusement et d’abord Emmanuel Grégoire votre Premier secrétaire fédéral, mais aussi évidemment Anne Hidalgo pour sa participation et son intervention essentielles lors de cet événement,

Hier c’était la marche des fiertés et aujourd’hui les rencontres citoyennes.

La mobilisation des socialistes parisiens fait plaisir à voir !

Je ne peux pas commencer mon propos sans rendre hommage à Simone Veil qui est entrée ce matin au Panthéon. Simone Veil restera dans nos mémoires comme une très grande féministe grâce à qui en France nous avons le droit à l’avortement, droit qui n’est toujours pas donné en Europe. Elle était aussi une grande Européenne, profondément attachée à construire et réunir les peuples européens. Sa vie, ses souffrances et ses combats nous obligent et résonnent d’autant plus forts alors même que nous faisons face à la montée des nationalismes, de la xénophobie en Europe en Autriche, Hongrie, Pologne et maintenant en Italie. Je suis scandalisée par les décisions prises par le Conseil des Etats-membres qui vient de se réunir et qui au lieu de conforter les propositions législatives adoptées au Parlement européen pour accueillir dignement les réfugiés, pour organiser un système de relocalisation et de solidarité, pour créer une Agence européenne de l’Asile, pour revoir la procédure de Dublin a décidé de proposer des frontières forteresse et la création de centres d’accueil fermés ! Aucun Chef d’Etat ne s’est ému que la présidence du Conseil soit désormais dans les mains du gouvernement autrichien composé de ministres d’extrême droite ! Cette légitimation est scandaleuse ! Souvenez-vous quand Jorg Haider avait remporté les élections en Autriche en 1999, tous les chefs d’Etat et de gouvernement (à commencer par Jacques Chirac et Lionel Jospin) s’étaient opposés à ce qu’il puisse les représenter au Conseil. Aujourd’hui cela serait devenu « normal » « banal » ? le respect du fait démocratique l’emporterait sur les valeurs et les fondements de l’Union européenne ? Non je ne suis pas d’accord ! Nous devons continuer de refuser cette banalisation.

Nous devons continuer à défendre nos valeurs et nos convictions européennes.

L’Europe ce n’est pas Bruxelles, Strasbourg, Luxembourg, ce ne sont pas des lieux des institutions des technocrates,

L’Europe ce sont les hommes et les femmes qui la composent : 500 millions

500 millions d’Européens pour qui les valeurs de justice de solidarité de partage de progrès de respect de la démocratie ont un sens

500 millions d’Européens, auprès de qui, plutôt que d’agiter les peurs (de l’autre cet homme cette femme qui fuit la guerre, la sécheresse, la mort) nous devons apporter de l’espoir, des perspectives un chemin ensemble

Et qui mieux que celles et ceux qui partout en Europe construisent et changent cet avenir ? les Maires, dans nos territoires : ces Maires qui se sont engagés très tôt pour accueillir les réfugiés, ces Maires qui ont engagé leur ville dans la transition écologique indispensable (logements, transports, circuits courts, économie circulaire)

Dans 1 an, les électeurs devront choisir entre : ceux qui prônent l’Europe du repli, des peurs ;  ceux qui souhaitent que rien ne bouge et que la politique libérale continue d’être appliquée et continue à laisser toujours plus de femmes et d’hommes de côté, toujours plus de mal être, dans un environnement pollué ;  et ceux qui s’engagent pour que voie enfin le jour une Europe volontaire combative généreuse forte dans l’affirmation de ses valeurs, pas seulement dans les mots mais dans les actions

Les Socialistes et démocrates appuient leurs propositions et leurs engagements sur 4 piliers :

1/ Valeurs et respect des droits fondamentaux et de la démocratie

2/ pilier social

3/ pilier environnemental

4/ Dans un périmètre forcément européen

Oui l’échelle européenne est pertinente pour fixer le cadre général, le cadre stratégique

Mais tout se fait réellement concrètement dans les territoires

C’est pourquoi nous devons agir à tous les niveaux en cohérence

Nous devons à la fois faire preuve de générosité et de solidarité , d’ambition et de perspectives envers nos concitoyens et ceux frappent à notre porte

On ne peut pas être hors sol : l’avenir de la planète c’est notre avenir et celui des générations à venir, signer les accords de Paris nous oblige

Respecter les objectifs est un impératif, pas un luxe

Pas pour un petit nombre de privilégiés mais pour le plus grand nombre

Il entraine des mouvements de population auquel on doit répondre

Il entraine aussi une révolution des comportements pour vivre mieux, un changement de nos modèles économiques, agricoles et alimentaires, qu’il va falloir anticiper, accompagner et partager pour le plus grand nombre,

ce qui impose d’ approfondir plus encore nos exigences sociales

Une Europe qui s’engage concrètement pour les générations futures :

La signature des Accords de Paris c’est bien, les mettre en application c’est mieux !

Protéger notre air, notre eau, engager les révolutions agricoles, industrielles, qui s’imposent mais surtout en ne laissant personne sur le chemin, en garantissant les reconversions professionnelles qui, si elles ne sont pas préparées maintenant (de la formation initiale des plus jeunes aux formations au cours de la vie professionnelles) pourraient là aussi laisser des femmes et des hommes, des territoires, sur le bord du chemin.

Nous devons entreprendre une transformation écologique, à tous les échelons de la société.

Pour nous Socialistes c’est l’humain d’abord , les Européens d’abord, c’est cette voie là que nous vous proposons de continuer à bâtir

 

Visas humanitaires, il y a urgence !

Communiqué de la Délégation socialiste française

C’est la volonté politique des Socialistes et Démocrates de porter le sujet qui amène le Parlement européen à se pencher enfin sur un rapport d’initiative relatif à la création d’un visa humanitaire. Ce mécanisme créant une voie légale et encadrée permettrait de sauver les personnes des routes dangereuses et parfois mortelles de l’asile.

Pour Sylvie Guillaume, vice-Présidente du Parlement européen : « En l’absence de voies légales de migration, selon le service de recherche du Parlement, 90% des personnes qui ont au final obtenu un statut de réfugié au sein de l’Union européenne y sont pourtant arrivées de manière irrégulière. Simultanément, plus de 600 personnes ont perdu la vie en Méditerranée ce dernier mois. Il faut agir. »

En pratique, la personne en besoin de protection pourrait déposer sa demande de visa humanitaire auprès de tout consulat ou ambassade de l’Union européenne. Si le visa est obtenu, elle pourrait alors rejoindre le territoire européen légalement et en toute sécurité.

Christine Revault d’Allonnes-Bonnefoy, présidente de la délégation socialiste et radicale française, ajoute : « À ceux qui déplorent le coût financier d’une telle mesure, nous répondons que la lutte contre les passeurs et le trafic d’êtres humains pèse lourd sur le budget de l’Union. Et il en va surtout de la préservation et la dignité des vies humaines ! »

Comme le rapporteur socialiste, Sylvie Guillaume et Christine Revault d’Allonnes-Bonnefoy appellent la Commission européenne à présenter sa proposition législative sur ces visas humanitaires d’ici à mars 2019, compte tenu de l’urgence de la question.

Oui à l’équilibre entre la vie professionnelle et la vie privée et à l’égalité femme-homme

Communiqué de la Délégation socialiste française

Les eurodéputés socialistes et radicaux se félicitent du vote de la commission des affaires sociales du Parlement européen qui a adopté aujourd’hui une position ambitieuse sur la Directive relative à l’équilibre entre la vie professionnelle et la vie privée.

Par un vote clair de 34 voix pour et 14 contre, le texte adopté vise à introduire un congé paternité de 10 jours à la naissance ou lors de l’adoption d’un enfant, fixe l’indemnisation du congé parental à, au moins, 78% du salaire brut du travailleur et instaure quatre mois de congé parental non transférable d’un parent à l’autre afin de permettre aux pères de s’impliquer autant que les mères.

Les négociations interinstitutionnelles seront tendues et compliquées car les Etats membres – et notamment la France – freinent toutes les avancées sociales sur ce sujet (http://www.deputes-socialistes.eu/europe-sociale-et-egalite-femmes-hommes-halte-au-double-discours-de-la-france/). Nous assistons à un manque de volonté politique sans précédent et à une hypocrisie des chefs d’Etats et de gouvernements. La nouvelle Présidence autrichienne du Conseil ne nous rassure pas davantage, le gouvernement autrichien ayant déjà déclaré qu’il n’est pas question de modifier en profondeur les systèmes actuels. Nous appelons pourtant à une réelle harmonisation par le haut des droits sociaux en Europe.

Avec ce vote, les eurodéputés socialistes et radicaux, qui ont fait du socle européen des droits sociaux une priorité absolue, ont prouvé qu’ils se battaient pour le bien-être de leurs citoyens. Aux arguments économiques avancés par le Conseil, nous répondons qu’il en va avant tout de l’humain, de l’implication des pères dès les premiers mois de leurs enfants, du partage des responsabilités familiales entre les sexes et de l’égalité réelle entre les hommes et les femmes.

 

Émissions de CO2 des voitures et vans : lobbies 1 – climat 0 ?

Communiqué de la Délégation socialiste française

La commission des Transports du Parlement européen s’est prononcée aujourd’hui sur les futures normes d’émissions de CO2 des voitures et des vans, pour lutter contre le réchauffement climatique. Le bilan ? Une fois de plus, l’environnement passe après les inquiétudes économiques de court-terme, et la majorité conservatrice et libérale de cette commission a tout fait pour étouffer au plus possible les ambitions progressistes de la rapporteure Christine Revault d’Allonnes-Bonnefoy, malgré les engagements européens lors de la COP 21, faisant peu de cas des enjeux de compétitivité industrielle de la prochaine décennie.

Non seulement l’avis de la commission des Transports s’est avéré très en deçà de la réduction d’émissions qu’il faut à l’Europe pour atteindre ses objectifs climatiques, mais la droite conservatrice et libérale s’est aussi opposée à un contrôle plus rigoureux du respect des normes par les constructeurs automobiles, alors même que le dieselgate (qui continue encore aujourd’hui) avait clairement montré les limites des tests en laboratoires, bien moins représentatifs que les tests en conditions réelles. Les libéraux ont aussi décidé, au dernier moment, de ne plus soutenir la création d’une Agence européenne des transports terrestres, qui serait pourtant la meilleure garantie d’un contrôle indépendant des intérêts économiques des États-membres.

« Qu’on le veuille ou non, le changement climatique a déjà commencé. Qu’on le veuille ou non, le modèle industriel automobile actuel, le moteur à combustion avec des carburants fossiles, se trouvera vite dépassé dans la compétition internationale, et les dégâts socio-économiques seront terribles si notre industrie ne prend pas très vite le virage nécessaire. La majorité de la commission des Transports a choisi de rester dans le déni, et les socialistes et démocrates en prennent acte. Mais il n’est pas question pour ce groupe, ni pour moi, de cautionner cela », insiste Christine Revault d’Allonnes-Bonnefoy. « C’est pourquoi j’ai décidé de retirer mon nom du texte final » ajoute l’élue.

Le combat se poursuivra dans les autres commissions parlementaires, puis en plénière, pour une mobilité plus juste, plus durable, et plus adaptée aux défis du 21e siècle.

La solidarité n’est pas un délit

Communiqué de la Délégation socialiste française

A l’occasion du débat tenu au Parlement européen sur le délit de solidarité, les eurodéputés socialistes et radicaux appellent à une claire distinction entre les criminels passeurs et les citoyens engagés. En France comme ailleurs en Europe, la criminalisation de l’aide humanitaire est de plus en plus courante et toujours aussi révoltante.

Pour Sylvie Guillaume, vice-Présidente du Parlement européen, « il est urgent de rappeler qu’il existe une Directive européenne prévoyant justement une clause d’exception pour protéger ceux qui agissent dans un but purement désintéressé. Sans cette distinction, il sera difficile d’être vraiment efficace dans la lutte contre les vrais criminels que sont les trafiquants ».

La Présidente de la délégation socialiste et radicale de gauche, Christine Revault d’Allonnes-Bonnefoy, ajoute que « les ONG ou les citoyens qui aident les migrants ne font que pallier l’inefficacité de l’action publique et l’inhumanité des actions décidées. Il est inacceptable d’être pénalement puni pour le fait de respecter nos valeurs fondamentales ».

La résolution du Parlement européen condamne fermement le délit de solidarité et exige de la Commission des lignes directrices destinées aux Etats membres afin qu’ils transposent la clause d’exception.  

Droit d’auteur : les libertés n’étaient pas menacées, mais aujourd’hui, la culture l’est

Communiqué de la Délégation socialiste française

Le Parlement européen a rejeté aujourd’hui le mandat de négociation voté par la commission des affaires juridiques du Parlement européen sur la directive droit d’auteur. C’est une décision inquiétante pour la culture en Europe que déplorent les eurodéputés socialistes et radicaux.

Pour Virginie Rozière, cheffe de file de la délégation socialiste et radicale de gauche sur ce sujet, « c’est un vote dangereux, qui menace directement les artistes, au seul profit des GAFA. La campagne violente et virulente organisée par ces derniers a malheureusement porté ses fruits. Il faut le marteler : les GAFA diffusent massivement les œuvres des artistes européens, souvent sans autorisation, ni rémunération adéquate. Cette injustice qui met en danger la pérennité du financement de la culture en Europe ne peut plus durer, c’est pourquoi nous voulons, dans ce secteur en quelque sorte ubérisé avant les autres, encadrer à l’échelle européenne l’activité des GAFA et créer un droit à la rémunération des artistes pour la diffusion numérique de leurs œuvres ».

« L’asymétrie du rapport de force est telle que les revenus engendrés par les artistes sont majoritairement captés par les acteurs du numérique sans que ces derniers financent la création. C’est cette situation intenable que nous avons dénoncée » assène l’eurodéputée radicale de gauche.

« Partager équitablement les bénéfices générés par les œuvres artistiques et ainsi garantir la viabilité du modèle économique de la culture en Europe était notre objectif, et après ce vote nous sommes inquiets : le mandat de négociation pourrait être grandement affaibli à la rentrée », conclut Virginie Rozière.

Pour Pervenche Berès, co-présidente de l’intergroupe industries culturelles et créatives, « il faut dénoncer la désinformation dont ce texte a été l’objet, la pression et les moyens démesurés employés par les GAFA pour empêcher ce texte d’aboutir : non, les mesures que nous proposons ne vont pas restreindre les libertés d’accès aux œuvres et d’expression sur Internet. Les GAFA ont mis en place des montages sophistiqués pour échapper à l’impôt : nous luttons contre ; ils pillent et monnayent nos données personnelles : le pillage de la création des artistes doit cesser ! La bataille continue, nous ne céderons pas devant tant de manipulations. Nous restons mobilisés pour faire adopter le texte à l’automne. ».