Des défis aussi nombreux qu’immenses pour ce début de législature

L’élection de Jean-Claude Juncker à la présidence de la Commission est maintenant actée et le nouveau Parlement européen peut désormais se mettre au travail. Avec la nouvelle législature, s’est ouverte, pour 6 mois, une nouvelle présidence tournante du Conseil qui revient à l’Italie.

Cette semaine, les Ministres italiens ont donc exposé devant les commissions parlementaires, leurs grandes orientations et répondu aux interrogations des eurodéputés.

Pour les transports, c’est Maurizio Lupi qui s’est plié à l’exercice de l’audition. La présidence italienne a décidé de mettre l’accent sur la stimulation de croissance économique et la lutte contre le chômage en s’appuyant sur un développement durable robuste et efficace des infrastructures et des transports afin d’améliorer le fonctionnement du marché intérieur. Le renforcement du réseau transeuropéen est également un point clé de la Présidence.

Les sujets figurant à l’ordre du jour de la présidence italienne en la matière sont très nombreux, il serait fastidieux de tous les énumérer ici, mais on pouvait néanmoins noter un vrai volontarisme de la part des Italiens à répondre aux défis majeurs en matière de transport, pour les 6 mois à venir et même au-delà. La ligne directrice de cette présidence sera plus d’Europe pour une meilleure qualité de vie.

À côté des questions, très nombreuses, sur la tragédie du MH 17 abattu en Ukraine, à laquelle la Commission parlementaire des Transports ne peut hélas pas répondre, si ce n’est en soutenant la création d’une commission d’enquête, les thèmes abordés ont notamment concerné la réforme du 4ème paquet ferroviaire (comment avancer sur les aspects techniques de la règlementation sans ni abandonner les questions de gouvernance, ni pour autant se laisser freiner par ces aspects, les plus sensibles pour les États-membres), les Réseaux Trans-Européens de Transports, le paquet Ciel Unique (pour une harmonisation européenne du trafic aérien), la préservation des services publics, la mobilité urbaine, le besoin d’un cadre clair pour le fret maritime (en particulier du cadre des aides d’État pour les ports)…et bien d’autres sujets encore.

Au Ministre italien a succédé à la tribune l’actuel Commissaire en charge des Transports, en poste jusqu’au mois de novembre, période à laquelle le nouveau collège des Commissaires sera élu, l’Estonien Siim Kallas. L’audition présentait moins d’enjeux puisque son mandat s’arrêt à l’automne et a donc été plus rapide, il s’agissait surtout pour lui de présenter un état des lieux du travail de la Commission en matière de transports, et d’écouter les questions et suggestions des députés, le tout dans un esprit d’étroite collaboration avec le Conseil et les priorités des Italiens.

Du côté de la commission des Libertés civiles, de la Justice et des Affaires intérieures, ce sont les Ministres de l’Intérieur Angelino Alfano et de la Justice Andrea Orlando qui ont présenté les priorités de la présidence italienne.

« Responsabilité et solidarité » sont les deux mots d’ordre qui doivent guider la politique d’immigration européenne. Angelino Alfano a insisté sur l’importance de travailler à ouvrir de nouvelles voies légales de migration vers l’Union européenne, tout en protégeant ses frontières extérieures. Au-delà des initiatives de court terme, comme l’opération Mare Nostrum, lancée pour mieux gérer les flux migratoires au sud de la Méditerranée, et avant tout améliorer la sécurité humaine, l’Italie souhaite des actions européennes communes pour des résultats à moyen et long termes. Le gouvernement italien demande pour cela un renforcement de Frontex, l’agence de surveillance des frontières européennes, mais également davantage de coopération internationale avec les pays d’origine des migrants.

Les autres priorités de l’Italie en matière de justice et affaires intérieures pour ces six prochains mois sont nombreuses : la mise en place d’un système européen global d’asile ; le combat contre la traite des êtres humains, la corruption, le crime organisé et le terrorisme; la lutte contre les crimes inspirés par la haine, la xénophobie et la discrimination; la création du Parquet européen; ou encore la coopération dans les domaines de droit pénal et civil.

L’agenda du Parlement européen sera enfin marqué par la réforme de la protection des données et les accords d’échanges de données avec des pays tiers, en premier lieu les États-Unis. Le Ministre de la Justice a promis que l’Italie fera tout son possible pour débloquer la réforme de la protection des données (alors que le Parlement européen a adopté sa position en première lecture, les États-membres n’ont toujours pas réussi à trouver un accord). Il est indispensable que ce cadre européen harmonisé de règles en matière de protection des données soit adopté, pour renforcer la protection de la vie privée des citoyens, tout en relançant l’économie numérique européenne.

La commission parlementaire des Transports et du Tourisme, et celle des Libertés civiles, de la Justice et des Affaires intérieures, sont maintenant sur le bon pied pour la reprise des travaux, à compter du mercredi 3 septembre !

 

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