Hongrie : la fin de la démocratie

Communiqué de la Délégation socialiste française

Viktor Orbán, tout-puissant Premier ministre, a donc réussi : la démocratie n’est plus en Hongrie.

Depuis sa réélection en 2010, Viktor Orbán a sapé un à un les fondements de l’état de droit : prise de contrôle des médias et des organisations de la société civile, réforme constitutionnelle contestée qui menace l’équilibre des pouvoirs, refus de toute solidarité envers les demandeurs d’asile et enfin, révision du mode de scrutin destiné à lui garantir la victoire. Le Premier ministre a usé d’une rhétorique xénophobe, largement diffusée sur les médias qu’il contrôle, en qualifiant les migrants « d’envahisseurs musulmans », stigmatisant ainsi honteusement des hommes, des femmes et des enfants simplement en quête d’une vie meilleure.

Les membres de la délégation socialiste française dénoncent les résultats de cette élection faussée ainsi que le résultat du parti d’extrême-droite Jobbik, arrivé en seconde position.

Nous dénonçons ce scandale et le comportement de la droite française et européenne : M. Weber, président du groupe parlementaire conservateur au Parlement européen, comme M. Daul, président du Parti Populaire Européen, ont encouragé et félicité M. Orbán, alors même que le gouvernement hongrois est dans le viseur de la Commission européenne pour violations de l’état de droit. Sans le soutien du PPE, il sera impossible d’aboutir à un vote sanctionnant M. Orbán, comme le Parlement européen l’a fait de manière inédite en enclenchant une procédure de sanctions contre la Pologne.

La stratégie de la droite européenne est claire : prise en tenaille entre la droite libérale incarnée par le président de la République française et les extrêmes droites européennes, elle a choisi de faire comme M. Wauquiez, courir après les extrêmes.

La gauche, face à cette orbanisation de la droite européenne, doit être au rendez-vous : c’est la démocratie et l’avenir de l’Europe qui sont en jeu.

Pays-Bas : une victoire pour l’Europe

Communiqué de la Délégation socialiste française

Les Néerlandais ont envoyé hier un message d’espoir et ont confirmé leur attachement à l’Europe. D’abord, par la mobilisation massive des électeurs : face à la menace que représente l’extrême droite de M. Wilders, ils ont répondu présent, avec une participation électorale inédite depuis 30 ans.

Ensuite, le résultat de cette mobilisation est sans appel : ils ont renvoyé l’extrême-droite dans ses cordes, près de 9 Néerlandais sur 10 ont voté contre l’allié de Mme Le Pen.

Après l’Autriche, où Alexander Van der Bellen, candidat écologiste, avait emporté la présidentielle face au candidat d’extrême droite, c’est la preuve que le pire n’est jamais sûr, et que l’esprit de résistance existe.

Nous regrettons l’effondrement du Parti du Travail (PVDA), notre parti frère social démocrate qui a sans doute payé dans cette élection ses choix politiques de participer à la grande coalition droite gauche et nous conforte dans notre choix de clarification que nous menons avec les groupes de gauche et les écologistes au Parlement européen.

Si les électeurs néerlandais ont réussi à faire barrage à l’extrême droite, la menace brune est bien présente en France. Nous devons l’anticiper et, partout, la combattre. Avec le projet de Benoît Hamon, celui d’une France et d’une Europe désirables, les électeurs de gauche ont un programme d’espoir, d’avenir, de rassemblement, qui seul peut battre le FN et la droite extrême incarnée par M. Fillon.

L’extrême droite européenne se retrouve à Coblence

Communiqué de la Délégation socialiste française

Le 21 janvier prochain vont se retrouver à Coblence plusieurs représentants de l’extrême droite européenne, dont Mme Le Pen, Mme Petry, leader de l’Alternative für Deutschland (AfD) et M. Wilders du Parti populaire libéral et démocrate néerlandais, en vue des élections nationales de 2017.

La date et le lieu montrent que le Front national est réactionnaire : Coblence, c’est la ville où la noblesse française, opposée à la Révolution française, a installé son quartier général, et espérait y mener la contre-révolution. Et le 21 janvier est la date anniversaire de la mort de Louis XVI. On savait que pour l’extrême droite, en France, en Europe ou ailleurs, « c’était mieux avant », mais là, la nostalgie remonte loin !

À l’occasion de ce meeting, l’extrême droite européenne, comme Trump aux États-Unis, a déjà prévu de bafouer, une fois de plus, la liberté de la presse en privant plusieurs médias d’accréditation. C’est désormais un classique, l’extrême droite, en Allemagne comme ailleurs, joue de la victimisation. Mais, outre-Rhin, l’AfD le fait avec les mots de l’Allemagne nazie, en parlant de « Lügenpresse », soit la presse mensongère. Nous dénonçons avec force cette nouvelle atteinte à la liberté de la presse.

Pour le reste, nous connaissons déjà leur programme : stigmatisation des réfugiés et des musulmans, racisme, abrogation des Accords de Schengen voire sortie de l’Union européenne. Et un débat pas encore tranché où l’on mesure que l’extrême-droite européenne relancerait une guerre économique : là où FN et AfD voulaient la fin de l’Euro il y a peu, ce qui revenaient à ouvrir une guerre des monnaies, les premiers préconisent désormais un retour à l’écu, quand les seconds proposent la création de deux monnaies, un Euro du Nord et un Euro du Sud, et s’opposent à un écu à taux fixe. Dans cette alliance baroque, il faut noter que l’AfD voit la France appartenir à un Euro du Sud, avec la Grèce, l’Espagne et l’Italie. Ces deux propositions, chacune à leur façon, menacent à la fois les Français et les Européens.

Et parce que quelques membres de l’AfD ont critiqué le soi-disant « socialisme » de Mme Le Pen – elle vole parfois les mots de la gauche pour manipuler l’électorat – cette dernière leur a déjà donné un gage en promettant la privatisation d’EDF. Comme Trump aux États-Unis, la stratégie de Mme Le Pen est limpide : jouer à celle qui protège le peuple pour mieux le trahir et le livrer en pâture aux forces de l’argent, de la même façon que Trump dénonçait Goldman Sachs avant de lui livrer les clés de son pays une fois élu. Le Brexit et l’élection de Trump doivent sonner comme un avertissement : depuis l’antiquité, nous savons que les sirènes, avec leur chant envoûtant, sont une menace de mort et de désolation.